Hélène Frappat, romancière et essayiste, et Virginie Leroux, directrice d'études à l'EPHE, examinent l'impact des représentations culturelles sur la construction de la "culture du viol".
Comment les images de femmes soumises ou endormies, présentes dans l'art depuis l’Antiquité, ont-elles façonné nos perceptions du consentement et de la violence sexuelle ?
Peut-on continuer à raconter ces récits aujourd’hui, ou faut-il les déconstruire pour dépasser ces stéréotypes ?
Visuel vignette : "Cimon et Iphigénie" par Frederic Leighton (1884)
[Musique]
les midi de culture Marie
labor bienvenue dans les midi de culture
2uxè partie avec une émission spéciale
aujourd'hui elle s'inscrit dans la
journée que France Culture consacre aux
questions et aux enjeux soulevés par le
procès Maan et je ne suis pas seule à
mes côtés Marie Sorbier rebonjour Marie
rebonjour Marie nous voulons aujourd'hui
nous attarder sur les représentations
qui peupent notre imaginaire culturel
collectif commun comment les mêmes
histoires les mêmesot motif se
retrouveent dans toutes les formes d'art
des plus pointu au plus populairire nous
nous sommes construits avec des images
de femmes endormies soumises au regard
et au désirs des hommes qu'on fait de
nous ces représentations peut-on
aujourd'hui continuer à raconter et
représenter ces récits millénaires avec
nous ce midi pour en parler Hélène
frappa bonjour vous êtes écrivaine
traductrice et critique de cinéma
bonjour et Virginie lurou directrice
d'études à le pH vos travaux portent
notamment sur la représentation des
rêves et du sommeil de l'Antiquité à la
Renaissance bonjour bonjour alors
quelles sont les premières images
auxquelles vous avez pensé euh Virginie
leroup en en voyant en entendant en
lisant euh tout ce qu'on a pu voir sur
le procès Mason ben moi je pense que
j'ai j'ai d'abord eu à l'esprit euh
toutes les belles endormies sur
lesquelles j'ai travailler euh que je
trouvais extrêmement belle euh celle de
georgan euh par exemple qui est bien là
euh pour pour susciter le désir euh
alors dans un cadre qui est c du mariage
avec l'idée que le désir doit être
suscité parce que le plaisir de la femme
est utile à la procréation donc une
chose où moi je voyais pas forcément une
négativité et donc je me suis forcément
posé la question de l'influence de telle
représentation sur un éventuel passage à
l'acte on va bien sûr développer toutes
ces toutes ces toutes ces questions et
là ne fera pas vot vos premières pensées
en fait avec quand on le Procé maisant
toute la vérité crue du procè Mason est
sortie ben à vrai dire rien de tout ça
ne m'a surprise étonné et j'ai pensé
aussitôt à ce que je me formule depuis
assez récemment quand même mais disons
quand même un 2 ou 3 ans comme ce qui
serait la définition selon moi de
l'éternel féminin c'est-à-dire un
cadavre un cadavre de femme voilà ce
qu'est je pense ce ce ce que ce que
résume cette cette trad cette tradition
ce mythe ce voilà le cadavre et puis
aussi et c'est pas tout à fait la même
chose là la cadavérisation de la femme
en fait c'est ce mot-là qui m'est venu
tout de suite alors dès l'enfance nous
sommes nourris d'histoire qui représente
notamment des princesses endormies qui
vont revenir à la vie par le baiser du
prince on peut penser à Blanche-Neige ou
encore à la Belle au bois dormant
comment ces récis là ces comptes que
l'on connaît tous avec lequels on a
grandi agissent-il dans notre imaginaire
collectif selon vous
Virginie j'ai eu la discussion récemment
avec ma fille et donc je dois constater
que j'appartiens à une génération
où je crois que le baiser en tant que
petite fille et peut-être assez tard ne
m'a pas posé de problème et
j'imagine qu'il a contribué à ce que
j'ai une une
idéalisation de ce baiser c'est pas
qu'il était complètement le baiser du
prince voilà alors peut-être avec des
effets néphastes de l'attente du prince
charmand ça on peut on peut en reparler
c'est encore autre chose euh mais mais
mais je crois que je j'ai quand même vu
quelque chose de très romantique et et
je suis bien contrainte d'y revenir
fortement Hélène frappa vous vous avez
eu aussi ces images romantiques de cette
belle bois d'orand ou de Blanche-Neige
quand vous étiez enfant alors j'ai
jamais comment dire il m'a plutôt
toujours fait un peu en j'ai toujours
trouvé très fadace le le le le prince
prince les sirènes m'ont toujours plutôt
exaspéré dans dans dans voir enfin mais
ça veut pas dire que j'ai pas été
moi-même sous l'emprise de récit de ces
récits morbides moi c'est plutôt cette
dimension morbide qui m'est toujours
d'ailleurs blanchelage est dans un
cercueil de verre là BM aussi il y a
