L'entrée en classe de seconde représente une étape importante. Entre pression scolaire et découverte d'un nouvel environnement, les adolescents doivent s'adapter pour ne pas se perdre. Pour échanger autour de cette étape de vie, Jean-Pierre Gratien reçoit François Chevré, journaliste et réalisateur de la série documentaire « Génération 2008 », Delphine Rideau, présidente de l'association nationale des Maisons des ados, et Yaëlle Amsellem-Mainguy, sociologue.
LCP fait la part belle à l'écriture documentaire en prime time. Ce rendez-vous offre une approche différenciée des réalités politiques, économiques, sociales ou mondiales....autant de thématiques qui invitent à prolonger le documentaire à l'occasion d'un débat animé par Jean-Pierre Gratien, en présence de parlementaires, acteurs de notre société et experts.
c'était donc le 5e épisode d'une série
exclusive initiée par notre chaîne LCP
et intitulé génération 2008 qui
seront-ils demain 5e épisode d'une série
ambitieuse puisque son réalisateur
François chevreet entend suivre les cinq
jeunes que nous venons de voir chaque
année pendant 10 ans histoire au final
de mieux capter le parcours d'une
génération bienvenue dans desbadog
François Chevret vous êtes journaliste
réalisateur et c'est donc à vous que
notre chaîne a confié la réalisation de
ce très beau projet ce projet vous
l'avez donc entamé voilà 5 ans nos
collégiens faisaient alors leur entrée
en 6e et c'était il faut s'en rappeler
en pleine crise de la covid et cette
fois c'est donc la rentrée de Coline
Lilou Mael Mohamed et rwan au lycée et
nous allons bien sûr y revenir ensemble
dans un instant lors de cet échange avec
Delphine rideau bienvenue à vous
Delphine rideau vous êtes directrice de
la Maison des ados de Strasbourg et
présidente de l'Association Nationale
des Maisons des ados il en est existe
125 en France qui trouve-t-on que
fait-on dans ces maisons des ados très
rapidement on y trouve des
professionnels de formation très variées
des psychiatres psychologues
travailleurs sociaux infirmiers ouais et
des ados de 11 à 25 ans ouais en général
et oou leurs parents et pour tout type
de difficultés c'est très ouvert très
bien et puis enfin Yael Amselem Ming est
également avec nous bienvenue à vous
bien merci suivez avec nous hein
d'ailleurs c'est jeune he depuis le
début de de cette série réalisée par
François chevreet vous êtes sociologue
chargé de recherche à l'Institut
national de la jeunesse et de
l'éducation populaire alors c'était une
une date importante hein une étape
importante pour ces jeunes avec ce 5e
épisode puisqu'il s'agissait de la la
rentrée au au lycée il y avait une
appréhension particulière de la part de
de nos cinq jeunes avant de rentrer soit
au lycée château-billant pour quatre
d'entre eux
soit au lycée Simone veille pour Lilou
qui faisait sa rentrée donc à part par
rapport à ce groupe que vous suivez
depuis maintenant 5 ans il y avait une
une appréhension à les entendre non
quand je leur posé la question non je
pense que peut-être un peu quand même
mais il y avait aussi beaucoup
d'excitation parce que ils attendaient
beaucoup justement il y a un changement
de population des gens avec qui
peut-être qu'ils sont ils se sentent
plus à l'aise euh des gens avec qui
peuvent découvrir d'autres choses donc
ça ça ça leur donnait beaucoup d'espoir
et aussi la maturité du côté Lilou par
exemple chercher la maturité chez chez
ses nouveaux camarades voilà on est en
élément de réponse savoir comment ça
s'est passé pour elle en seconde mais
c'était surtout ça qui primait je crois
que c'était l'excitation l'excitation et
ils vous en ont parlé après coup
quelques jours après quelques semaines
après de de de cette rentrée c'est ce
qui vous fait dire cela ouais je les ai
senti plutôt tranquille bon Lilou a une
rentrée très particulière avec un
gouvernement qui est venu quand même
mais on l' vu sur ces images la visite
de Gabriel hatal qui était alors
ministre de l'éducation nationale auès
Elisabeth borne qui était à l'époque
premierre ministre et quand vous dites
ils ont senti davantage de mixité
d'ouverture c'est une réalité le lycée a
ouvert les portes un petit peu à cette
jeunesse avec une mixité sociale
peut-être qui était pas là dans les
collèges justement il y a moins de
mixité sociale il y a moins de il y a
une sorte un mot qui n'est pas très beau
mais un tri de population déjà
clairement et d'ailleurs ils le disent
eux même qu'il y a moins de mixcité
quand ils arrivent au lycée surtout à
