Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
On est tous un peu des mères et des pères nourriciers, quand même, on a ça, bien nourrir son enfant, c'est hyper important.
Comment on fait ? Quand ? Quoi ? Comment ?
On fait le point sur les dernières recommandations en matière de nutrition infantile.
Avec vous, Dr Fersorf, vous allez nous parler, entre autres, de la fameuse DME, la fameuse diversification menée par l'enfant.
Moi, je me souviens, quand j'ai commencé à présenter cette émission, il y a quatre ans,
on en parlait, on me disait « Ouh là là, attention, etc. »
Là, maintenant, c'est un phénomène de mode, c'est un truc de bobo.
Là, maintenant, ça commence quand même à entrer un petit peu plus dans les mœurs avec certains conseils que vous allez nous donner.
Mais déjà, quel est l'âge idéal pour démarrer la diversification en général, docteur ?
Alors, maintenant, la diversification, on la démarre vers 4-5 mois.
D'accord.
La règle, quand on dit 4-5 mois, c'est l'enfant qui a 5 mois.
C'est-à-dire, c'est la fin du cinquième mois.
On ne va pas se tromper dans les dates.
Ah oui, c'est la fin du cinquième mois, début du sixième.
C'est-à-dire, quand il a 5 mois.
De toute façon, à partir du moment où on tombe enceinte, on ne comprend plus rien sur les mois.
Le premier mois, c'est de la naissance jusqu'à un mois.
Au bout d'un mois, il a un mois.
Donc, à 5 mois, c'est 5 mois.
Il a vécu déjà 5 mois.
C'est important quand même de le dire.
Mais oui, parce que souvent, on confond cinquième mois, 5 mois.
Donc, la règle, c'est ça.
Est-ce qu'il y a des cas où on peut commencer un petit peu plus tôt ?
Alors, il y a des cas.
Jamais avant 4 mois.
Ça, c'est à éviter parce que le microbiote n'est pas constitué.
Il n'y a pas de maturité au niveau de l'intestin.
Ça peut donner d'autres problèmes.
Et il y a des cas.
Moi, c'est ce que je pratique.
Par exemple, un enfant qui a tendance à avoir des reflux,
eh bien, on va avoir tendance à introduire un peu plus vite la diversification,
déjà à 4 mois.
Mais 4-5 mois, c'est parfait.
D'accord.
Et alors, pour les prémas, Arnaud, on a reçu une question pour vous de Saoussev.
Regardez.
Bonjour tout le monde.
C'est la maman d'un grand prématuré de 870 grammes à la naissance.
Il va bientôt avoir 6 mois.
Mais en ère corrigée, il ne devrait avoir que 2 mois et demi.
Du coup, j'aurais voulu savoir si pour la diversification alimentaire,
il valait mieux que j'attende 6 mois d'âge corrigé
ou si les 6 mois réels étaient possibles.
Voilà.
Merci à toute l'équipe.
Ça, c'est bien la galère, ça.
Alors, c'est certain qu'un très grand prématuré,
on ne va pas démarrer l'alimentation avec l'âge corrigé de 2 mois.
Ça, elle verra avec son pédiatre.
Mais la règle veut que pour des prématurés qui sont de petite prématurité,
c'est-à-dire les enfants qui sont nés à 35 semaines,
on va la plupart du temps déjà commencer à diversifier à 5 mois,
sans difficulté.
L'intestin est prêt.
Par contre, pour les très grands prématurés qui sont nés avant 32 semaines,
là, prudence, on va faire progressivement.
Quand le pédiatre donnera le feu vert,
il faudra voir aussi le status de l'intestin,
de la digestion.
Il ne décide pas soi-même.
S'il n'y a pas de reflux.
Il y a beaucoup de choses qu'il faut prendre en ligne de compte.
Autre question, cette fois de Caroline, à propos des allergies.
Bonjour, la maison des maternelles.
Je suis Caroline, la maman de Maxence qui a 2 mois et demi.
Aujourd'hui, je me pose une question concernant la diversification alimentaire.
En effet, ayant de nombreuses allergies alimentaires,
j'aimerais limiter le risque qui développe des allergies,
et donc savoir s'il vaut mieux commencer la diversification alimentaire à 4 mois
ou à 6 mois, comme j'ai pu le lire sur Internet.
Voilà, merci pour votre réponse et bonne journée.
Lire sur Internet.
Si on va sur Internet, c'est pour aller sur lamaisondesmaternelles.fr.
Arnaud, est-ce que Internet a raison ?
