L'Election de Trump et ses conséquences sur le dollars (et l'Euro) a été commentée sur l'Université de L' Epargne avec deux émissions spéciales.
04:46 Le vote populaire de Trump 07:15 la réserve Fédérale 10:11 L'allemagne ne va pas très bien. 15:50 L'industrie en France. 16:20 La Chine et les USA 20:38 L'envol de qualité de la Chine. 28:00 L'isolationnisme des USA
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Bonjour et bienvenue dans cette nouvelle émission de l'Institut des Libertés,
qui aujourd'hui va être un peu différente et qui ne va pas sans nous rappeler les heures noires du confinement.
Le DAF arrive à vive allure à l'heure où je parle, coucou mon cœur.
Et on va aujourd'hui faire une émission à distance avec notre Charles Gaff préféré,
qui est avec nous, non seulement par la pensée mais aussi par l'écran.
Et on va aujourd'hui, 11 novembre, car pas de pitié pour les braves,
essayer de débriefer un petit peu ces élections américaines, voir ce qui s'est passé.
Alors la partie véritablement élections américaines va être beaucoup plus faite par Léonard.
Et nous, on voudrait se concentrer sur ce que ces élections américaines veulent dire pour la haute finance,
ce que ces élections veulent dire pour la géopolitique internationale
et quels vont être véritablement les effets pour nous, Européens.
Et ensuite, on parlera aussi un petit peu de la Chine qui a fait des annonces vendredi dernier.
Certains ont été déçus sur les marchés. Est-ce qu'ils ont eu raison d'être déçus ?
Bref, est-ce que go big or go home ?
On va voir un petit peu à quelle sauce on va être mangé.
Donc bonjour Charles.
Bonjour.
Ça va bien ?
Je suis en Asie.
Tu es en Asie ?
Je suis en Asie. Il fait chaud.
Il fait chaud ?
Il fait très chaud.
Donc c'est des élections américaines et toi, tu te dis, allez, tout le monde à l'est.
Voilà, tout le monde à l'est et puis en Asie.
Et puis, il y a beaucoup de gens.
Je suis passé par l'Inde. Il y a aussi beaucoup de gens en Inde.
C'est très étonnant. Il y a des gens partout.
Et ils n'ont pas la même notion de la distance entre les gens.
Et tu te fais entrer dedans. Tu ne sais pas par qui.
Il n'y a pas la même notion d'espace personnel.
Ça, c'est quelque chose qui est très vrai quand on va en Asie.
C'est que les gens envahissent un petit peu ce que toi, par exemple,
quand tu fais la queue pour prendre un avion, tu te dis, tu as une espèce de notion de...
Pas du tout.
Les gens s'immiscent dans ça et c'est assez désarçonnant parce que tu...
En tant qu'Européen, ça...
On est surpris parce qu'on a plein l'habitude de plus d'espace.
Ils ne sont pas agressifs du tout. On n'a pas peur du tout.
Mais voilà, il y a beaucoup de gens. Ils sont nombreux.
C'est ce que je dis. Vous prenez là Hong Kong comme centre.
Vous faites 3000 kilomètres autour. Dans le cercle de 3000 kilomètres autour de Hong Kong,
vous avez à peu près la moitié de la population humaine.
Il y a ça. Il y a aussi... On n'a pas tous le même rapport à l'hygiène corporelle.
Donc les deux se mélangent très étrangement.
Ça peut faire vivre des moments difficiles.
Il n'y a aucune agressivité. C'est curieux.
Non, mais c'est juste une façon de se mouvoir qui est différente.
Et d'ailleurs, pour avoir vécu en Angleterre,
les Anglais ont un rapport à l'alignement, à la queue qui est aussi différent.
Nous, Français, on fait des tas.
Dès qu'ils en voient une, ils la font à tout hasard.
Ils la font à tout hasard.
Ça, c'est des années de partis travaillistes.
Mais au-delà de ça, eux, ils savent fermer une queue proprement.
Tandis que nous, on fait des espèces de blobs de façon déconcentrée, déconcertée.
Enfin, c'est n'importe quoi.
Alors, revenons un peu sur ces élections américaines.
D'abord, écoute, sans aller sur la partie de Léonard,
mais quel a été ton sentiment à toi au sortir de ces urnes ?
Pour moi, ça montre encore une fois l'extraordinaire différence
qu'il y a entre les gens du peuple, si j'ose dire, et les gens des élites.
Parce que les gens des élites,
ils se sont raconté des histoires pendant six semaines.
Et moi, je regardais un petit peu ce qui se passait.
Il me semblait que la probabilité,
d'ailleurs, je l'ai dit dans une ou deux émissions,
y compris avec Bloc Côté,
il me semblait que la probabilité d'Aran Marais,
Trumpien, était considérable.
Et tout le monde m'expliquait, jusqu'à l'heure où les bureaux se fermaient,
que ça allait être très, très proche.
Moi, j'avais du mal à comprendre pourquoi.
Mais, à l'évidence, les calculs faits par nos savants spécialistes des sondages,
ils sont foutus dedans comme pas possible.
Parce qu'il a non seulement gagné tous les États
où on disait qu'il allait y avoir une difficulté,
mais en plus, il a eu le vote populaire.
Ce qui n'avait pas fait un seul président depuis Reagan,
depuis la deuxième fois.
Donc, c'est un vrai tremblement de terre
pour la classe soi-disant intelligente.
La deuxième chose, c'est que le Sénat,
on savait qu'ils allaient gagner le Sénat,
ça, il n'y avait pas de problème.
Reste la Chambre des représentants,
mais il semble bien qu'ils vont avoir la Chambre des représentants,
parce qu'il reste encore, je crois, 12 ou 14,
au moment où j'écris, circonscriptions à obtenir
et il leur en faut que 4 pour être majoritaire.
Alors, s'il a la Chambre des représentants,
le Sénat, la Cour suprême et la présidence des États-Unis,
il faut bien se dire qu'il a deux ans pour agir.
Parce que dans deux ans, il y a de nouvelles élections.
Donc, c'est-à-dire que ce que disait Milton Friedman,
c'est que quand quelqu'un arrivait avec un mandat,
il fallait qu'il fasse tout le sale boulot dans les 100 premiers jours.
Parce qu'après, ça recommençait à coincer partout.
Il fallait taper sur les gens quand ils étaient encore tendres.
Mais dans les régimes chinois, c'est ce qui se passe.
Ils agissent, en réalité, tout au début
et au fur et à mesure, ils ne font plus rien.
C'est paramétré comme ça.
