L’intégrale de l’émission du 19 novembre 2024

Mosaïk Cristal
22 abonnés
20 nov. 2024
Retrouvez dans cette émission :
00:00 L’actu du jour
01:32 Feu de la colère : nos agriculteurs disent stop au Mercosur
04:17 « Les cordées de la réussite » : un tremplin pour l’avenir professionnel des élèves isolés
06:37 Cérémonie d’ouverture du FIFH à Sarreguemines
10:01 La nuit des figures grimaçantes, une tradition redévoilée
12:26 Fête du jeu : les passionnés au rendez-vous
13:01 Noël solidaire avec l’opération « Laisse parler ton cœur »
13:37 Repérages pour une messe en direct sur France 2
16:31 La météo
18:42 « Algérie, quand tu nous tiens… »
28:36 Ils se retrouvent 61 ans plus tard, grâce à la magie d'internet !
Les agriculteurs allument les feux de la colère.
Hier soir, une quinzaine de lieux ont été choisis en Moselle,
notamment le rond-point de Velflin,
où les agriculteurs ont scandé les slogans nationaux
« Non au Mercosur ! »
« Oui à une Europe qui protège ses agris et ses consommateurs ! »
Les Cordées de la Réussite,
un tremplin pour l'avenir professionnel des élèves isolés.
À Sarguemin, le lycée Henri Nominé propose ce dispositif d'orientation
à travers des ateliers, des sorties et un suivi personnalisé.
Le Festival international du film sur les handicaps est lancé.
La cérémonie d'ouverture a eu lieu au Cinémaforum
avec la projection du film « Champion ».
Plusieurs animations ont été proposées.
C'est la troisième fois que le FIFTOUR fait étape à Sarguemin.
Le Ville de Jéga a fait une apparition à Sarguemin.
Patrimoine Vivant, en partenariat avec la Ville,
a organisé la nuit des figures grimaçantes.
De quoi ravir les enfants,
qui ont d'ailleurs joué le jeu en apportant des légumes creusés
en guise de lanterne.
L'église de Valjebron sera en direct sur France 2 le 29 décembre.
L'émission religieuse « Le jour du Seigneur »
mettra en lumière les décorations de fin d'année.
Les techniciens sont venus faire les repérages
pour le tournage de l'émission.
Bienvenue sur Mosaïque Cristal.
On va voyager en Algérie aujourd'hui
grâce à notre invité du jour, Joseph Glin,
qui vient de publier son deuxième livre
intitulé « Algérie, quand tu nous tiens ».
Récit sans concession de son service militaire à Constantine
à l'aube de l'indépendance de l'Algérie.
On en parlera largement tout à l'heure.
Focus d'abord sur le mouvement des agriculteurs.
La soirée d'hier a été marquée par une nouvelle mobilisation.
Les gestes des agriculteurs du Pays de Beach
et les cantons locaux de la FDSA
se sont joints au mouvement national de protestation
contre l'accord de libre-échange avec le maire Caussure.
Ils se sont donnés rendez-vous au rond-point de Velflein-Ressargumin
pour allumer ce qu'ils appellent un « feu de la colère ».
Reportage de Camille Henriot.
Non au maire Caussure.
Oui à une Europe qui protège ses agris et ses consommateurs.
Ces agriculteurs ne pensaient pas, il y a encore un an,
devoir se retrouver au même endroit pour exprimer leur colère.
La manifestation positive du mois de janvier
a laissé place à ce feu de la colère.
Une colère aujourd'hui contre ce traité de libre-échange
avec les pays d'Amérique latine
qui pourrait être ratifié par l'Union européenne cette semaine.
Un nouveau coup dur pour ces agriculteurs
qui craignent une concurrence déloyale.
Il y a quelques années, on a déjà eu l'histoire du CETA
et maintenant il y a le maire Caussure qui vient.
Donc la viande d'Amérique du Sud est à nos portes,
aux portes de l'Europe.
Vu qu'ils n'ont pas les mêmes normes que nous,
ils n'ont pas les mêmes contraintes,
ils arrivent à produire à moindre coût que nous.
Ils vont venir avec des milliers de tonnes de viande
qui sont non conformes aux normes européennes.