Non.
Il faut faire très attention à ce qui s'écrit sur Internet.
C'est vrai que c'était un peu la tendance il y a quelques années.
On disait, il y a un terrain allergique familial,
on va introduire le colza, on va introduire le kiwi plus tard.
On avait tout faux.
On le sait maintenant, plus tôt on introduit des aliments allergisants,
l'œuf, l'arachide, le fruit à coque, c'est un très bon exemple,
plus on les introduit tôt, moins on a de risques d'allergies.
Donc, 5 mois, 6 mois, on commence déjà avec le kiwi.
On a reçu une question vidéo d'Audrey, très pratique, vous allez voir.
Bonjour, Médecins des maternelles.
Je suis un maman d'Enzo qui aura 4 mois le mois prochain.
On va commencer la diversification alimentaire.
Je voulais voir avec vous par quels aliments il fallait commencer
et les aliments qu'il ne fallait pas leur donner.
Merci beaucoup.
Alors, à 4 mois, 4 ou 5 mois, ça dépend.
Il y a aussi des mamans qui allaitent.
Parfois, on ne démarre aussi qu'à 6 mois si elle veut faire un aliment complet.
On démarre par les légumes à midi.
En général, c'est 130 grammes à peu près la quantité.
On mouline bien à cet âge-là, à 4 ou 5 mois.
Et on fait aussi les fruits qu'on va faire au goûter.
Et on commence aussi les œufs.
C'est ça la nouveauté maintenant.
À 4 ou 5 mois, on commence légumes, fruits et les œufs.
On commence par le jaune et très rapidement.
Dès le début, on met des fruits ?
On peut commencer.
Et on commence par un aliment à la fois ?
On commence plutôt avec un aliment.
Mais c'est vrai que vous donner une purée de carottes à un enfant,
un nourrisson, il va faire un peu la tronche.
Il ne va pas trop aimer.
Il va bloquer sur la carotte.
Alors, il y a des aliments qu'on va un peu mélanger.
Par contre, pour faire découvrir les aliments les uns derrière les autres,
il y aura la dérive dont on va parler.
Moi, j'ai toujours fait carotte.
Et un petit peu de patates.
Souvent.
On peut prendre un liant.
Par exemple, la patate douce, de l'épinard ou de la pomme de terre,
qu'on peut mettre en liant.
La viande de kebab, non ?
Vous ne disiez pas tout de suite.
Oui.
Le cheeseburger, la sauce barbecue.
On attend.
Est-ce qu'on peut faire un point sur les quantités de fruits, légumes,
les viandes, l'air commandé ?
En général, à 4-5 mois, que l'enfant soit à l'été ou au biberon,
on est à 5-6 repas par 24 heures à la louche.
Et on va démarrer à 4-5 mois par un repas de légumes.
C'est bien de démarrer.
On peut démarrer les légumes et les fruits en même temps.
Le problème, c'est que si on commence les fruits en même temps,
souvent les bébés aiment les sucrés.
Ils préfèrent les sucrés.
Ils ne vont plus bien prendre les légumes.
Moi, personnellement, je commence les légumes à midi.
Et 15 jours après, j'introduis les fruits.
La quantité, c'est les petits pots de 130.
Grosso modo, on peut préparer soi-même.
C'est beaucoup mieux.
On va les congeler.
Le dimanche.
On mixe bien.
Il ne faut pas mettre de sel.
Surtout pas.
On peut rajouter 2 cuillères et un café d'huile de colza dedans
ou d'huile de noix.
C'est très riche en oméga.
Les omégas, c'est des acides gras.
Le cerveau, on a énormément besoin chez le nourrisson.
Et donc, les fruits au goûter.
On complète avec un biberon pour avoir une quantité de 250 à 300
pour le repas de midi et pour le goûter.
Pour un enfant, ni à terme.
On a une question sur l'allaitement qui vient d'arriver.
C'est Élodie qui demande comment diversifier un bébé
à l'été sans mettre en péril son allaitement.
Vous parliez de compléter au biberon.
On complète avec le sein ?
Oui, avec le sein.
Là, vraiment, tout se passe entre la maman et l'enfant.
Il y a des mamans qui vont aussi reprendre le travail.
Est-ce qu'elles vont pouvoir aller donner le sein
sur le lieu où l'enfant est gardé ?
Tout ça doit être pris en ligne de compte.
Mais effectivement, un bébé saura très bien faire la différence.
On va lui donner des légumes, très bien.
Puis après, il prendra le sein en complément.
