Aujourd’hui, c’est la journée internationale des violences faites aux femmes. Une cause pour laquelle il est essentiel de se battre chaque jour. Sarah mène ce combat chaque jour. Après 10 ans aux côtés d’un homme violent, elle a pris la décision de partir quand sa fille avait 16 mois. Elle témoigne que les violences ne sont pas seulement physiques mais aussi psychologiques, s*xuelles, économiques ou encore matérielles.
À la suite de son histoire, Sarah a écrit un livre intitulé « 125 et des milliers », fondé l’association « 125 et après », et est à l’origine du documentaire « Vivante(s) » réalisé par Claire Lajeunie, diffusé sur CANAL+, pour sensibiliser sur ces violences qui touchent des milliers de femmes. Elle a également conçu un questionnaire pour aider les femmes à prendre conscience de leur situation, comprendre qu’elles vivent des violences, et les accompagner à penser leur scénario de départ. Aujourd’hui, elle soutient quotidiennement des femmes dans leur reconstruction.
En France, des ressources existent pour celles.ceux qui en ont besoin. Un tchat anonyme et gratuit est accessible 24h/24 et 7j/7 sur service-public.fr ; il permet d’échanger en toute sécurité, avec la possibilité d’effacer l’historique de la discussion sur votre appareil. En cas d’urgence, vous pouvez contacter le 15, le 17 ou le 18 par téléphone ou le 114 par sms. Le 3919 est également un numéro gratuit, confidentiel et anonyme destiné aux femmes victimes de violences ainsi qu’à leur entourage. Enfin, de nombreuses associations et antennes locales sont prêtes à vous accompagner. Vous pouvez retrouver la liste sur service-public.fr.
En parler, sensibiliser et accompagner, c’est permettre à chacune de trouver la force de s’en sortir. 💜
#témoignage #doctissimo #violenceagainstwomen
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qui va vous plaquer contre le mur
frapper le mur faire un trou comme ça
enfin vous allez rien avoir sauf que
tous les jours vous allez passer devant
le trou et vous dire mais c'est
peut-être ce qui fera à ma tête la
prochaine fois bonjour je m'appelle
Sarah barruc j'ai 44 ans et j'aimerais
vous parler de violence conjugale et
leur impact sur la santé alors je suis
restée 10 ans dans une relation toxique
j'ai pas pris conscience tout de suite
de la situation tout simplement parce
que je rentrais pas du tout dans les
stéréotypes que j'avais pu voir ou que
j'imaginais en tout cas de qui sont les
personnes les femmes en majorité qui
souffre de violence au sein de de leur
couple toutes les communications que
j'avais vu ça disait qu'il fallait
partir à la première gifle ça montrait
des femmes avec un œil au bord noir avec
des des bleus des traces de sang et moi
j'ai j'ai subi de la violence physique
mais ça a été très tard dans la relation
l'essentiel de ce que j'ai vécu pendant
des années ça a été ce qu'on appelle le
contrôle coercitif donc c'est une c'est
de la violence psychologique ça peut
être aussi de la violence matérielle
mais c'est quand par exemple quelqu'un
va tout casser chez vous donc il va vous
faire comprendre ce qu'il pourrait vous
faire il va vous plaquer contre le mur
frapper le mur faire un trou comme ça
enfin vous allez rien avoir sauf que
tous les jours vous allez passer devant
le trou et vous dire mais c'est
peut-être ce qui fera à ma tête la
prochaine fois et donc tout cela bah ça
fait qu'on vit dans la peur en tout cas
moi je vivais dans la peur je faisais
tout pour ne pas le mettre en colère on
a tellement peur de sa réaction qu'on
finit par s'isoler de tout le monde pour
ne pas risquer de dire un mot qui
pourrait déplaire ou de parler à une
personne qui pourrait l'énerver on finit
par ne plus s'habiller comme on voudrait
parce qu'on sait que tel et tel tenu ça
provoque des disputes pour ne pas bah le
confronter à ce qui le met en colère
parce que c'est aussi ça qui est pervers
c'est qu'on culpabilise oui ça pouvait
le faire péter les plombs qui est une
trace de gras sur le couvercle de la
poubelle si je racontais ça je savais
qu' me prendrait pour une folle que je
devais astiquer l'intérieur du
lave-vaisselle le couvercle de la
poubelle et que j'avais très peur de
laisser une trace sauf que sur le moment
