C'est ça la vie: Diane Pomerleau.
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23 Vues de vidéo·21 nov. 2024
Après quatre séjours en psychiatrie, Diane Pomerleau a surmonté sa bipolarité grâce aux soins médicaux et à la médecine alternative, vivant pleinement depuis 25 ans.
Souffrant de bipolarité, Diane Pomerleau a été internée en psychiatrie à quatre reprises
durant sa jeunesse et sa vie adulte.
Grâce à des soins médicaux et à ses connaissances en médecine complémentaire, elle bénéficie
maintenant d'une excellente santé et d'une vie magnifique.
Voici l'extraordinaire histoire de Diane Pomerleau.
Je suis née à Notre-Dame-des-Pins de Beauce en 1959.
J'ai fait mon enfance sur une ferme.
Il y avait un côté très plaisant parce que c'est dans la nature.
Et dans un autre côté, c'est un milieu où on travaille beaucoup.
J'ai appris vite.
J'étais la troisième fille.
On était quatre filles de suite.
Ensuite, il y a eu cinq ans, avant d'avoir mes frères.
J'ai deux frères.
J'ai appris à m'occuper de moi et à être autonome.
J'étais une petite fille perfectionniste.
J'aimais que ce soit propre.
J'aimais beaucoup l'école parce que j'avais beaucoup de facilité.
C'était une première de classe.
Mon père n'avait pas toujours un comportement facile et imprévisible.
Des fois, il pouvait faire des grandes colères, des violences qu'on pouvait subir
ou que ses animaux pouvaient subir.
Évidemment, ça créait chez moi une petite fille très sensible qui aimait la perfection,
beaucoup d'insécurité et une terreur quand même.
Cet aspect-là du comportement de notre père, on a tous été un peu blessés de ça.
Ça touche la personnalité, la capacité d'une construction d'une estime de soi.
Ça ne s'est pas fait bien pour moi.
Ce que j'ai réalisé que j'ai développé, c'est un enfant très gentil, très sociable,
qui aimait plaire.
Je m'arrangeais pour que tout le monde m'aime.
Mais ça, ça ne bâtit pas une certaine personnalité forte.
J'ai été élevée très chrétienne, très catholique.
On allait à la messe tous les dimanches.
Ma mère suivait beaucoup ce que la religion disait.
Il fallait aller à la messe, il fallait faire notre prière le soir,
il ne fallait pas coucher avec les garçons avant de se marier.
J'ai adhéré à cette religion-là.
Comme j'étais perfectionniste, je voulais vraiment vivre une vie parfaite.
Ce qui n'est pas possible.
J'ai continué mes études après le secondaire.
À l'époque, ça s'appelait le séminaire Saint-Georges.
J'étais pensionnaire.
J'étais jumelée à une personne pour dormir dans les chambres,
avec qui c'était très difficile de s'entendre.
Ce qui faisait que je finissais par ne pas vouloir aller me coucher avant qu'elle dorme.
Je me couchais très tard.
Quand j'ai fait mon cours de cégep, j'aimais bien la prière,
donc j'étais dans un club de prière.
À l'époque, on faisait de la danse sociale.
J'ai commencé quand j'avais 13 ans.
Je faisais de la danse sociale jusqu'à 24 ans.
Quand j'étais au cégep, j'enseignais la danse sociale.
Je montais des spectacles avec les élèves.
C'était vraiment le fun.
Tout ça pour dire que je me suis beaucoup fatiguée pendant mon cégep.
Ça a tourné que je voulais être vraiment comme Jésus.
J'ai fait une vraie crise de foi.
Ce qui faisait que j'étais rendue à dire que la société n'avait pas de bonnes valeurs.
Je veux vivre comme Jésus.
C'est comme ça qu'il faut que Jésus nous enseigne.
Je lâche l'école.
Je prends mon baluchon et je m'en vais enseigner.
Comment est-ce que la vie est belle avec Jésus?
Je n'ai plus besoin de me préoccuper de manger comme Jésus faisait à l'époque.
Je décide que l'école, ce n'est plus pour moi.
Je m'en vais à la maison.
Là, je commence à être vraiment pas bien dans ma tête.
Comme j'étais en crise de manie, je ne savais pas que je m'en allais en manie.
Mes parents n'ont pas vu tout de suite, mais ils trouvaient que j'avais des drôles d'idées.
Ils m'ont quand même donné un break d'une semaine.
« Repose-toi, tu vas te remettre et retourner à l'école. »
Mais ça s'est vraiment empiré.