Il y a des mamans aussi qui reprennent le travail
et qui donnent le sein le matin et le soir.
Et ça peut durer des années comme ça, sans difficulté.
Une autre question de Marie qui vous demande
s'il faut obligatoirement donner des protéines animales
avant les un an de bébé.
Vous parliez des œufs.
Oui, les protéines sont utiles.
L'enfant en a besoin.
Il a beaucoup besoin des acides gras,
donc les lipides et les glucides complexes.
Je ne vais pas m'étendre là-dessus, mais c'est important.
Souvent, en tant qu'adulte, on a peur des lipides et des glucides.
Mais un enfant en a besoin.
Les acides gras et les glucides complexes.
Mais oui, les protéines.
Ça, on démarre un mois après.
On a démarré avec les légumes et les fruits.
Et un mois après, on introduit les viandes,
les laitages, les poissons, les crustacés.
Les crustacés ?
Ah oui, les crustacés.
Les fruits de mer.
Les crevettes.
Oui, les crevettes.
Les huîtres, peut-être pas tout de suite.
Pourquoi pas ?
Il faut que ce soit une bonne huître.
Oui, il faut que ce soit une bonne huître.
Déjà, un adulte, quand il est malade avec une huître, bonjour.
Une bonne numéro 2.
Surtout que si on vérifie d'abord avec le citron, qu'elle passe.
Oui, à faveur de citron.
Ah bon, alors, on la respire.
Bon, on évite les huîtres, non ?
Les crevettes, c'est bien.
À quel âge est-ce qu'on peut introduire les morceaux ?
Alors, ça aussi, qu'elle flippe des parents, les premiers morceaux.
À 4 ans, non ?
Oui, parce qu'alors, franchement, ça, ça fait flipper.
Vous connaissez tous l'histoire de l'enfant qui fait de la néophobie alimentaire
et qui garde le morceau de viande dans la bouche pour des heures.
Et ça, c'est parce que nous tous, générations confondues, on a commis des erreurs.
L'erreur principale, c'est de commencer à cacher le petit morceau dans la purée, dans la cuillère.
Tromperie.
Vaste tromperie.
L'enfant a confiance en vous, il ouvre la bouche, il sait qu'il va avoir de la purée,
tout d'un coup, il se retrouve dans la bouche avec quelque chose qu'il n'a pas identifié.
Et ça fait des blocages alimentaires.
Il faut qu'il voie ce qui marche.
C'est ça, la DME.
On peut en parler là un peu.
La diversification...
Je pensais qu'on en parlait tout à l'heure.
C'est quelque chose...
Voilà.
On peut commencer les morceaux à 6 mois.
Si vous voulez pourrir notre conducteur.
Non, mais à 6 mois, l'enfant s'est mastiqué.
Donc, effectivement, on peut commencer à introduire les morceaux sans difficulté.
Bon, alors, justement, pour comprendre comment ça marche, cette fameuse DME,
nous avons assisté au repas d'Apolline.
Docteur, t'as un reportage ?
D'Adeline...
Le DINF.
DINF.
J'ai toujours appelé Adeline.
Excuse.
Allez, reportage.
C'est bientôt l'heure du déjeuner.
Depuis un mois, Séverine expérimente avec sa fille Apolline la DME.
La diversification alimentaire menée par l'enfant.
On prend les champignons.
Une évidence pour cette maman.
J'ai choisi la DME pour Apolline
parce que je trouvais que ça a été une belle suite à l'allaitement
qu'on avait eu pendant 6 mois.
L'enfant, comme pour l'allaitement, gère ses quantités
et moi, je lui propose la qualité.
Donc, ce midi, on va manger des pavés de saumon,
des pommes de terre, avec une petite sauce aux champignons.
Et pour Apolline, j'ai ajouté des courgettes
puisqu'elle ne peut pas consommer la sauce aux champignons
puisqu'il y aura du vin blanc dedans.
Avec la DME, finie l'étape des purées finement mixées,
on propose directement aux bébés
les aliments sous forme solide et en morceaux,
en prenant néanmoins quelques précautions
afin d'éviter tout risque d'étouffement.
On dit que les légumes doivent être
à peu près de la taille de la main de l'enfant.
Des tailles comme ça.
Pour un bébé, on se dit un morceau égal étouffement.
Mais une fois que ça a été dans la bouche,
on a vu ses yeux tout pétillants.
Moi, Apolline, en 5 jours,
elle m'était à la bouche,
elle susautait, elle croquait,
on voyait qu'elle avait la mastication qui se faisait.