Château brillant euh si bon les les deux
lycées ont un profil différent il y a
lycée assez exigeant avec des classes
préparatoires euh urbains et et pour
Lilou c'est un lycée plutôt rural donc
une population un peu différente mais
non dans l'ensemble moins de mixité mais
euh mais voilà potentiellement plus de
contact en fait comme il y a moins de
mixité c'est des gens qui se ressemblent
plus donc c'est des enfants qui ont plus
de choses en commun euh rentrer assez
martial hein si on en juge en tout cas
du côté du du lycée château brillant si
on en juge par le discours tenu par le
chef d'établissement vous avez 3 fois 36
semaines pour que vous quittiez vos
parents l'avenir c'est vous et le tout
sur un ton assez martial c'est souvent
le cas d'ailleurs dans dans les lycée
aujourd'hui ce type de de rentrée c'est
le genre de discours qu'il faut tenir
d'emblé à ces jeunes pour leur montrer
que là il va falloir passer une étape
importante je sais pas si c'est très
fréquent je sais pas si c'est nécessaire
en tout cas moi j'ai plutôt été surprise
euh je suis pas sûr qu'ils aient besoin
de ça parce que dans cette excitation
qui était évoqué avant on sait aussi
quand même que l'étape de la seconde
comme l'étape de la 6e c'est des
périodes de transition elles sont quand
même angoissantes par nature on sent
bien aussi toutes les attentes et la
pression que mettent implicitement les
parents je suis pas sûr que ce soit le
moment auquel il faut charger la barque
d'emblé comme ça à
l'accueil après on sait que ça se fait
ça se fait tout au tout au long de la
scolarité et c'est des personnalités
d'enseignants de chef d'établissement de
professionnels de parents
mais il y a il y a quelque chose quand
même là qui est très particulièrement
martial effectivement alors très vite
c'est le ressenti aussi après avoir vu
toute la première partie notamment du du
du film il s'agit de de travailler
autrement
d'apprendendrer le le travail à la
maison autrement de s'organiser
autrement d'anticiper voilà les efforts
peut-être ce cap qu'on demande d'emblé à
à ces jeunes à l'occasion du premier
trimestre pour la la prise de temps
température du lycée en seconde non oui
mais en fait c'est quelque chose qu'on
leur apprend déjà au collège
progressivement et donc il y a une mise
en scène aussi de maintenant vous
arrivez dans un nouvel établissement et
les choses vont changer et en fait c'est
un peu l'histoire de l'école c'est
changement dans la continuité c'est
rupture mais continuité si c'était que
de la rupture ils seraiit tous perdus
elles seraient toutes perdu là on voit
bien que bah il y a des moments où il
faut retrouver ses marques mais derrière
ce discours un peu raid quand même du
chef d'établissement c'est aussi de la
mise en scène pour leur dire maintenant
vous vous êtes dans la cour des grands
ils étaient pas dans un collège lycée
avant ils étaient dans un collège et
maintenant les voilà passés au lycée il
pouvaient pas observer ce que c'était
que le lycée contrairement à des élèves
qui peuvent grandir dans une cité
scolaire où ils regardent ce que c'est
que le lycée dès la 5e en fait petite
nuance par contre c'est que quand même
dans le discours même si on l'a pas
retenu au moment du montage il y a quand
même toute une partie sur la confiance
en soi sur vous avez le droit à l'échec
mais vous pouvez toujours vous relever
et sachez que vous êtes capable de de
réussir au lycée il y avait pas que
attention fou il y a tout de même de
deux règles d'or qu'on semble vouloir
inculquer ass ses jeunes assez
rapidement à l'entrée du lycée c'est la
régularité d'une part et
l'approfondissement des des sujets
d'autre partors ça la grosse différence
finalement avec oui c'est ça c'est ça
qu'ils attendent aussi c'est ça qu'elles
attendent en tant qu'élève c'est aussi
enfin de pas être obligé de restituer
une leçon pour une leçon mais aussi
d'avoir des éléments de rhtorique
d'avoir des éléments aussi de de pouvoir
discuter des choses et d'avoir des
adultes et d'être pris pour des jeunes
adultes progressivement et donc c'est
bien là on voit bien le moment de
l'adolescence où il va s'agir aussi de
se positionner autrement et de plus être
des petits au sens bah on vous dit et
vous apprenez vous avez pas votre mot à
dire à vous êtes des grands enfin vous
êtes en train de grandir et vous allez
avoir un un mot des mots des des
réflexions qui sont aussi discutables
avec des adultes formés compétents qui
sont vos enseignants et qui est l'équipe
