Jeanne Culture: Cent ans du lac Simon
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24 Vues de vidéo·18 nov. 2024
Au centenaire du lac Simon, Jeanne Culture rencontre Magella Savard, ex-moniteur et président, et Mario Leclerc, fidèle depuis l'enfance à ce site unique.
Aujourd'hui à Genneculture, on profite des retrouvailles du 100e anniversaire de l'Oasis Notre-Dame
pour parler avec des personnes qui sont attachées à ce site d'exception.
Ben je laisse avoir tes présidents du CA du Centre Vacances Lac-Simon.
Mais tu connais ce centre-là depuis très longtemps. Il y a une histoire d'amour aussi en lien avec ça.
Parle-moi à quel moment tu as rencontré le Lac-Simon.
Dans le fond, ça a débuté en 2000. Je travaillais à l'époque pour les patros.
Les patros étant la même entité que le Lac-Simon, donc au niveau de la communauté des religieuses Saint-Vincent-de-Paul,
je connaissais des gens. J'ai su qu'il y avait une possibilité de venir donner un coup de main.
Moi, je suis venu pour un été, le premier été.
Donner un coup de main, vous étiez dans quel secteur moniteur?
Moi, j'ai une formation en animation, mais je travaille dans les écoles.
Ça rejoignait mes goûts et mes connaissances.
Donc, j'ai accepté de venir passer l'été ici pour accueillir, avec une petite équipe de moniteurs,
les groupes de patros, les jeunes qui fréquentaient les patros de la région de Montréal, Ottawa, Jonquière et Québec,
qui venaient passer des séjours ici.
Puis d'été en été, parce que je suis tombé en amour avec le site, j'ai vraiment aimé mon été.
Je me suis dit, l'été prochain, on reprend ça, mais on améliore les choses, on modifie.
Puis d'été en été, ça s'est poursuivi.
Puis finalement, j'ai fait 15 étés.
Puis après deux ou trois étés, j'ai offert aux frères de m'occuper aussi de la gestion,
de la location des chalets, de la gestion un petit peu.
Il y avait le côté financier que c'était encore les frères qui s'occupaient.
Moi, c'était plus tout le côté réservation, organisation, embauche du personnel, etc.
Donc, j'ai travaillé beaucoup à ce niveau-là.
Donc, 15 étés.
Oui.
C'est intéressant parce qu'au Lac-Simon, on est au Retrouvaille et il y a beaucoup d'anciens qui sont ici.
Le sentiment d'appartenance est très fort.
J'imagine que pour toi aussi.
Pour revenir dans un lieu comme ça pendant 15 ans, parce que des gens qui ont des emplois pendant 15 ans,
c'est assez rare, surtout que c'est saisonnier.
Qu'est-ce qui fait que tu revenais chaque année?
C'est la beauté du site.
De passer un été à faire du plein air.
Mon équipe, elle avait toujours 16, 17, 18 ans.
À chaque année, elle recommençait.
Toujours le même âge.
Moi, je vieillissais d'un année à chaque année, mais elle, elle avait toujours 16, 17, 18, 20 ans.
Donc, c'était motivant.
C'était encourageant de venir.
Je redécouvrais.
J'avais l'impression de revivre un petit peu ma jeunesse à chaque fois, à chaque été.
Tu étais une garde jeune à ce moment-là.
Oui, exactement.
Puis, c'est ça.
Les gens chantaient qu'ils avaient le goût de revenir, de redonner un été supplémentaire.
J'ai eu des moniteurs qui ont été là pendant un été à sept, sept étés.
Jusqu'à temps qu'un moment donné, ils doivent passer à autre chose dans leur vie personnelle et professionnelle.
Ça, je trouvais ça le fun de pouvoir compter sur le retour de jeunes qui étaient dynamiques.
Je savais sur qui je pouvais compter.
Donc, ça, c'était motivant.
C'est ce qui me faisait qu'à chaque été, j'avais le goût de revenir.
De revoir la nouvelle gang.
C'est ça.
Puis, durant l'hiver, je préparais cet été-là.
Donc, tout ça faisait un tout.
Moi, ça me plaisait beaucoup.
Puis là, votre travail de tout le conseil d'administration.
Vous êtes une équipe qui menait ce bateau-là quand même, qui est un OBNL, un organisme lucratif.
Ça fait 100 ans cette année.
