Un enfant porteur d'un handicap, un parent vieillissant qui perd son autonomie, un conjoint atteint d'une maladie chronique... En France et dans le monde, des millions de personnes consacrent du temps et de l'énergie, parfois beaucoup, à aider un proche qui souffre.
Longtemps, ces aidants comme on les appelle n'ont pas été reconnus. Aujourd'hui encore, les soignants ne sont pas formés à prendre en compte la spécificité de leur situation, et les institutions tardent à mettre en place les adaptations nécessaires. Mais cela commence à changer, notamment grâce à des personnes comme Dr Hélène Rossinot, que je reçois dans ce Dialogue.
Mots clés : Nous sommes 11 millions de Français concernés : à nous occuper d'un proche, malade, porteur de handicap ou vieillissant. Tout en jonglant avec un travail. Le Dr. Hélène Rossinot est LA spécialiste de ce sujet : elle propose mille solutions pratiques et inspirantes pour surmonter le stress et aller mieux. Vous vous occupez d’un de vos proches malade, dépendant ou handicapé qui a besoin de vous au quotidien. Vous ne le saviez pas mais, votre situation est partagée par près de 11 millions de français qu’on appelle les « aidants ». Comme vous, ils ont parfois le sentiment de ne pas en faire assez, se sentent seuls, débordés. Le docteur Hélène Rossinot vous explique comment éviter l’épuisement, repérer les signes d’alerte, faire face à vos émotions et surtout comprendre les défis que vous êtes en train de surmonter. Découvrez aussi comment intégrer cet engagement à votre vie professionnel, comment en parler autour de vous, apprendre à demander de l’aide. Un livre lumineux empli de conseils et exercices pratiques.
Son témoignage m'avait beaucoup touchée.
Elle avait un enfant atteint d'un autisme assez sévère,
et elle en avait parlé à mot couvert, entre guillemets, au travail.
Quelques jours après, une de ses collègues, sans rien dire,
est venue à la pause du déjeuner avec une portion de plat en plus,
en lui disant « Écoute, trois fois par semaine,
je fais moi-même à manger et je n'ai jamais à manger.
Ne t'inquiète pas, je couvre, j'en fais une pour toi,
comme ça tu peux prendre un peu de temps. »
La jeune femme n'avait rien demandé,
mais elle a été extrêmement touchée,
parce que ça lui a enlevé le poids d'en plus devoir faire à manger pour elle le midi.
Donc elle a gagné une demi-heure le soir,
et elle en a profité pour se relaxer un peu,
et elle s'est sentie soutenue.
On peut tous être solidaires, mais pour ça il faut regarder les autres,
et il faut avoir envie de réfléchir à des petites choses qui pourraient aider.
Bonjour, bienvenue dans Dialogue.
Il y a des millions de gens en France qui aident leurs proches
atteints d'une maladie,
qui vieillissent et qui ont besoin d'aide,
qui sont victimes d'un handicap.
On commence à mieux cerner cet engagement
qui est parfois lourd.
Comment faire ?
Comment réussir à aider un proche qui souffre
sans soi-même perdre pied ?
Voilà ce que je vous propose dans cet épisode de Dialogue.
Mais je vous propose aussi d'avoir des pistes,
si vous avez autour de vous des amis,
des collègues qui sont dans cette situation
de devoir aider leurs proches
et qui n'osent pas en parler,
mais qui sont en grande souffrance.
En écoutant Dialogue, vous aurez peut-être des pistes et des idées
pour être plus solidaires
et pouvoir donner juste un petit coup de main.
Vous allez voir, ça peut tout changer.
Vous allez voir, c'est passionnant.
Bonjour Hélène.
Bonjour.
Je suis vraiment très heureux de te recevoir.
Pour une raison,
c'est que ton livre donne plein de clés
quand on se retrouve à aider quelqu'un qui souffre
de ne pas y laisser sa peau.
Ça me concerne,
parce qu'il se trouve que j'aide quelqu'un qui est handicapé.
J'ai appris un grand nombre de choses
en lisant ton livre.
Mais avant d'entrer dans notre discussion,
il serait bien que tu te présentes,
parce que c'est un peu impressionnant
le nombre de domaines
que tu as dû explorer pour répondre à cette question.
Comment aider quelqu'un qui souffre
sans y laisser notre peau ?
À l'origine, je suis médecin spécialiste
de santé publique et médecine sociale.
Je travaille sur le sujet des aidants
depuis presque une dizaine d'années maintenant.
C'est vrai que je l'ai abordé par le prisme de la médecine,
mais complètement par hasard,
parce que rien n'est enseigné en médecine.
On ne parle que des patients,
on ne parle jamais des familles
et des personnes qui sont autour des patients.
Je les ai découvertes sur le terrain,
parce que je suis bavarde,
et qu'en suivant des infirmières
en hospitalisation à domicile,
j'avais peur de m'ennuyer.
Les médecins en soins à domicile,
ça ne sert pas à grand-chose.
Les infirmières font très bien leur travail.
Mais il y avait toujours des proches
qui étaient là dans la pièce.
J'ai commencé à discuter avec des enfants,
avec des conjoints, un peu tout le monde.
Je me suis vite rendue compte
que nos patients étaient très différents
les uns des autres,
mais que par contre,
ce que me disaient les proches
étaient les mêmes.
C'était les mêmes choses,
les mêmes problèmes,
les mêmes remarques.
C'est comme ça que je me suis dit
qu'il y a quelque chose
qu'il faut qu'on étudie d'abord.
Je suis passée par le côté scientifique.
J'en ai fait mon mémoire de master,
puis ma thèse.
Et puis après, je me suis dit
qu'il n'y a plus à creuser.
Parce que là, on était sûr
de l'hospitalisation à domicile,
mais il faut sortir de l'hôpital
parce qu'il n'y a pas que l'hôpital dans la vie.
Même si pour un médecin,
il y a quand même beaucoup l'hôpital,
ça n'empêche.
Donc j'ai commencé à découvrir
avec des associations
le monde du handicap,
le monde du vieillissement,
toutes les problématiques
de politiques de santé
qui tournaient autour d'abord,
puis d'économie,
parce que le sujet des aidants
touche profondément aussi l'économie.
La psychologie,
parce que bien entendu,
on est forcé de creuser un peu
la psychologie pour comprendre
pourquoi on aide
et comment est-ce qu'on peut accompagner
les personnes qui aident.
Il y a quand même
plusieurs mécanismes intéressants derrière.
Je suis revenue un peu sur la santé,
sur les conséquences
que ça peut avoir d'aider
pour une personne,
conséquences physiques
et de santé mentale.
Et puis j'ai découvert après
le monde de l'entreprise
et le monde du travail
de manière générale,
puisque on peut aider,
mais souvent on cumule
avec un emploi à côté.
Et donc pour tenir le coup,
les endroits où il faut intervenir,
c'est souvent le monde du travail.
Et tu donnes plein de conseils,
on le verra dans notre entretien,
pour comment réussir à parler
à son DRH,
son entreprise,
pour pouvoir adapter notre travail
à notre situation
et aux obligations
que nous nous retrouvons
devant nos proches,
nos parents,
nos enfants.
Exactement.
D'abord,
pourquoi aider un proche,
ça peut être très difficile
et même très très difficile ?
Alors ça peut être très difficile
pour plein de raisons.
Déjà parce qu'en soi,
la maladie, le handicap,
le vieillissement,
c'est compliqué d'en être témoin,
parce que ça peut faire mal au cœur,
parce que dans certaines pathologies
et dans le vieillissement,
on sait comment ça va terminer
et qu'on n'a pas envie
de voir l'autre souffrir,
qu'on n'a pas envie
de voir l'autre mourir,
tout simplement.