éducative le premier point d'étape il se
fait à la fin assez logiquement du du
premier trimestre pour ces jeunes que
vous avez suivi c'est le cas de Mohamed
on va voir un premier extrait du du
film premier trimestre bah là je sentais
que j'étais un peu la tête en l'air quoi
il a des bases qui sont un peu fragiles
il a eu un 5 il a eu un 15 un 9 et demi
donc tout ça c'est un peu vague pour moi
j'arrive pas encore tout à fait à situer
son niveau est-ce qu'il travaille
beaucoup à la maison est-ce que vous
arrivez à voir à la maison ben je suis
derrière he demand déjà est-ce que tu
penses lui mettre une pression oui des
fois je pense mais c'est pour lui j'ai
je veux vraiment qu'il réussisse au fait
donc euh des fois bah ça se passe pas
bien entre nous hein il est pas content
donc vous vous engueulez un peu bah oui
prise de tête bah l'adolescence
hein on retrouve avec plaisir d'ailleurs
la mère de de de Mohamed hein qui suit
son fils qui est assez inquiette pour
pour ce que va être le cursus de son
fils premier trimestre compliqué pour
pour Mohamed il a semble-t-il fait un
peu son macoupa c'est pas bien organisé
il a peut-être pas compris tout à fait
Mohamed qu'il fallait juste passer
peut-être à une vitesse supérieure c'est
comme ça aussi que vous l'avez ressenti
dans dans les propos de tenu à la fois
par Mohamed et sa mère qui effectivement
va peut-être lui mettre une petite
pression oui c'est je pense qu'il avait
peut-être pas forcément les armes pour
s'adapter tout de suite il les a forgé
petit à petit dans l'année ça ça se
ressent dans la suite du documentaire
mais je pense que c'est ça c'est que
voilà il est avec sa mère qui n'a pas
forcément tous les codes du lycée donc
il a peut-être pas forcément préparé
peut-être qu'elleelle pas capacité comme
d'autres parents peuvent l'avoir on voit
les parents de de Mael et de Coline par
exemple qui eux les ont habitués dè plus
jeunes à travailler seul à les
accompagner mais de loin à leur faire
confiance on sent que en fait Mohamed
depuis le début de la série depuis 5 ans
on sent que la méthode de sa maman c'est
de lui mettre la pression c'est de
vraiment être derrière et peut-être
qu'il se repose un peu trop là-dessus je
sais pas mais petit à petit il prend ses
marques alors la pression euh est-ce que
cette génération subit une pression
n'aurait pas connu les générations
d'avant avec les parents notamment alors
il y a pas il y a pas seulement Mohamed
on voit aussi une discussion entre Rywan
et et son père où on sent que les choses
peuvent devenir un peu tendu ran c'est
un gamer évidemment il fait ses devoir
mais enfin passer le soir il pense
plutôt au jeux vidéo on sent qu'il peut
y avoir aussi des tensions dans ses
relations à l'issu de ce ce premier
trimestre avec des parents qui qui sont
un peu enquiets sur sur le degré de tavr
le degré d'investissement dans le
travail scolaire ça c'est fréquent en
fait je trouve que le le documentaire
illustre bien le fait que ils sont à un
âge où ils passent d'une situation
d'être les objets de la scolarité à à
devenir les sujets de la scolarité et à
devenir à s'approprier eux-mêmes
toujours quand même en lien avec leurs
parents et et cette cette excitation
dont on parlait tout à l'heure cette ce
possible investissement personnel dans
des choix dans des choix de matière dans
des choix de de perspective
professionnelle est à la fois nécessaire
pour eux et en même temps possiblement
très angoissant c'est là où les parents
on le voit dans dans dans les
différentes situations doivent s'ajuster
quand même en permanence parce que
effectivement il va y avoir des temps de
de
rappel voire de pression c'est là que
parfois c'est un peu complexe euh parce
que c'est c'est difficile de de les
accompagner en fait vers une autonomie
le d'établissement le dit
aussi en étant là en tant que filet un
petit peu autour que ça dépasse pas
certaines bornes et en même temps en les
laissant en les laissant faire leur
chemin et quitte à ce qu'il y ait
accepter qu'il y ait ben des changements
d'orientation des changements
d'investissement et tout ça se croise
avec leur vie de tous les jours leurs
relations sociales donc c'est ça qui est
complexe pour les parents de
suivre de loin puis on voit à la fin cet
extrait bon ben c'est l'adolescence he
sous-entendu les affrontements euh
parfois bah oui ça fait partie de des
règles du jeu avec un adolescent ou une
adolescente ça reste vrai ça j'imagine
aujourd'hui c'est un âge où les choses