Qu'est-ce qui s'en vient dans les perspectives d'avenir?
Quand on a pris possession, la corporation a pris possession des lieux.
Le but, c'était de poursuivre l'œuvre des Frères Saint-Vincent de Paul.
Donc, de faire en sorte que ce site-là demeure un site accessible au plus grand monde possible.
Donc, que ce soit par l'accès qui est facile.
Je parle au niveau tarif.
C'est abordable.
Que l'allocation des chalets.
On a fait des terrains de camping.
On a développé ça pour faire en sorte que le plus de monde possible puisse profiter d'un site comme ça.
Le but du conseil d'administration, c'est de poursuivre ça.
Donc, d'investir pour faire en sorte de conserver les bâtiments qu'on a, les chalets, la restauration.
C'est sûr que, pour ça, il nous faut du financement.
Donc, je dis que c'est financier, mais ça nous prend aussi des ressources des bénévoles,
d'autres personnes comme les membres de mon conseil d'administration qui vont vouloir prendre la relève.
Parce que ce n'est pas éternel.
Les gens, il y a un roulement quand même.
Ça rend en sorte qu'on a toujours besoin de rajeunir, de rafraîchir, de renouveler notre équipe, notre mandat.
Et l'équipe du centre aussi, les employés.
On sent que ce sont des gens qui ont du plaisir à travailler ici.
Ça fait que ça aussi, ça fait partie de l'ADN du centre d'accueil.
Et ce qui est intéressant avec ce site-là, c'est qu'on sent cette histoire-là.
Les 100 ans, il y a des bâtiments comme celui derrière nous, la Gentillomière,
qui est un bâtiment vraiment fort, qui est typique.
Comment vous voyez ça par rapport au patrimoine mobilier que vous avez ici, cette richesse-là?
On veut conserver, commencer par conserver ce qu'on a déjà.
La Gentillomière, c'est un bâtiment incroyable.
Les gens viennent ici en voyant la Gentillomière, ça leur appelle le souvenir.
C'est le bâtiment peut-être qui est le plus marquant.
Donc, ce bâtiment-là, éventuellement, on veut lui trouver une utilité plus grande
pour faire en sorte que l'investissement qu'on va faire pour le rénover et le moderniser,
tout en gardant son cachet, on va pouvoir le rentabiliser.
Ça va justifier l'investissement qu'on va faire.
Si on ne l'utilise pas, à un moment donné, ça devient difficile d'investir dans un bâtiment qui n'est pas utilisé.
Donc, on veut vraiment trouver une vocation pour ce bâtiment.
Puis, les chalets, on veut continuer de les rénover,
mais on veut toujours garder des chalets abordables pour la clientèle que nous, on veut desservir.
Oui, qui poursuivent la mission.
Qui poursuivent la mission, exactement.
Merci beaucoup, Magellan. Bonne suite.
Ça me fait plaisir, merci.
En arrivant sur le site du Centre Vacances Lac-Simon,
on voit le Chemin Bertium, puis un peu plus loin, le Chalet Bertium.
À qui font-ils référence?
Ils doivent leur nom à Anna Bertium.
Cette héritière de Trifle Bertium, propriétaire de La Presse à Montréal,
est d'une importance capitale dans l'histoire du lieu.
En 1925, elle souhaite s'y installer.
Elle négocie avec le fondateur de l'Oasis Notre-Dame, qui accepte à une condition.
Il lui demande qu'elle cède de mort et dépendance avant de partir pour le ciel.
Elle achète donc une terre voisine, située en retrait,
et y bâtit l'ermitage où elle passe le reste de sa vie.
Elle érige en plus une résidence incluant une chapelle pour son aumônier,
une cabane en bois rond pour son chauffeur et homme d'entretien,
et finalement un garage, le Pavillon Bleu, maintenant nommé Chalet Bertium.
Au fil du temps, et particulièrement durant la crise économique,
elle offre des repas aux gens des alentours en échange de leur travail.
On lui doit en partie les magnifiques bâtiments et les différents aménagements du site.
Elle a aussi beaucoup fait pour Saint-Léonard.
Noël Côté, natif du coin, se souvient de sa générosité.
C'est d'ailleurs là qu'elle bâtit une première résidence d'été,
qui devient ensuite l'école du village.
Mario Leclerc, tu viens ici depuis très longtemps, au Lac-Simon, depuis que t'es bébé, si je comprends bien.