quand même un rapport au cadavre dont
vous parlez VO exactement qui m'est
toujours apparu et ça ne m'a pas empêché
moi-même d'une manière ou d'une autre à
un moment d'être à mon tour cadavérisé
alors la question quand même peut-être
en commençant c'est il s'agit pas de
lancer un débat sur je pense hein enfin
sur l'influence des récits parce que
sinon on peut assez vite l'influence
néfaste délé terire et cetera parce que
sinon on peut assez vite à mon avis en
arriver à un des discours politiquement
euh extrêmement réactionnaires et puis
complètement idiots hein qui vont euh de
la critique des théories du genre en
passant par euh euh l'influence des jeux
vidéos ou je ne sais quoi euh qui son
essayer de comprendre ce que ça ça nous
ça nous a fait VO c'est pas bien sûr
c'est pas duous voilà mais après nous
sommes bien sûr nous sommes constitués
de ces récits euh et nous pinons enfin
quand je dis nous je pense que le
travail de de l'écrivain justement c'est
de c'est de faire récit c'est-à-dire euh
comment dire de de de de tisser
métaphore pour le coup ancienne de de de
tisser un une justesse j'emploierai pas
le mot de vérité mais enfin une justesse
et qui qui est la tâche qui devrait être
la tâche de tout être humain je pense
qu'il y a pas de liberté effective sans
une accession de chacun au récit ce qui
a été endormi aussi dans et avant tout
même je dirais hein je pense dans la
dans ce dans les crime qu' dont dont
dont a été victime Giselle pelic c'est
aussi et avant tout même la capacité du
récit et moi j'aiétais très frappée il
se trouve que je venais de de travailler
sur la la question du gas lighting j'ai
été très frappée par un aspect qui a pas
été tout de suite enfin souligné qui a
été qui est resté un peu dans l'ombre en
fait qui ce qui est qu' a eu aussi
pendant ces années de viol alors la nuit
le viol mais il y avait les journées et
il y avait euh tous ces moments
notamment où euh cette femme qui a subi
dans dans son corps des enfin des
maladies qui est qui est malade encore
aujourd'hui de du fait de de de ces
viols euh s'est rendu chez le
médecin accompagné de son mari avec
cette double
alliance très ancienne du pouvoir de la
parole masculine et du pouvoir
d'imposition de la parole médicale euh
qui probablement euh lui a fait subir ce
ce double discours qui qui rend dingue
hein qui est que d'un côté elle n'avait
rien en tout cas elle n'avait rien de ce
dont elle pouvait se plaindre et qu'en
même temps elle était malade malade
c'est-à-dire folle voilà donc ça moi
c'est quelque chose que je une des un
des aspects les plus terrifiants je
trouve de ce de ce compte macabre en
fait alors on parle de de compte on a
parlé d'enfance tout à l'heure et encore
une fois il s'agit pas de d'appeler à la
censure ouou de tenir des des propos
définitifs mais j'is envie de revenir
quand même sur ce que ça nous a fait
dans quel bain on a on a baigné tous
autant qu'on est tout autant qu'on est
j'ai envie de dire et il y a c'est
contintine d'enfance j'imagine que vous
les connaissez est-ce que vous
connaissez jeanon prend sa fussie ça
vous dit quelque chose ah non alors
jeanon prend sa faussie c'est une
contine que les enfants chantent et qui
est encore sur des des compilations
qu'on qu'on qu'on conseille aux enfants
où on nous raconte qu'elle prend sa
faussie et qu'elle part couper du Gon et
qu'elle rencontre quatre jeunes et beaux
garçons oui alors et d'ailleurs le
premier qu'est-ce qu'il fait quand il
rencontre Janton et bien il embrasse sur
le menton le deuxème l'allonge sur le
gazon le troisième lui relève son blanc
jupon et ce qui est dit dans la chanson
c'est ce que fille le 4e n'est pas dit
dans la chanson et la fin de la chanson
ça donne ça la morale de cette histoire
la rette la Rirette la morale de cette
histoire c'est que les hommes sont des
cochons c'est que les hommes sont des
cochons mais la morale de cette morale
la Rirette la Rirette de la morale de
cette morale c'est que les femmes aiment
les cochons c'est que les femmes aiment
les
[Musique]
cochons alors je sais pas comment
chacune d'entre vous réagit à cette
chanson qui est quand même cette
tritournelle pour enfant on entend les
voix d'enfants derrière qui est quand
même très explicite qu'est-ce que vous
avez en dire bah disons pour pour rester
sur la rime en on je dirais RIM en lion
je dirais destruction et négation ça va
toujours ensemble c'est-à-dire que pour
détruire quelqu'un euh il faut aussi euh
pour détruire quelqu'une il faut aussi
la nier nier son langage nier sa parole
nier que cette destruction même a existé
c'est pour ça que j'ai été très sensible
à cette à ce moment euh médical après le
moment de médication je continue sur les