Donc rien que l'impact
de la pathologie dans le handicap
peut jouer sur la personne,
ce qui est tout à fait compréhensible.
Et puis derrière,
c'est très difficile
de se mettre en numéro 1,
en priorité,
quand on a quelqu'un
qui souffre à côté de soi
ou quelqu'un
qui a besoin d'aide
et qu'on aime.
Ou peut-être même en numéro 2,
même en numéro 3,
parce qu'en fait...
Exactement,
en fait,
on arrive en général
en tout dernier dans le tableau
et c'est très difficile
de remonter.
Le souci, c'est que,
même si c'est parfaitement
compréhensible,
il n'y a vraiment aucun jugement
sur ça,
c'est compliqué de tenir
sur le long terme
quand on n'est jamais
en numéro 1
et qu'on est vraiment
toujours tout au fond.
Parce qu'on a un corps humain
qui a besoin quand même
qu'on s'en occupe,
qui a besoin de sommeil,
qui a besoin de bouger,
qui a besoin d'être nourri
à peu près correctement
et on est soumis
quand on aide un proche
à beaucoup,
beaucoup de stress.
Surtout,
quand on l'aide,
qu'on cumule
avec un travail à côté,
mettons qu'on accompagne
un parent âgé,
par exemple,
qu'on ait des enfants,
qu'on ait un conjoint
et qu'on travaille à côté,
il faut s'occuper
de son foyer,
il faut aider pour le foyer
du parent âgé,
il faut s'occuper des enfants.
Parfois, pardon,
mais il faut aussi
s'occuper un peu du conjoint.
Ça fait quand même
beaucoup, beaucoup,
beaucoup de choses
à assumer
qui peuvent être physiquement
et mentalement très lourdes
quand on cumule
sur la durée.
Donc,
c'est important
de se le rappeler
et puis,
il ne faut pas oublier
que quand on prend
l'aspect travail,
quand on n'en parle pas,
quand on n'ose pas
en parler,
souvent avec de bonnes raisons
parce qu'on a peur
d'être rétrogradé,
de ne pas avoir
de promotion,
de perdre son emploi,
d'être mis au placard,
eh bien,
on passe une énergie folle
à faire semblant
d'aller bien
toute la journée,
à cacher les appels
aux médecins,
à cacher les appels,
par exemple,
aux auxiliaires de vie
ou autres,
à faire les dossiers
et la papasse
quand on peut,
à prendre des jours
de congé
pour aller à la CAF
ou à la MDPH
pour essayer de faire
tous les dossiers
les uns après les autres.
Si on n'en parle pas,
cette énergie-là,
elle va passer
à juste prétendre
qu'on tient le coup,
prétendre qu'il ne se passe
absolument rien
en dehors du travail
et donc on s'épuise
de plus en plus
et surtout
de plus en plus vite.
Il y a la
question émotionnelle,
pas seulement
le vieillissant
mais surtout
les personnes
qui souffrent
avec le vieillissement,
la maladie
peuvent devenir très dures,
peuvent devenir
violents,
agressifs,
faire des reproches
et alors là,
ça peut être
extrêmement...
ça peut être dévastateur
dévastateur
et puis
on a tendance
à s'isoler aussi,
en particulier
quand on aide
beaucoup une personne,
parfois le quotidien
tourne vraiment
autour de l'aide
qu'on lui apporte
et donc on s'isole
du reste de sa famille,
on peut s'isoler
de ses amis
donc c'est encore
plus difficile
quand on n'a personne
à qui en parler,
personne qui nous comprenne
parce que,
comme je dis toujours,
les gens se fatiguent
d'écouter le malheur
des autres.
Même quand on est
très proche,
quand on est amis,
il y a toujours un moment
où à force d'entendre
des situations
qui sont compliquées,
qui sont douloureuses,
souvent ça décroche
et c'est d'autant plus
compliqué pour les aidants
parce que les personnes
qui leur restent
autour d'elles
sont par exemple
les soignants
du proche
qu'elles vont essayer
de se confier
mais ça n'empêche
que ça reste
un cercle vicieux
parce que dans ces cas-là
elles ne trouvent
le réconfort
que quand elles
accompagnent la personne
pour se faire soigner
donc ça les pousse
à s'impliquer encore
et encore et encore plus.
Donc c'est vrai
que cet isolement
peut être lourd.
C'est pour ça
que les réseaux sociaux
peuvent jouer
un rôle positif
et sortir un peu
des personnes
qui aident leurs proches
de cet isolement
parce qu'on y trouve
souvent des personnes
qui aident
et qui veulent partager
leur quotidien
et parfois
c'est une bouteille
à la mer
qui va se transformer
en groupe de parole
un peu improvisé
ou en tout cas
on va rencontrer
des personnes
qui partagent
un peu le même vécu,
un peu les mêmes problèmes
et parfois
on va juste avoir envie
de vider son sac.
Donc là
on a parlé un peu
du constat
donc j'espère que
c'est un peu lourd
mais on va proposer
beaucoup de réponses
de solutions
et d'accompagnement.
Une piste
que je trouve
importante
que tu donnes
pour déjà
commencer à bouger
un peu
c'est de comprendre
le poids social
parce que voilà
on se retrouve
dans cette situation
prenons l'exemple
on doit aider
un de ses parents
à gérer
et tu montres
très bien
dans ton livre
que notre société
l'environnement
idéologique
de notre société
donc je parle souvent
dans mon travail
sur cette chaîne
dans mes livres
et j'étais vraiment
intéressé de voir
ton analyse
qui corrobore
un peu
mon intuition
c'est que
notre société
de la performance
ne nous aide pas
du tout
à répondre
à ces situations.
Exactement
mais d'ailleurs
tu as dit
quand on doit
aider
c'est pas quand on veut
c'est quand on doit
et c'est souvent
perçu par beaucoup
comme un devoir
absolu
en particulier
quand on est une femme
On va parler de ça
il y a les deux points
il y a le fait
d'être une femme
qui est aussi
un vrai problème
et puis il y a
cette obsession
de la performance
Oui
de toujours faire mieux
d'être
d'aider le mieux possible
et c'est vrai
que ça peut induire
une vraie culpabilité
voire une vraie honte
chez la personne
alors souvent
en fonction
de la manière
dont elle a été éduquée
je fais souvent
une comparaison
mettons par exemple
qu'à situation égale
une personne
ait été élevée
dans une famille
dans laquelle la famille
passait vraiment
en numéro un
tout le temps
rien de plus important
que la famille
la carrière passe en deuxième
tout le reste
passe en deuxième
si cette personne
aide
mettons son père
et qu'un soir
elle doit rater
le rendez-vous
chez son père
parce qu'une réunion
a fini vraiment très tard
et qu'elle ne pouvait pas
y échapper
elle va se sentir
très mal
et en général
elle va se sentir
particulièrement honteuse
parce que ce qui va aller
dans sa tête
c'est le côté
je suis une fille indigne
elle va immédiatement
remettre en question
entre guillemets
son identité
c'est pas qu'elle aurait
pu faire mieux
c'est qu'elle aurait dû
être mieux
alors que si
cette même personne
avait été élevée
dans une famille
dans laquelle le travail
avait été très valorisé
ce qui n'empêche pas
que la famille soit importante
mais dans laquelle
tout le monde
mettait sa carrière
par exemple au premier plan
et que dans la même situation
elle ait donc dû
manquer le rendez-vous
elle se serait sentie
coupable
parce que coupable
c'est d'avoir fait quelque chose
ou pas fait quelque chose
mais ça n'aurait absolument pas
remis en question
qui elle était
et elle n'aurait pas pensé
qu'elle était une mauvaise fille
pour ça
puisque ça correspondait
aux valeurs qu'elle avait
entre guillemets
en elle
donc c'est ce qui rend le sujet
aussi complexe
pour moi
parce que quand on s'adresse
aux gens
c'est très difficile
de faire une généralité
alors qu'on a tous été élevés
de manière différente
on a tous une manière différente
de voir les choses
et que donc
pour donner des conseils
qui soient valables
pour tout le monde
en fait
il faut surtout aider les gens
à comprendre
comment eux réagissent
et ce qu'ils ressentent
pour après leur donner
les outils
qui leur permettent
de s'aider eux-mêmes
parce qu'on ne peut pas faire
ce cheminement à leur place
Mais alors comment on fait ?