Exactement.
Et il y avait un phénomène que, là, moi, j'avais jamais entendu parler,
qui s'appelle les 4H, un groupe, une espèce de...
C'est un mouvement.
Un mouvement.
Un mouvement comme les scouts, finalement, les 4H, puis...
Tu faisais partie de ça?
Oui. Je viens de Donnacona, puis les 4H, c'était très fort.
C'était même plus fort, les 4H, que les scouts.
Donc, je peux pas dire quand ça a commencé, mais dans les années 70, c'était en place, ces 4H.
Puis là, 4H, c'est chiffre 4.
OK. Chiffre 4 et la lettre H.
Et la lettre H?
Pour Honneur, Honnêteté, Habileté, Humanité.
Ça donne le goût de rentrer dans le club, quand même.
Tout à fait. Puis très axé, un peu comme les scouts, le scoutisme,
nous, on était très axés sur le plein air, sur la nature.
C'était beaucoup ça, le mouvement 4H, là.
Puis là, vous venez ici à chaque été avec les groupes, finalement.
Toi, tu venais...
Oui, on venait passer une semaine. Je pense que c'était un 5 jours, 4 à 5 nuits.
Qu'est-ce que vous faisiez pendant que vous étiez en 5 jours d'immersion au Lac-Simon?
Oui, bien, ce qu'on faisait, c'est qu'on dormait dans un des dortoirs ici.
On empruntait la cafétéria.
Mon frère, Daniel, était moniteur ici au Lac-Simon.
Avec l'Oasis, oui.
Pour l'Oasis, l'été.
Puis naturellement, la semaine, quand les camps se terminaient, les 4H sont venus ici.
4-5 jours, les 4H de Donnacona.
Puis on faisait à peu près les mêmes activités.
Qu'est-ce que les gens faisaient en camp à l'Oasis?
C'est-à-dire, bon, il y avait du tir à l'arc.
Il y avait du tir à l'arc, il y avait une piste d'hébertisme.
On en faisait.
On allait se baigner.
Derrière, ici, il y avait un plongeon.
C'était l'air de baignade.
On allait se baigner là.
On faisait des expéditions autour du lac.
Lac-Pont-Pierre, expédition.
La chute à l'ours, on y allait aussi.
Lac-Encart, pas tellement là en haut.
La colline ici.
Ça fait que c'était pas mal.
On était toujours en activité.
Oui, c'est ça.
Activité de plein air, tout le temps.
Puis là, on n'est pas loin de cette fameuse butte au Moineau.
Butte à Moineau.
Butte à Moineau, qui était un endroit important pour les 4H.
En tout cas, il y a encore un mât ici.
Il y a encore un mât.
Le matin, on se levait.
Qu'est-ce qu'il se passait?
Là, c'était un arbre de camping.
C'était le chalet La Chaumière qui était là.
Puis on voit le mât encore avec l'escalier.
On montait, on faisait la levée du drapeau.
On se levait le matin, ils nous réveillaient.
Le drapeau des 4H?
Oui, le drapeau des 4H.
On chantait la chanson des 4H.
Je ne me rappelle plus de la chanson.
Avant que tu me poses la question.
C'était tôt le matin, peut-être 7h, 7h30.
Moi, le souvenir que j'ai, c'est qu'on se levait.
On était en short.
C'était quand même la fin août, presque début septembre.
Puis on avait froid.
On s'en venait, puis on faisait la levée du drapeau.
Après ça, on allait déjeuner au cafétéria.
Puis là, il y avait des pièces de théâtre aussi.
Ce n'était pas juste du plein air.
Il y avait quand même une espèce d'aspect aussi.
Théâtre, il y a le théâtre romain.
Il y a des gens déguisés en romains sur des photos.
Parle-moi de ça.
Ça, c'était vraiment le cas de l'Oasis.
Ok, ok.
Ce n'était pas avec les 4H.
Non, les 4H, on ne faisait pas de théâtre.
Mais les gens qui étaient ici en été, à l'Oasis,
il y avait du théâtre.
Il y avait souvent un thème, une mise en scène.
Je dirais, les années 50-60,
mon oncle Jean-Claude, entre autres,
il faisait toujours un thème romain.
Mais ça, je ne l'ai pas connu comme campeur.
Quand je suis venu ici, je ne l'ai pas connu.