Là, les idées n'étaient vraiment plus dans la réalité.
Comment je vivais ça à l'intérieur?
J'avais l'impression que mon cerveau avait multiplié puissance 10.
J'avais l'impression de comprendre ce que les gens pensaient.
Les gens me disaient « Mon Dieu, comment ça que tu peux me dire des choses de même? »
Je disais « Profites-en Dieu, Dieu est là, la vie est belle. »
C'était assez que mes parents savaient que je n'allais pas bien.
De fil en aiguille, on a dû m'hospitaliser.
À l'époque, ça s'appelait le sanatorium Bégin, à la Quatre-Chemin, dans un hôpital psychiatrique.
Pour moi, je ne comprenais pas.
Tout le monde était dans l'erreur, sauf moi.
Ce n'est pas là où je dois être.
À l'époque, à l'étage des gens qui étaient malades comme moi,
on était dans un département, la porte barrée.
Quand j'ai vu que j'étais enfermée, barrée dans un département, j'ai paniqué.
À l'époque, ce n'est pas facile de soigner une personne.
J'étais vraiment rendue en psychose.
Il y avait juste un lit, le lit ne bougeait pas, la fenêtre était barricadée.
C'est tout ce qu'il y avait dans la chambre.
Ce sont des méthodes très difficiles pour moi.
Finalement, on a essayé la médication.
À un moment donné, on me donnait des piqûres de force pour me calmer.
Ça, c'était vraiment traumatisant.
Ils me mettaient même des fois des camisoles de contention,
parce que je n'étais pas du monde.
Je n'étais jamais violente.
J'étais juste bien expressive et bien vivante,
qui dérangeait tout le département.
On a décidé, avec l'aide et le consentement de mes parents,
de me faire de l'électroconvulsivotérapie,
qui est appelée plus des électrochocs.
On faisait une anesthésie générale.
C'est une thérapie qui dure quelques minutes.
Ça fait comme un choc dans le cerveau.
On a des tremblements.
Ce qui fait que tu n'es pas consciente de cette thérapie-là.
Tu te réveilles après et tu fonctionnes.
Ça faisait que je revenais dans la réalité avec un électrochoc.
Le temps que ça durait.
Quand je revenais encore dans l'irréel,
on me redonnait un deuxième traitement.
J'en ai eu 13 à cette hospitalisation-là.
L'hospitalisation a duré trois mois.
C'est ce qui a fonctionné le mieux pour moi,
pour me garder dans la réalité.
Quand je suis sortie de l'hôpital,
j'avais tout un cocktail de médicaments que je devais prendre
parce que j'avais été tellement malade.
Mais je ne me rappelle pas de tout l'ensemble.
C'est comme si on me faisait un lavage de cerveau un après l'autre.
Ça affecte beaucoup la mémoire ou le fil du temps.
J'ai passé l'été en convalescence vraiment faible.
Les médicaments antipsychotiques,
ça nous rend comme si on avait une camisole de force intérieure.
C'est très paralysant.
Ça nous calme.
Donc, j'ai passé l'été en convalescence.
Et en septembre, j'ai retourné au cégep.
J'ai pu finir ma session,
mais je trouvais ça extrêmement difficile.
Je n'étais plus la même personne.
Le psychiatre m'a quand même accepté
de vraiment diminuer mes médicaments
jusqu'à finir par ne plus en prendre.
Ce qui fait que la deuxième session d'hiver,
j'avais vraiment tout retrouvé ma capacité.
J'ai réalisé que j'étais capable de faire mes études.
Et à ces moments-là, moi, je me suis dit,
je ne veux pas faire une vie comme sur une ferme.
Moi, je veux être une professionnelle.
Et j'ai vraiment pris à cœur d'étudier très fort.
Alors, j'ai fini mon cégep quand même
avec des notes qui étaient très hautes.
Je pouvais prendre n'importe quel cours.
Je me suis finalement inscrite en physiothérapie
à l'Université Laval.
Et je n'étais plus médicamentée à cette époque-là.
Vous savez, parce que j'allais assez bien.
Mais moi, je savais que j'avais la capacité intellectuelle
d'aller à l'université.
Puis ça s'est bien passé, presque tout mon cours.
C'était un cours de trois ans et demi
jusqu'à la fin de la troisième année
où on avait un cours qui s'appelait...
C'était un cours d'initiation à la recherche.
Et je me suis donnée comme si je faisais une maîtrise.