Donc si jamais
dans ma famille
c'est la famille
qui est au premier plan
je n'ai pas pu aller voir
mon père
parce que
sinon vraiment
c'était une catastrophe
dans mon boulot
comment je fais
pour ne pas me sentir mal ?
Qu'est-ce que tu peux
me faire ?
Alors quoi qu'il arrive
d'abord tu te sentiras mal
mais c'est ce qui est intéressant
entre guillemets
il faut essayer de comprendre
pourquoi tu te sens mal ?
Est-ce que par exemple
tu te dis que vraiment
on t'a tout raté
et quand tu y vas
je ne supporte pas
de ne pas avoir
pu aider mon père
je ne peux pas
me dupliquer en deux
Ben si tu dis déjà
que tu ne peux pas
te dupliquer en deux
c'est que tu es conscient
globalement
que ce n'était pas
entièrement de ta faute
Oui mais c'est insupportable
quand même
C'est toujours insupportable
c'est juste que
entre guillemets
quand c'est la honte
et la culpabilité
c'est pour moi pas tout à fait
les mêmes outils
mais ce qui compte
c'est en tout cas
la prise de conscience
et d'essayer de comprendre
ce qu'on a derrière
parce que pour nous
c'est évident
on vient d'en parler
mais quand tu es habitué
à te sentir mal
parce que la vie
n'est pas parfaite
que personne n'est parfait
qu'il n'y a pas
d'enfant parfait
d'enfant qui vont aider
à chaque fois
de manière absolument
impeccable
à chaque fois
que ça se produit
souvent le sentiment
est le même
est-ce qu'on a
un nœud dans l'estomac
est-ce qu'on a une boule
est-ce qu'on va se pourrir
la vie pendant des jours
derrière
parce que vraiment
on n'a pas supporté
ce sentiment-là
ou est-ce qu'on regrette
sur le moment
et on se sent mal
sur la soirée
mais qu'on passe vite
à autre chose
qu'est-ce qu'il y a derrière
et la prise de conscience
elle vient pas en une fois
c'est pas possible
de toute manière
dans tous les accompagnements
on sait très bien
qu'on met du temps
avant d'obtenir un déclic
mais de savoir
qu'il faut qu'on guette
qu'on accueille le fait
de mal se sentir
et qu'on essaye
de comprendre
pourquoi on se sent mal
dans tous les cas
on n'a rien fait
de vraiment mal
tel quel
on a tous des réunions
et ça arrive à tout le monde
de rater un rendez-vous
derrière parce qu'on avait
une réunion
qui s'est terminée tard
mais est-ce qu'on s'en veut
est-ce que le parent
nous en voudra
comment est-ce que
ça a été construit
il faut vraiment
essayer de réfléchir
soi-même
et ça c'est un travail
que les autres
peuvent pas faire pour vous
et que beaucoup de personnes
ne sont pas habituées à faire
c'est accepter
de se sentir mal
ressentir ça
sur le moment
et essayer de se demander
pourquoi on se sent
si mal que ça
de mettre des mots dessus
et de pas juste se dire
je me sens mal
parce que j'y suis pas allée
c'est la première étape
mais du coup
tu te sens comment
est-ce que tu te sens
en colère après toi
est-ce que tu as peur
d'avoir déçu la personne
il faut chercher
un petit peu
pour que derrière
au fur et à mesure
à chaque fois
que ça arrive
et qu'on se sente mal
on puisse reconnaître
ce qui est en train
de se passer
et que ça passe
entre guillemets
Tu montres aussi
que cette société
de la performance
fait que
du coup
on considère
qu'aider
voilà
c'est bien
les gens vont dire
ah c'est merveilleux
t'es un peu
comme un saint
on idéalise
un peu la chose
mais du coup
montrer qu'on a
des limites
montrer qu'on n'y arrive pas
montrer qu'on a
besoin d'aide
soi-même
montrer qu'on craque
c'est pas très bien vu
Ah c'est plus
que mal vu
Et donc au fond
un des problèmes
de ceux qui aident
quelqu'un qui souffre
c'est qu'il n'y a pas
vraiment de place
pour dire
que c'est dur
Voilà au fond
Exactement
Dans notre société
voilà
il faut être performant
il faut être positif
il faut être souriant
il faut aller de l'avant
et donc
alors que
comme tu l'as dit
si je dois aider
mon père
qui est malade
c'est normal
à un moment
que c'est dur
Bien entendu
Donc au fond
ton message
c'est pas
je vais vous donner
un truc
pour que ce soit
pas dur
et que tout aille bien
mais
ton livre
et ton engagement
social
ton engagement
politique
auprès des médecins
c'est dire
non c'est dur
mais
on peut accompagner
aider
éclairer
et sortir
un peu
de ce paradigme
vous devez aider
vous devez être
des super héros
c'est formidable
bravo
parce que
ce qui nous est demandé
c'est bien sûr
d'aider
on ne peut pas
ne pas aider
nos parents
on peut ne pas aider
nos parents
mais enfin
disons
il y a une vraie
disons
logique
morale
mais peut-être pas
dans une perspective
sacrificielle
faite avec
la honte
et la culpabilité
c'est exactement
ça
je ne supporte pas
toutes les phrases
qui disent
ce sont des super héros
du quotidien
ils sont exceptionnels
et d'ailleurs
il y a beaucoup
de personnes
qui aident leurs proches
qui ne supportent pas
ces phrases
ça met une pression
de dingue
un super héros
on n'a jamais vu
dans un film
de super héros
Superman s'arrêter
et dire
c'est compliqué
je suis un peu fatigué
peut-être qu'en fait
ils vont se débrouiller
une soirée sans moi
et que moi
je vais rester
devant Netflix
dans mon lit
non
ça ne marche pas
comme ça
en général
il faut sauver le monde
tous les soirs
à chaque fois
et c'est globalement
la pression
qu'on met
sur ces personnes
parfois
sans faire exprès
parfois ça part
d'une bonne intention
ça part d'une envie
de valoriser les gens
parce que
ça rend mal à l'aise
parfois quand
on a des gens
qui vivent une épreuve difficile
en face de nous
souvent
des journalistes
des médecins
on essaie de trouver
des petites phrases
pour pousser la personne
mais il y a des phrases
qui partent d'une bonne intention
qui sont très délétères
vous êtes un super héros
c'en est une
prenez soin de vous
c'en est une autre
alors parlons-en
pourquoi être un super héros
on l'a vu
c'est inhumain
parce qu'on n'est pas
des super héros
et que quand on doit
s'occuper d'un parent
quelqu'un qui est handicapé
ou d'un enfant
très malade
on n'a pas le choix
on ne l'a pas choisi
c'est un lourd fardeau
on essaye de faire au mieux
et on craque
à des moments
donc on n'est pas
un super héros
voilà
on a réglé
je pense
la question
de super héros
alors l'autre
question
qui est aussi insupportable
quand on rentre dans le réel
de ce que c'est
la réalité concrète
quand on rentre
dans le concret
prenez soin de vous
ça marche pas non plus
pourquoi ?