Tout s'est fait très vite.
Un mois plus tard, bien installée sur sa chaise haute,
Apolline est capable de partager ses repas
à la même table que ses parents.
Parce que la DME entend favoriser l'autonomie de l'enfant,
chaque aliment est mis à sa disposition
et c'est Apolline qui les saisit
sous la surveillance de ses parents.
Apolline, tu écoutes maman ?
Tu te souviens, tu mâches bien ?
Quand elle fait ça, je lui dis
si c'est trop gros, tu le craches.
Voilà, tu peux le cracher.
On voit quand ça lui plaît pas,
on voit quand ça lui plaît.
Et puis c'est aussi un bébé
qui est rarement ronchon,
toujours en train de sourire.
Donc ça, c'est plaisant
quand on la voit manger comme ça.
C'est clair, on est fiers d'elle.
Depuis qu'elle pratique la diversification alimentaire
menée par l'enfant,
les capacités d'Apolline
se sont décuplées.
J'ai trouvé qu'Apolline
arrive à se concentrer longtemps.
Ça lui développe la motricité fine aussi
parce qu'on voit déjà apparaître
un peu la pince
dès maintenant,
alors que l'acquisition de la pince
c'est quand même beaucoup plus tard.
Cette démarche présente des avantages
mais implique de ne jamais quitter son enfant des yeux.
En revanche,
un repas peut durer jusqu'à 40 minutes
et s'avérer particulièrement salissant,
ce qui ne décourage pas Séverine.
Quand on donne à manger un enfant
à la cuillère,
il en a plein autour de la bouche,
il se met les doigts dans la bouche
avec la purée,
il s'en étale dans les cheveux,
donc je pense qu'on est ex-aequo sur ce point.
Les parents d'Apolline sont convaincus
par cette pratique alimentaire,
ce qui n'a pas été immédiatement le cas
de leur entourage.
Les amis, la famille,
ils m'ont dit
tu lui donnes un morceau comme ça,
t'es sûre ?
Oui, elle va le manger, t'inquiète pas,
je ne vais pas la mettre en insécurité.
Le seul truc c'est qu'à la fin
ils me disent qu'elle a tout mangé,
c'était trop beau à voir,
donc ça c'est chouette.
Grâce à l'ADME, Apolline découvre
les textures et les saveurs.
Pour autant, elle ne boute pas un bon biberon de lait.
En tout cas, ça a l'air de rendre
les enfants heureux, cette diversification
menée par l'enfant. Alors docteur,
c'est quoi les précautions à prendre
pour cette fameuse DME ?
C'est vrai que ça stimule l'enfant
et ça stimule les parents,
c'est ça qui est extraordinaire.
C'est ludique aussi quand même.
C'est très ludique et c'est nouveau
et on fait confiance à l'enfant.
Alors qu'est-ce qu'il faut savoir ?
1. Ne jamais démarrer de DME sans le feu vert du pédiatre.
D'accord, ça c'est très important.
2. Le pédiatre va prendre du temps
pour expliquer comment ça fonctionne.
Il ne faut pas aller voir sur internet ou autre,
il faut en parler avec le médecin. Pourquoi ?
Parce qu'il faut que l'enfant soit mûr pour ça.
Il faut que l'enfant ait déjà le tripod,
c'est-à-dire qu'il tienne assis avec un appui,
donc en général 6 mois il tient dans la chaise de l'autre.
C'est le pédiatre qui va dire
lui il peut, ou on attendra 7 mois.
Ensuite,
l'enfant doit être interactif.
Les parents doivent être en confiance.
C'est les parents et uniquement les parents
qui vont faire ça.
C'est pas la grand-mère,
c'est les parents qui démarrent
pendant les 2 premiers mois,
c'est eux et personne d'autre.
C'est pas la nourrice, c'est pas la crèche.
On fait ça au calme, il faut être vraiment au calme.
Il ne faut pas qu'il y ait un autre enfant
qui circule dans les pattes de l'enfant,
parce que sinon l'enfant va prendre le morceau,
il va le mettre dans la bouche,
il va regarder son grand-frère, etc.
C'est comme nous au restaurant,
on est en train de manger et si quelqu'un vous claque
dans le dos, dans les mains, vous allez faire une fausse route.
L'enfant c'est pareil, il faut qu'il soit apaisé.
Il est dans sa chaise haute,
à table, avec le parent, la mère,
le père, c'est en général le repas d'une vie
ou le goûter.