Ça me fait penser à, justement, il y a un an,
quand on avait bloqué l'autoroute à Frémin,
on avait fait un petit contrôle de camions,
on était tombés sur des œufs vendus dans les boulangeries industrielles
avec des œufs non conformes aux normes CE.
Donc c'est quelque chose de très grave.
C'est dans des poulaillers immenses qui font plusieurs hectares.
Donc nous, on devrait boxer dans la même catégorie que ces gens-là
et c'est impossible quoi, niveau tarif.
Nous, le système social en France est beaucoup plus coûteux
et les produits sont d'une très mauvaise qualité venant d'ailleurs.
Les agriculteurs du Pays de Beach et de l'arrondissement de Sargemin
souhaiteraient notamment plus de soutien de leurs voisins européens
contre ce traité, en particulier du voisin allemand.
Monsieur le Président de la République nous a promis de ne pas signer cet accord,
mais on est là pour lui bien faire rappeler qu'on est là
et qu'on ne veut surtout pas de cette signature.
Et surtout pour nos voisins de l'Europe qui ne signent pas non plus cet accord.
Pour l'instant, apparemment, c'est mal parti.
Mais voilà, par exemple, l'Allemagne va signer pour,
dans le but de vendre des voitures.
On est un peu déçus, mais c'est comme ça.
On défend nos intérêts encore.
Ils étaient une vingtaine à se rassembler sur le rond-point de Veuflin-les-Sargemines.
Un acte 1 pacifique autour d'un simple feu de camp,
mais le début d'une nouvelle mobilisation puisque d'autres actions coup de poing
auront lieu ces prochains jours dans le secteur.
On ouvre un chapitre éducation maintenant.
Donner des ailes aux ambitions des élèves de zone rurale ou d'éducation prioritaire,
c'est l'objectif des Cordées de la réussite.
Ce dispositif porté par le ministère de l'Éducation nationale
vise à accompagner les élèves dans leur parcours d'orientation
à travers des ateliers, des sorties et un suivi personnalisé.
Au lycéen rénominé à Sarguemines,
les élèves sont invités à se porter volontaire pour y participer.
Quelles sont les actions proposées dans ce programme
et quel rôle l'établissement joue-t-il ?
Je vous propose d'écouter la professeure documentaliste en charge du projet.
Parfois, quand on est un peu excentré de tous ces endroits-là,
on pense qu'il y a certaines grandes écoles qui ne vont pas être faites pour nous,
ce n'est pas accessible ou on ne peut pas aller voir des spectacles,
donc on est un peu plus isolé.
Et là, les Cordées vont leur proposer des actions
en fait par rapport à l'ambition, à l'orientation, à la culture,
qui vont faire qu'ils vont rencontrer des personnes,
ils vont rencontrer des professionnels, ils vont rencontrer des étudiants,
ils vont aller voir des spectacles et ça va combler un peu cette fracture,
disons, eux, avec d'autres élèves qui vont peut-être habiter dans des endroits plus vivants.
On va avoir des partenariats avec des entreprises,
comme je vais citer John Deere,
qui est une entreprise avec du matériel agricole,
des tracteurs, etc., des grosses machines,
donc on va aller visiter cette entreprise et puis rencontrer ses professionnels.
Dans le monde professionnel, la semaine prochaine,
on part au show industriel à Noces,
qui est un gros salon avec beaucoup d'influenceurs du domaine industriel,
beaucoup de chefs d'entreprise.
Il y a trois collèges rattachés dans cette Cordée,
qui font partie de cette Cordée,
avec des collégiens qui vont participer aux actions.
Et le rôle, ça va être de coordonner tout ça,
coordonner le contact entre les collèges, entre nos lycéens, nos BTS
et les établissements du supérieur avec lesquels on a un partenariat,
plus les entreprises,
donc de coordonner, d'organiser les sorties,
de proposer les actions aux élèves, de les motiver aussi
et de connaître les élèves parce qu'au fil,
on va savoir qu'il y a un élève, ce qui se pressant,
c'est plus qu'il va avoir un parcours,
il va avoir envie d'aller vers une grande école qui est située à Metz
ou alors, moins précis, il va plus avoir un profil de santé.