Mais là, ce qui est étonnant aussi, c'est qu'évidemment,
si on regarde ça avec l'œil froid,
qui devrait être celui de l'observateur de base,
en fait, c'est un gouvernement, je pourrais presque dire,
d'opposants démocrates d'autrefois.
C'est-à-dire, vous avez Kennedy, vous avez Musk,
vous avez Tulsi Gabbard, vous avez...
Tout ça, c'est des gens qui, dans le temps, étaient démocrates.
Et puis, ils en ont eu tellement marre des bêtises du Parti démocrate
qu'ils sont passés au Parti républicain.
Mais en fait, s'il y a une chose de certaine,
c'est que la première présidence de Trump a été faite
avec ce qu'on appelle les néo-cons,
c'est-à-dire les types de droite habituels.
Oui, les néo-cons et les rhino,
les republican in name only.
Et là, cette fois-ci, ça va vraiment être un gouvernement.
On aurait appelé ça en France, autrefois,
d'union nationale, quoi.
Avec, effectivement, une campagne
qui a été faite de manière très différente
avec des gens comme Elon Musk,
qui sont des libertariens.
Donc, on va dans des choses
qui sont complètement à la marge.
Et ça a donné un résultat très différent.
Et je pense...
Il n'est pas exclu que ce bon Elon Musk
nous fasse un milléi.
Le milléi, c'est le président d'Argentin
qui a coupé au sécateur tout ce qui est dépassé.
Mais qu'il nous fasse un milléi aux États-Unis.
Parce que ce que disait Elon Musk,
c'est que je crois qu'il y a 470 agences fédérales
de réglementation de ceci ou de cela.
Il dit qu'on en a besoin de 10 à tout casser.
Oui.
Donc, les agences fédérales
pour contrôler les coiffeurs,
ça risque de ne pas durer.
Oui.
Alors, du côté
de la réserve fédérale,
on sait que M. Powell
est nommé. Et normalement,
c'est une entité indépendante
de Trump.
Il n'a pas été nommé, contrairement
à ce que certains disent, par Trump.
C'était un homme d'Obama
à l'origine, qui avait été mis là.
Et comme ils doivent choisir
dans une sorte de board des gouverneurs,
il avait été appointed, certes,
à l'époque par Trump, parce que
c'était probablement le moins mauvais
dans les choix qui lui avaient été donnés.
Oui, et aussi parce qu'il était conseillé à cette époque-là
par tout ce que tu appelles les rhinos,
et qu'il en faisait partie.
Donc, c'était un républicain un petit peu classique.
Alors, on lui a demandé
est-ce qu'il allait démissionner ?
Il a dit non.
Est-ce que le président de la République
peut vous débarquer ?
Il a dit non.
Donc, ça veut dire qu'il n'a pas du tout l'intention de s'en aller,
et qu'il pense qu'il est à peu près
stable dans son boulot.
Mais, ce qu'on oublie toujours,
c'est qu'il y a, je crois,
8 ou 9 membres
de la réserve fédérale,
des réserves fédérales,
qui votent à chaque comité,
tous les deux mois,
et c'est un vote à la majorité.
Donc, il est d'usage
qu'on ne mette pas en cause.
Le président,
les gens d'habitude suivent,
mais il n'est pas sûr du tout
que s'il y en a
2 ou 3 dans le tas qui aimeraient bien
être à la place de Powell,
qui vont peut-être se dire
je vais voter non.
Et s'il y en a suffisamment
qui votent non, à ce moment-là,
il se retrouve dans une situation un peu difficile
où son propre conseil
le met en minorité.
– Et donc, quelle est
sa marge de manœuvre aujourd'hui ?
Est-ce que pour toi, parce que normalement,
dans une économie telle que
celle que la veut Trump
et que veulent ses conseillers,
on devrait assister, c'est ce qu'avait fait Reagan,
à une remontée brutale des taux ?
Normalement, c'est ce qu'un président américain
devrait faire.
– Les taux devraient retourner à des niveaux de marché.
On cesse de manipuler ces taux
dans tous les sens.
Si jamais ça arrivait,
si on retournait vers des taux de marché,
d'abord les taux seraient plus hauts.
Si ça se passe en même temps que
Trump coupe toute une série
de réglementations,
comme je l'ai déjà dit et écrit,
la rentabilité du capital investi
aux États-Unis
va monter beaucoup
et donc ça sera plus rentable
d'emprunter pour investir.
Et à ce moment-là, on peut penser
que les taux vont monter encore plus.
Mais comme il y a une espèce
d'équilibre mondial des taux,
si ça se mettait à monter beaucoup,
l'Europe se sentirait très très mal.
Parce que, je ne sais pas si tu l'as vu,
mais l'Allemagne ne va pas très bien.
– L'Allemagne ne va pas très bien.
– L'Allemagne,
c'est pas comme si on ne l'avait pas dit, mais ça c'est autre chose.
L'Allemagne ne va pas bien.
La France, c'est de pire en pire.
L'Italie va plutôt mieux.
Mais en même temps, ça veut dire aussi
que tous les hors-bandes de ce monde
à l'intérieur de l'Europe
se sentent... – Poussés des ailes.
– Et soutenus par
M. Trump
et donc ça faiblit extraordinairement
la position de Mme van der Leyen.
Donc ce que ça veut dire,
c'est que c'est la victoire
des gens
qui veulent s'occuper
de leur pays sur la victoire des gens
qui veulent s'occuper du monde.
Et ça,
c'est pas prêt de s'arrêter.
Donc il me semble qu'on est en train
d'arriver à la fin de toutes ces aventures
un peu stupides.
– Alors déjà,
une chose importante qu'a dit Trump aussi,
c'est qu'il revenait sur les accobres
de Paris.
Oui, mais c'est intéressant
parce que toi qui as dit depuis un moment
d'acheter des actions pétrolières
dans l'idée justement
des cycles historiques du pétrole,
ça va être encore plus suivi
de façon prophétique
par aujourd'hui le politique qu'est Trump.
C'est-à-dire de dire, dis donc,
vos histoires de moulins à vent, ça va bien.
– On va rouvrir par exemple
le pipeline qui était prêt
entre le Canada et les Etats-Unis
pour que le Canada fournisse
du pétrole aux Etats-Unis
à la place de l'envoyer
par des trains ou des camions
vers un port ou partir en Asie.
Donc ça va changer un peu
la distribution du pétrole
mais ce qui est très évident,
c'est que l'Amérique du Nord
entre le Mexique, le Canada,
les Etats-Unis
avec les gaz de schiste, etc.,
apparaissent de plus en plus
comme indépendants énergétiquement.