Puis c'était juste un petit cours de deux crédits.
Puis je me suis brûlée.
Et j'ai vécu ma deuxième épisode
de problème de santé mentale
en dépression profonde.
Avant de rentrer dans cette phase dépressive-là,
pendant l'université, j'avais rencontré,
je pense pour moi, l'homme de ma vie, Pierre.
Et pouf, huit mois plus tard, je suis en dépression profonde.
Une dépression profonde, c'est quelque chose
que j'ai trouvé extrêmement difficile
parce que là, j'ai tout vu la progression.
Je n'avais pas d'électrochocs.
Mais j'ai quand même été hospitalisée une deuxième fois.
Une dépression profonde, pour ceux qui en ont déjà vécu,
c'est un tunnel noir qui noircit à chaque semaine.
Il est de plus en plus noir.
Et moi, j'avais perdu tout espoir
que je pourrais retrouver mon esprit,
ma capacité de fonctionner.
Parce qu'en dépression profonde,
tu n'as même plus la capacité d'anticiper
une liste d'actions pour arriver à terminer un projet.
Et à l'hôpital, je pensais que je resterais là
pour le reste de ma vie.
Je ne voyais pas comment je sortirais de là.
Et Pierre venait toujours me voir.
Je me disais, qu'est-ce que tu fais venir me voir?
Je suis finie.
C'est une expérience extrême, vivre ça.
Donc, je t'ai pris là, dans ma tête,
je t'ai pris là pour la vie.
Et finalement, on a décidé d'essayer le lithium.
Le cerveau s'est mis à refonctionner
et j'ai vraiment eu de l'espoir que je pouvais m'en remettre.
Le lithium a été quelque chose
de vraiment thérapeutique pour moi.
Alors, j'ai finalement, après encore trois mois,
au moins trois mois à l'hôpital,
je suis retournée assez rapidement.
J'ai passé encore une session à la maison
pour me remettre.
J'ai terminé, j'ai retourné à Québec avec Pierre,
mais pas dans la même maison.
J'ai fait tout le reste de mes études.
Il me restait juste les côtés pratiques à faire.
Et j'ai terminé mon bac.
Et j'ai terminé mes internats,
parce que pour être admise physiothérapeute,
il fallait faire quatre mois d'internat.
J'ai fait les deux derniers mois à Hall, à Gatineau.
Après être physiothérapeute,
j'ai appliqué dans la région de Gatineau
et j'ai eu un poste à temps plein
dans le nouvel hôpital de Gatineau à l'époque qui ouvrait.
Mon chambre à Québec, moi, à Gatineau,
ça n'a pas fait long feu,
parce que j'étais pas mal dans le moment présent.
Puis finalement, on a décidé d'arrêter la relation.
Pierre était en plein doctorat.
Il n'était pas disponible beaucoup.
J'ai fait ma première année
de travail professionnel comme physiothérapeute.
Je prenais, par contre, en plus des cours de danse sociale.
J'avais une grosse vie active.
J'avais mon travail à temps plein à l'hôpital,
un travail à temps partiel dans une clinique privée.
J'en ai l'âge, j'allais bien, tout allait bien.
Je prenais mes médicaments,
mais même à ça, j'ai fait une troisième chute
et je dois être hospitalisée encore une fois.
Cette hospitalisation-là,
je me suis rendue compte que même avec le lithium,
j'étais pas sauvée, j'étais pas stable.
Ça a été très difficile pour moi de réaliser
que j'allais être prise à prendre du lithium
puis peut-être d'autres choses.
On a ajusté mes médicaments.
J'ai resté quand même quelques mois encore à l'hôpital.
Je suis sortie de l'hôpital
et j'ai dû me réhabiliter.
Encore là, reconstruire l'estime de soi,
reconstruire la confiance.
C'était pénible, mais j'avais tellement de volonté
de m'en sortir puis de continuer.
Avec le psychiatre,
j'allais assez bien pour arrêter les médicaments.
J'ai aussi compris que c'était Pierre
que je voulais garder dans ma vie.
Pierre finissait son doctorat et je suis allée le retrouver.
Ça faisait « il faut que je reste avec Pierre ».
J'avais un emploi à temps plein à Gatineau,
mais il a décidé de venir dans la région,
à l'Université d'Ottawa.
On a commencé six mois plus tard à vivre ensemble.
C'est à ce moment-là qu'on a compris
que je pouvais laisser les médicaments.
Pierre me stabilisait beaucoup.
C'était une personne parfaite pour moi.