je me disais mais il m'a prévenu que
pour lui c'était difficile de vivre avec
quelqu'un parce qu'il était maniaque
qu'il avait conscience de l'être et du
coup bah si je respectais pas la part du
marché c'était de ma faute voilà c'est
un contrat affectif qui est baisé dès le
départ qui est souvent justifié par le
passé de cette personne et c'est ce qui
fait qu'on lui pardonne sa mère était
extrêmement maniaque ça lui arrivait de
le laver à l'au javel donc moi sachant
tout ça je me disais benah oui mais
c'est pas un adulte en fait que j'ai en
face de moi c'est le petit enfant blessé
qui ne se remettra jamais de son enfance
et qui n'arrive pas à dépasser certains
blocages mais tout ça en fait ce n'est
pas une excuse on n'est pas responsable
d'être malade ou d'avoir des troubles en
tout cas psychologiques ou
psychiatriques on est responsable de pas
se soigner l'arrivée de ma fille ça a
été un un électrochoc ou je dirais une
série d'électrochoc parce que j'ai fini
par m'en F quand elle avait 16 mois donc
j'ai quand même eu besoin de 16 mois bon
il y a eu le confinement entre-temps
donc ça n'a pas facilité les choses mais
je crois que je suis pas la seule en
tout cas c'est très très très fréquent
que un enfant devienne un troisième œil
c'est-à-dire qu'on ne voit plus la
situation par rapport à ce qui nous
arrive à nous mais on se met à voir ce
que voit notre enfant et là c'est
insupportable l'enfant permet d'ouvrir
les yeux mais souvent l'enfant va
totalement déstabiliser une personne
violente 82 pour
des femmes qui subissent des violences
sont des mères quand un enfant arrive
forcément un petit bébé il faut s'en
occuper ben on peut pas en gros préparer
un super bon dîner tous les soirs quand
on Alette quand on doit s'occuper d'un
nouveau neé qu'on est plus en très
grande forme on peut plus vraiment
s'apprêter enfin forcément il y a un
petit être qui prend de la place et du
temps et de la disponibilité et de
l'amour et de l'affection et ça une
personne qui est dans une relation de
dépendance ne le supporte pas voilà donc
moi je m'étais persuadée qu'un enfant le
guérirait quelque part donc ça va
apaiser cette partie-là de lui qui
souffre et en fait ça a été le contraire
parce que moi je n'étais plus disponible
je n'étais plus son repère mon entourage
s'est rendu compte évidemment mais c'est
extrêmement difficile déjà d'aborder le
sujet et puis les victimes de violence
on est un peu des menteuses
professionnelles hein déjà on se ment à
soi-même voilà moi je j'ai fini par
admettre que ce que j'avais vécu c'était
des violences conjugales le jour jour où
la policière l'a écrit sur la plainte
que je venais de déposer c'est comme si
elle avait posé un diagnostic je pe je
peux pas en vouloir aux autres de
n'avoir rien vu quand moi-même j'étais
dans le déni donc oui mon entourage
s'est rendu compte à chaque fois qu'ils
ont abordé le sujet je m'éloignais un
peu plus parce que je m'étais moi-même
persuadée que je ne trouverais jamais
personne d'autre que je ne valais pas
grand-chose donc que si lui m'acceptait
bah c'était un peu ma dernière chance
d'avoir quelqu'un qui veuille bien
m'aimer les violences elles s'isent
toujours dans les failles narcissiques
c'està-dire que ça peut toucher
n'importe qui mais pas à n'importe quel
moment de la vie c'est des moments où on
est fragilisé des moments où on a
l'impression de pas valoir grand-chose
et que forcément ça ça fait écho chez
des personnes qui ont des problèmes
d'estime de soi il y a jamais de victime
sans bourreau qu' a jamais de bourreau
sans victime le seul moyen pour sortir
d'une relation toxique c'est d'aller
mieux dans son rapport à soi-même c'est
de s'aimer un peu de vouloir sauver sa
peau plus que de sauver celle de de la
personne qu'on a en face que d'ailleurs
est-ce qu'on a véritablement sauver
quelqu'un d'autre que soi dans la vie ou
son enfant dans ses premiers moments de
vie où il peut pas le faire tout seul
enfin voilà c'est un cheminement qui m'a
pris moi 8 ans alors à moins d'être dans
un danger de mort immédiat je sais pas
s'il y a un seul déclic je pense qu'il y
a une série de déclics il y a eu un
épisode un peu plus traumatique que les
autres c'était 1 an avant mon départ