Et que,
nous,
on est en train de se rendre compte
que les investissements qu'avait fait l'Allemagne
dans toutes ces énergies nouvelles
étaient un vrai désastre
et que l'Allemagne a un énorme
problème de stabilité
de son réseau électrique.
Ça c'est le résultat
de Mme Merkel fermant les centrales nucléaires.
Et donc,
depuis un petit moment,
toutes les choses qui se passent
depuis le début de la guerre dans l'Ukraine,
on ne peut pas s'empêcher de penser
que c'est tout ça.
Tu ne sais pas trop ce que ça va donner
mais tu sais que l'Europe
peut en prendre un grand coup sur la tête.
C'est l'histoire du gars
qui, dans un bar,
il y a un gros et un costaud, le gros l'insulte
et il donne une claque optique parce qu'il se dit
c'est moi dont je veux le donner.
Et on a l'impression
que quoi qu'il se passe, à chaque fois,
c'est l'Europe qui en prend plein la tête.
Et ce crétin d'ancien Premier ministre hollandais
qui est maintenant le chef de l'OTAN
vient de dire que si les Etats-Unis
ne voulaient plus faire la guerre en Ukraine
à ce moment-là, il faudrait sortir
les Etats-Unis de l'OTAN.
On se demande ce qu'il reste.
Il reste quoi ?
La marine néerlandaise
mais il devrait y avoir trois bateaux
et deux chaloupes.
C'est extraordinaire ce qu'il se passe.
C'est l'écroulement
de toutes ces espèces de trucs
qui avaient été portés par les Mecques et les Attali
d'un gouvernement mondial, c'est en train de se ratatiner.
Et comme ce rêve a été particulièrement
porté en Europe,
c'est l'Europe qui continue
sur cette espèce de rêve
et c'est elle qui va en prendre plein la gueule.
Je ne sais pas ce qui va se passer pour les élections
en Allemagne mais ça ne va pas être joli à moi.
Parce que c'est en mars les élections en Allemagne.
Tout le monde sait que
si l'AFD,
c'est-à-dire le péniste locaux
si j'ose dire,
si l'AFD et les chrétiens démocrates
décidaient de gouverner ensemble,
ils auraient 65% au moins du corps électoral.
Et donc on a le même paradoxe
qu'en France où on a une majorité
à 65% plutôt de droite
et les espèces
de lutte
d'état-major en Allemagne
font que la gauche est au pouvoir.
Et la gauche
maintenant porte cette espèce de rêve
mondialiste.
Ce que ça veut dire du point de vue
politique, géopolitique,
etc.,
c'est que tu vois une accélération
extraordinaire de
l'isolement de l'Europe et de la disparition
de l'Europe comme un acteur
dans les facteurs mondiaux.
Mais encore une fois, ça ne veut pas dire
la disparition des sociétés européennes
parce que Total, Schneider,
Air Liquide, ils sont toujours là.
Parce qu'ils ne font pas partie de ce rêve.
Alors non seulement ça, mais ça tu l'as suffisamment
expliqué parce que
bien qu'on ait bougé le portefeuille
de l'idéal, et on fera
une émission spéciale pour revenir pour certains d'entre
vous qui voulaient savoir
vers où on est. Donc on fera une émission
spéciale. Mais là,
c'est pas le mieux de le faire en ce moment
par ce biais. Ce que
je veux dire c'est qu'on a de toute façon
conservé des sociétés qui jouent cette croissance
mondiale. Et des sociétés comme Total,
Schneider ou Air Liquide
bénéficieront d'une croissance mondiale
quand bien même elles sont
cotées à la place de
Paris, mais elles jouent le monde
et elles jouent cette croissance mondiale.
Et depuis très longtemps.
Et depuis, bien sûr, la nuit des temps.
C'est pour ça que je passe mon temps à dire aux Français,
on vous explique que la France s'est désindustrialisée,
mais vous avez encore
une dizaine de valeurs en Europe,
en France, qui sont extraordinairement
industrielles, mais qui ont pris
la décision, pour des raisons que chacun comprendra,
de ne plus avoir une usine en France.
Mais ça veut pas dire
qu'elles ont abandonné l'industrie.
Donc on est quand même mieux que les Anglais qui eux ont
quasiment abandonné l'industrie.
Nous, on n'a pas abandonné l'industrie,
mais on a des sociétés industrielles qui n'opèrent plus
chez nous.
Parce que le coût du travail,
parce que le coût de l'énergie, parce que tout ça.
Mais ça veut pas dire qu'on est sortis de l'industrie.
Donc pour les gens qui nous écoutent,
il y a une façon quand même assez facile de jouer
cette croissance mondiale par l'intermédiaire
de ces sociétés.
Alors maintenant, parlons
de la Chine un petit peu dans tout ça.
Parce que la Chine
a dû quand même voir arriver
Donald Trump
avec des petits yeux.
Parce que Trump a suffisamment
dit deux fois
qu'il allait faire la guerre à la Chine,
qu'il allait se la prendre contre
Allemands, qu'il fallait mettre des accords
protectionnistes, ainsi de suite et ainsi de suite.
Alors, je vais te poser la question.
Est-ce que c'est un jeu de dupes ? Est-ce que véritablement
tout le monde va faire les gros yeux ?
Est-ce qu'ils n'ont pas plutôt intérêt à chacun faire un petit peu
semblant et faire des petits pas de danse
les uns envers les autres vis-à-vis de leur électorat
pour ensuite, ma foi,
boxer aux
entournures et laisser chacun faire un peu
ce qu'il doit faire ?
Alors, la réalité,
on peut regarder la Chine d'une façon...
Ils sont très pragmatiques.
Et, d'une certaine façon,
Trump aussi l'est.
C'est pas un idéologue.
Donc, quel est l'intérêt
commun de la Chine et des États-Unis ?
Ben, c'est assez simple.
C'est que les Chinois
mettent leurs usines pour exporter aux États-Unis
aux États-Unis.
Parce qu'à partir de ce moment-là,
Trump n'a plus rien à leur dire.
C'est pas son problème.
À partir du moment où il recrée des boulots
à Detroit, à Chicago, je sais pas où,
il est très content.
Qu'est-ce que tu veux que ça lui foute que le patron
de la capitale soit détenu par des amendes,
par des Chinois, si l'usine
est dans le Middle West ?
Donc, il me semble que
l'intérêt de la Chine
c'est de s'engager à
investir en Chine.
Peut-être,
plutôt que d'éviter
des droits
de douane qui seraient élevés,
c'est peut-être, mettons qu'ils fassent remonter leur monnaie
de 25%,
ils ont des excédents
des comptes courants de quasiment
90 milliards de dollars
par mois. C'est-à-dire 1000 milliards
de dollars par an. Donc ça veut dire que leur monnaie est probablement
méchamment sous-évaluée.