Après deux ans qu'on a vécu ensemble,
on s'est mariés.
Cette année-là,
on fait notre projet de mariage.
On s'achète notre première maison
et je tombe enceinte.
Je crois que je suis enceinte à la veille de mon mariage.
Ça a été beaucoup de joie,
beaucoup de bonheur cette année-là.
J'ai donné naissance à Maric, mon premier fils.
Malheureusement, j'ai fait un post-partum,
une psychose en post-partum.
Ça a été le drame pour moi, pour mon mari.
Du jour au lendemain,
on m'a déclaré inapte à m'occuper de mon enfant.
On m'hospitalise, cette fois-ci,
à l'hôpital général d'Ottawa,
dans le centre psychiatrique.
Mon fils, la personne la meilleure pour s'occuper de lui,
elle est à 450 kilomètres.
C'était la mère de Pierre.
Et Pierre se retrouve avec son bébé à 450 kilomètres,
sa femme, en psychiatrie.
Ça a duré encore trois mois, cette hospitalisation-là.
Pierre venait me voir à tous les soirs,
il venait souper avec moi.
Et on a encore dû prendre la décision,
parce que moi, j'étais encore complètement dans l'irréalité,
de donner des électrochocs.
Alors j'ai encore eu sept thérapies d'électrochocs.
J'ai encore perdu ma mémoire,
j'ai encore tout revécu ça.
Mais Pierre était là, il a resté avec moi,
puis j'ai sorti de l'hôpital.
On a repris notre fils.
J'ai fini mon congé de maternité.
C'était tellement difficile d'avoir réalisé
que je n'étais même pas capable de m'occuper de mon enfant.
Il fallait que je sois hospitalisée.
Ça, ça a été très difficile pour...
Le deuil de ne pas être capable d'être mère.
Le deuil de ne pas avoir fait une bonne connexion avec l'enfant.
L'attachement était vraiment difficile à reprendre.
J'ai quand même passé à travers.
J'ai décidé de ne pas retourner à l'hôpital
et de commencer ma pratique privée.
Parce qu'évidemment, dans tout ça,
j'avais commencé mon cours en ostéopathie.
C'est un cours qui dure six ans.
J'avais trois ans de fait quand j'ai fait cette psychose-là.
Encore là, il a fallu que je reprenne toutes mes études
parce que c'est les électrochocs qui nous font oublier beaucoup.
J'ai tout révisé mes cours.
J'ai continué mon cours d'ostéopathe.
Et trois ans plus tard, je graduais d'ostéopathe.
J'avais commencé ma pratique privée à la maison.
Et quand j'ai gradué vraiment d'ostéopathe, j'ai ouvert ma clinique.
J'avais ma clinique d'ostéopathie Diane Pomerleau.
J'étais vraiment fière de ça.
Mon fils avait trois ans à cette époque-là.
J'allais bien.
Encore là, j'ai fait encore beaucoup de psychothérapie
pour reprendre confiance en moi encore.
On a jugé que j'étais capable de ne plus prendre de médicaments.
Donc ça, c'était très, très encourageant pour moi
parce que je me sentais vraiment guérie.
Ma carrière allait bien.
Mon chum allait bien, même si je trouvais qu'il travaillait en tabarnouche.
Un poste à l'université, c'est pas des vacances.
Et ça, j'en souffrais beaucoup de le voir travailler comme ça.
Donc professionnellement, j'avais beaucoup de succès.
Puis j'étais chanceuse parce que j'avais vraiment trouvé ma voie.
J'ai commencé la danse méthode Margaret Morris,
qui est une danse qui est très, très, très stabilisante,
très thérapeutique, qui se danse sur de la musique classique.
Cette méthode de danse-là m'a vraiment fait un bien énorme pour rester stable.
Ainsi que j'ai pris tous mes cours de professeur de Margaret Morris.
Ça avait quatre niveaux de professeur.
J'ai tout fait.
Puis j'ai enseigné cette danse-là en termes de loisirs.
Et tout ça ensemble, je travaillais à mon compte.
Je travaillais le nombre de jours que j'avais besoin pour rester en équilibre dans ma condition.
Je n'ai jamais travaillé cinq jours après avoir eu mon fils.
Jusqu'au jour où j'ai une sinusite carabinée qui ne guérit pas.
Je vais voir le médecin.
Elle me dit « Prenons un test de grossesse. »
Je lui dis « Ben oui, un test de grossesse. »
Je lui dis « Nous, on a décidé qu'on n'aurait jamais d'autres enfants. »
C'est impossible que je sois enceinte.