alors ça marche pas non plus
parce que c'est souvent
une phrase
qui est dite
en fin de conversation
prenez soin de vous
point
à bientôt
on se revoit bientôt
ou un collègue
qui va vous dire ça
surtout
pense à prendre
soin de toi
bon et sinon
t'as fini
le dossier Intel ?
ou votre RH
si vous lui avez raconté
la situation
c'est vrai que c'est compliqué
pensez quand même
à prendre soin de vous
bonne journée
et encore une fois
ça part d'une bonne intention
mais
c'est
prends soin de toi
par contre
je te dirai pas comment faire
je te donnerai pas de coup de main
pour le faire
débrouille toi
pour trouver comment
prendre soin de toi
et puis en plus
les aidants
culpabilisent quand même
déjà beaucoup
de jamais faire assez
jamais faire assez bien
pour leurs proches
pour le reste de leur famille
parce que
mettons qu'on est
d'un parent qui vieillit
souvent
on passe moins de temps
avec ses enfants
donc on culpabilise
vis-à-vis des enfants
vis-à-vis du conjoint
on culpabilise vis-à-vis du travail
parce que
quand on se sent vulnérable
on est persuadé
qu'on est moins bon
ce qui n'est pas forcément
le cas du tout
mais c'est la manière
dont on se sent
donc on culpabilise là aussi
et donc on en rajoute
avec cette phrase-là
prends soin de toi
une couche de culpabilité
puisque c'est extrêmement
difficile déjà
de prendre soin de soi
quand on n'aide pas
quelqu'un d'autre
quand on n'aide personne
qu'on a du temps
qu'on est tranquille
c'est déjà compliqué
de bien dormir
de faire du sport
de prendre soin
de sa santé mentale
de manger correctement
de cuisiner
bref
techniquement
de prendre soin de soi
donc il y a beaucoup
des gens qui prennent ça
comme encore un truc
que je n'arrive pas à faire
ou que je ne fais encore
pas assez bien
donc je dis toujours
si vous devez dire
à quelqu'un
prends soin de toi
vous vous dites
j'espère que tu vas
réussir à prendre soin de toi
est-ce qu'il y a quelque chose
que je peux t'aider
pour que tu y arrives
par exemple
on n'abandonne pas
la personne avec
prends soin de toi
ça doit être vraiment
le prélude à
ok maintenant
quelle stratégie
on met en place
pour que tu y arrives
pour que ça fonctionne
parce qu'on peut
soulager les gens
même quand on n'a pas
beaucoup de temps
même quand on n'a pas
beaucoup de moyens
pour le faire
il y a des choses
toutes simples
qu'on peut mettre en place
mais par pitié
on ne les laisse pas
avec juste une phrase
comme ça
encore une fois
même si ça vient du cœur
parce que ça peut faire
plus de dégâts
qu'autre chose
dans les manières
que tu as
d'essayer d'aider
un peu
chacun
tu parles un peu
de ces ennemis
de ces manières
qu'on a
de s'enfoncer
quand
on aide
alors
par exemple
être perfectionniste
ah oui
être perfectionniste
c'est le meilleur
moyen de se courir la vie
ça
parce que la perfection
n'existe pas
donc être perfectionniste
c'est faire en sorte
de se mettre en position
d'échouer quoi qu'il arrive
parce qu'il y a
un moment
où on ne sera pas parfait
et
c'est un exemple
que je donne
dans ce livre
parce que cette histoire
m'avait vraiment marqué
d'une jeune femme
qui accompagnait
sa maman
qui avait prévu
un après-midi au parc
avec elle
pour faire un pique-nique
et la maman
adore les fraises
et donc
la jeune femme
avait acheté
une barquette
de super fraises
au marché
pour emmener
sa mère
faire un pique-nique
et donc
quand elle est arrivée
chez elle
elle a mis les courses
dans le frigo
elle a un peu discuté
avec sa mère
et ensuite
elles sont parties
pour le pique-nique
malheur
les fraises
sont restées
dans le frigo
la fille
a passé son après-midi
à ne penser
qu'à ces fichues fraises
qui étaient restées
dans le frigo
en se disant
qu'elle avait tout fichu
en l'air
parce qu'après tout
elle avait organisé
une surprise
et que les fraises
n'étaient pas là
et que donc
elle n'allait pas
faire plaisir
à sa mère
sa mère
de l'autre côté
quand on lui posait
la question
elle a passé
un super après-midi
avec sa fille
au parc
et
elle était ravie
d'avoir des fraises
pour dîner le soir
et du coup
cette jeune femme
s'est vraiment
sentie mal
tout l'après-midi
elle s'est vraiment
pourrie la journée
elle n'a pas profité
du moment
en tête à tête
avec sa mère
alors que sa mère
allait très bien
et qu'elle était
ravie d'être là
on a besoin parfois
de lâcher prise
et d'accepter que
les choses
peuvent ne pas être
comme on les a imaginées
immédiatement
ça ne veut pas dire
qu'elles sont mauvaises
qu'elles sont mal
et le soir
sa mère a eu
des fraises
en dessert
et elle était ravie
mais elle a mis du temps
pendant des jours
d'ailleurs
elle m'a reparlé
de ses fraises
quand même
j'avais prévu
un super pique-nique
vous aviez prévu
de passer une après-midi
avec votre maman
et de lui faire plaisir
c'était le but
quand même
bah oui
vous aviez prévu
de lui offrir
des fraises
oui
elle a eu ses fraises
oui
l'après-midi
était chouette
oui
donc ça c'est
le sentiment
donc une manière
d'essayer d'aller
un peu mieux
c'est d'arrêter
de vouloir être parfait
l'autre manière
d'essayer d'aller mieux
c'est au fond
de nier
qu'on fait déjà
beaucoup
oui
parce qu'au fait
ça c'est vraiment
un problème au fond
qui est aussi
un des grands
on voit tout
ce qu'on n'a pas fait
et on ne voit pas
du tout ce qu'on a fait
et au fond
c'est quand même
un des fils
conducteurs de ton livre
déjà de rappeler
c'est déjà formidable
ceux qui s'occupent
de leurs parents
il y en a qui ne le font pas
comme tu me le disais
tout à l'heure
pour ne s'occuper
de quelqu'un
qui est handicapé
il y en a
qui ne le font pas
on n'a pas parlé
mais là il faut dire
je fais une parenthèse
ce sont les femmes
qui sont le plus souvent
des aidants
et quand
dans un couple
c'est l'homme
qui est gravement malade
les femmes
restent
quand c'est la femme
qui est malade
ça fait mal
on ne peut pas faire
de généralité
mais disons
dans les chiffres
les chiffres
tu peux les rappeler ?