Donc tu fais monter ta monnaie de 25%,
à condition qu'on te mette pas un droit de douane en plus.
Et tu dis
aux entreprises chinoises
vous savez quoi, si vous avez besoin
de faire une usine pour vendre aux Etats-Unis,
faites-la aux Etats-Unis plutôt qu'au Mexique ou au Canada.
C'est une des
grandes thèses de Gafkal
et de ton frère, c'est de dire que
la possibilité qui existe,
c'est qu'il y ait une espèce de
grand accord entre la Chine
et l'administration Trump
pour rééquilibrer le commerce mondial
avec d'un côté une révélation de la monnaie chinoise
et de l'autre côté les Chinois
qui investissent beaucoup aux Etats-Unis, de toute façon
à rendre les Etats-Unis un peu
moins dépendants du commerce américain.
Mais il faudra que ce se fasse quand même
dans un consensus
entre les deux. Parce qu'encore une fois, il n'est pas question
qu'eux s'amusent
à réévaluer leur monnaie et que derrière
on leur colle un droit de douane en plus. Parce que là, ça serait
perdre en perdant.
C'est exactement ça.
Mais quand tu lis le bouquin
de Trump sur l'art
de la négociation,
il t'explique que l'art de la négociation, c'est d'arriver
en faisant... Tu commences la négociation
avec des demandes impossibles et ensuite
tu recules doucement pour faire
preuve de bonne volonté vers des trucs qui sont
à ton avantage mais qui ne sont pas impossibles.
Et comme les Chinois ne sont pas nés
de la dernière pluie non plus et qu'ils savent un peu négocier,
il n'est pas impossible
qu'ils se mettent d'accord tous les deux
sur le dos de l'Europe.
Oui, mais parce que
dans une certaine mesure,
c'est quelque chose sur lequel
certains Américains
attendent Trump, cette espèce de
dumping que peut faire la Chine
justement commerciale. Et donc
ils attendent aussi des mesures fortes...
J'aime pas le mot dumping, c'est que
ils sont, d'après tous les trucs
qu'on fait avec nos bonbons à Pékin et tout,
ils sont extraordinairement efficaces. Aujourd'hui,
c'est pas qu'ils vendent des produits de mauvaise qualité,
pas cher, et qu'ils cassent le marché.
C'est qu'ils vendent des produits
d'une qualité supérieure à celle que nous
faisons, au même prix
que ceux que nous faisons. Donc c'est pas du dumping,
c'est simplement qu'ils ont fait un gain de productivité
dans les 4 ou 5 dernières années
dont le monde n'a pas pris conscience.
Ils s'imaginent que c'est toujours la Chine qui faisait des t-shirts
et des chaussures. Or, c'est plus du tout ça.
Aujourd'hui, ils font des trains rapides,
des centrales nucléaires, donc ils ont
pris une espèce d'envol
de qualité, et donc c'est très difficile
de dire que c'est du dumping.
C'est ce qu'avait dit
cet andouille
de chancier allemand quand il avait été en Chine.
Il avait dit aux Chinois,
vous êtes beaucoup trop compétitifs.
D'entendre ça de la part d'un Allemand
qui te dit, c'est quand même étonnant.
Ça veut dire que
ça ne va pas être facile.
Oui, si les Chinois
doivent réévaluer, ça c'est tout à fait évident,
ils réévalueront d'autant plus
qu'on ne leur mettra pas de droits de douane
et qu'ils pourront établir des usines là-bas.
Donc toi, tu restes, malgré
l'élection de Donald Trump,
tu restes quand même très
bullish sur la Chine
et tu ne penses pas que...
Pour une raison très simple,
je reste très bullish sur la Chine, c'est parce que
toi, tu veux vendre,
si tu es un industriel, tu veux vendre
plus.
Et aujourd'hui, qui achète plus ?
Quels sont les pays qui ont
une forte hausse de leur niveau de vie moyen ?
C'est tous les pays dans ce cercle
de 3000 kilomètres autour de Hong Kong.
Donc, ce que les Chinois peuvent dire,
nous dire, écoutez,
vous allez m'empêcher de vendre mes produits,
chez vous,
il n'y a plus aucune croissance, donc je m'en fous.
À la limite,
ça ne va pas être grave,
parce que moi,
ça fait 15 ans
que j'investis pour investir
en Indonésie,
280 millions d'habitants,
aux Philippines, 120 millions d'habitants,
au Vietnam, 100 millions d'habitants,
en Thaïlande,
70 millions d'habitants, et qui sont tous
en train d'acquérir une classe moyenne.
Donc, tu vois très bien que les Chinois, ils se disent,
bon, d'accord,
j'ai bâti mon développement en vendant la classe moyenne
américaine et européenne, mais maintenant,
ils sont fauchés, ils n'ont plus un rond,
je vais aller vendre aux autres.
Et donc, si on les empêche
de vendre chez nous,
ils vont être d'autant plus compétitifs pour vendre
chez les autres, et nous, on ne pourra pas vendre la queue
d'une cerise chez les autres, parce que normalement, on ne sera pas du tout compétitifs.
Sur un tiers marché, on sera foutus.
Donc, tout ça, si tu veux, c'est des...
On s'imagine,
finalement, les Européens, que c'est toujours
l'Europe, et puis les autres.
Et maintenant, les autres,
ils sont beaucoup plus puissants que nous.
– Je rebondis un petit peu sur ce que tu disais,
il y a deux paragraphes, c'est que tu as
peur que tout ça, malgré tout, cet accord
entre les États-Unis
et la Chine ne se fasse aux dépens du vieux continent.
Alors, on revient sur le fait
que l'Allemagne est effectivement aujourd'hui
dans
une espèce de queue de comète
que tu avais déjà étayée, et je vous
invite à regarder les dossiers qu'on a fait
quand c'était en mai dernier,
et l'année d'avant encore,
qui parlait des retraites de l'Allemagne,
du fait que l'Allemagne était dans un
maelstrom dont elle allait avoir
du mal à se relever, et on le
voit aujourd'hui, indépendamment de la
pyramide des âges, qui est déjà un problème structurel
en Allemagne, il y a aussi le fait
que toutes leurs banques commerciales
sont capitalisées.
– Si tu as prêté à des industries qui vont mal,
tu vas mal. – Et puis c'est exactement ce que
tu avais dit quand tu avais écrit
« Des lions menés par des ânes », c'est qu'au bout
d'un moment, les Grecs
se sont retrouvés avec les Mercedes, et eux
se retrouvent avec des papiers grecs.