peuvent se cristalliser lorsqu'on parle
de crispation entre justement parents
ados et trouver la la crispation elle
est sur les priorités en fait les
parents laissent les ados tant que les
ados ça roule à l'école et les parents
reviennent dès que ça commence à dès
qu'il commence à y avoir des graviers
dans le jeu de l'école on sait
sociologiquement que les les filles
jouent mieux le jeu de l'école sont des
meilleurs élèves parce qu'elles ont
appris à être des meilleurs élèves dès
la petite enfance en fait par l'école et
par leurs parents et là on voit bien les
deux parents qui finalement cherchent à
mettre la pression c'est les parents des
deux garçons qui vont être derrière le
père comme la mère dans les deux
exemples et qui vont essayer de trouver
leur place de parents au regard des
priorités de leurs enfants qui peuvent
être les copains d'un côté la découverte
du de la vie du lycée et donc des à côté
de la vie du lycée c'est-à-dire les
nouvelles personnes ce que ça ouvre
aussi comme liberté l'espace du lycée où
le gaming et le soir et les soirées
discord à discuter avec des gens mais
qui viennent finalement en concurrence
avec les apprentissages scolaires et
quelque part le contrat famille jeune
c'est que je te lâche un peu tant que ça
roule à l'école et on voit bien que les
parents dès que ça ne roule plus si bien
que ça à l'école les parents reviennent
alors que dans le cas des filles en tout
cas les les deux premières qui sont à
Château brillant les filles ont appris à
répondre à la demande de l'école et donc
que les parents ont pas besoin parce
qu'ils l'ont déjà fait euh d'être aussi
près et aussi au contact du suivi
scolaire alors il y a aussi le cas de de
Lilou sa mère dans dans ce film craint
un décrochage dès la fin du du premier
trimestre Lilou ça aura toujours été un
cas un petit peu particulier par rapport
à ces jeunes peut-être plus d'angoisse
elle a été rappelons aussi victime d'une
forme de d'agression durant le le
collège qu' l'avait obligé à changer
d'établissement à sa demande on n'est
pas très loin de la phobie scolaire du
côté de de de Lilou on sent que les
choses peuvent très vite évoluer dans ce
sens et on sent aussi cette inquiétude
très forte de la part de sa mère qui a
l'air un peu perdue elle pour le coup
hein oui alors en fait Lilou elle a eu
un parcours accidenté un parcours
scolaire
accidenté des enfin dès le collège elle
a été victime de harcèlement on en a
parlé dans les épisodes précédents elle
a fui ses harceleurs donc elle a changé
de de collège établissement ouais là
elle est partie elle s'est éloignée de
Ren pour un peu se mettre ouvrir une
nouvelle page blanche en fait pour pour
son venir dans dans ce nouveau lycée et
justement elle attendait beaucoup du
lycée elle a idéalisé le lycée parce que
beaucoup lui ont dit vousz enfin tu
verras les gens sont plus matures sont
plus sympas et cetera finalement elle
était un peu déçue et elle a eu des
petits des petits
incidents de sociabilité avec certains
et elle a eu du mal elle a fait beaucoup
d'efforts pour se sociabiliser ça s'est
pas forcément bien passé elle a en même
temps elle a pas réussi à gérer le la
partie scolarité elle a eu une mauvaise
note les par on s'en sont rendu compte
lui ont mis la pression en voulant faire
bien et euh elle a explosé et euh quand
on la voit avec le le professeur et ses
parents au moment de la la rencontre à
la fin du premier trimestre c'est pour
trouver une solution parce qu'en fait
elle était pas loin de la phobie
scolaire et elle était pas loin de rater
son année donc il a fallu faire des
choix dans les dans les matières elle
avait une chance et que elle avait
choisi d'aller en STMG donc ça veutd
qu'elle avait déjà des des matières
qu'elle pouvait choisir pour préparer la
première ça a été une chance pour elle
ces jeunes ils sont à la limite hein
finalement euh peut-être à la marge du
du système scolaire ils ont peut-être
plus de difficultés que d'autres à s'y
retrouver dans dans dans ce système
scolaire est-ce que c'est une minorité
qui ne prend pas de plus en plus de
d'importance parmi ces jeunes la
question de de de la phobie scolaire ou
du nous on l'appelle plutôt le refus
scolaire anxieux parce qu'on est
vraiment dans une question d'angoisse
euh elle est plutôt ascendante on en a
plutôt de plus en plus avec une vraie
question dans pour les professionnels de
l'éducation
nationale de comment comment ils
adaptent les choses parce que l'enjeu
c'est certainement de pouvoir adapter un