c'est vrai
qu'il y a des études
qui montrent que
quand c'est la femme
qui est malade
elle a trois fois plus de risques
de se faire quitter
que quand
c'est l'opposé
donc
c'est quand même
c'est pour ça que
quand j'entends
que
j'entends tout le temps
la phrase
je n'ai pas eu le choix
il y a plein d'hommes
il n'y a pas beaucoup de femmes
mais beaucoup d'hommes
qui se donnent
le choix
de quitter la femme
qui a un cancer
qui est malade
en fait
on choisit
quand même
de rester
même si pour beaucoup
c'est une évidence
et ça ne pose pas de question
mais
il y a des gens
qui ont un peu de moralité
oui
ce que je veux dire
c'est que si on décidait
de tout plaquer
du jour au lendemain
et de partir à Tahiti
c'est théoriquement possible
en pratique
c'est plus compliqué que ça
mais
les aidants
je trouve qu'il faut
leur redonner aussi
un peu de
un peu de pouvoir
et un peu de
de reconnaissance
là-dessus
ils font le choix
d'aider tous les jours
je trouve que
quand on dit
que la personne
n'a pas le choix
on lui enlève
une partie
de ce qu'elle fait
ce sont des personnes
qui pourraient
ne pas le faire
donc c'est important
de se dire tous les jours
quand on aide
de parler à quelqu'un
de dire
ah
je pourrais ne pas le faire
je le fais
parce que déjà
on se sent mieux
au lieu de se culpabiliser
d'avoir hon
de dire qu'on n'en fait pas assez
on se dit
ah
quand même
c'est quand même extraordinaire
que je suis en train de faire
ce que je fais
et donc
autre point
se dire
ah oui
d'accord
ce que je fais
ce n'est pas si terrible
c'est pire ailleurs
voilà une phrase
que tu nous conseilles
d'abandonner
aussi
exactement
comme prenez soin de vous
l'exemple
que je donne toujours
du pire ailleurs
parce que
c'est très fréquent
de se dire
il faut que je prenne sur moi
il y a pire ailleurs
surtout quand on aide un proche
parce que
à côté du proche
forcément
pourquoi est-ce qu'on se plaindrait
on n'est pas malade
on n'est pas en train de mourir
on n'est pas
nous techniquement
on va bien
donc
il y a beaucoup de gens
qui sont dans ce rapport-là
parce que
quelqu'un va mal à côté
on ne peut pas aller mal nous
l'exemple que je donne toujours
parce qu'il me fait rire
c'est
que si vous arrivez aux urgences
parce que vous êtes cassé une jambe
et que dans la chambre d'à côté
il y a quelqu'un
qui s'est cassé deux jambes
et qu'on vous disait
bah écoutez
celui d'à côté
il a de la morphine
parce qu'il a les deux jambes cassées
mais vous n'en avez qu'une
donc
on vous laisse du Doliprane
ça va aller
vous me feriez virer
vous me feriez radier
lors des médecins
si je vous accueillais comme ça
on est d'accord
ça me paraîtrait assez évident
c'est une énorme faute professionnelle
votre douleur d'une jambe cassée
elle existe
elle est bien réelle
et ce n'est pas parce qu'il y a
deux jambes cassées
dans la chambre voisine
que vous avez moins mal
donc vous avez le droit
au même traitement
pourtant
les gens se traitent
d'une manière
complètement différente
eux
par rapport
à la personne à côté
et c'est vrai que
c'est important
de s'en rendre compte
à chaque fois qu'on se sent mal
j'insiste
mais c'est important
parce qu'on se sent mal
pour plein de raisons
essayer de prendre
un peu de recul
et de se demander
pourquoi
pourquoi ça ne va pas
ça permet d'ailleurs
de reconnaître
ce dans quoi on est tombé
le travers dans lequel
on est tombé
si on est habitué
de se dire
ça ne va pas
mais je prends sur moi
parce qu'il y a pire à côté
une fois qu'on est au courant
c'est plus facile de se dire
on m'avait dit que cette phrase-là
on l'utilisait moins
si on sait
qu'on est perfectionniste
et que la prochaine fois
qu'on oublie les fraises
on se dit
tiens c'est vrai
qu'on avait dit
rien n'est parfait
ça ne veut pas dire
que je ne peux pas profiter
du moment
ça permet déjà
de se faciliter
un peu la vie
et puis si je reviens
un tout petit peu
sur la notion de choix
parce que c'était important
savoir qu'on a
quand même le choix
techniquement
ça permet aussi
d'imposer des limites
qui est quelque chose
de très difficile à faire
quand on aide quelqu'un
parce que parfois
et tu l'as dit
un peu auparavant
la personne peut être
méchante
désagréable
peut faire du chantage
à cause de la maladie
tu vois il y a des gens
qui ont été en plus
très bons
très gentils
toute leur vie
et avec la maladie
on les voit se transformer
la maladie
ou l'âge
il y a beaucoup de raisons
qui font ça
et on a aussi
par exemple
des patients
ou des parents
qui refusent
que quelqu'un d'autre
s'occupe d'eux
ça arrive très fréquemment
qui font du chantage
parfois
en disant
si tu ne t'occupes pas de moi
dans ces cas-là
je resterai chez moi
tant pis personne
ne s'occupera de moi
et je serai mort
et tu me retrouveras
allongé sur le sol
c'est exactement ça
et ça peut aller très loin
et quand on est
dans la position
de se dire
qu'on est là
parce qu'on n'a pas le choix
derrière
on prendra pas
on n'osera pas
dire que ça va pas
dire qu'on doit
être respecté
alors que si on est
dans une position
de se dire
je le fais par choix
même si c'est
parce que ces choix
sont dictés par nos valeurs
et que ça nous paraît évident
et bien on reprend
une position un peu plus active
et on a plus de chance
de réussir derrière
à dire que
il y a des fois
non ça va pas
non je ne vais pas faire ça
j'ai aussi une famille
j'ai aussi une vie
j'ai aussi une santé
donc il faut qu'on trouve
une solution ensemble
mais c'est important
de garder un peu
de pouvoir aussi
et de ne pas être
totalement dans le sacrifice
Alors
cet engagement
à aider
nos proches
il est
de plus en plus
étudié
et
c'est imposé
le mot
d'Aidan
alors
ça a beaucoup
de vertu
parce que
comme ça
on peut comprendre
quelque chose
mais le mot
pose pas mal
de problèmes
du reste
pour être
honnête
moi
je suis vraiment
pris par un engagement
profond
je me suis
avant de lire
ton livre
Aidan
je ne m'y reconnaissais pas
parce que ça fait
comme une identité
on a presque l'impression
que c'est un métier
donc on a une résistance
on fait ce qu'on peut
on aide
voilà
donc
qu'est-ce que
où tu en es
comment faire
alors c'est vrai
que j'ai un rapport
un peu compliqué
avec ce mot
parce que
forcément
je suis obligée
de l'utiliser
puisqu'aujourd'hui
il existe
il est dans la loi
il est rentré
globalement
un peu dans les mœurs
donc
je ne peux pas
ne pas l'utiliser
et ne pas informer
sur ce mot
parce que pour moi
c'est un outil
ce mot maintenant
il permet
d'avoir accès
à quelques droits
c'est pas encore exceptionnel
mais on va dire
que c'est mieux que rien
qu'est-ce qu'on a
comme droit
alors il y a
un congé proche aidant
qui existe
qui est assez restrictif
mais qui a le mérite
d'exister
c'est mieux que rien
qui permet
de prendre trois mois
dans sa carrière
de salarié
pour aider un de ses proches
et d'être indemnisé
pour ça
on a un droit
au répit
qui va avec
et répit
c'est aussi un mot
avec lequel j'ai un peu de mal
juste derrière
et puis
vis-à-vis des professionnels
de santé
le mot
cette fois-ci
commence à être aussi
rentré dans la culture
donc
connaître le terme
et pouvoir dire
par exemple
aux médecins
je suis l'aidant
aujourd'hui
ça a une valeur
et
ça donnera un accès
par exemple
à des plateformes
de répit
de soutien
les médecins
pourront rediriger
parfois vers des associations
ou autres
donc on va dire
que c'est une porte d'entrée
donc peut-être
il faut dire aux gens
peut-être ça vaut la peine
quand même de voir
si vous êtes aidant
que vous reconnaissez
que vous êtes aidant
en fait moi je pars du principe
que
parce que
je pense que la question
qu'on me pose le plus
c'est
docteur est-ce que vous pensez
que je suis aidant ?