Il y a des belles photos de ça.
Oui, il y a des belles photos de ça, exactement.
Mais ce que tu disais, le cercle romain,
c'est là où sont les terrains de volleyball maintenant.
C'est un cercle romain dans un trou.
Il y avait beaucoup d'activités.
On jouait au soccer.
Il y avait des rassemblements.
On était dans la butte.
Il peut y avoir des rassemblements aussi.
Les moniteurs étaient en bas, dans le cercle romain.
Nous, on était dans la petite butte.
On écoutait le spectacle ou le disco.
Peu importe.
Il y a beaucoup de choses qui se passaient dans le cercle romain.
Mais ce n'était pas la pièce de théâtre romain.
C'est ça.
Le mot romain revient souvent au Lac-Simon.
Oui, oui.
Étonnamment.
Mario, on voit que les gens ici ont un sentiment d'appartenance super fort au Lac-Simon.
Tu es là, tu es venu depuis que tu étais bébé.
Tu es encore là aujourd'hui.
Qu'est-ce qui te rattache à ce lieu-là?
D'abord, j'ai une photo de moi.
J'ai six mois en poussette avec mes parents.
Pas tellement loin d'ici, il y a un puits dans l'Anse-Plein-Mondon.
Mes parents venaient ici parce que mon oncle Jean-Claude et ma tante Yvette
travaillaient ici à l'Oasis-au-Camp de Notre-Dame.
Mon oncle a été moniteur et a été même chef de camp.
Ma tante Yvette était l'infirmière.
Elle prenait une infirmière parce qu'il y avait 250-300 jeunes ici l'été.
Oui, oui. Pas le choix.
Ma tante s'occupait.
D'ailleurs, elle guérissait beaucoup avec les bonbons, semble-t-il.
Ça fait partie d'une forme de guérison.
Exactement.
Donc, on venait ici en famille.
On venait voir.
On venait profiter du lac, naturellement.
C'était plaisant.
On pouvait se baigner.
Je suis venu souvent l'été venir voir mon oncle Jean-Claude et ma tante Yvette.
Par la suite, les 4H.
Je suis venu comme campeur aussi parce que mon frère était moniteur l'été.
Il m'en parlait beaucoup.
Il faisait du voilier.
Il y avait plusieurs activités ici à l'Oasis.
J'avais dit à mes parents que j'aimerais faire du voilier.
Je veux vivre ce que mon frère vit l'été, mais comme campeur.
Mon frère était moniteur à l'époque.
Je suis venu un été ici au camp.
J'ai adoré ça.
J'ai travaillé aussi les étés de 15, 16, 17 ans à la cafétéria de l'Oasis.
Par la suite, avec la famille, j'ai eu des enfants.
On est venus ici il y a 21 ans.
On a mis un chalet en hiver.
Depuis ce temps-là, chaque hiver, on vient la belle famille.
On a commencé avec un plus petit chalet.
La famille s'est agrandie.
Mes belles-sœurs ont eu des enfants.
Tradition.
À chaque hiver, on réserve un chalet.
On vient passer une fin de semaine ici.
Puis, du camping.
Moi, je suis un gars de camping.
On se promène.
Depuis longtemps, je fais du camping avec ma famille.
Donc, on vient toujours à la fin du travail.
C'est notre dernier camping de l'été.
Donc, on vient une gang d'amis ici faire du camping.
Donc, l'attachement est là.
J'ai été impliqué dans le CA du...
Parce qu'on est au BNL de Lac-Simon.
Donc, j'ai été impliqué dans le CA.
Puis là, maintenant, avec les retrouvailles du centième,
l'application encore bénévole.
Je fais des corvées.
Il y a des corvées ici.
Je viens faire des corvées à l'automne.
On prend l'état de la pique-nique.
On range tout ça.
On va porter ça dans la gentillonnière.
Au mois de mai, on ressort l'état de la pique-nique.
On prépare les terrains.
Fait que ça, je viens un samedi ou un dimanche,
dépendamment de la journée de la corvée.
Je viens donner un coup de main parce que, bon,
le centre vit de ça.
C'est un centre, c'est un au BNL.
Si on veut pérenniser ce centre-là,
il faut mettre les mains à la pâte.
Il faut vraiment s'investir.
Donc, l'attachement est là depuis que je suis tout petit, finalement.
C'est vraiment impressionnant.
Merci, Mario.