Et donc lui, on va savoir que quand il y a une action santé,
on lui propose, on vient le chercher quand même
pour lui proposer la sortie, lui proposer le contact avec le professionnel.
Mettre en avant la question du handicap,
c'est l'objectif du projet Les Regards Différents
de la ville de Sarguemines et de ses partenaires.
Pour la troisième fois, la cité faïencière accueille
le Festival international du film sur les handicaps.
Une cérémonie d'ouverture a eu lieu hier soir au Cinémaforum
en présence de nombreux invités.
L'événement ouvre cinq jours de programmation
avec de multiples projections et interventions.
Reportage de Thibaud Desmerlés.
Donner un autre regard sur le handicap,
c'est la mission du Festival international du film sur les handicaps
installé depuis 2018 à Lyon.
La ville de Sarguemines et sa trentaine de partenaires associatifs
accueillent pour la troisième fois le FIFTOUR
dans le cadre du projet Les Regards Différents.
La salle 8 du Cinémaforum était remplie
pour la cérémonie d'ouverture du festival.
C'est une question de cœur, c'est une question de générosité.
Je citerai Antoine de Saint-Exupéry sur la question,
puisqu'on parle de regards différents,
et comme le disait Antoine de Saint-Exupéry,
on ne voit bien qu'avec le cœur.
Donc c'est une question de cœur pour la ville,
c'est une belle réussite, une belle satisfaction
que de voir une noble cause aussi partagée sur notre territoire.
Jusqu'au 22 novembre, de nombreuses projections et interventions
seront prévues, notamment à la médiathèque et au Cinémaforum.
Quatre longs-métrages et une sélection jeunesse
de huit courts-métrages seront proposés.
Généralement, les personnes ont la plupart du temps
beaucoup de réticence à aller voir des films
qui prêtent de cette thématique-là.
Or, c'est des films comme n'importe quel film,
sauf qu'il y a un tout petit quelque chose en plus.
Ce qui m'intéresse finalement, c'est la sensibilisation
des prochaines générations au futur,
parce que c'est eux qui vont créer une nouvelle société.
Une des invitées est la médaille d'or paralympique
hamboucha Aurélie Aubert.
Elle était accompagnée de son assistante de jeu
et coach Claudine Lopp-Criville.
Elle a témoigné et échangé avec le public.
Moi, me mettre en avant, c'est un peu plus difficile pour moi.
Je fais vraiment ça pour que le sport et les handicaps
soient mis en lumière, on va dire.
Moi, je trouve ça très bien, je trouve ça très important
que les gens aient un regard différent sur les handicaps,
et sur le sport et les handicaps.
Durant la soirée, Samantha Royo a proposé deux chants.
Une chorale de six jeunes de l'IME Le Himmelsberg de Sargumin
et douze de l'IME de Sarbourg-les-Jonquis
ont aussi interprété plusieurs titres.
Alors, tenir à cœur, de se montrer déjà devant un public
et de montrer ce qu'ils savent faire,
ce qu'ils ont travaillé durant l'année.
Et c'est vraiment, en fait, tout un travail de valorisation d'eux.
Certains jeunes qui sont très introvertis et qu'à travers le chant,
ils vont transmettre tellement d'émotions.
La soirée s'est terminée avec la projection du long-métrage espagnol
« Champion » de Ravier Fesser.
Saurez-vous reconnaître cette légende locale ?
Bien avant Halloween, la coutume, c'était de creuser des légumes
pour s'en servir comme bougie à l'approche de l'hiver et de Noël.
Pour redonner vie à cette tradition, Patrimoine vivant,
en partenariat avec la ville de Sargumin,
a organisé, dans le cadre du Festival Méré-de-Plate,
une nuit des figures grimaçantes.
Camille Henriot y a participé.
« Ceux qui viendront avec moi chasser
auront du gibier à manger ! »
Un drôle de personnage fait son apparition sur le square Bénet,
qui osera affronter son regard.
Avec sa cape noire et sa chaîne,
ce chasseur n'a pas l'air d'être très commode.
Les francas et le centre socioculturel de Sargumin
se sont joint à l'événement.