On démarre comme ça.
Ça peut être une fois par semaine, deux fois par semaine,
mais en général les parents qui s'y mettent le mois d'après,
moi je les vois, l'enfant ne veut plus que ça.
Il ne veut plus de compote et de purée.
Et le principe de l'ADME,
et c'est ça qui est formidable, c'est qu'on va mettre
devant l'enfant, posé devant lui,
avec ce système, sur la table,
des morceaux de la taille de son poing
fermé. C'est ça la mesure.
La taille de son poing fermé.
Il ne faut pas que ce soit dur,
il ne faut pas que ce soit complètement rigide.
Il faut une texture intermédiaire.
Ça peut être un avocat mou,
ça peut être une carotte bien cuite,
ça peut être une aubergine,
ça peut être une petite boulette de viande qui se tient bien,
mais toujours le principe
du morceau de la taille de son poing fermé.
Et alors qu'est-ce qu'on fait ?
Et c'est là que c'est formidable. On laisse l'enfant
se dépatouiller. On pose deux, trois morceaux
comme ça devant lui et on ne dit rien.
Il ne faut pas lui dire « Ah, il faut faire comme ça,
ça va le stresser. » On le laisse
se débrouiller à six mois.
Et à six mois, l'enfant s'est mastiqué.
Qu'est-ce qu'il va faire l'enfant ?
Il va prendre le morceau,
il l'analyse avec ses yeux. Et c'est ça, une DME,
une diversification menée par l'enfant.
Il mène tout le processus.
Il va mettre dans la bouche, évidemment.
À six mois, il met tout dans la bouche.
Et qu'est-ce qu'il va faire ? Une fois qu'il a le morceau
dans la bouche, il va regarder le parent.
Il va regarder.
Il a ça dans la bouche, c'est curieux, ce n'est pas comme d'habitude.
Et qu'est-ce qu'il faut faire, le parent ?
Sourire.
Il faut être dans le sourire.
Il faut que l'enfant sente « Ah, c'est permis,
c'est normal. »
Si le parent est là, stressé,
en faisant une tête jusque par terre, en disant
« Attention ! » et se précipitant,
l'enfant va être un peu stressé.
Et évidemment, il va se dire « Ouh là,
il y a un lézard là-haut. »
Donc on le laisse faire. Il va mastiquer.
Il sait mastiquer. Il n'a pas besoin d'avoir
de dents. Il sait mastiquer.
À condition de respecter les règles que j'ai édictées juste avant.
Et qu'est-ce qu'il va se passer ?
Comme il tient assis, il mastique,
il va y avoir un petit morceau qui va se décrocher
et il va le glisser dans le fond
de sa bouche. Il faut lui faire confiance. À six mois,
pour un enfant né à terme, il sait faire.
Il va avaler le morceau et le reste,
il va continuer de l'écrabouiller.
Si c'est trop gros,
qu'est-ce qu'on fait ? Il va le recracher.
Il peut y arriver tout seul.
S'il n'y arrive pas tout seul, qu'est-ce qu'on fait ?
C'est comme quand on apprend à un enfant à monter l'escalier,
on ne se précipite pas sur lui.
Là aussi, on va lui faire peur. On lui dit
« Est-ce que tu veux que je t'aide ? »
Et tranquillement, on l'aide à recracher le morceau
et on le laisse se dépatouiller.
Moi, j'ai vu des parents stressés,
je leur ai expliqué, ils étaient là et ils sont revenus
un mois après et ils m'ont dit « C'est génial. »
Ils sont programmés pour survivre.
Il faut faire au cas.
Et puis, il y a un truc que je conseille toujours aux parents,
une fois qu'il a commencé à faire ça,
il faut prendre son temps, il faut partager le repas.
Ça ne prend pas plus de temps, parce qu'il se débrouille.
Pendant ce temps-là, on mange soi-même, on partage le repas.
L'enfant, il est stimulé, il fait comme les parents.
Il découvre les saveurs.
Et moi,
un petit truc que je dis, c'est souvent
« Est-ce que je peux te prendre un morceau ? »
Il prend un morceau, on le mange
et on ne lui montre pas. Il voit qu'on fait,
il va imiter.
Est-ce qu'il n'y a pas de risque de fausse route avec l'ADME ?
On peut la rassurer peut-être ?
Oui, on peut la rassurer.
Moi, je sais que j'ai des confrères qui ont un peu peur,
mais on est de plus en plus nombreux à se mettre à ça.