certain nombre
de fonctionnement classique autour de
d'aménagement d'emploi du temps d'espac
dans la vie du lycée qui soit un petit
peu plus un petit peu plus facile un peu
plus sécure de temps donnés pour ce ce
pour envisager des changements
d'orientation notamment euh on a à
certains endroits dans certaines dans
certains départements des dispositifs
qui se spécialise pour ça à côté de
l'école c'est le cas à Strasbourg euh ça
nous inquiète un peu parce que l'ampleur
est quand même de plus en plus
importante et on voit bien la différence
entre des comme pour la gestion
d'ailleurs des problématiques de
harcèlement euh entre des équipes
scolaires collège et lycée qui ont la
capacité la souplesse en fait d'adapter
un certain nombre de choses de leur
fonctionnement pour par rapport à ces
jeunes qui manifestent des angoisses
dans dans la poursuite de leur parcours
par rapport à d'autres qui vont plutôt
se rigidifier voire nier la
problématique euh donc on a un chemin à
parcourir là-dessus c'est c'est sûr que
c'est totalement d'actualité on dit
souvent d'ailleurs que cette génération
parfois la caractérisque comme étant la
génération Z alors c'est plutôt
d'ailleurs des outils de marquetur ça
hein c'est fameuxom la génération Z
ensuite la génération alpha mais en tout
cas l'angoisse d'une manière générale
pour ces jeunes à l'air tout de même
beaucoup plus présente que pour les
générations précédentes c'est vraiment
le cas elle est à cause de quoi elle est
dû cette cette
angoisse davantage ressenti par cette
fameuse génération je sais pas si c'est
plus moins c'est toujours compliqué hein
parce que comment on mesure oui bien
sûr est s on a une partie des jeunes qui
en tout cas décrivent une pression
décrivent des inquiétudes sur leur
avenir mais aussi sur leur scolarité sur
leur résultats scolaires sur bah les
plateformes qui vont gérer et autogérer
leur orientation mais on va pas minorer
les effets de parcours sup et ça ça sera
pour l'année d'après ça sera pour la
ouais mais en fait ça arrive déjà dans
les débats ça arrive déjà dans les
débats par effectivementin mais dès le
cège c'est perspective de de
l'évaluation qui arrive très vite là
mais dès le collège il y en a une il y a
une partie des jeunes qui parce qu'ils
ont des grands frères grandes sœur se
projetteent déjà dans mais mes notes ça
vaudra ou pas pour parcoursu pour
rentrer après et du coup il et elle ont
du mal à se projeter sur le demain il
est elles ont du mal à se projeter sur
le lycée hein Lilou on voit bien qu'elle
attend énormément de choses du lycée
c'est c'est une jeune fille qui est très
volontaire qui a très envie elle est
hyper réflexive et en même temps elle
est que déçue de ce qu'elle va retrouver
au lycée donc il y a voilà il y a un
intérêt pour l'école elle est pas enfin
voilà c'est elle ne trouve pas un
désintérêt et pourtant il y a une
pression collective sur l'importance de
la réussite l'individualisation de
l'échec qui ne serait que lié à des
raisons uniquement personnelles de pas
avoir réussi à surmonter tous ces
élémentsl et donc dans ce contexte- là
la concurrence entre les élèves la
concurrence entre les établissements
scolaires l'orientation ça induit aussi
des effets d'inquiétude des parents
d'inquiétude des adultes de pression des
profs et d' des ados entre eux ils en
sont passés par la crise covid bien
entendu c'est ces jeunes est-ce qu'on
peut dire qu'il y a eu quelque chose
d'important qui s'est passé pour pour
ces jeunes alors vous allez également
répondre bien entendu il vous en reparle
de cette crise covid des conditions dans
lesquelles ils se sont retrouvés au tout
début de leur collège pour le coup vous
avez l'impression que ça a plus
influencé pour pour la suite François
chevet auprès de ces jeunes c'est
vraiment de l'histoire passée et non
c'est l'histoire passée moi je me
souviens surtout que quelques-uns
étaient un peu traumatisés d'être resté
à la maison et de pas avir les copains
ouis mais c'est vrai qu'on est pas on n
pas forcément revenu sur cette question
là oui pour certains ça a été bénéfque
norm les B élèves par exemple Coline
elle en a profité pour devenir très
autonome très vite ça se voit déjà dans
le premier épisode de la série et en
fait on on voit qu'elle a qu'elle a
continué sur ce cheminl voilà ma lui a
été traumatisé de pas pouvoir sortir
mais non ça pas été c'est pas une
thématique qui qui revient avec eux
parce que il y a ça il y a bon
évidemment les réseaux sociaux