Tous ont joué le jeu en respectant la fameuse tradition
des figures grimaçantes.
L'idée est d'accueillir le Vida Jäger,
ce chasseur sauvage venu à leur rencontre,
attiré par la lumière.
Cette histoire contée est une interprétation
du mythe du Vida Jäger.
Ce chasseur sauvage rejoint par sa horde de cavaliers effrayants.
Ils sont symbolisés ici par ces légumes creusés
en guise de lanterne.
Une légende pleine de sens selon patrimoine vivant,
d'où l'idée d'organiser cette soirée
pour redonner vie à ces légendes locales.
« C'est un chasseur sauvage qui passe dans le ciel
effrayer les humains dans les nuits d'automne,
les nuits d'hiver ou surtout pendant les douze nuits de Noël.
Mais ce qu'on a du mal à comprendre,
c'est que c'est lui qui vient apporter la prospérité aussi.
Et donc c'est un test de courage aux humains
de dire « d'abord, regardez-moi dans les yeux,
venez affronter mon regard et après, vous aurez la récompense. »
Donc en langage psychologique, c'est arrêter les antidépresseurs,
en hiver, profiter de l'ambiance, allumer des bougies,
traverser l'hiver joyeusement en attendant la belle saison tout simplement. »
Heureusement, tout est bien qui finit bien
puisque le chasseur vient saluer les enfants
avec en prime une dernière leçon de plate.
« Par trois bois et un seul temps. »
Dimanche dernier, les passionnés de jeux de société
avaient rendez-vous à Roar Backley Beach
pour la troisième édition de la fête des jeux
organisée par l'association Loisirs Jeunesse.
Un événement gratuit qui a permis aux participants
venus en famille ou entre amis
de profiter d'un large choix avec des jeux pour tous les âges.
Parmi eux, le Monopoly, la Belote
ou encore des jeux de plateau moins connus du grand public.
Les plus petits ont pris part à des jeux ludiques
dans un espace qui leur a été spécialement consacré.
Cette journée, placée sous le signe de la convivialité,
a permis aussi aux adeptes de partager un bon moment
dans une ambiance chaleureuse.
On reste dans le domaine des jeux, mais surtout des jouets.
La fin d'année est une période propice aux actions de solidarité.
Illustration avec l'opération Laisse parler ton cœur
organisée depuis 2010 par Ecosystem.
Elle consiste à récupérer des jouets qui ne sont plus utilisés
pour en faire bénéficier des familles en difficulté.
L'ensemble des objets récoltés grâce à la générosité
des habitants qui participent à l'opération
sont soit redonnés à des personnes dans le besoin,
soit revendus à prix cassé.
Une opération en vertu solidaire et écologique.
Différents points de collecte sont disséminés
dans l'ensemble de l'arrondissement,
notamment en mairie de Sarguemines.
Chaque semaine, une autre église.
L'émission religieuse est diffusée aujourd'hui
mais le jour du Seigneur existe depuis 1948.
Chaque dimanche, la messe est diffusée en direct
depuis une église française.
La messe de Noël sera captée à la cathédrale de Notre-Dame de Paris.
La suivante, le 29 décembre, sera diffusée depuis le Beecherland.
La commune de Valjebron accueillera l'émission.
Le jour J, seulement 300 places seront disponibles dans l'église.
Émilie Hazel a pu assister à la première phase
de repérage et de préparation de l'émission.
Ce matin-là, c'était la découverte de l'église
pour une partie de l'équipe de l'émission religieuse de France 2.
L'église de Valjebron va avoir la chance d'accueillir l'émission
Le jour du Seigneur pour la messe de la Sainte-Famille
le 29 décembre prochain.
La semaine dernière avaient lieu les repérages pour la technique,
le placement des caméras et les lumières.
Le repérage, c'est prendre la dimension de l'église.
On a perçu un dossier avant de venir et on trouvait ça très beau.
Ce qui nous a saisi ce matin, c'est la taille de l'église.
Très grand volume.
On ne déploie pas le même matériel quand on est dans une grande église
comme celle-là ou dans un tout petit lieu.
On sait qu'il va y avoir du travail de lumière et d'éclairage conséquents
et de la puissance qu'il va falloir développer.