rimes donc donc voilà alors qui est un
cochon dans dans l'histoire je pense que
nous nous le savons Virginie lerou sur
cette contine mais je l'ai chanté ah
voilà je l'ai chanté et je suis pas sûr
d'avoir bien réalisé à l'époque de quoi
il était question et on en a pense que
c'est on a
pleinass des chansons comme ça alors
justement Virginie lerou dans les images
récurrente qui peuple notre imaginaire
un motif lui aussi récurrent celui d'une
femme endormie peu ou pas vêtuue à la
mercie du regard et du désir masculin ce
qu'on appelle communément ces belles
endormies se retrouvent aussi bien dans
la littérature que dans la peinture et
prennent
dans les mythes les mythes primordiaux
qui ont façonné toutes les histoires
depuis vous avez travaillé sur cette
structure des mythes est-ce qu'il y a un
schéma un protocole qui se répète dans
cette histoire des Belles Endormies je
dirais qu'il y a des protocoles
différents c'est que le le premier
protocole il faut le le replacer dans le
contexte dans lequel les mythes des
viols de Zeus par exemple on ont été
élaborés et ces mythes alors soit ils
peuvent être l'expression d'un fantasme
de possession du corps féminin à un
moment où le corps féminin est
particulièrement protégé là je parle des
femmes libre puisque il faut enfin la
ligne de partage hein dans l'Antiquité
c'est qu'il y a des esclaves et puis des
des femmes ou des hommes libre et le
corps de la femme en particulier il est
protégé en raison de la procréation euh
et donc si on prend euh par
exemple le le viol d'Antiope euh par
Zeus qui est déguisé en Sayre alors elle
est pas forcément représentée endormi
dans l'Antiquité mais elle est en tout
cas à la Renaissance et c'est peut-être
un point sur lequel faudra qu'on
revienne
euh donc elle est violée la réaction de
son père c'est la colère il veut la
punir elle s'enfuit elle va se marier
ailleurs il se suicide de honte et il
charge son propre frère d'aller la punir
et donc ce qu'on voit bien là c'est que
ce qui est en jeu c'est ce qu'on peut
appeler le stoupr c'est la c'est ce qui
g c'est la notion que le mot que qui g
emploi pour en parler c'est un
déshonneur un déshonneur qui porte sur
la femme sur la sur la famille donc il y
a d'abord ce contexte là je dirais que
dans ce contexte là qu'elle dorme ou
qu'elle soit éveillée ça n'a pas
vraiment d'importance parce que le
déshonneur est
indépendant de de sa volonté mais
qu'est-ce qui change alors à la
Renaissance quand la femme endormie
devient un élément important alors ce
qui change je sais pas si ce que je vais
vous dire à a vraiment un rôle si
fondamental mais c'est une question que
je me pose ces derniers temps euh
finalement au moment où on va tout de
même penser euh la l'intention de la
femme on peut pas dire comme on le fait
toujours que cette intention elle est
jamais pensé dans l'Antiquité je vais
prendre le viol de lucr qui dort pas
mais parce que j'ai l'impression que ça
sert de matrice parce que que Augustin
en a parlé si on prend la version de de
tit Liv euh son mari lui dit bien et
elle le dit elle-même mon corps a été
déshonoré mais mon âme est pure et lui
dit mais du coup euh tu tu n'as pas êt
te suicidé puisque il y a une
distinction entre le viol le responsable
c'est celui qui t'a violé et c'est pas
c'est pas un pcatou c'est pas c'est pas
une faute et elle dit je suis déshonoré
je dois euh je dois mourir ce qui ce qui
montre bien que ce dont je parlais tout
à l'heure ce qui prime c'est cette
question de de la souillure et du
déshonneur et quand Augustin reprend
cette questionlà euh il apprend lui euh
pour défendre les femmes chrétiennes euh
qui ont été violé en prison par exemple
et pour absolument dire elles ne sont
pas responsables elles sont pures et il
va distinguer ces femmes chrétiennes qui
ne sont pas responsables de Luc
parce que lui ce qu'il veut montrer
c'est que le le le suicide est un crime
donc il l'acuse de de de s'être
assassiné et là dans le cours du
raisonnement il va faire une hypothèse
qui va avoir des conséquences tout de
même inquiétantes pour nous femmes c'est
qu'il va le dire bon si elle s'est
suicidé B c'est peut-être qu'elle s'est
senti coupable et c'est peut-être parce
que entraîné par l'action
elle y a pris du plaisir et cette
question là elle va revenir à la
Renaissance saloutati va composer une
une déclamation là-dessus va là va va va
en parler et du coup ça se ça se déploie
dans un une sorte de fantasme d'âge d'or
de liberté sexuelle où la femme a du
plaisir c'est que il faut prendre du
plaisir y compris dans le viol parce que
la femme peut avoir du plaisir mais les
belles ontendormis s'inscrivent