Donc, qui a des ennuis ?
Les autres, ils sont ravis,
ils se sont fait des autoroutes avec 4 voies,
et eux, ils sont là, avec une lettre de change, en disant
« Ma foi, je me sens un petit peu con,
quand même ». Et là,
c'est un peu ce qui arrive. Donc, qu'est-ce qui se passe ? C'est que les Allemands,
dans ces cas-là, ils font ce qu'ils savent le mieux faire,
c'est-à-dire ils continuent à épargner comme des fous,
donc ils ne consomment plus.
Donc, nous, on va se retrouver
avec moins d'Allemands sur
les côtes algarves. Bon, ma foi,
ils ne vont pas traverser la France en camion,
mais ça ne va
pas aider.
Et le vrai problème, c'est que
d'après tous les chiffres que je regarde,
la France est déjà
dans une récession qui serait particulièrement
dure. Donc, si la
récession est très très mauvaise en France,
notre déficit
budgétaire, il ne va pas être 6,2%
du PIB, il va être, je ne sais pas quoi,
à 8 ou à 9. Mais je pense
que les chiffres ont été maquillés
et que même quand on nous a annoncé
6,1%, tu le sais comme moi,
on était déjà à 7. Donc,
aujourd'hui, avec les défaillances
d'entreprises qui s'enchaînent, si tu regardes
les chiffres actuellement des défaillances
d'entreprises, des tribunaux de commerce, ça
explose à la hausse, les TPE, les PME,
tout ça avait réussi
à vivoter avec
les aides qui avaient été données pour le Covid, donc là,
ça explose à la hausse. Et on commence à le voir
aussi dans des grands plans sociaux,
on a vu Michelin, et là, ça va
continuer pour d'autres. Et alors, les gens
ont l'air de se réveiller en disant, mais enfin, c'est pas
normal. Alors, évidemment, que fait la gauche dans
ces cas-là ? Il faut subventionner, il faut subventionner,
bien évidemment. Tue-moi une entreprise
en l'empêchant de travailler, ensuite,
tu la subventionnes.
C'était la vieille plaisanterie de Reagan qui disait toujours
alors, une entreprise
se crée, si ça bouge, il l'attaque,
si ça la ralentit,
il la subventionne,
et si elle meurt,
il la nationalise.
Mais c'est exactement ça sur Michelin,
si tu dis dans un auditoire
combien d'entre vous a des pneus Michelin,
personne va lever la main, parce qu'on achète tous
des pneus chinois ou des pneus autres.
C'est certainement ça. Bien sûr,
on achète des pneus Michelin, c'est le meilleur du monde,
mais le vrai problème, c'est qu'à partir du moment où
t'empêches les gens de rouler en voiture,
imagine-toi qu'ils ont besoin de moins de pneus.
Ben oui !
Ma foi, mais c'est bien sûr !
Nous avons
acheté les droits des
films du plat pays !
On entend des braves crétins qui disent
qu'ils n'ont qu'à supprimer les dividendes,
mais supprimer les dividendes, ça veut dire que
Michelin ne peut pas prendre son argent
et aller l'investir à l'étranger
s'il assure sa survie,
donc on se retrouvera dans 3 ans avec un Michelin
en faillite, aussi bien à l'étranger
qu'il n'y aura plus de société française.
Les crétins qui disent qu'il faut supprimer
les dividendes, c'est à peu près
aussi crétin que de dire qu'il faut cesser
de payer les ouvriers, parce que comme ça
les entreprises seraient rentables.
Si on travaillait gratuitement
ces cornioles-là, on n'aurait pas de problème
de surcoût de travail.
C'est à peu près aussi intelligent.
Mais s'il y a une bêtise à dire,
on peut être certain que la gauche française
est toujours en tête pour la soutenir avec véhémence.
Et alors, concernant
justement la...
Maintenant, tu as dit, Trump a 2 ans
pour véritablement
charger la mule, faire avancer...
Est-ce que tu penses
qu'on pourrait être à la veille
d'une renaissance
du colosse américain ?
Alors, un colosse américain
qui aura compris que
le colosse américain, dans les 20 dernières
années, c'était toute la thèse de mon
livre précédent, pas celui sur
l'université de Paris, mais le précédent.
C'était de dire que
les Etats-Unis, pendant un moment,
à ses cours, ont été l'hyperpuissance.
C'est-à-dire la seule puissance au monde.
Et ils ont tout fait,
y compris tuer, massacrer, envahir,
pour essayer de rester la superpuissance.
Là, le projet de Trump, c'est de dire,
dans le fond, c'est de bâtir
une forteresse américaine.
De toute façon, il est certain que les Etats-Unis,
et ça, c'était quelque chose de
très fort chez les néocons,
et en tout cas,
quand j'étais, par exemple,
à l'Institut Cato,
il y a déjà 8 ans,
c'était déjà très fort,
ce mouvement isolationniste.
Et des gens comme,
et tous les think-tanks,
que ce soit Heritage Foundation,
tous ces think-tanks sont prônes
de l'isolationnisme des Etats-Unis,
et le fait de se désengager
de ce rôle de gendarme mondial,
dans lequel, entre parenthèses, il n'a pas forcément exhalé
ces derniers temps.
Quand on revoit l'Afghanistan,
ou l'Irak, on peut se demander
si tout ça était bien nécessaire.
Ce qui m'amuse toujours,
c'est les grandes réunions où tu vois arriver
les géants américains,
ça me rappelle des géants soviétiques,
qui ont sur leur poitrine,
des petites plastronées,
de décorations,
et tu te dis, c'est extraordinaire,
toutes ces décorations, ils n'ont fait que perdre des guerres.
C'est quand même étonnant.
Moi, si j'avais été en Afghanistan, au Vietnam,
je ne mettrais pas le truc,
parce que je ne suis pas sorti très heureux.
Je crois qu'il y a un mouvement de repli
vers les Etats-Unis,
sans doute avec une tentative
d'essayer de contrôler
toute ou partie de l'océan Pacifique,
mais ça devient de plus en plus difficile,
mais ils sont en train
de se demander, à l'évidence,
surtout Trump d'ailleurs,
s'il n'y a pas de raison
de dépenser des cents et des milles,
autant en Europe.
Ce qui nous risque
de nous causer d'immenses problèmes
pour ce qui est
l'axe de Méditerranée,
c'est-à-dire que
nos rapports avec la Turquie,
nos rapports avec certains pays
d'ouverture comme ça, pourraient
dramatiquement changer.