Au total, il y aura une trentaine de personnes pour rendre l'émission possible.
6 caméras et 4 cadreurs.
En amont de l'émission de 52 minutes,
il faut aussi préparer la partie religieuse.
Je suis chargée de préparer la messe en elle-même, d'écrire la célébration.
On suit évidemment les textes de l'église.
Hier soir, on avait une réunion avec les paroissiens
pour le choix des chants, le choix des prières avec le padre.
On prépare très soigneusement toute la célébration,
tout ce qui va être dit, tous les gestes qui vont être faits
pendant cette célébration pour qu'on ait quelque chose de très fluide
pendant le direct et quelque chose qui permette vraiment aux téléspectateurs
de rentrer dans la prière de la messe pendant ce direct.
Le conseil de fabrique de Valjebron-Valdusdorst
avait déposé un premier dossier de candidature il y a trois ans,
puis un second plus complet l'année d'après.
Cette église a été choisie grâce à sa décoration lors des fêtes de fin d'année.
Nous avons une particularité dans la paroisse,
c'est que nous faisons une crèche et un village de Noël
qui ne sont pas banals dans la région.
Beaucoup de personnes nous disaient que c'est tellement joli
que ça aurait le mérite de passer à la télévision locale.
On a un petit peu cogité là-dessus et on s'est dit pourquoi pas
demander justement à faire une messe télévisée
qui serait retransmise en direct depuis Valjebron.
Si vous souhaitez assister à la messe du 29 décembre qui débutera à 11h,
il vous faudra être à l'église de Valjebron dès 10h15,
sinon vous allumerez la télé.
En attendant, on lève les yeux vers le ciel
pour découvrir les prévisions météo pour demain.
Pour la journée de demain, le ciel sera un peu moins couvert
et le temps restera sec.
Quelques courtes éclaircies devraient réussir à percer
dans le courant de la journée.
Côté température, on perd encore quelques degrés.
Les minimales iront de 0 à 1 degré
et les maximales de 3 à 4 degrés seulement.
Demain, nous fêtons les Edmonds et il fera jour de 7h49 à 16h44.
Passez tous encore une belle journée et à demain !
En forêt de Sourthes, la Paulus mule avait presque disparu,
victime du temps et des éléments.
Et puis, il y a 20 ans, une famille de passionnés par l'histoire
et le patrimoine local a décidé de lui redonner vie.
Avec un soin particulier, elle a préservé l'authenticité des lieux
et restauré ce moulin ancestral en respectant chaque pierre,
chaque objet qui nous relie au passé.
Ne manquez pas le plongeon dans l'histoire de la Paulus mule
ce jeudi sur Mosaïque Cristal.
Ça a l'air appétissant tout ça !
Alors qu'attendez-vous pour vous joindre à notre table ?
Dans ce nouveau numéro Gremsellos, l'émission transfrontalière,
on part à la rencontre de restaurateurs
des deux côtés de la frontière franco-allemande.
Vous en saurez plus sur ces personnes qui travaillent en coulisses
pour vous régaler les papilles tout au long de l'année.
N'en ratez surtout pas une mignette dans ce numéro gastronomique
Zep et Léonie, les étapes d'une vie intense 1870-1962,
c'était le premier livre de Joseph Glein.
Aujourd'hui, son deuxième ouvrage est publié aux éditions L'Armatant
et il est notre invité du jour.
Merci de participer à cette émission.
Et j'en profite aussi pour glisser l'info,
vous serez aussi en dédicace à la librairie Confluence
en zone piétonne de Sargamine ce samedi 23 novembre à partir de 14h.
Et ce deuxième livre que vous venez de publier,
c'est Algérie, quand tu nous tiens.
Alors, dès le début du livre, à peine embarqué sur le bateau,
ou plutôt ce raffio à l'état poussif, comme vous l'écrivez si bien,
qui doit vous emmener en Algérie, vous donner le ton, à Serbe.
Tous ces orgueilleux politiciens, ces héros de la bureaucratie,
ces tacticiens, loin des lieux de combat, bêtes à bouffer du foin,
comme disait mon grand-père maternel,
n'ont pas digéré la défaite de Diane Bienfieu de mars 1954
et veulent à tout prix une logique revanche.