làdedansans que je suis c'est bon
pourquoi on les fait dormir c'estd que
est-ce que est-ce que du coup évidemment
dans il y a il y a pas d'inhibition il y
a une occasion facile enfin il y a tout
un tas de raisons on va dire d'ordre
circonstantiel mais j'ai l'impression
que si on les faisait dormir parce que
là il faut
protéger leur il faut être sûr qu'elles
ont pas pris du plaisir vous quand vous
en parlez vous employez le mot violle or
quand on raconte ses mit quand on les a
tous en tête le mot violle il est jamais
prononcé on dit que Zeus vient voir
Danae avec une pluie enfin tout ça est
très poétique et romantisé m c'est un
terme un peu anachronique mais est-ce
que le fait de poser un mot sur une
chose peut aider à démonter des des
stéréotypes ou en tout cas ces images
qui peupent notre imaginaire disons
j'emploie le mot viol de manière
anachronique mais parce que la la
réalité euh correspond me semble-t-il à
un viol dans le cas du du M de danaer
toute la difficulté c'est que en effet
euh le viol soit est tu parce que ce qui
est important c'est
l'instrumentalisation du
viol soit il est esthétisé et et là je
j'ai réfléchi à ma
pratique la difficulté c'est que ces
mythes qui sont monstrueux ça vaut pour
le viol ça vaut pour les meurtres ça
vaut pour l'inceste ça vaut pour tout
euh pour les légitimer on leur a donné
dès l'Antiquité des interprétations
allégoriques et je prends Danae puisque
c'est c'est ce là qui question euh Danae
elle est utilisée pour critiquer la
vénalité des femmes et là il y a plus
vraiment de viol parce que l'idée c'est
queelle accepé de l'argent mais si on
prend le moyen-âge Danae elle va devenir
le symbole de l'Immaculée Conception il
y a plus de viol mais il y a aussi une
question que ça pose moi je trouve ces
images de femmes endormies euh
l'histoire de l'art est aussi truffée de
de représentations de rapt qui sont
aussi extrêmement érotisé est-ce que ça
pose pas aussi la question de la
difficulté de la représentation et ça
rejoint un peu ce que vous dites du
désir féminin c'està dire est-ce que
parce qu'on ne pouvait pas montrer une
femme désirante on préférait la montrer
contrainte est-ce que c'est une
dimension
possible moi je dirais en citant celui
qui n'est pas mon Maître Jacques Lacamp
que bon bah la femme n'existe pas et hop
le tour de passe- pass et est résolu
parce que vous demandiez Marie serbiia
est-ce que est-ce qu'il faut prononcer
le mot viol oui
euh il faut le prononcer même il faut le
je dirais le définir en tant qu'il
s'agit d'un meurtre c'est c'est pas
c'est on n'est pas enfin je veux dire
c'est pas de la sexualité le viol comme
ça a été et comme apparemment les les
les accusés du procès de Masan semblent
encore le encore le croire ou faire
semblant de le croire mais euh il s'agit
d'un meurtre du meurtre d'e d'un être
humain enfin de et de tout ce qui est
humain en lui a commencé par son langage
donc c'est pour ça que ça s'accompagne
toujours de silence et de ce ce qu'on
appelle maintenant silenciation
c'est-à-dire d'une enfin d'un de forcer
quelqu'un au silence et bien sûr que
l'endormir c'est aussi endormir son
langage si on revient à à à ZUS qui est
vraiment un un sérial violeur je dirais
et alors il aime bien se déguiser il
aime bien se déguiser il y a une
histoire moi que dont dont enfin dont je
parle dans dans dans mon dernier roman
qui s'appelle trois femmes disparaissent
parce qu'elle est assez une matrice en
fait de de de ce de beaucoup d'hoire
d'oiseaux et d'oiseaux qui tue et
d'oiseaux qui violent dans dans
notamment sur les plateaux de d'Alfred
d'Alfred
Hitchcock mais ce Zeus donc un jour se
déguise en en signe pour violer
Ledda qui va accoucher de la femme la
plus
hanie je dirais de l'histoire des de
l'histoire de l'humanité Hélène Hélène
de TR et je trouve que c'est une figure
vraiment très intéressante moi j'ai
vraiment pris conscience de ce qu'elle
disait en lisant le le livre
extraordinaire de Barbara Cassin l'ffet
sophistique où elle cite un sophiste un
philosophe sophiste
Gorgias qui par goût du enfin par
pratique on pourrait dire du du paradoxe
va se livrer à une défense à un éloge
d'Hélène donc il écrit cet éloge d'élè
mais ce qui est très intéressant dans
cette histoire avant ensuite de la
condamner aussitôt puisque c'est le
principe même du du retournement
sophistique mais c'est que quand il en
fait l'éloge il entend ce qu'a vécu
Hélène ce qu' a vécu hélenne c'est des
successions elle est née d'un viol elle
n'a cessé d'être violée kidnappé
kidnappé violé et puis de la boucler
enfin on l'a jamais entendu à part chez
Euripide qui va lui donner la parole
comme il le fait d'ailleurs souvent avec