Si on veut tenir la Méditerranée,
il n'y a pas de solution autre que de faire
une alliance militaire entre les marines françaises,
italiennes, grecques
et espagnoles.
Ensuite, on pourrait se donner rendez-vous
avec la marine turque à Les Pentes
et ça nous rappellerait des vieux souvenirs,
voir qui va gagner,
parce qu'on se retrouve entre nous.
Ce serait bien.
– Je pense que les grecs sont pour.
– Oui, les grecs sont pour.
– Tu leur dis d'aller taper sur les turcs,
ils sont devant.
– Ils sont plutôt fait taper par la Turquie.
– Oui, mais c'est pour ça.
– Si on gagne à Les Pentes, on pourrait peut-être
aller reprendre Sainte-Sophie aussi, ça serait amusant.
On retourne dans des vieux schémas.
Les États-Unis ont
protégé la Méditerranée,
protégée entre guillemets la Méditerranée
depuis longtemps en ayant
le centre de contrôle de la Méditerranée,
je crois que c'était à Naples.
Eh bien,
si les États-Unis s'en vont,
ce centre de contrôle devrait rester
à Naples, mais avec une alliance militaire
des quatre pays méditerranéens. Il n'y a pas de raison
que l'Allemagne vienne protéger
la Méditerranée, qu'est-ce qu'elle en a à foutre ?
– Et les Anglais dans tout ça ?
– Les Anglais contrôlent Gibraltar.
Donc il faudra se mettre d'accord avec eux.
Parce que si on peut laisser rentrer des bateaux,
s'il y a Gibraltar, c'est embêtant.
Donc il faudra...
Mais les Anglais, oui,
il suffira.
Non, c'est pas...
Ils ont pas...
La Méditerranée les intéresse pas tellement,
mais dans la mesure où ça intéresse les Français,
ça intéresse les Anglais.
Si on pouvait les faire brères, ça serait pas mal.
C'est juste comme ça, pour garder la forme.
Ils ont pas de truc.
Donc ils sont prêts à négocier la Méditerranée
contre autre chose.
D'ailleurs, cette autre chose,
ce sera peut-être qu'on arrêtera
de laisser passer tous les immigrants
qui vont en Angleterre.
– Oui, ça c'est un problème
qu'il va falloir qu'on règle.
– Ils commenceront pas à arriver
si on a la flotte qui les empêche d'arriver.
– Est-ce que tu as vu cette déclaration
de Van der Leyen qui s'est exprimée
et qui a dit, finalement,
à la place du gaz russe,
on va acheter du gaz de schiste américain ?
Hasard incroyable, n'est-ce pas ?
– Oui, hasard incroyable, non ?
– Tu penses ?
Non, mais ce qui se passe,
elle est bête, celle-là, c'est triste.
Mais ce qui se passe en Allemagne,
parce que c'est là qu'il faut regarder,
elle est allemande, cette dame.
Ce qui se passe, c'est que l'industrie
allemande, il y avait bien sûr les automobiles
et aussi beaucoup la chimie et la chimie lourde.
Et la chimie, ça n'est que de la transformation
énergétique, c'est vraiment un truc.
Donc aujourd'hui,
le gaz américain, je crois qu'il est
six fois moins cher que le gaz américain
rendu en Europe.
Donc,
ce qui se passe, c'est qu'on ne va pas
acheter du gaz américain
parce que ce n'est pas pratique et on va
simplement emmener,
les américains vont piquer toutes les affaires chimiques
allemandes et qu'ils vont ouvrir
des usines autour de Raleigh.
Et donc, c'est l'industrie allemande qui va s'en aller
d'un seul bloc aux Etats-Unis,
ce qui est d'ailleurs le rêve de Trump.
Donc, on n'aura pas
besoin d'importer du gaz
des Etats-Unis
parce que les utilisateurs de gaz,
ils seront tous aux Etats-Unis, ils seront partis d'Allemagne
par les Etats-Unis.
On est en train d'assister
au début, même ça fait un petit moment
que ça dure, mais de la désindustrialisation
d'Allemagne, qui est en train
d'accélérer de façon phénoménale.
Parce que ce que les gens ne comprennent pas, c'est que quand tu suis
une politique imbécile comme avec l'euro,
au début tu flingues l'Italie,
puis ensuite tu flingues la France,
et puis quand t'arrives à l'Allemagne,
ils n'ont plus de concurrents, ils sont devenus
gras, mous, ils ne peuvent plus
répondre, parce qu'ils n'ont plus
de concurrence depuis longtemps, et à ce moment-là
ils se font bouffer par les Tchèques, par les Européens,
par les Turcs, par tout ce
qui a gardé un peu de poil aux pattes.
Et donc aujourd'hui, l'Allemagne est en train
de payer le prix de l'euro. C'est-à-dire
que son industrie est devenue inefficace.
Mais alors, à quoi tu attribues, puisque
tu me reparles de l'Italie et qu'on en parlait en amont,
le fait que l'Italie tire quand même,
et je le constate, son épingle du jeu
dernièrement ? L'Italie a un
avantage gigantesque,
c'est qu'ils ont un énorme tissu
de petites sociétés industrielles
qui sont dans des niches.
Et ça, comme ils sont
très bons dans ce qu'ils font,
et ils travaillent en réseau
dans leur région,
c'est des...
C'est un système à la limite
corporatiste, mais qui a pris
un gros coup sur la tête quand ils sont rentrés dans l'euro,
mais qui a...
Qui s'est battu,
qui s'est battu, qui s'est battu. Et là, j'étais à
Milan, il y a 2-3 jours,
et il est tout à fait net
que tout ce corps
de petites industries et de moyens
est en train de revenir en force
sur la scène mondiale. Donc,
les Italiens,
ils n'attendent pas que l'État
les sorte du trou.
Mais d'ailleurs, quand on regardait
il y a 2 ans, les dettes
en comparatif,
l'Italie était dans une trappe à dettes
à l'époque beaucoup plus grande
que nous ne l'étions. Et aujourd'hui,
même remarque de la Grèce,
la France est largement devant
en termes de dettes.
Ils sont passés
en ce qu'on appelle un excédent primaire.
C'est-à-dire qu'en fait,
l'Italie, quand tu as un excédent primaire,
ça veut dire que
t'as pas de déficit
s'il n'y avait pas le paiement de la dette.
Et comme le paiement de la dette
se fait beaucoup
des Italiens aux Italiens,
puisqu'une grosse partie de la dette italienne est détenue par des Italiens,
ce qui fait une différence avec la France,
ça veut dire que
l'Italie peut passer en compte courant
excédentaire assez rapidement,
ce que nous, la France, on réussit pas à faire.