Dans ce livre, vous évoquez aussi la torture
et vous terminez en dénonçant l'armée française qui abandonne les Harkis.
Vous êtes très critique.
Alors moi, par un moment, votre livre m'a fait penser au film
« Avoir 20 ans dans les Ores » de René Bautier.
Ce livre, vous n'auriez pas pu l'écrire tel quel dès votre retour d'Algérie ?
– Non, absolument pas.
Non, on avait une autre vision et on pensait justement,
j'allais dire, à reprendre la vie civile, ce qui était le plus important.
– Et puis il y aurait eu la censure et l'impossibilité d'écrire…
– Absolument, absolument.
– Il fallait encore marcher au pas.
Et vous justement, et on le comprend bien dans votre livre,
vous étiez dans un tout autre état d'esprit.
Vous faites d'ailleurs le parallèle avec la Deuxième Guerre mondiale.
Vous écrivez « Je songe aux actes courageux de nos résistants
face à l'occupant allemand.
Vingt années plus tard, la configuration a changé, les rôles sont inversés.
Nous venons de provoquer de fervents patriotes algériens
en leur faisant passer sous le nez du matériel destiné à moderniser
nos installations de forages pétroliers dans leur sud saharien.
On leur file leur indépendance tout en gardant leur bien.
En fait, tout au long de votre livre,
on ressent votre profonde sympathie pour le peuple algérien.
– Absolument, puisque nous, je vais dire, les Moselles en 40, en 39-40, etc.,
on était dans la même situation.
Et donc, 20 ans après, c'est eux qui passent les mêmes épreuves.
– Donc pour vous, les Algériens, ce n'étaient pas des ennemis,
malgré le contexte ?
– Non, absolument pas, absolument pas.
Je me mettais dans leur peau, parce que nous, on a été dans leur peau
bien avant, etc., et je faisais le parallèle.
Et c'est vrai qu'on a traversé les mêmes épreuves, pratiquement.
– Et vous arrivez en Algérie dans un contexte particulier,
parce que vous arrivez officiellement pour dompter les Félégas,
et puis finalement, à peine arrivés, les accords déviants sont signés,
prévoyant l'indépendance de l'Algérie.
Et là, vous vous retrouvez face à l'OAS qui multiplie les attentats.
Et par moment, finalement, vous ne savez plus si ceux qui vous tirent dessus
sont de l'OAS ou du FLN.
En tant qu'appelé du contingent, vous étiez une cible pour tout le monde ?
– Ah oui, absolument.
J'allais dire, en 1958, mon frère Jean est là-bas, aussi du côté de Bidin,
et lui, il n'a qu'un seul ennemi, il a le Félégas.
Et nous, après l'indépendance, il fallait se méfier,
comme vous l'avez dit, de l'OAS, du pied noir,
des parachutistes aussi, les anciens de Massu et compagnie.
Il y avait aussi le Félégas, encore, et puis, quelquefois,
on avait des accrochages avec les gardes mobiles, les CRS.
Entre nous, entre nous, c'est incroyable.
– Et des frictions aussi au sein des différents corps d'armée,
des différents bataillons, etc. ?
– Oui, il y avait une rivalité, il n'y avait aucune entente, etc.
Non, au contraire, quand les paras arrivaient au foyer du soldat,
alors là, c'était la rencontre des divergences,
de tout ce que tu veux, etc.
C'est pas qu'on se haïssait entre compagnies, etc.
Mais presque, vous voyez, il n'y avait aucune communion entre nous.
– Et vraiment chaotique.
Et pourtant, au milieu de tout ça, votre livre,
c'est aussi une histoire d'amitié,
mais une amitié improbable et incompréhensible aux yeux des autres.
Il s'appelle Taïeb, il est Algérien.
Et en fait, vous l'avez connu avant de venir en Algérie,
avant qu'il n'y ait cette guerre, et vous le retrouvez par hasard.
Et vous décrivez cette scène de retrouvaille dans votre livre.
C'est l'hallucination, l'incompréhension, l'émotion à vif,
un arabe dans les bras d'un appelé du contingent.