enfin toujours avec ses héroïnes avec
ses ses ses personnage féminin elle est
réduite au silence et Gorgias dit en
fait le pouvoir de la persuasion par
lequel elle a étaé kidnappé et c'est
comme ça qu'il l'excuse dans son éloge
enfin qu'il explique qui oui qui
l'excuse on pourrait dire c'est égal au
pouvoir des drogues au pouvoir létal des
drogues et donc ça moi c'est vrai que
quand j'ai relu ce ce texte là j'étais
frappé de voir et Barbara Cassin dit
Hélène c'est l'équivalent général de
toutes les femmes c'est la femme même
c'est celle ensuite en effet dont la
cand dira qu'elle n'existe pas donc
qu'est-ce qu'il faut entendre là-dedans
moi je pense que il faut entendre dans
ce cette ce sommeil cette manière
d'endormir de violer dans le sommeil de
cadavériser je disais il faut entendre
une volonté de
euh d' enfin comment dirais-je de
fantomatiser de
cadavériser la femme et comme disait
Anna Haren quand on dit Madame untel est
morte et que Madame untel n'est pas
morte et bien il va bien falloir la tuer
madame untel si on veut que le discours
soit vrai tous ces éléments-là qu'on
pourrait appeler historiquement que que
je je rattache moi au concept enfin j'en
fais un concept de de cast lighting mais
pas seulement toute cette question là
même du langage du fait qu'elle est
muette tout le temps cette femme et que
pour le coup elle n'est pas dans le
récit puisqu'elle dit
ou alors il faut entendre ce récit c'est
la famille parfaite la norme celle
précisément que des des ministres de la
norme de l'éducation j'y reviens parce
que pour moi c'est la même question qui
ont en charge le récit le récit qui est
transmis à des enfants le récit national
maintenant nous disent menacé par ces
attaques même de la norme mais c'est la
même c'est la norme de la famille par
fait c'est la norme du bon mari c'est
tout ça qui a été décrit peu à peu et il
faut en fait vraiment comment dirais-je
et ben il faut faire comme Pénélope il
faut tisser en fait sans défaire après
éventuel mais il faut tisser ce récit
sans qu'il en permanence des
discontinuité et des trous et donc
notamment il faut penser le lien entre
le sommeil et le mutisme entre le viol
et le meurtre et entre la question du
langage et la question de la
cadavérisation de la femme alors avant
de revenir avec vous sur sur Hitchcock
eten frappa je voulais juste Virginie
lerou vous faire revenir sur un mythe
que vous nous avez soumis et que je
trouve intéressant et alors pour le coup
assez archétypal de de ce dont on parle
il s'agit de l'unuc de Terence alors
Terence c'est un poète comique j'insiste
c'est un poète comique latin leunuc a
écrit en 161 avant Jésus-Christ est-ce
que vous pourriez nous raconter
brièvement l'histoire et nous dire en
quoi ce myth là vous intéresse je je
vais vous raconter brièvement l'histoire
mais je voudrais tout de même répondre à
Hélène j'entends parfaitement tout tout
ce que vous venez de dire et
mais pour pour revenir sur la question
de l'érotisme et d'une façon de parler
de l'érotisme féminin dans un certain
nombre de
scénarios il s'agit de réveiller la
femme c'estd que l'objectif c'est
qu'elle se réveille c'est pas qu'elle
reste muthique et c'est qu'elle
participe au plaisir et en effet si on
prend geor John ou celle de Campagnola
elles sont assez clairement peut-être en
train de se masturber et cette question
là on l' attache alors évidemment c'est
subordonné à la procréation mais à à
l'idée qui qui a été qui a couru à
partir d'AV qui est subordonné la
procréation la masturbation je vois pas
le rapport non si je je vais expliquer
le rapport je expliquer le rapport c'est
que selon avisine et ça a été repris
après par les
médecins de la Renaissance pour qui est
procréation il faut que la femme ait du
plaisir parce qu'elle va générer un
liquide qui va être utile à la
procréation donc il faut la réveiller
enfin SC on est assez loin de
Saint-Augustin quand même on est on est
tout à fait loin la difficulté c'est que
tout ça
coexiste dans la société c'est que
Augustin lui il est pour la la chasteté
des femme bien
évidemment ça donne à la Renaissance
chez certains un désir débridé de
liberté sexuelle et ça donne dans le
cadre du
mariage on réveille Vénus donc il faut
que la femme participe donc voilà
c'était juste sû l'intitution conjugale
soit une une pratique de du réveil de la
femme ce sont des œuvres toutes fait des
hommes par
ailleurs du truc mais non mais mais
c'était quand même
précision alors pour revenir sur le nuuc
de pour revenir sur le NUC de Terence
dit ouis je reviens sur le nuuc de
Terence parce que donc le nuuc de
Terence on est en plein dans le sujet
qui nous occupe parce que euh la la
