À la ville, Ulrich est ingénieur mais sur TikTok, il est le prof de la « calle » (prof de la rue pour les non hispanophones). Il cartonne avec ses vidéos sur les maths !
Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
Juste attention à ne pas se prendre la trottinette.
Oui, attention, pas d'accident, parce qu'on a besoin de vous.
Je me suis déjà blessé le pied.
Merci d'être avec nous.
Bonjour, merci pour l'invitation.
Est-ce que les maths c'est vache ?
Pas mal, pas mal.
Merci d'être avec nous ce matin.
Vous êtes à la ville, vous êtes Ulrich,
et vous êtes ingénieur.
Sur les réseaux sociaux, vous êtes le prof de la cahier
pour les non hispanophones.
Vous êtes le prof de la rue.
Et vous cartonnez avec vos vidéos sur les maths.
On va voir un exemple.
Là, tout de suite, on ne se dit pas que c'est une vidéo sur les maths.
Et en réalité, dans cette vidéo, vous expliquez
une notion mathématique.
On a besoin de savoir comment vous pouvez cartonner
avec des maths sur les réseaux.
Moi, mon secret, c'est des champions.
Allende, Mbappé, Benzema, Neuer,
Ronaldinho et Vinicius
ont décidé de faire un 5.
Ils veulent tester une nouvelle tactique.
Mais pour être sûr que cette tactique fonctionne,
Mbappé, Allende et Ronaldinho et Vinicius doivent être parallèles.
A l'aide de leur position, on peut définir cette forme géométrique.
On retrouve ces triangles qui nous font penser
à une configuration de Thalès.
Alors, on vous a coupé la parole.
Mais en gros, avec des joueurs de foot, on explique
le théorème de Thalès. Génie !
Ça, c'est fou.
C'est fou, ça.
Ça vous est venu comment ?
En fait, c'est parce que
moi, je donnais des cours particuliers
et je m'étais rendu compte que
tous les jeunes étaient capables de comprendre les maths.
Mais à chaque fois, il fallait avoir
une approche un peu différente.
Et à chaque fois,
avec mes petits secrets, je ne peux pas tout révéler,
comme ce type de vidéo,
ils se mettaient à comprendre.
C'est des informations que j'ai
dans mon quotidien.
Qu'est-ce que vous leur proposez
de différent qui fait que ça les intéresse réellement
à votre avis ?
À mon avis, c'est le fait que mon approche
soit différente.
J'ai les mêmes références qu'eux
parce que c'est ce qui m'entoure.
Quand je suis avec mes amis, je suis comme ça.
Je parle de cette façon.
On regarde du foot,
on écoute de la musique, que ce soit du rap,
etc. Je sais ce qu'ils leur parlent
parce que je suis encore jeune
et on a les mêmes références, tout simplement.
Je suis encore connecté.
C'est ce qui fait la différence, à votre avis,
entre les profs qu'ils voient toute la journée au collège, par exemple ?
À mon avis, oui.
Parce que directement,
toutes les personnes qui regardent mes vidéos,
déjà, il y a une barrière
qui s'efface parce que
lorsqu'ils me voient, ils se sentent proches de moi
directement parce qu'on a les mêmes codes.
Que ce soit vêtimentairement parlant
ou même au niveau du langage
et encore une fois, au niveau des références,
tout simplement.
Aujourd'hui, vous donnez des cours particuliers.
Vous n'êtes pas prof dans un collège
ou dans un lycée.
Vous êtes ingénieur. C'est votre métier. Vous donnez des cours particuliers.
Votre méthode, elle fonctionne.
On va vous en donner
à vous la preuve. Regardez.
Un élève nous montre
ses notes en maths.
T'as combien en maths ?
16,50.
Voilà, grâce à toi.
T'es chaud.
Comme quoi, ces cours particuliers
et cette manière d'enseigner
peuvent faire progresser les élèves, à votre avis.
Qu'est-ce qu'ils n'ont pas
finalement à l'école
et qu'ils trouvent avec votre méthode
à vous ?
Ce que je dis là,
ce n'est pas du tout en incriminant les profs,
mais c'est en essayant d'analyser
le pourquoi de ce qu'ils ne trouvent pas
à l'école.
Justement, ce que j'apporte
dans mes vidéos, c'est cet esprit
de jeu.
C'est un apprentissage qui est presque
personnalisé, en quelque sorte.
À l'école, malheureusement,
le professeur a une classe de 30
voire 40 élèves et il ne peut pas
créer une méthode qui va parler à chaque étudiant.
Donc, il essaie de couvrir le programme
au maximum comme il peut, avec ses propres outils.
Mais il y aura forcément des personnes
qui vont être mis de côté malgré lui.
Mais lui, en tout cas, il va quand même faire au mieux.
Et moi, avec mes méthodes, étant donné que
je fais ce que je veux,
je n'ai pas l'éducation nationale derrière mon dos.
Je suis aussi plus libre
dans mes manœuvres. Donc, je peux prendre les
exemples que je veux et si je veux dire
des grosses certées dans mes vidéos, je peux aussi le faire.