l'omniprésence des réseaux sociaux pour
cette génération et puis c'est vrai
peut-être la crainte d'une société on va
dire plus hostile plus imprévisible
alors là c'est un environnement général
on va dire hein évidemment avec oui
parce que la la crise sanitaire du covid
a été suivie par un certain nombre
d'autres crises et encore
aujourd'hui qui qui ne les impactent pas
forcément toutes très
directement je pense aux questions
climatiques énergétiques au conflits que
ce soit en Ukraine ou maintenant euh au
Proche Orient néanmoins ça instaure
quand même une ambiance quelque chose
qui est euh qui est infuse je pense
quand même pour pour beaucoup d'entre
eux euh qui cLIV aussi euh je pense par
exemple récemment au résultat de les des
élections présidentielles aux États-Unis
euh d'ailleurs les dernières
législatives chez nous aussi à un moment
donné forcément c'est des sujets qui
sont susceptibles de partager ou en tout
cas sur lesquels il voient des contenus
partagés sur sur les réseaux sociaux
certains repartagent qu'est-ce qu'on
voilà ça ça fait ça fait quand même un
certain nombre de sujets de crise qui
qui est qui les mobilise forcément d'une
manière ou d'une autre et moi j'aurais
envie de poser la question à Yael de de
la de l'incidence même d' d'une forme
d'hypocrisie finalement dans lesquels
dans laquelle on les fait grandir avec
bah aujourd'hui beaucoup beaucoup de
choix d'orientation professionnelle un
un sens qu'on donne à leur choix leur
perspectives leur futur mais dans un
contexte où finalement peut-être il y a
il y a beaucoup de choses qui sont pas
si ouvertes que ça qui sont difficiles
en fait pour eux de se projeter donc
c'est c'est c'est assez il y a beaucoup
d'antagonisme en fait hein dans tout ce
qu'on leur demande de prendre en compte
pour se projeter avec des gros enjeux
sur les milieux sociaux et sur les
capitaux que les jeunes peuvent détenir
par leur famille par leurs parents sur
le fait d' avoir appris à faire avec
d'avoir appris à produire un discours
avoir avoir des espaces aussi de
discussion sur les conflits sur le
contexte politique sur ce qu'on a pu
voir sur les réseaux sociaux ou pas
parce que quand on rentre du lycée on
est tout seul ou on n'est pas toute
seule parce que les copains qu'on a
autour sont du même milieu social ou pas
et on a beau être sur un des
établissements d'élite de Rennes à
Châteaubriant malgré tout quand on ne
fait pas partie de l'élite comme Mohamed
par exemple ben c'est pas si facile de
trouver sa place dans la classe mais
aussi dans le lycée et donc faut se
construire d'abord un espace de vie
avant même de construire une carrière
scolaire quelque part de poursuivre ça
et c'est ça un peu le moment qu'il a où
c'est pas facile de trouver ses marques
c'est pas qu'il met du temps c'est qu'il
faut qu'il se trouve aussi dans des
espaces en seconde où il y a moins de
classes et où les élèves vont avoir des
options et donc circuler et donc se
retrouver en groupes différents selon
les matières qu'il et elle vont avoir
alors qu'avant il y avait d'avantage de
groupe classe quand ils étaient au
collège on était dans le même groupe
tout le temps excepté les deux trois
options de langue ou de voilà de de de
d'autres types d'options vraiment
minoritair là on va voir arriver toutes
les options qui vont faire exploser en
permanence les groupes et de
voir jouer sur la compétence de passer
d'un groupe à un autre et donc sur des
compétences de sociabilité de
socialisation avec des enseignants qui
ont des méthodes de plus en plus
différentes et ainsi de suite on va voir
un autre extrait du film c'est la visite
de la chambre de
Maë et donc sinon tu as refait ta
chambre ouais c'était un peu bah un peu
videite quoi voilà il y a un peu tous
mes centres d'intérêt quoi les Beatles
donc la musique B j'adore le rock tout
ça j'écoute pas
mal des disques radio
n là c'est les voyages des carte postal
marquepage ticket de musée qui viennent
de New York et Barcelone voilà une
chambre d'un ado de 15 ans Maë qui est
un peu l'intello de la bande finalement
bon qu'est-ce qu'elle nous raconte cette
chambre de de Maë Maë c'est un un jeune
qui va être fan de basket comme beaucoup
de jeune mais qui au lieu de mettre un
poster grandeur nature dansun gen de
basket va plutôt prendre des unes du New
Yorker parce que à la fois il a voyagé
parce qu'à la fois il a un goût
esthétique et moi je lui ai dit et moi
personnellement j'avais des j'avais des
t-shirts des des posters grandeur nature
de shaquilleoni et Michael Jordan mais