comédie elle est centrée euh sur le viol
d'une belle endormie par un jeune homme
jeune homme qui est content très très
content il s'appelle Kera il est content
de son son son viol et on peut pas dire
qu'on entend pas du tout la la la voix
elle a pas la je suis d'accord c'est pas
un personnage elle a pas la parole mais
le traumatisme qu'elle subit il est
rapporté dans la pièce par la esclave
qui est chargé normalement de veiller
sur elle et qui était pas là au moment
du viol simplement ce qui est en
question dans la pièce ce sont les
conséquences social du viol et la
question qui se pose lui il croyait que
c'était une esclave il s'est déguisé en
unuc pour l'approcher il s'avère que
c'est une femme libre et ça c'est un
problème et la solution qui est donnée
c'est une solution qui moi m'a toujours
paru tout à fait monstrueuse c'est un
mariage dit de réparation donc c'est
c'est la c'est la solution sociale mais
la servante chargée de la sur voyez elle
est horrifiée et tout à fait horrifiée
donc il y a bien une foix de la femme
que le personn cette voix dans les
œuvres par ailleurs il faut distinguer
les œuvres sont là pour nous faire
entendre comme comme ce qui était la
fonction même de la tragédie pour qu'on
pleure avec ces femmes je pense c'est
pour ça que je faisais un petit prologue
sur le récit au début c'est-à-dire il
faut bien il s'agit pas d'annuler les
récits enfin d'annuler au revenir à ça
évidment c'est pas d'annuler les récits
ouais mais mais c'est vrai que le le le
le le viol ambiguité de ces de ces de
cette démarche peut a pu être souvent
utilisé comme un ressort de comédie
c'est quand même assez dingue oui pas
parce que ça se termine bien il épouse
la femme qui l'a violé il est content
mais pour notre sujet quand il raconte
son viol il explique que quand il est
arrivé dans la chambre de la jeune femme
elle était en train de regarder un
tableau et que représente ce tableau
c'est le viol de Danae par de donc ce
qui se pose c'est bien la question du
déclenchement de ce tableau dans le
passage à
l'acte voilà Hélène fera pas dans votre
ouvrage vous l'avez évoqué plusieurs
fois le gaz lighting ou l'art de faire
taire les femmes paru en 2022 vous vous
appuyez sur le film de 1944 de George
kukor pour théoriser une manipulation
des hommes pour faire disparaître les
femmes c'est votre mot disparaître le
cinéma regorge d'exemple de ces femmes
réduites au silence ou à la folie et
l'un des réalisateurs que vous avez
beaucoup étudié Alfred hcock est
particulièrement intéressant sur ce
sujet-là vous ne m'aimez qu'à travers
l'autre n'est-ce pas nous ns première
sortie avez-vous oublié comme elles
étaient
amusantes c'est c'est cette histoire de
robe qui a tout gâché et bien je les
mettrai ces robes qui vous plaisent tant
si vous consentez à m'aimer un
peu fouche
oh
non je vous en prie pour vous ça n'a pas
[Musique]
d'importance si si je consenss à faire
ce que vous
voulez est-ce
que vous m'aimerez oui
oui
alors alors je le ferai pour que vous
m'aimiez VO la Vertigo surfroide en
français d'Alfred Hitchcock sorti en
1957 et là ne fera pas de quoi cette
scène nous parle alors je je précise que
c'est c'est c'est ça a été ça reste un
de mes films préférés que j'adore
Vertigo et je trouve que j'ai pensé tout
de suite à Vertigo quand quand quand
j'ai commencé à lire les les articles
sur sur sur l'affire Pellico parce que
c'est le le manifeste
euh explicite c'est l'art poétique je
dirais la cadavérisation de la femme
vraiment le le plus grand art poétique
d'abord parce que c'est un film
extraordinairement beau je dirais parce
qu'il va le plus loin possible dans
cette dimension morbide au point que
pour hchcock ça suffit pas de tuer une
femme il en tue deux hein c'est-à-dire
la même femme est tuée deux fois donc on
se dit qu'on pourrait même la tuer
indéfiniment euh et parce que
précisément il y a ce ce ce moment donc
une première femme est
assassinée l'histoire est tellement
allambiqué que je l'oublie à chaque fois
donc je peux le revoir indéfiniment mais
une première femme est assassinée et
elle va revenir en fait donc le le
détective privé qui qui souffre de
vertige donc qui est handicapé dans son
enquête euh va tomber on je dirais fou
amoureux littéralement il s'agit d'amour
fou littéralement et comme dirait
Chantal la Carman ce qui distingue quand
même le l'amour enfin l'amour à bon dos
je dirais hein l'amour on peut on peut y
mettre beaucoup de de névrose en
revanche la question du respect c'est
autre chose hein je cite une phrase très
belle que disait akarman à propos de
elle disait c'est très beau dans la
Bible qu'on dise tu respecteras tu
honoreras tes enfants et pas tes enfants