Donc nous, on a attrapé une double vérole,
on a notre dette à l'extérieur,
et si les taux d'intérêt montent,
il faut payer de plus en plus à l'extérieur.
Donc on a un déficit,
et en plus un déficit extérieur
qui vient se pencher dessus,
alors qu'en Italie, maintenant, comme ils ont absorbé
le déficit extérieur,
si les taux d'intérêt montent,
ils retirent un petit peu d'argent
des consommateurs pour le donner
à ceux qui font des économies,
mais ça sort pas de l'Italie.
Donc l'Italie, aujourd'hui,
pourrait tout à fait prendre la décision de sortir de l'euro
et s'en porterait pas plus mal
puisqu'ils ont pas besoin de l'extérieur pour financer leur dette.
Nous, on peut pas.
Je pense pas qu'ils prendront
cette initiative.
Je pense très honnêtement
que personne ne la prendra et que la seule
façon serait qu'il y ait
une remontée des taux américains,
qu'on soit forcé de remonter
les nôtres et que cette montée
des taux fasse que ça ne passe plus
et que ça nous laisserait le choix, ma foi,
de soit tout péter, soit
passer sous le coup du FMI.
Le coup du FMI, c'est vachement difficile,
le coup du FMI, parce que
ça met en cause
le FMI, s'ils arrivent,
ça met en cause la
suprématie de la Banque Centrale Européenne.
Ah oui !
C'est sous son...
Donc, il est hors de question que les Européens
l'acceptent.
La BCE ne va pas recevoir des ordres.
T'imagines les Allemands, si la BCE
reçoit des ordres du FMI, ils vont commencer à...
Déjà, ils sont pas contents, ça va être...
Mais il me semble qu'on arrive à un moment,
un petit peu à un moment de vérité où
les politiques et les réalités
divergent tellement entre l'Allemagne,
l'Italie
et la France, que
on ne va pas très bien.
Il n'y a plus de solution qui les satisfasse
les trois à la fois.
Mais moi, ce qu'il y a d'absolument
consternant, c'est que par ailleurs,
en politique interne, aucun
homme politique ne s'empare de ces
questions-là, et on entend
un petit bruit de fond qui est fait
de glapissements sur
les uns et les autres, ce qui s'est
passé cette semaine, qu'il lui a pas tenu la porte,
qu'il lui a mal parlé,
qu'il l'a traité de conne,
parce que c'est le truc du jour avec...
C'est vraiment les gars...
Oui, encore une fois,
on parle du sexe des anges
à Constantinople...
Quand les gars grimpent les murs de Constantinople, quoi, c'est...
Et personne ne...
C'est la grande analyse de Toynbee
qui disait que les pays s'écroulaient
quand les élites étaient incapables de répondre
aux défis qui se posaient au pays.
Alors, ce qui se passe, c'est que depuis
40 ans, nous, on avait eu un gros problème
avec l'Allemagne. Tout le problème de l'Europe, pendant
ces ans, c'était les guerres entre la France et l'Allemagne.
Donc, on avait trouvé la solution
qui est celle de l'Europe, qui elle-même
a amené à des problèmes,
et une fois qu'on a eu ces problèmes,
qu'est-ce qu'on a trouvé comme solution ? De retourner
à l'Europe. Mais c'était plus du tout le problème, parce que c'était
justement trop d'Europe qui nous tuait.
Donc, on a
créé une élite qui, quand il y a
un problème, se met immédiatement à sauter
sur leur chaise en disant l'Europe, l'Europe, l'Europe,
comme des cabris, comme disait de Gaulle.
Mais, il dit, c'est ça la solution,
mais c'est pas la solution. Il y a
d'autres problèmes qui n'ont plus rien à voir avec le problème de la
guerre entre la France et l'Allemagne.
Mais si ça continue, on va se remettre sur la gueule avec les Allemands,
d'ailleurs, parce qu'ils sont en train de créer les conditions
d'un effondrement de ce qui était une solution
au problème précédent, mais qui ne l'est plus du tout
pour le problème d'aujourd'hui.
Le problème d'aujourd'hui, c'est qu'on a une classe politique
qui pense que l'argent, ça pousse
sur les murs, dans les arbres, mais qu'il
faut pas le gagner.
Mais de fait, de toute façon,
on a une classe politique, et ça on l'a dit suffisamment
de fois, qui est née de,
et ça c'est un vrai problème en France,
de cas corporatistes que sont l'ENA,
Normalsup, Inspecteur des Finances...
Et qui sont tous aux fonctionnaires.
Et qui sont tous aux fonctionnaires, c'est-à-dire qu'ils perçoivent
quand ils se présentent à des élections,
ils continuent à percevoir leur salaire, ce qui fait qu'il n'y a aucune
prise de risque, comme dit Nassim Nicolas
Et de cette non-prise
de risque fait que cette caste,
ma foi, veille toujours à...
à en dire les ongles.
C'est-à-dire que cette caste,
qui est un bon nom, ou cette classe,
au sens marxiste du terme,
essaye de trouver des solutions qui protégeons
son statut de caste privilégiée.
Mais le problème, c'est
justement qu'il existe en France une caste privilégiée.
Et donc,
tu vas pas demander à ceux qui
sont le problème
de trouver une solution au problème, c'est idiot.
Donc la seule façon de s'en sortir,
c'est de leur enlever le pouvoir politique, et ça on peut le faire
par un référendum
d'initiative populaire, ou par
une révolution. Mais à ce moment-là,
on sait comment ça commence ces révolutions, mais on ne sait pas
comment ça se termine.
Mais par ailleurs, là où c'est quand même une immense bonne nouvelle,
et là je reviens sur l'élection de Trump,
mais cela dit, c'est cette histoire de caste,
c'est que
ça va être aussi peut-être
une mise à mal,
enfin en tout cas une banderie, dans le
mouvement woke. C'est-à-dire que là,
on va peut-être enfin,
avoir une fin de non-recevoir
en disant, écoutez là, les conneries,
ça suffit, la chiandise, ça suffit,
toutes les Greta Thunberg de ce monde,
ça suffit, parce que le peuple a voté.
Le peuple a voté pour dire, woke no more.
Il a dit, il a fait
un discours hier,
les 10 mesures qu'il comptait prendre,
mais tout de suite, dès qu'il sera
le premier jour au pouvoir,
il y en a deux que j'ai trouvées particulièrement bienvenues,
c'est que,
toutes les universités qui continueront à enseigner
les conneries woke, n'auront plus de
subventions étatiques.
Terminé.