lui il trouve ça pas beau il a des réér
il a un niveau aussi bon il nous cite
les
Beatles il nous cite alpacino dans le
cinéma c'est marrant on aurait pu
imaginer des références beaucoup plus
moderne pour
pour pour Maë pourquoi pas ouais mais
bon il est dans une famille qui qui est
très curieuse qui lit beaucoup qui qui
regarde beaucoup de choses les parents
montrent beaucoup de choses et c'est
vrai que bah il est fan de radio Head
qui est voilà qui s'est fait connaître à
partir des années 90 oui c'est ça c'est
pas d'aujourd'hui hein radio VO donc il
il a déjà du recul qu'est-ce que ça nous
raconte une chambre d'ados décoré non
décoré comme c'est le cas de Mohamed on
a aussi découvert cette chambre vierge
qu'est-ce que ça raconte la chambre du
c'est jardin secret finalement ah bah
oui c'est le lieu c'est le lieu de leur
intimité il y a peu de gens
théoriquement à part leurs amis proches
et leur famille qui qui qui sont invités
et en même temps on voit bien quand même
que c'est l'endroit où on peut montrer
des choses et notamment
aujourd'hui il me semble que il y a une
forme de de possibilité de mise en scène
de soi au travers de ce qu'on peut
investir dans sa chambre et ensuite
photographier filmer via les réseaux
euh je suis pas sûr que ça ne concerne
que les filles la preuve d'ailleurs
finalement là et et entre une page
blanche à écrire ou quelque chose qui
est très investi de différentes manières
bah ça dit quelque chose d'eux et de
leurs centre d'intérêt leurs
préoccupations il faut savoir le lire
c'est une fierté aussi de montrer sa
chambre moi à cet âge là j'étais très
très fier de montrer ma chambre avec mes
super posters à mes copains quoi donc
voilà on investi à un lieu et on est
fier de le montrer même si on montre pas
à beaucoup de monde c'est un des rares
pas de côté hein dans ce documentaire
mais c'est volontaire vous nous
expliquerez pourquoi tout à l'heure en
dehors du du champ purement scolaire
cette visite
de là on rentre dans l'érieur voilà dans
leurs intérieurs dans l' pourquoi ils
ont l'importance ces lieux à cet âge là
parce que c'est leur seul lieu à eux
ouis fait alors en plus là on est sur C
adolescentes adolesc qui ont des
chambres exclusivement à eux ce qui est
pas le cas de tous les adolescents
adolescentes mais en tout cas là c'est
leur espace à eux c'est pas la cuisine
c'est pas le salon c'est pas là où les
parents circulent c'est vraiment leur
espace de vie perso où ils ont accepté
qu'il y ait une caméra on se doute
qu'ils ont et elles ont rangé des
éléments avant et je leur souhaite parce
que c'est l'objectif aussi on ne montre
et on ne garde que ce qu'on a envie de
montrer à ce moment-là et elle elle et
ils savent que ça sera archivé donc ça
fait partie de leur histoire mais aussi
de leur histoire publique ça va passer à
la télé et où quand ils prennent ou
elles prennent des images de leur
chambrees on choisit aussi les axents on
choisit la manière de se présenter aux
autres de mettre en scène à la fois son
capital culturel le type de livre qu'on
va lire son son le type de musique qu'on
va écouter hein comme on peut le voir
dans le cas de Maë où on voit bien bah
là l'imprégnation de la culture de la
famille et de la culture des parents sur
ses pratiques culturelles à lui il
s'inscrit en opposition avec les
pratiques majoritaires culturelles de sa
génération qui sont très grande MAJ le
rap même si on écoute pas de rap on sait
à peu près ce qu'il en est on se doute
que si on interroge ma sur le rap hiera
j'aime pas au regard de la manière dont
il a de construire sa chambre de
construire son propos de se placer en
opposition par rapport à la culture
majoritaire il vient se distinguer si je
vi se SCR ce que vous nous avvez dit
l'une et l'autre c'est on met un peu en
en scène cette chambre aussi pour les
réseaux sociaux parce qu'on va y mettre
sur les réseaux sociaux est-ce qu'on
alors pas que les réseaux sociaux c'est
par rapport à sa famille par rapport à
ses frères et sœurs s'il y en a par
rapport à des gens qui rentrent dans la
chambre et les gens peuvent rentrer Phys
ou par les réseaux sociaux ou par le
téléphone mais ça peut être voilà on se
on s'exprime par la chambre et donc
toute forme d'expression être aussi une
sorte de mise en scène de soi on choisit
alors rassurez-nous quand même pardon je
vous ai coupé la parole c'est juste pour
dire que c'est des questions qu'on pose
à certains jeunes parfois pour les aider
à se décrire qu'est-ce comment ils ont