c'est un lapsus tes parents mais pas tu
les aimeras hein donc là on est dans
l'amour on est dans l'amour fou il tombe
amoureux fou de cette femme dont il
ignore elle est un leur que déjà elle
n'existe pas elle n'existe pas puisque
c'est une femme c'est la doublure en
fait une doublure va interpréter une
autre femme qui doit être tué donc déjà
il s'agit on pourrait dire oui de gaz
lighting c'est-à-dire il s'agit du
mariage comme entreprise de meurtre
comme disons crime parfait faire
disparaître une femme donc un homme veut
tuer sa femme il la tue pour cela il
engage une doublure qui va se faire
passer pour elle le détective tombe fou
amoureux de la doublure
il retombe sur la doublure et à ce
moment-là il veut pour pouvoir coucher
avec la doublure et c'est là où le génie
dcock et la folie d'itchcock hein les
deux réunis font que il va exposer cet
art poétique avec une crudité absolue
c'est qu'il ne
pourra coucher avec elle que lorsqu'elle
sera redevenue identique à la morte et
il y a donc il doit l'atteindre en
blonde puisque la morte était blonde il
doit l'habiller exactement comme elle il
doit lui faire faire les ones comme elle
elle doit parler comme elle et cetera et
dans un dernier moment de rébellion
parce qu'elle-même sait c'est elle-même
qui interprétait celle la doublure de la
morte euh c'est compliqué à comprendre
c'est compliqué pourquoi parce que la
femme n'existe tellement pas qu'il lui
faut des doublures de revenant des
doublures des revenants des spectres des
fantômes et que derrière il y a juste
une morte en fait tout ce que on arrive
à attraper ou pas c'est une morte et
donc dans une scène déchirante et
sublime où Hitchcock a cette sorte de
frontal absolue avec le avec ce que veut
monsieur pellic il le filme et c'est en
ça que le film est un chef-dœuvre
Vertigo il va placer son actrice Kim
Novak Kim Novak j'ai une thorie sur Kim
Novak c'est que elle s'appelle Novak ça
veut dire nouveau en check il veut pas
qu'elle soit nouvelle Hitchcock il veut
qu'elle soit grasskelly avant il veut
voilà il veut qu'elle soit la doublure
de la double elle elle lutte elle a
lutté en tant qu'actrice et puis le
personnage lutte et c'est la c'est la
chef de Monsieur segin lutte jusqu'au
bout elle est sous une lumière ver
d'âtre elle est cadavérisée entièrement
par l'enseigne d'une de de cet hôtel
minable où où elle s'est réfugiée à ce
moment-là elle fait une dernière
tentative de rébellion elle a juste
gardé ses cheveux un peu lâchés pour ne
pas être entièrement la morte pour ne
pas être entièrement morte il la regarde
et il lui demande de les attacher ses
cheveux elle va dans la salle de bain
comme on va à l'abattoir elle les
attache et à partir de là elle sait
qu'elle va mourir et elle le lui dit
donc l' histoire est la même l'histoire
est la même en fait et c'est la vérité
même de ce lien de ce lien dont je
rappelle quand même qu'il il est le au
fondement de la norme du mariage
hétérosexuel qui est censé nous
promettre être un gage de
bonheur dans notre société
hétéronormée donc c'est intéressant
quand même cette histoire là ce qui est
intéressant aussi c'est que vous dites
que vous adorez ce film pour en même
temps vous l'analysez en décortiquant
bah justement ces fantasmes et ces
images polluantes qu'on a tous avec
lesquelles on s'est construit est-ce que
vous pensez que après ce procès de Mason
qui nous a tous marqués en terme de
société est-ce qu'on va reg regarder ces
films là ou reécouter ces mythes dont on
parlait avant de la même façon ou est-ce
que vous allez le regarder désormais
différemment ce film là mais moi je peux
continuer à le regarder indéfiniment je
pense que tout se joue entre ce que
j'appellerai moi le lien entre
l'élucidation et l'émancipation c'est ça
un récit en fait c'est-à-dire moi j'ai
rien compre par exemple Barbe Bleue un
des compes enfin qui est l'invention du
gore bien avant que le gore commence au
cinéma par exemple dans un film très
proche qui est Massacre à la
tronçonneuse avec les même Crot de
bouchée où sont suspendu des femmes ça
commence par exemple avec ce compte donc
la question ce ne sont pas les récits la
question c'est l'élucidation
c'est-à-dire cette lumière que nous
faisons la lumière qui est ce contraire
du coup de foudre qui est ce contraire
de l'aveuglement qui est ce contraire de
cette amour fou qui fait que le regard
est suspendu hein ce regard par ailleurs
ce regard ce droit de regard
dont historiquement nous savons qu'il a
été retiré aux actrices aux actrices et
aux acteurs d'une certaine manière pour
moi il y a une féminisation de de
l'acteur et de
l'actrice c'est ça toute la question
donc si nous regardons ces œuvres nous