Tous les gens qui continueront à se battre
sur cette histoire de le sexe,
quelque chose qu'on choisit, et pas quelque chose
qui vous est imposé à la naissance, boum,
ils sont aussi virés.
Et ce que j'ai trouvé le plus intéressant, c'est que
d'interdire complètement
toutes les transformations
physiques faites sur des mineurs.
Oui, mais ça, c'était un scandale.
Je trouve ça absolument incroyable qu'on soit dans des pays
où tu n'as pas le droit de voter avant
18 ans, tu n'as pas le droit de
boire avant 21,
mais tu pourrais changer ton sexe.
Enfin, je veux dire, c'est...
Avec la lourdeur hormonale...
Tout le monde se sent mal à l'école
à 15 ans, ça va pas, non ?
Oui, c'est si tu te sens bien que c'est...
Oui, oui, bien sûr.
Ces gens s'en foutent.
Donc c'est très important parce que c'est une défaite.
Il y a plusieurs
immenses défaites qui se sont produites là. Il y a d'abord
une défaite de
cet ethos mondialiste
représenté par
Harari
et tous ces gars-là. Donc on allait
inéluctablement vers un gouvernement mondial.
Bon, ça, c'est la grosse connerie qui vient de s'écrouler.
Deuxièmement,
on n'avait pas besoin de démocratie.
Il fallait simplement qu'on ait
des juges. Que les juges,
en particulier les juges internationaux, allaient dire
le bon, le bien, etc. Bon, mais ça,
c'est déjà... On est en train de dire, allez vous faire cuire
un oeuf. On n'a pas besoin de juges,
on a besoin de pouvoir changer les gars
qui nous gouvernent. Ça, c'est aussi...
Donc c'est l'écroulement du pouvoir des juges,
c'est l'écroulement du
mouvement mondialiste.
Et ces mouvements étaient portés par
une alliance des minorités.
C'est-à-dire que tu faisais, c'était le grand test d'Obama,
tu faisais l'addition
d'LGBTQ, des noirs qui avaient
qu'un pied, des jaunes qui avaient
qu'une main. Tu vois, toutes les minorités,
tu les étudiais, puis avec ça, tu réussissais à poser
ta volonté en majorité. Et là, il vient
d'avoir une espèce de révolte totale de la majorité
en disant, si ça vous fait rien,
jusqu'à plus en plat formé,
c'est la majorité qui décide
de la direction et c'est pas une assemblée de minorités.
Et là aussi, ça vient d'être...
Et ça, les types de gauche,
ils en restent comme deux rangs de flanc parce qu'ils ne s'y attendaient pas du tout.
Cette espèce de réveil
de la majorité,
ils ne s'y attendaient pas du tout. Ils n'ont pas compris,
ils ne comprennent toujours pas. Tu les écoutes, d'ailleurs, ils ne comprennent rien.
Non, mais c'est formidable
parce que c'est, en même temps,
le signe vraiment
patent de leur complète déconnexion
vis-à-vis du peuple.
D'ailleurs, ils ont dit, ils disent,
ce qu'il y a de terrible, vous voyez, c'est que
les hommes latinaux
ou les hommes noirs,
ils sont sexistes.
Ils ont voté contre Kamala
parce que c'était une femme.
Non, les gens n'ont pas voté pour Kamala
parce que c'est une femme, ils n'ont juste pas voté pour elle
parce que c'est une dinde. Le fait qu'elle soit une femme
est complètement accessoire.
Et qu'ils s'en sont rendus compte.
Voilà, je pense que tout le monde s'est rendu compte que c'était une dinde.
Et donc,
pour expliquer leur défaite,
pour que tu puisses analyser une défaite
ou une gamelle que tu as prise dans la vie, etc.,
il faut que tu commences par
t'analyser toi et voir
où tu t'es mis à penser de travers.
Ces gens-là refusent de s'analyser
eux-mêmes et de voir en quoi ils ont pensé de travers.
Ils pensent que c'est les autres qui pensent
de travers. Mais si tu penses
que c'est les autres qui pensent de travers,
à ce moment-là, la seule solution, c'est pour toi
de prendre le pouvoir et de mettre des camps
et des miradors. Parce qu'il faut les rééduquer.
Donc, derrière la gauche
aujourd'hui, il y a une espèce de tentation
latente de miradors.
Et t'as qu'à écouter
Anne Sinclair aujourd'hui, tu t'écroules de rire
de cette dame expliquant
pourquoi Trump
est une abomination. Pourtant, elle en a
connu des hommes salopards dans sa vie.
Mais on ne peut pas dire
ce qu'on veut.
Et donc, tu te dis que c'est une bonne fin.
Elle ne peut pas réfléchir deux minutes ?
Non, mais je trouve ça absolument incroyable même que les médias
français nous imposent cette purge.
Ils nous imposent Anne Sinclair en donneuse de bonnes leçons.
Ben oui,
c'est comme quand
ce brave
Strauss-Kahn était venu nous expliquer qu'il fallait
voter contre
Le Pen au deuxième tour.
Tu te disais, mais dis-moi un moment,
rappelle-moi d'où tu viens et d'où tu parles.
Donc, on sent cette espèce de...
C'est la vieille bague de
Bertolt Brecht. Tu sais, le peuple...
Il faut dissoudre le peuple.
Et c'est ce qu'ils essayent de faire. Ils essayent de changer de peuple.
Mais c'est parce que ce peuple-là les agace.
Ben, ils lui font suffisamment
sentir qu'on sent des pieds, oui.
Écoute, c'est formidable.
On a fait un bon petit tour, en tout cas,
de
cette élection. Je veux pas
empiéter trop sur la partie qui va être celle
de Léonard. Ce que je te propose,
c'est qu'on s'arrête là,
qu'on s'en garde pour demain, pour
l'UDE. Parce que
demain, on fera une émission...
Parce que ça a beaucoup d'influence sur tout ce qui va se passer dans le monde de l'énergie
et tout. Et ce qui est très intéressant,
et on en reparlera demain, je suis sûr,
mais la vérité, c'est que
tout ce qui est ESG,
ça vient d'exploser.
Oui, je pense aussi, avec tous les critères de débile.
Tous ces investissements imbéciles,
qui servaient à rien, c'est en train
d'exploser. Donc, il va y avoir
du vrai pognon qui,
enfin libéré, va pouvoir aller
vers les vrais investissements.
Ok. Eh ben, je te dis
merci beaucoup et on se retrouve
la semaine prochaine. Tu seras là pour de vrai ?
Je serai là la semaine prochaine.
J'arrive lundi. Ok, super.
Eh ben, on dit merci beaucoup à Charles
et à très bientôt. Bisous.
Merci à tous.