ma réponse est toujours la même
c'est si vous en êtes
à me poser la question
la réponse est oui
parce qu'on n'a pas
de vraie définition
du mot aidant
le mot aidant
techniquement
quand on regarde la loi
c'est quelqu'un
qui aide régulièrement
un de ses proches
malade, âgé
ou avec un handicap
avec ça
aider régulièrement
globalement
c'est pas extrêmement précis
et est-ce que
à quel moment
on aide
on donne juste un coup de main
et à quel moment
on devient aidant
ça dépend des personnes
moi je pars du principe
qu'à partir du moment
où on se questionne
à partir du moment
où on s'inquiète
où on guette
son téléphone
où on prend soin
de la personne
qu'on augmente
la fréquence des visites
on devient aidant
on est aidant
et à des fois
il y a un diagnostic
et on devient aidant
du jour au lendemain
et on le sait
mais dans le vieillissement
d'un parent par exemple
c'est très progressif
il n'y a pas un jour
où vous allez vous réveiller
en vous disant
je pense que ça y est
je suis devenu aidant
s'il y a un événement
qui se passe au milieu
il y a un AVC
qu'il y a une chute
etc.
vous aurez peut-être ce ressenti
mais si tout se passe bien
vous allez glisser doucement
entre guillemets
dans ce rôle-là
mais on a tous
des parents qui vieillissent
et quand ils vieillissent
on guette plus le téléphone
quand on les a au téléphone
on guette le ton de la voix
on voit comment ils vont
ça c'est déjà des signes
qu'on s'implique de plus en plus
et qu'on s'inquiète
mais après
il n'y a pas de case
en elle-même
c'est vrai que le mot aidant
il est assez proche
d'être soignant
il est souvent confondu
et en plus
ce qui n'aide pas
c'est qu'il y a
beaucoup de professionnels
qui parlent
d'aidant d'un côté
et d'aidant professionnel
pour parler des soignants
de l'autre
ce qui est une cacophonie
c'est pas possible
on a déjà du mal
à utiliser aidant correctement
donc si on peut éviter
d'appeler les soignants
des aidants professionnels
ça aiderait
alors moi ce que j'ai trouvé
pour moi
un des points
les plus lumineux
de ton livre
c'est de faire la liste
de ce qu'on fait
ah
mais c'est tellement important
ça j'ai trouvé
donc tu le conseilles
il y a plusieurs moments
dans le livre
un moment quand tu essaies
de montrer
qu'est-ce que c'est un aidant
de faire la liste
mais aussi
par rapport au boulot
par rapport à un verrage
de montrer toutes les compétences
qu'on a été obligé d'apprendre
en étant aidant
alors peut-être
on peut faire la liste
parce que c'est sûr que c'est
je ne m'en étais pas rendu compte
je cochais un peu
toutes les cases
et c'est absolument dingue
tout ce que ça veut dire
d'être aidant
la liste est immense
et c'est pour ça que
on peut commencer
complètement
on va prendre un exemple
on aide un parent
parce que
chaque aidant est différent
donc on développe des qualités
différentes selon les situations
mais
prenons l'exemple de quelqu'un
qui aide un parent
qui a Alzheimer
d'accord
vous avez des personnes
qui viennent à domicile
vous les avez embauchés
donc déjà
vous connaissez la pathologie
vous savez gérer
du personnel
donc une équipe
c'est vous qui allez les coordonner
c'est vous qui allez gérer
tout ce qui est
fiches de paye etc
donc
il faut non seulement
être bon en coordination
mais en écoute
parce que
ce n'est pas simple
de gérer des personnes
il va falloir négocier souvent
les vacances
les choses comme ça
à côté
il va falloir faire
tous les dossiers
donc il va falloir être persévérant
il va falloir être précis
parfois là aussi
il va falloir ressortir
un petit peu de négociation
parce que souvent
face à un médecin
un professionnel de santé
on a besoin
d'être persuasif
de pousser
voire faire du lobbying
dans certains cas
pour être écouté
pour récupérer
le bon papier
donc s'il y a papier
et dossier
ça veut dire qu'on est aussi
vraiment très organisé
qu'on est capable
de respecter
des deadlines
à côté de ça
bien entendu
pour aider quelqu'un
c'est quand même mieux
si on est empathique
souvent on est loyal
parce qu'on est là
pendant un bon bout de temps
à côté
c'est vraiment
on a de tout
on s'est communiqué
on l'a pris
on le développe
la veille technique
la vérification du matériel
vérifier les médicaments
qu'on a récupéré
que le stock de produits
est content
coupler à chaque passage
du soignant
vérifier si
les appareils
fonctionnent bien
surveiller en permanence
l'état de santé
du proche
en fait
pour moi
il y a deux catégories
de compétences
qu'on développe
on développe
les compétences techniques
c'est exactement
ce que tu viens de dire
et on développe
une vraie expertise technique
sur la pathologie
et on développe
ce qu'on appelle
les compétences interpersonnelles
les soft skills
qui sont très utiles
dans le monde du travail
c'est aussi pour ça
que je fais un exercice
parce qu'il y a beaucoup
d'aidants qui viennent me voir
en me disant
je me sens un peu
comme un boulet
pour mon patron
pour mon entreprise
parce que je suis plus fatiguée
je comprends pas
pourquoi ils me garderaient
et en même temps
j'ai peur de perdre mon emploi
j'aime mon emploi
j'ai envie d'y rester
j'en ai besoin
ben oui
j'en ai besoin
et je tiens
le même discours
de l'autre côté
à des DRH
qui pourraient dire
écoutez
vous êtes gentil
avec vos aidants
mais quand même
c'est compliqué
de les avoir comme ça
vous ne vous rendez pas compte
de la mine
de compétences
qu'ils développent
en faisant ça
non seulement
c'est pas des boulets
pour l'entreprise
mais ce sont des atouts
certes
ce sont des moments
des personnes
qui traversent
un moment un peu compliqué
de leur vie
on traverse tous
des moments difficiles
ce que je dis d'habitude
quand je suis face à une salle
je leur demande
qui d'entre vous
s'est déjà fait larguer
ou est divorcé
soit il y a un blanc
on me regarde un peu bizarrement
surtout quand je suis
devant un conseil d'administration
et puis il y a toujours
quelqu'un qui finit par
lever la main
un peu timidement
certes
mais on va le faire
et puis dès qu'il y en a un
qui a levé la main
tout le monde finit par
lever la main
parce qu'on s'est tous fait
quitter au moins une fois
ça c'est certain
quand on se fait quitter
en particulier
quand il y a un divorce
des enfants etc
on n'est pas très en forme
quand on vient travailler
si on se dispute
la garde des enfants
souvent ça dure
dans le temps
ça peut être compliqué
est-ce que pour autant
on a peur de perdre son job
non
est-ce que quelqu'un
aux ressources humaines
va envisager de vous virer
parce que vous êtes
en train de divorcer
non
est-ce que vous apprenez
vraiment quelque chose
pendant que vous divorcez
peut-être sur les personnes
avec qui il ne faut pas
avoir de relation
mais à part ça
on ne peut pas dire
que ce soit un moment
où on développe
des compétences interpersonnelles
passionnantes
en fait
on attend que les gens
soient parfaits
c'est extrêmement hypocrite
parce qu'on a des
la majorité des gens
n'a pas encore
été aidant
dans le monde du travail
c'est une question d'âge aussi
donc on espère
que tout soit parfait
et on dit
ok bah les salariés
ils doivent arriver
ils laissent leurs problèmes
sur le point
sur le palier de l'entreprise
ils les reprennent
en sortant
et puis c'est tout
mais par contre
quand c'est un problème
qu'on a tous vécu
à un moment ou à un autre
on est beaucoup plus indulgent
puisque on sait
ce que ça peut représenter
donc j'ai envie de dire
il faut se lâcher la grappe
quand on est aidant
mais quand on n'y est pas
il faut sortir un peu
de l'hypocrisie
de se dire que
tout le monde doit être
un modèle
parce que les modèles
n'existent pas
et que le jour
où ce sera à votre tour
de vivre ça
vous serez peut-être
bien content
que votre culture d'entreprise
soit bienveillante
à ce sujet
qu'on vous laisse
un peu de tolérance
sur des retards
qu'on vous laisse accompagner
votre maman
à un rendez-vous
votre enfant
chez le kiné par exemple
mais on ne s'en rend pas compte
parce qu'on imagine toujours
et c'est normal
c'est humain
que tout va bien se passer
tout le temps
heureusement
parce que si on passait
notre temps à anticiper
que ça se passe mal
la vie serait compliquée
mais ça n'empêche
que ça ne nous oriente pas
forcément bien
dans nos prises de décisions
et dans la manière
dont on voit les autres
Quels sont les grands combats
que tu essayes de mener
et qu'il faut mener
aujourd'hui
sur cette question ?