presque il m'a cassé la main avec mon
bébé dans les bras même si il s'est pas
réveillé un matin en dis en se disant
tien je vais Allis lui casser la main
bah au final je me suis quand même
retrouvé pour pendant un mois sans
pouvoir utiliser ma main droite alors
que je suis droitière mon père qui est
médecin s'est rendu compte que j'avais
menti parce que j'ai dit que je m'étais
fait mal au yoga qu'on peut pas se faire
ça au yoga donc ça a été très dur de
voir mon père pleurer de qu'il ait des
témoins parce que j'étais pas toute
seule dans l'appartement et d'avoir
traumatisé d'autres personnes que mon
bébé a eu un impact psychologique puis
me refaire la scène et de me dire mais
je serais tombé 1 cm différemment elle
aurait eu le crâne éclaté donc ça déjà
il y a eu un avant après sur le coup je
je lui ai pardonné parce que je savais
que c'était pas ce qu'il voulait et que
la violence elle est traumatique pour la
victime mais elle est aussi traumatique
pour l'agresseur et c'est ce qui fait
qu'on rentre dans une bulle comme ça de
de cidération qui s'autoalimente sauf
qu'en fait sans un réelle fin de cette
bulle en fait s l'éclatement de cette
bulle bah il se passe rien donc souvent
en fait ce que j'essaie de dire aux
victimes qui viennent dans mon
association c'est que même si c'est pour
sauver ce partenaire en fait la
meilleure chose à faire c'est de mettre
fin à cette relation toxique parce que
si il ou elle doit faire un chemin il le
fera pas tant qu'il a son doudou à
porortter de main et quand on est dans
une relation toxique on est un peu le
doudou de notre agresseur un jouet qui
va serrer très fort voire trop fort voir
trop caliné avoir trop peur de le perdre
quand il est en phase up et puis
précisément l'objet qui va envoyer par
terre piétiner quand il est pas content
bah en fait un adulte normalement il a
pas besoin de doudou pour briser le
cycle de violence déjà il faut admettre
qu'on est victime je pense sincèrement
que sans ma psychiatre je m'en serais
pas sortie sans admettre que ce que je
vivais c'était de la violence je m'en
serais pas sorti c'est d'ailleurs pour
ça que la première chose que j'ai faite
ça a été de créer un test qui s'appelle
suis-je victime de violence qui est une
série de questions et si on me répond
OUI à une seule d'entre elle c'est qu'il
y a la toxicité et peut-être des choses
à faire pour s'en sortir et puis en
parler à la la fin du test je donne
aussi des pistes parce que parfois c'est
difficile d'aller voir un PSI d'aller en
parler à des proches d'aller voir une
association alors que il y a déjà des
premières étapes qu'on peut faire seul
et commencer là tout de suite maintenant
ça peut paraître bête mais tenir un
journal des violences parce que souvent
l'agresseur va nous faire croire qu'on
est fol qu'on invente qu'on exagère en
tout cas pour arrêter de se dire qu'on
est fou bah il y a rien de mieux que
d'avoir toutes les traces au jour le
jour de ce qui se passe quel jour il y a
eu une dispute quels mots ont été
prononcés quelles menaces ont été
proféré quel coups éventuellement sont
tombés qu'est-ce qui a déclenché tout ça
moi il y a eu un jour où j'ai commencé à
faire ça alors je l'ai pas fait tout à
fait comme ça en fait ma thérapeute
m'avait autorisé à lui envoyer des mails
quand je me suis enfuie et que j'étais
chez mes parents j'avais l'impression
d'être folle je savais plus du tout ce
qui était acceptable pas acceptable et
j'ai eu l'idée de rechercher dans ma
boîte mail tous les mails que j'avais
envoyé à ma psy et là ça a été une
claque monumentale oui vous comprenez il
m'a plaqué contre le mur il m'a jeté par
terre mais en même temps c'est vrai que
je lui avais promis que je parlerai
jamais au taxi quand on était ensemble
sauf que là il avait pas répondu assez
vite quand le taxi lui avait demandé le
chemin alors j'avais juste dit que
c'était mieux de passer par les quais au
lieu de passer par le centre de Paris et
bon bah voilà c'est normal j'ai déconné
4 ans plus tard 5 ans plus tard je
relisais ça je mais moi qui ai fait
presque 10 ans d'études qui était déjà
écriven qui était plutôt même féministe
dans le fond je voulais être
indépendante dans la vie comment je
pouvais accepté d'avoir été maltraité