des sans forcément le montrer mais
comment ils investissent leur chambrre
qu'est-ce qu'ils lisent qu'est-ce qu'ils
écoutent comme musique parce que ça fait
des supports de discussion quand parfois
ils ont un peu ou elles du mal à
s'exprimer directement sur ce qui va ou
ce qui va pas c'est vrai que c'est un
des rares pas de côté en dehors du champ
purement scolaire vous avez fait là
c'est un choix de votre part mais
rassurez-nous ils ont une vie en dehors
de l'école du lycée pardon en
l'occurrence c'est jeune oui ils ont une
vie ouis ils ont pas voulu vous la
montrer qu'est-ce qui s'est passé c'est
un choix de votre part non c'était un
choix d'abord c'était un choix
euh qui vient un peu de mon histoire à
moi c'est que quand je suis arrivé au
lycée en seconde j'ai pris une énorme
claque j'ai eu une moyenne horrible et
ça m'a un peu traumatisé et j'ai voulu
voir un peu comment chacun était préparé
et de voir le lien aussi avec les
origines sociales comment justement des
familles qui ont un plus ou moins fort
capital social pouvait les préparer à
l'arrivée au lycée d'autant que quatre
d'entre eux sont un château brillant et
le lycée château brillant et un lycée
vraiment exigeant donc c'était c'était
cette partie làà qui m'intéressait
particulièrement et puis après la vie à
l'extérieur euh bah finalement quand on
veut vra viment travailler sur l'aspect
scolaire il reste plus beaucoup de temps
sur 52 minutes pour parler des 5 dans
leur vie personnelle et et puis aussi
que c'est un petit peu plus difficile
parce que à leur âge ils ont un peu
envie de cacher des des choses qu'il ne
cachaient pas auparavant donc il y a des
choses inavouables qui n'ont pas oser
vous avouer voilà c'est pas très
inavouable mais ils ont pas envie d'en
parler pour le moment et il faut savoir
respecter ça
le sport ça a toujours une valeur quand
on a 15 ans on va on commence à aller au
cinéma évidemment il y a les Bou ce
qu'on appelit les boouom dans A a
maintenant X années en tout cas des
endroits pour se retrouver écouter de la
musique ça existe toujours évidemment
euh ça toujours la même importance dans
la vie d'un adolescent 2024
ça oui je pense qu'ils ont vraiment
elles ont de des vrais attentes d'avoir
à partager d'autres choses ensemble et
avec d'autres cercles d'ailleurs que les
jeunes qui sont avec eux au lycée que ce
soit effectivement en faisant du sport
en partageant des Activ ité plus
artistique ou ou
culturelle certains certaines parlent de
la du manque de temps c'est vrai que il
y a beaucoup d'objets d'investissement
poss possiblebl c'est des formes de
contraintes parce que souvent c'est des
pratiques notamment de loisirs qui sont
rythmés avec des jours des horaires et
et et ça rajoute parfois un peu donc on
a des défections il y a quand même c'est
un âge typique où les filles par exemple
arrêtent beaucoup le sport
euh il y a il y a des choses qui
s'arrêtent à ce moment-là qui reprennent
des fois un petit peu plus tard euh mais
à la faveur aussi de rencontes plus
informelles parce que ben c'est un âge
auquel il et elles acquièrent un petit
peu plus de liberté quand même pour se
rencontrer en soirée ou pas mais en tout
cas sans être balisé accompagné par les
parents tel jour à tel heure à tel
endroit euh donc ça s'équilibre le mot
de la fin sur cette vie extérieure celle
qu'on ne voit pas dans ce documentaire
mais on a compris pourquoi
ouais cette vie extérieure elle est
toujours en négociation avec la vie
scolaire c'est-à-dire que vraiment le
truc c'est comment faire rouler l'école
pour que les parents s'occupent pas du
reste de la vie et vraiment la tension
elle est là et tant que l'école ça roule
les parents s'occupent pas du reste de
la vie et dès qu'il y a un gravier les
parents reviennent dans toute la vie y
compris le hors scolaire et là c'est
plus dur à gérer pour les adolescentes
et les adolescents bon ben ça sera bel
et bien le mot de la fin après 5e
épisode he de votre série François
Chevret on on a évidemment hâte d'
d'avoir la suite hein B de savoir où en
sont ces jeunes cette fois en première
du côté donc de Rennes hein dans ces
deux établissements château brillant et
et Simon va c'est de lycées vos
réactions ça sera sur hashtag desbadog
bien entendu merci aussi à féliciter
Gavalda et Victoria B qui m'ont comme à
l'accoutumé aider à préparer cette
émission moi je vous donne rendez-vous
pour un prochain débat dooG ça sera bien
entendu avec son documentaire et son
débat à très bientôt
[Musique]