le premier
il est très clairement
dans le monde du travail
parce que c'est encore
les balbutiements
que tu viens d'expliquer
arriver à convaincre
les DRH
les entreprises
de changer leur regard
vraiment sur les aidants
et d'adapter
leur culture interne
et de ne pas faire
une fois de temps en temps
juste une séance
d'information
ou un flyer
en se disant
bon ben c'est bon
on a géré
mais de faire un vrai accompagnement
sur le sujet
Je dirais que le deuxième combat
il est politique et sociétal
parce que
il rejoint le système
de santé un petit peu
aujourd'hui
il y a beaucoup
de soins à domicile
qui se font
d'ailleurs on fait tout
pour qu'il y ait
ce qu'on appelle
le virage ambulatoire
donc on renvoie les gens
le plus possible chez eux
ce qui est très bien
pour les patients
ce qui est très lourd
pour les familles
et on attend
que globalement
les familles se débrouillent
avec ça
sans aucune reconnaissance
rien
et ça pour moi
c'est pas possible
déjà parce que
si les aidants craquent
le patient finirait hospitalisé
donc ça n'a absolument
aucun sens
et puis on ne peut pas
demander comme ça
à des gens
de mettre leur vie
de côté
pendant quelques années
parce qu'on a décidé
de ne pas mettre
de moyens pour ça
alors qu'en plus
ils rendent service
parce que si les patients
restaient à l'hôpital
tout le temps
ça coûterait extrêmement
cher à la société
donc tout le monde
est bien content
que les aidants
s'occupent de leurs proches
mais alors par contre
quand il s'agit
de les soutenir eux
Comment ils pourraient
être soutenus ?
Alors déjà financièrement
parce qu'il y a beaucoup
de choses qui ne sont pas
remboursées
ou pas remboursées
correctement
parce qu'aujourd'hui
quand on est aidant
et qu'on travaille
il y a des situations
qui nécessitent
qu'on arrête de travailler
ça peut malheureusement
toujours être le cas
quand la situation
est très grave
quasiment du jour au lendemain
aujourd'hui si vous travaillez
à part si votre patron
est assez gentil
pour vous autoriser
une rupture conventionnelle
par exemple
pour avoir le droit
de toucher le chômage
mais sinon
on attend de vous
que vous arrêtiez tout
sans aide financière
derrière
il faut le temps
de faire les dossiers
d'avoir des réponses
il y en a pour des mois
et des mois
aujourd'hui
on ne peut pas
décider de s'arrêter
pour s'occuper d'un parent
âgé ou autre
il faut le dire
les dossiers à la MDPH
c'est plus d'un an
même dans des situations
d'urgence malheureusement
dans beaucoup de départements
c'est quand même un des scandales
en France
mais un an
je suis complètement d'accord
un an
pour que la reconnaissance
du handicap soit faite
mais c'est juste
on n'arrive pas à croire
que dans un pays
moderne
c'est un an
avant que l'administration
vous réponde
mais c'est pareil
pour avoir un logement adapté
par exemple
si en plus vous avez
la malchance
d'être dans une situation
financière précaire
avant de trouver
un logement social
par exemple
qui soit adapté
au handicap
de votre parent
il y en a du temps
il y en a des délais
en général
c'est plus un an
c'est beaucoup plus que ça
moi j'ai des aidants
qui me disaient
mais non seulement
j'ai dû tout abandonner
et donc ça fait 6 mois
qu'on vit
sur les dernières économies
qui nous restent
mais en plus
maman vit au 4ème étage
et du coup
elle n'arrive plus à marcher
donc je l'aide
à descendre
je la porte à moitié
jusqu'en bas
quasiment tous les jours
pour aller chez le kiné
à ses rendez-vous etc
il n'y a rien qui n'est fait
il n'y a pas de priorité
sur ça
et je trouve ça
quand même dingue
après il y a aussi
la question des enfants
les jeunes aidants
les mineurs
qui s'occupent
d'un de leurs proches
parce que ça
on ne veut pas
en entendre parler
on a déjà du mal
avec les adultes
qui s'occupent d'un proche
mais alors d'imaginer
qu'il y a des enfants
qui s'en occupent
pour beaucoup
c'est insupportable
mais sauf qu'ils existent
ces enfants
ils sont entre 500.000
et 1.000.000
ce qui est énorme
et là
personne n'est formé
l'école n'est pas là
pour les soutenir
elle devrait
entre 500.000 et 1.000.000
d'enfants qui s'occupent
de leurs parents
oui
ou d'un frère ou d'une soeur
par exemple
handicapé
ou avec un autisme
ou d'un parent
prend une famille monoparentale
et imagine que la maman
d'un coup tombe malade
et bien les enfants
qui sont là
en général
c'est l'aîné
qui va s'occuper
de gérer le foyer
pendant que la maman
fait ce qu'elle peut
pour se sortir de là
donc ces enfants-là
on ne les regarde pas
il faudrait pouvoir
former les profs
qu'il y ait
des vrais accompagnements
il faut pouvoir
ça existe dans certains cas
mais c'est très rare
c'est vraiment école dépendant
pouvoir aménager
parfois les emplois du temps
les accompagner
même dans la transition
vers la fac
parce que là
il y a des études aujourd'hui
qui montrent que non seulement
comme pour les adultes
ça a un impact sur la santé physique
et mentale
mais ça a un impact
sur l'avenir
d'ailleurs
comment tu veux imaginer
faire des études longues
quand tu t'occupes
de ton frère
de ta soeur
ou d'un de tes parents
souvent la première chose
que ces jeunes aidants font
dès qu'ils ont 18 ans
qu'ils ont fini le lycée
c'est d'aller travailler
pour aider financièrement
leur famille
alors qu'ils avaient souvent
envie de faire autre chose
mais la priorité
comme d'habitude
c'est pas eux
c'est la personne
qui les aide
et là non plus
il n'y a pas de reconnaissance
il n'y a pas de soutien
il y a quelques associations
qui se battent
avec les maigres moyens
qu'elles ont
mais il y a énormément
de choses à faire
et puis j'ai envie de dire
je pense qu'on peut tous
faire nous quelque chose
quand on voit des personnes
autour de nous
les regarder un peu mieux
regarder si par hasard
elles ne sont pas là
pour un proche
et on peut faire
des petits gestes tout simples
j'avais une aidante
son témoignage m'avait
beaucoup touchée
parce qu'elle m'avait dit
qu'elle avait un enfant
atteint d'un autisme
assez sévère
et elle en avait parlé
très peu
mais à mot couvert
entre guillemets
au travail
et quelques jours après
une de ses collègues
sans rien dire
est venue à la pause
du déjeuner
avec une portion
de plat en plus
en lui disant
écoute
trois fois par semaine
je fais moi-même à manger
et je n'ai jamais à manger
ne t'inquiète pas
je couvre
j'en fais une pour toi
comme ça tu peux
prendre un peu de temps
la jeune femme
n'avait rien demandé
mais elle a été
extrêmement touchée
parce que ça lui a enlevé
le poids d'en plus
devoir faire à manger
pour elle le midi
donc elle a gagné
une demi-heure le soir
et elle en a profité
pour se relaxer un peu
et elle s'est sentie soutenue