Les témoins de la scène, figés, troublés, se consultent,
ne peuvent comprendre.
Seuls deux êtres, à cet instant, réalisent que l'amitié,
la fraternité et l'intelligence surpassent les stupides drames actuels.
Et oui, entre-temps, vous étiez amis à l'origine,
mais entre-temps, vous étiez censés être devenus ennemis,
puisque lui, en plus, avait déserté l'armée française
et avait pris les armes en Algérie.
Et d'ailleurs, vous le racontez dans votre livre,
vous avez fini par être mis aux arrêts,
accusé d'intelligence avec l'ennemi.
Vous risquiez gros ?
– Pardon ? – Vous risquiez gros ?
– Je risquais gros, parce que sur le moment,
lorsqu'ils m'ont emprisonné dans les cachots, etc.,
je me disais, mais qu'est-ce que j'ai fait ?
J'ai cru au départ que c'était parce que j'avais été mouchardé,
que j'avais donc assisté à des scènes de torture
dans notre caserne, dans les caves.
– Oui, parce que vous ne dénoncez pas que dans le livre,
vous avez essayé de dénoncer déjà à l'époque, en fait.
– Oui, oui.
Et là, j'allais dire, donc, lorsque je retrouve Taïeb et compagnie...
– Quand ils vous ont arrêtés, vous ne saviez pas pourquoi ?
– Absolument pas, absolument pas.
Et c'est là que je découvre, trois, quatre jours après,
parce qu'ils ne te le disent pas, ils te mettent au cachot,
et tu n'en parles pas, etc., juste pour te...
Et là, c'est bien tombé, à un moment donné,
donc c'est après les accords, même après l'indépendance,
le 5 juillet 62, là, le tribunal militaire n'a aucun pouvoir, etc.
Il ne doit plus exister de tribunal militaire,
puisque là où on est, c'est l'ancien département français,
mais il n'y a plus de département français,
on n'a plus rien à voir, j'allais dire,
ils n'avaient plus le droit, j'allais dire, de me juger.
Et voilà, et ils le font, et là, dans mon plaidoyer,
j'allais dire, je me défends, en leur disant ça et ça,
et ils constatent bien que, bon, je ne vais pas me laisser faire,
et donc, il n'y a aucun rapport sur mon emprisonnement,
il n'y a aucun...
Ils m'ont donné le diplôme de militaire, etc,
tout est de bonne conduite, alors qu'ils voulaient me foutre au truc,
et vous savez que si ça avait été encore avant les accords des viants,
et bien, l'intelligence avec l'ennemi, c'était le poteau d'exécution,
et il y en a plusieurs, on n'en parle pas, on n'en parle pas.
J'ai risqué ça sans le savoir, parce que bon, l'amitié,
puis je dis, c'était après les accords des viants,
et voilà, et je m'en suis tiré un bon compte, voilà.
C'est pour ça que je suis là.
– Dans votre livre, d'ailleurs, on ne perçoit pas du tout
la notion d'ennemi, en tout cas vis-à-vis du peuple algérien,
loin de la propagande et des directives de l'armée,
vous écrivez, j'ai 21 ans et contemple un triste bilan,
je suis à Constantine, prêt à soulever le couvercle de la lessiveuse
dans laquelle l'armée française m'enferme,
je veux m'évader dans cette resplendissante nature,
déambuler parmi cette population bigarrée,
rentrer en contact avec ces autres humains,
enracinés sous un même soleil.
En fait, vous avez aimé l'Algérie et les Algériens,
est-ce que vous y êtes retourné par la suite, en Algérie ?
– Je ne pouvais plus, je n'aurais pas voulu,
oh là là, j'ai désiré y aller, ça c'est sûr.
– Et donc, Taïeb, vous ne l'avez jamais revu ?
– Non, je ne l'ai plus retrouvé.
– Vous aimez ses nouvelles ?
– Non, non, jamais, jamais plus, non.
Il était, je dois le dire, comme capitaine de la vilaia de Constantine, etc.
Il m'avait invité dans sa famille, tout ça, un accueil formidable, etc.