les élucidons et quand les élucidant
nous comprenons nous avons cheminé avec
elles nous avons vécu avec ell nous
continuons enfin moi en tout cas à vivre
avec la la majorité d'entre elles elles
sont citées dans d'autres œuvres
ell-mêmes voilà et bien il y a une
émancipation passion possible et elle se
fait à mon avis beaucoup à travers la
l'ironie alors c'est une arme cuire
enfin en tout cas telle que je la cite
dans mon livre sur le gaz lighting c'est
l'arme des faibles alors ce serait bien
que les les peau femmes aussi s'y
mettent à cette arme cuir de l'ironie
c'est l'arme des opprimés c'est l'humour
juif c'est l'humour des c'est l'humour
minoritaire c'est l'humour noir c'est
tout ce qui permet d'avoir un regard sur
l'oppresseur d'en rire et dans ce rire
il y a des jà une une distanciation
énorme qui se fait et et c'est aussi une
manière de retrouver le langage aussi le
regard et le langage du regard et du
langage vous êtes critique on l'a dit
critique de cinéma une critique c'est
aussi ça c'est lucider une œuvre qu'on a
devant nous en tout cas en apporter une
représentation le fait que vous soyez
une critique femme est-ce que vous avez
l'impression que le regard que vous
portez sur ces œuvres on parle du cinéma
bah est-ce que vous avez lever des des
interprétations différentes je pense au
film de Kor vous l'avez critiqué dans un
sens où person personne ne l'avait fait
avant vous ou les critiques hommes
n'avaient pas vu ce gaz light là est-ce
que c'est important que justement dans
ce rôle de critique bah bah les femmes
prennent leur place oui alors c'est vrai
que historiquement la la la critique est
un milieu qui qui a été alors moi je je
n'y suis plus je suis plus ok du cinéma
et j'ai jamais été une critique au sens
disons de celle qui aiment critiquer
pour le coup j'ai plutôt été plus du
côté de ce que j'en douchais appelait
l'art d'aimer j'ai plutôt aimé parler de
voilà des films que j'aimais tellement
qu'ils avaient que j'avais pensé avec
cette cet amour pour ces œuvres-là comme
ça a été le cas pour pour gazlight je
pense que l'essentiel c'est le processus
de subjectivation le cette
subjectivation en effet historiquement
elle a été retirée interdite aux femmes
je rappelle quand même et pour moi ça ça
ça c'est en lien absolument avec tout ce
que nous disons que récemment il y a il
y a quelques semaines la une dernière
loi en date des talibans qui m'a presque
fait rire tellement elle est elle a
l'air sortie de mon livre sur le
gazlghting c'est la voix des femmes est
une partie intime voilà ça c'est une
question cruciale c'est-à-dire que la
voix des femmes c'est la même chose que
leur chatte en fait hein c'est ce que
disent les talibans mais il faut pas que
nous ont interdit les femmes de parler
en public oui mais en réalité cette
tradition là elle est pas c'est pas
juste des méchants talibans qui sont
différents de nous humanistes
occidentaux ça fonctionne pas comme ça
cette question de la manière dont la
voix a été tue a été nié et cetera elle
est elle est elle est très ancienne en
fait et et il faut en faire la
généalogie je pense que voilà pour pour
pour répondre à votre question je
parlais de subjectivation il s'agit
effectivement c'est ce qui a fait défaut
à l'épouse pelic c'est ce qui lui a été
retiré nié d'une manière à mon avis qui
est
quantitativement supérieure à ce qui se
passe dans beaucoup de mariages mais pas
qualitativement enfin c'est c'est à mon
avis il y a pas de différence
ontologique dans ce qui s'est passé
là et puis il y a une généalogie à faire
qui fait partie du travail de critique
généalogie intime hein chaque être
humain et pas seulement les les femmes
qui portent beaucoup déjà sur leurs
épaules mais chaque être humain doit
faire cette généalogie et bien sûr que
la question aussi est une question de
genre oui merci beaucoup merci à toutes
les deux merci Hélène frappa merci
Virgine lou d'avoir participé à cette
émission les midi de culture c'est fini
pour aujourd'hui ça nous a donné envie
d'écouter la chanteuse mexicaine vivir
Quintana et la Canion smedo chantons
anson sans Peur hymne féministe cont les
féminicides que tiemble est losielos
lases que tem los jueces los
judicialesesit la sembr
mi
[Musique]
Creon amigas nos Matan hermanas
destrozan sus cuerpos las desaparecen no
olviden sus nombres por favor señor
presidente por todas las compas
Marchando en reforma por todas las
morras peleando en Sonora por las
comandantas luchando por Chiapas por
todas las madres buscando al Tijuana
cantamos sin miedo
[Applaudissements]
cette émission été préparé par de laroix
Bor Mar
est réalisé par laence Malonda avec la
technique auourd'huian