Les moyens sont bons.
On se fait neuf ans.
Bon, finalement, je fais le test de grossesse.
Et il s'avère positif.
On est un petit peu sous le choc.
Parce que mon mari avait décidé que jamais il ne voulait me revoir passer à travers une psychose comme il avait vécu.
Et les statistiques disaient à l'époque que tu as 80% de chances de refaire une psychose si tu en as fait une après un accouchement.
Moi, c'était impossible de penser à me faire avorter.
En étant ostéopathe, j'avais accès à toutes les médecines.
J'ai découvert toutes les médecines alternatives, les médecines complémentaires.
Je connais assez de choses maintenant qui peuvent me maintenir en santé.
Non, je veux faire naître mon enfant, ne pas faire de psychose et pouvoir allaiter mon enfant, donc pas de médication.
Alors, j'ai pris tous les moyens pour réussir ça.
Pour moi, c'était gravir le mont Everest.
C'était quelque chose pour moi qui était le plus important de toute ma vie.
De réussir à être mère et de ne pas chuter.
J'ai pris tous les professionnels pendant ma grossesse.
J'ai quand même eu un psychiatre et un médecin.
Je n'ai pas pris la même médecin qui voulait absolument me médicamenter.
Pour être certain que si je bascule en psychose, qu'on me prenne à temps et que je prenne mes médicaments.
Avec tout ça, je faisais de l'homéopathie.
L'homéopathie m'a beaucoup aidé à décharger les tensions que j'avais de mon enfance.
Toutes les difficultés de stress, de la violence de mon papa surtout, ça m'a aidé.
J'avais une psychologue qui était vraiment en maladie mentale.
J'avais ma massothérapeute, mon ostéopathe, ma naturopathe.
J'ai accouché et je n'ai pas tombé. Je n'ai pas eu de psychose.
Mais après un accouchement, on est quand même très vulnérable.
Cette vulnérabilité s'apparentait un peu à quand je chutais en psychose.
J'ai vraiment paniqué, mais la sage-femme, parce que j'ai été suivie en sage-femme,
elle m'a dit « Non, non, non, tu n'es pas du tout en psychose. C'est tout à fait normal ce que je vois là. »
Elle m'a vraiment rassurée. Je me suis calmée.
J'ai vu que je montais à chaque jour. Je devenais de plus en plus en forme.
C'était intéressant. C'était comme un genre de prise de conscience que le fait de ne pas avoir peur,
j'ai réalisé que c'était le dernier filon de la maladie, la peur de chuter.
Ça m'a quitté cette peur-là.
C'est comme si je réalisais que la maladie me quittait.
Je ris parce que je n'avais pas prévu qu'en plus la maladie me quittait, mais elle m'a vraiment quittée.
J'avais 39 ans à cette époque-là.
Jamais après ça, j'ai eu la peur que je retombais en maladie mentale. Jamais.
Donc la naissance de Yann m'a permis de guérir définitivement de la maladie bipolaire.
Ce n'est pas rien dans une vie.
Je ne prends plus de médicaments maintenant. Ça fait 25 ans. Mon fils a 25 ans.
Moi, je me considère guérie. En psychiatrie, on dit qu'un bipolaire n'est jamais guéri.
Il est bien jusqu'à sa prochaine rechute.
Mais moi, en tout cas, je me considère guérie.
C'est évidemment ma stabilité de cet homme-là, de Pierre, qui m'a suivie toujours, qui m'a aussi permis de guérir.
C'est spécial parce qu'après avoir senti la guérison, on dirait que la vie nous a fait comprendre qu'on avait fini de vivre ce qu'on avait à vivre à deux.
Et on a décidé de se séparer.
Je peux dire qu'on a réussi notre séparation. Par contre, on était des personnes que je considère matures.
Et puis tout à coup, il y a eu Jacques. Je l'ai rencontré dans un club de vélo.
Donc ça fait 10 ans que je suis avec Jacques.
Je suis très heureuse. J'ai deux beaux fils, un qui vit à Québec et un qui vit à Paris.
Je suis très contente de ma vie. Je suis contente d'avoir réussi à dépasser la maladie mentale.
C'est ma plus grande réussite dans ma vie.
Diane Pomerleau est l'autrice d'un livre qui vient tout juste d'être publié.
«Vivre libre. La maladie bipolaire. Se rétablir est bien. Guérir est un exploit. »
C'est ça, la vie.