Je peux mettre ce que je veux dans
mes exercices et donc
des références qui vont parler directement
aux étudiants, aux élèves
et peu importe leur niveau.
Et je pense que c'est ça qui fait vraiment la différence.
Alors, les maths, c'est une matière
assez particulière parce que
autour de cette table, on est, je pense, plusieurs
à avoir eu un blocage
sur les maths. Moi, je veux dire, je suis nul
aujourd'hui et j'étais persuadée
d'être nul quand on a préparé cet entretien.
Vous m'avez parlé de ça,
de ce blocage des maths.
En fait, ce blocage,
je l'ai eu. Donc, c'est pour ça que j'arrive
à l'enlever aux autres. Quand j'étais au
lycée, que ce soit
au lycée, quand je suis arrivé en première
scientifique, j'étais vraiment pas bon en maths.
Moi, j'ai commencé à 8 de moyenne et
j'ai lutté pour avoir des 11 et j'ai jamais eu
au-dessus de 11 pendant le lycée en maths
sauf en seconde. Et donc,
moi, j'ai réussi à progresser et j'ai utilisé
des méthodes qui ont plutôt fonctionné sur moi
et c'est ce que je fais avec les autres. Mais vous avez trouvé vous-même
ces méthodes ? C'est vous qui les avez cherchées à l'époque ?
On m'a quand même aidé.
On m'a aidé, c'était pas évident.
Vous avez rencontré les bonnes personnes aussi ?
Exactement, j'ai rencontré les bonnes personnes.
Et à un moment, j'ai passé ce blocage
psychologique. Je savais que j'avais des
lacunes, que les maths, c'était compliqué
mais j'avais des objectifs importants
qui étaient de finir ma classe préparatoire,
d'avoir mon diplôme
d'ingénieur, tout simplement pour faire
plaisir à la maman et aussi
pour moi.
Et donc, j'ai dû passer au-dessus de ça.
Et pour passer au-dessus de ça,
j'ai utilisé plein de méthodes
précises qui m'ont aidé et j'ai vu
que c'était possible. Et aujourd'hui, vous
les transmettez sur les réseaux.
Alors, vous allez aussi nous présenter
les maths d'une manière extraordinaire.
Ça aussi, vous me l'avez dit. Vous m'avez parlé des maths
et des matières scientifiques comme
d'un ascenseur social.
Exactement, parce que
moi, malheureusement ou heureusement,
je viens pas forcément d'un
milieu social très favorisé
mais je me suis toujours
senti capable de faire de
grandes choses. Je me suis jamais mis de barrière et aussi
dans mon éducation, ma mère m'a toujours
dit que tout était possible.
Mais le souci, souvent, dans les quartiers,
c'est qu'on
va souvent avoir des rêves de devenir
soit rappeur ou
footballeur, mais autre chose.
Et le problème, c'est que ces rêves-là, c'est compliqué
de réussir. Des footballeurs, il y a plein de personnes
qui vont au centre de formation.
Rappeurs, il n'y en a pas beaucoup. Et on se dit
qu'on met rapidement les études de côté.
Alors qu'en fait,
si on est bon en maths, on peut clairement
accéder à des métiers
qui sont prestigieux.
Des métiers d'excellence.
Et donc, grimper
dans l'hierarchie
assez facilement. Et puis des maths, c'est des maths.
En fait, c'est mathématiques, c'est scientifiques.
Alors que c'est vrai que, je suis bien placé
pour en parler, sur les études littéraires,
parfois, quand on vient des quartiers,
on n'a pas la culture nécessaire.
Et ça, on le ressent dans la vie professionnelle.
Après, parfois. Alors, l'éducation nationale
a bien vu, bien identifié
que vous étiez un créateur de contenu
qui pèse aujourd'hui. D'ailleurs, vous avez répondu
il n'y a pas longtemps à l'invitation d'un lycée
qui vous a fait venir dans une classe. Vous avez donné
des conseils aux élèves.
Vous vous rappelez du conseil que vous leur avez donné
quand vous les avez rencontrés, ces élèves-là ?
Je leur ai donné un conseil
que j'aurais aimé qu'on me donne
quand j'étais au lycée. Je l'ai compris en classe prépa.
C'est le fait d'être actif en cours.
De profiter des heures de cours
pour apprendre au maximum.
Vraiment, ne pas être passif.
C'est-à-dire que le prof est en train de parler,
on n'écoute pas, on a la tête ailleurs.
Non, c'est vraiment écouter, être proactif,
faire les exercices en classe,
poser des questions. Et comme ça,
ça nous permet de gagner du temps le soir
quand on rentre à la maison et d'être
encore plus efficace. Et on diminue
nos heures de révision.
Vous savez quoi ?
On vous adore.
On pourrait l'écouter pendant des heures.
On comprend votre succès.
Merci pour ce que vous faites pour nos ados.
Est-ce qu'on peut juste rappeler où est-ce qu'on peut le trouver ?
Il y a l'adresse ?
C'est le prof de la cahier sur les réseaux sociaux.
Le prof de la cahier sur Internet.
C'est le prof de la cahier, quoi.
Le prof de la cahier, quoi.
Je sais ce que mes enfants vont faire
ce mercredi. Merci beaucoup.