Il y avait une amitié, voilà, et puis, bon, émouvant,
et c'est vrai que je regrette de ne pas y aller,
donc en Algérie ou à Constantine,
puisque ça nous était interdit, on n'avait pas…
Et pourtant, j'allais y aller, j'étais inscrit pour la coopération,
c'est-à-dire pour aller comme professeur, tout ça, tout là-bas,
et puis ça ne s'est pas fait, voilà.
– Et ça ne s'est pas fait, bon, mais en tout cas, tout ça et plus encore,
tous ces épisodes sont à retrouver dans le livre
« Algérie, quand tu nous tiens », un livre d'autant plus important
qu'il y a énormément de choses qui ont été écrites sur la guerre d'Algérie,
mais très peu de choses sur 62 et après, les mois qui ont suivi
et tous ces épisodes liés aux accords d'Évian et liés au début de l'indépendance.
– Absolument, et c'est comme le moufflage de l'armée,
donc il n'y avait pas eu, j'allais dire, de rapport,
de compte-rendu de tous nos escabades, encore après,
donc dans les bleds, etc., et puis nos atrocités,
parce qu'il y en a eu aussi après, j'allais dire, donc l'indépendance.
– Les scandales de l'armée française en Algérie
sur lesquelles on a jeté un voile opaque pendant très longtemps.
Merci beaucoup de nous les avoir fait découvrir
et puis toutes ces histoires d'amitié, on le sait,
elles sont très importantes pour vous dans votre livre.
Il est aussi beaucoup question de votre camarade Marcel
avec qui vous avez effectué votre service militaire
et ce fameux Marcel, vous l'avez revu la première fois,
c'était il y a près de deux ans, le 19 janvier 2023
et c'était devant les caméras de Mosaïque Cristal.
Alors je vous propose de finir cette émission
en regardant à nouveau le reportage.
– Oh c'est gentil, merci.
Cette photo a été prise il y a plus de 60 ans,
Joseph Glin au milieu et Marcel Bandel à droite.
Deux amis qui se sont rencontrés lors de leur service militaire en Algérie
et qui se sont perdus de vue en rentrant au pays.
Malheureusement à l'époque, aucun des deux compères
ne pense à prendre les coordonnées de l'autre.
Depuis cet instant, Joseph n'a cessé de chercher son ami Marcel
par tous les moyens possibles.
À l'époque, pas de réseaux sociaux, mais 61 ans plus tard,
à l'ère de l'Internet et du numérique, un miracle s'est produit.
– C'est ma petite fille, je lui dis, qu'est-ce que c'est,
c'est un genre de Facebook, je cherche mon copain depuis l'instant.
En tapant son nom, je trouve 4 Marcel Bandel, lequel est ?
Est-ce que tu peux m'envoyer un message
vers celui-là que je crois que c'est lui ?
Et c'est là qu'elle pianote et puis bon, trois jours après,
qu'est-ce que je vois sur mon écran ?
Oui, oui, Joseph, c'est moi, formidable, on va se retrouver, etc., tout ça.
Et aujourd'hui, c'est le jour de mes retrouvailles,
je l'attends pour l'instant là, puisqu'on a rendez-vous,
enfin je suis en avance bien sûr, puisque j'ai le cœur qui palpite,
et je l'attends, voilà.
Improbable et pourtant, plus d'un demi-siècle plus tard,
les deux amis vont enfin se retrouver.
Marcel Bandel arrive, et l'émotion est à son paroxysme.
On était longtemps, partout, et puis on s'était presque oubliés.
Eh bien, c'est vraiment sympathique,
et puis c'est quelque chose qui n'arrive pas souvent à tout le monde,
et je l'en remercie encore.
Durant toutes ces années, les deux amis ne se sont jamais oubliés.
Les photos du temps passé sous l'uniforme ont été précieusement conservées
pour le jour des retrouvailles.
C'est émouvant, c'est une scène émouvante,
parce qu'on retrouve toutes ces images en Allemagne,
surtout en Algérie, où on en a sué, pour ne pas dire un autre mot.
Voilà, et puis la chute, c'est émouvant, merci, je ne sais pas.
Joseph en perd ses mots.
Il est désormais temps pour les deux compagnons de rattraper le temps perdu.