on peut tous être solidaires
mais pour ça
il faut regarder les autres
et il faut avoir envie
de réfléchir à des petites choses
qui pourraient aider
Après dans le monde médical
il y a un petit changement
mais encore timide
il y a encore des médecins
qui veulent voir uniquement
le malade
et pas les dents
encore cette idée
dans différents domaines
on ne voit pas les dents
on les considère
comme pas important
alors qu'au fond
les dents
ils sont avec le malade
au quotidien
ils en savent beaucoup
le malade ne peut pas
toujours bien dire
ce qui lui arrive
parce qu'il n'est pas
toujours à même
d'analyser
d'avoir le recul
par rapport à sa souffrance
il y a encore
plein de médecins
qui disent
non je ne vois
dans mon cabinet
que le malade
c'est une violence incroyable
ce n'est même pas
le cas le pire
dans le cas le pire
pour moi
c'est les médecins
et les soignants
de manière générale
qui voient la famille
comme étant négative
on le voit
alors on l'a longtemps vu
en psy
les familles qui étaient
carrément considérées
comme pathogènes
une grande partie
des troubles
étaient de leur faute
malheureusement
ça existe encore
en particulier
dans l'autisme
j'en ai parlé
sur mes réseaux sociaux
cette année
et le nombre
de témoignages
de mamans
qui m'ont dit
on m'a dit
que c'était de ma faute
si mon fils ou ma fille
était autiste
particulièrement la psychanalyse
exactement
osons le dire
oui
la violence
oui
complètement
il faudra un jour
qu'on ose dire
la violence
de la psychanalyse
pour tous
les parents
d'enfants autistes
j'en ai parlé
sur cette chaîne
on a fait
un dialogue
et la
maman
racontait ça
c'est quand même
déchirant
ah mais
en plus
ça n'a aucun sens
moi j'ai une
jeune femme
je me souviens très bien
qui m'a dit
on m'a d'abord reproché
de ne pas être assez présente
et donc que l'autisme
soit dû à ça
et après on m'a dit
que j'étais trop présente
et que l'autisme
était dû à ça
effectivement
et elle culpabilisait
et c'était épouvantable
pour elle
s'en rendre malade
donc c'est important
que dans
le domaine
psychiatrique
il y a
vraiment
dans le domaine
psychiatrique
il y a un gros problème
vis-à-vis des familles
et des aidantes
ça commence tout doucement
heureusement
il y a certains professionnels
qui ont pris
les choses en main
qui ont créé
quelques programmes
d'accompagnement des familles
mais là vraiment
la culture
chez les soignants
en psychiatrie
nécessite d'évoluer
énormément
et heureusement
qu'il y a
des associations
de familles
qui militent
et qui essayent
de s'imposer
dans les hôpitaux
pour essayer
de changer des choses
et puis il y a
quelques soignants
par exemple
il y a un programme
qui s'appelle Bref
qui existe
il y a quelques programmes
qui existent
vraiment sur le sujet
des aidants
mais malheureusement
ils sont très loin
d'être absolument partout
Bref, qu'est-ce que c'est ?
C'est un programme
pour soutenir
les familles
qui ont un patient
justement
en psychiatrie
c'est vraiment
autour du patient
en psychiatrie
mais il est
très très loin
d'être dans
toutes les équipes
après c'est exactement
ce que tu disais avant
il y a beaucoup
de médecins
qui soit sont
assez neutres
vis-à-vis des aidants
ils voient le patient
ça leur suffit
soit qu'ils considèrent
que la famille
est chronophage
forcément une famille
ça pose des questions
c'est un peu logique
soit qu'ils considèrent
qu'à cause
du secret médical
il vaut mieux
ne parler à personne
c'est un peu fainéant
parce que le secret médical
certes existe
mais on peut
l'apprendre
et faire des efforts
pour comprendre
et communiquer
comme on peut
quand on peut
et puis surtout
rien n'empêche
d'écouter
rien n'empêche
d'écouter
après c'est pas valorisé
non plus
la sécurité sociale
il n'y a absolument
aucun acte
aujourd'hui
pour un médecin
par exemple
un médecin généraliste
qui voudrait recevoir
un aidant à côté
pour faire une consultation
pour un aidant
ça ce serait quelque chose
qui pour moi
serait assez fantastique
qu'on valorise
le temps passé
avec les aidants
parce que là
on les inclurait
directement
dans un vrai parcours
un médecin
pourrait voir un aidant
pour lui expliquer
la pathologie
de la personne
qui est malade
lui donner des bons conseils
pour savoir
comment l'aider au mieux
et comment tenir le coup
soit
mais déjà
dans les deux
comment tenir le coup
soit
mais aussi
expliquer
un peu mieux
comment aider
par rapport à telle pathologie
qu'est-ce qu'il faut faire
alors il existe
quelques programmes
d'éducation thérapeutique
donc sur la pathologie
ça c'est faisable
il faut l'accord du patient
parce que
voilà
mais c'est vrai
qu'aujourd'hui
il n'y a pas de consultation
par exemple
quasiment de prévention
pour les dents
il n'y a pas d'accompagnement
moi je milite
pour ce que j'ai appelé
un parcours de l'aidant
aujourd'hui
dans la santé
on a des parcours de soins
le principe c'est
de toujours trouver
le bon interlocuteur
au bon moment
au bon endroit
pour avoir le bon soin
ce qui est un bon principe
moi je me dis que
l'aidant il a aussi besoin
d'avoir un bon interlocuteur
au bon moment
au bon endroit
selon ses besoins
et qu'en fait
à partir du moment
où on devient aidant
en parallèle
du parcours du patient
il devrait y avoir
un vrai parcours de l'aidant
déterminé par
ses besoins
psychologiques
ses besoins
financiers
ses besoins
de santé
parce qu'on a tous
une santé différente
on peut aussi aider
en étant malade
soi-même
et donc avoir besoin
d'un double accompagnement
mais ça pareil
ça nécessite de rentrer
vraiment les aidants
dans le système de soins
et pas juste
comme des pièces
rapportées à côté
qui est un peu la manière
dont on les traite
aujourd'hui
on a du travail
merci infiniment
merci d'avoir
partagé ça
j'espère que
ça donnera
envie à beaucoup
de gens
de lire ton livre
et de trouver
beaucoup
d'appui
on a abordé
qu'un tout petit
aspect du livre
parce qu'il y a
plein de conseils
que faire avec
nos émotions
que faire avec
le stress
comment prémunir
le burn-out
vraiment des conseils
encore plus pratiques
de comment parler
avec son DRH
c'est un livre
extrêmement
complet
et pratique
que je recommande
à tout le monde
merci beaucoup
merci d'avoir écouté
cet épisode de Dialogue
je ne sais pas si vous savez
mais j'ai une autre chaîne
j'ai demandé à Fabrice
dans laquelle je réponds
à toutes les questions
qui concernent l'existence
et j'aborde
toutes les questions
qu'on a abordées
aujourd'hui
comment trouver
un peu de paix
comment faire
avec ses émotions
ça pourrait vraiment
vous donner
des pistes
et vous aider
c'est sur
l'autre chaîne
j'ai demandé à Fabrice
c'est aussi disponible
en podcast
et bien je vous dis
à très vite