parce que j'avais donné l'indication du
chemin à un taxi sauf que j'aurais pas
retrouvé ces mails j'aurais jamais eu de
trace de tout ça et donc c'est hyper
important de tout noter même si on s'en
sert pas tout de suite de le mettre dans
un endroit qui est pas accessible parce
qu'il faut pas qu'il tombe dessus et
comme par hasard toutes les personnes à
qui je conseille de faire ça au bout de
3 semaines un mois elles vont porter
plainte parce qu'en fait c'est factuel
euh il y a évidemment le
3919 qui aujourd'hui est disponible 7
jours sur 7 il y a énormément
d'associations locales il y a un guide
de toutes les associations locales sur
le site du gouvernement faut savoir que
moi ce qui m'a sauveré c'est le chat du
site du gouvernement qui est accessible
n'importe quand et qui répond à toutes
les questions qu'on peut se poser de
manière anonyme puisque c'est un chat
sans traçabilité ensuite nous dans notre
association on essaie de travailler sur
le temps long parce que je dirais quand
les femmes en sont à partir c'est que
c'est déjà un peu gagné tout l'enjeu est
de les aider à à créer leur scénario de
départ qui va être propre à chacune et à
chacun parce qu'on a aussi des hommes
victimes à l'assaut et notamment j'ai
créé une communauté d'entraide qui
s'appelle les veilleuses parce que je
pars du principe que les relations
toxiques fonctionne comme n'importe
quelle relation de dépendance donc j'ai
voulu m'inspirer des des communautés des
Alcooliques Anonymes pour créer cette
communauté où il y a une proposition de
12 étapes de reconnexion à soi et il y a
surtout des binômes de cheminement entre
anciennes et nouvelles victimes ça se
passe sur WhatsApp donc on n'est jamais
tout seul ça permet d'affronter le vide
du départ et de la solitude et et ça
aborde le sujet autrement la police il
faut savoir c'est très important que
aucun gendarme ni aucun policier n'a le
droit de refuser une plainte faut savoir
aussi que pour les violences conjugales
vous pouvez commencer une préplainte en
ligne ce qui permet de raccourcir le
temps de présence au commissariat et
voilà quand on est fliqué chez soi c'est
difficile de trouver une bonne excuse
pour s'abstenter minimum 3h donc quand
on a tout préparé ça va beaucoup plus
vite et euh les agents les forces de
l'ordre viennent vous vous chercher en
priorité dans le hall j'ai conscience
aujourd'hui que c'est extrêmement
difficile pour les proches de voir une
personne qu'on aime sous emprise ou tout
simplement s'enfoncer si vous êtes dans
l'efficacité c'est-à-dire que vous
attendez que cette personne réagisse et
vite à la situation vous allez vous
couper d'elle il faut au contraire
montrer que vous êtes là que vous ne la
jugez pas et que vous ne jugez pas non
plus son agresseur parce que si vous le
faites en fait vous lui donnez raison
probablement que il ou elle dit à sa
partenaire que personne ne le comprend
que tout le monde veut les séparer que
personne dans la famille ou les parmi
les amis ne l'aime que probablement ils
sont jaloux et en fait quand vous dites
ça mais tu vois bien qu'il est jaloux
mais tu vois bien que c'est pas normal
son comportement ben en fait vous dites
exactement ce que lui dit donc pour une
femme qui est victime de violence et qui
se demande toute la journée si elle est
folle ou pas si ce qu'elle vit c'est
normal ou pas normal en fait si vous
donnez raison à son agresseur vous la
confortez dans l'idée qu'il faut qu'elle
reste alors vous essayez de faire le
contraire vu que la difficulté c'est de
sortir de cet état où on se demande si
on a le droit de penser que l'au est
froide quand elle est froide ce qu'il
faut c'est au contraire accompagner la
personne sans jugement à s'interroger
c'est-à-dire ne jamais lui donner des
réponses mais l'aider à se poser la
question qu'est-ce que tu en penses toi
est-ce que ça va en ce moment est-ce que
tu te sens heureuse la seule chose que
vous pouvez dire c'est écoute j'ai
confiance en toi je sais que ça va aller
parce que tu es quelqu'un de génial ce
qui permet de combler un peu les failles
narcistiques d'estime de soi mais en
revanche pouvais dire je m'inquiète j'ai
peut-être tort mais je m'inquiète parce
que je tire à toi