Ça nous vient des pays du Nord, évidemment.
C'est toujours pareil.
Les pays du Nord, de nouveau, ils reviennent à des essentiels.
Non, il faut être vraiment rassuré,
faire confiance à l'enfant
et il faut lui montrer un visage détendu.
Moi, je n'ai eu aucune fausse route depuis que je fais ça,
depuis quelques années.
On a une autre question de Soukaina.
Je suis d'origine nord-méditerranéenne.
Non, ce n'est pas gagné encore.
Un petit peu de boulot.
Et je voulais mixer un tagine de poulet, petits pois, carottes, pommes de terre.
J'ai faim. Pour ma fille de 7 mois,
elle n'a pas du tout aimé.
À partir de quel âge peut-on proposer des recettes
plus élaborées au bébé ?
Il faut que ça soit progressif.
Les épices, par exemple, on peut commencer à 6-7 mois.
Il n'y a aucun problème, évidemment.
Je suis allée en vacances au Mexique
et les tout petits bébés,
c'était déjà très piquant.
Pour nous, adultes français, c'est piquant.
Alors pour les bébés, là-bas, ils s'habituent.
D'un pays à l'autre, on a des habitudes d'aliments très différentes.
Mais l'enfant, il va s'adapter très vite, bien entendu.
Un bon couscous, ça y est, j'ai faim.
Par contre, il faut éviter
les pois chiches, les cacahuètes
par les histoires de fausse route.
Est-ce qu'il y a des aliments
à éviter chez les petits ?
Je pense par exemple au miel,
parce qu'on en a beaucoup parlé.
Oui, le miel, c'est très sucré, ça peut transmettre le botulisme.
On évite. On a la gave.
À partir de quel âge, le miel ?
On peut, une tartine.
Quand l'enfant mastique, une tartine.
Mais le miel, on va vraiment l'étaler.
C'est vrai que c'est très sucré.
Un an ?
Avant, il faut vraiment l'habituer
plutôt aux glucides complexes.
D'extrême maltose, etc.
Et pour les fausses routes,
qu'est-ce qu'on évite ?
Les fausses routes, c'est le bon sens.
Il y a des aliments qu'il ne faut pas proposer à un enfant.
Surtout qu'il ne faut pas laisser traîner.
Surtout quand il y a eu un apéro à la maison.
Il y en a, par exemple, chez Benjamin Muller
et Marie-Pierre Arnault.
Tomates cerises, non ?
Oui, il faut faire attention, c'est trop petit, ça.
Mais les cacahuètes, nous, aux urgences,
c'est ce qu'on retire le plus souvent.
Question Arnault pour vous de Trellaouni.
Bonjour, c'est Trellaouni avec Félix
qui a bientôt 9 mois.
Ma question, est-ce qu'il faut
continuer à offrir des goûts
qu'il n'aime pas ?
Par exemple, j'ai fait un purée
d'eau de cabillaud
avec les légumes que je sais qu'il aime,
mais il n'aimait pas trop.
Et la semaine après, j'ai retenté,
mais Rubelotte a refusé de manger le repas.
Alors, est-ce que je l'offre encore ?
Merci !
Félix !
Il est trop chou !
Oui, alors là,
c'est comme tous les aliments.
On ne force pas un enfant.
Nous, on ne force pas à manger des huîtres si on n'aime pas.
Donc, on a tout le temps, il a toute la vie devant lui.
On reviendra une semaine, un mois après.
On repropose, mais on ne force pas.
Et d'ailleurs, est-ce qu'en règle générale
pour nos enfants, est-ce qu'il faut forcer
à finir l'assiette ?
Jamais ! Il y a des trucs dont il faut sortir.
Il y a eu des générations d'enfants
qui sont maintenant adultes,
qui ont souffert de ça.
On ne dit jamais, tant que tu n'as pas terminé,
tu n'auras pas ton dessert.
Il faut sortir de ces choses-là.
Ça, c'est fini, ça.
À 16h, papa, devant mes tripes.
Mes tripes à la mode de camp, à 16h.
Non, je ne mangerai pas, je te dis.
Et oui, je n'ai pas eu une enfance facile.
Merci beaucoup, docteur Försdorf,
d'avoir répondu à cette foire aux questions.
Je pense qu'on a fait déjà un bon tour.
Et puis, évidemment, vous pouvez continuer
à poser vos questions sur les réseaux
en permanence. Et la Maison des Maternelles
est ouverte 24h sur 24 aussi,
grâce à lamaisondesmaternelles.fr.