Nordicité saisonnière: Virages d'hiver
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Yan Parent et Simon Thibault partagent leur passion pour l'entraînement de ski de compétition à la Station touristique Pin Rouge.
Et on ne dira jamais la même chose à tout le monde.
C'est ça qu'il y a de spécial avec le ski alpin,
c'est que le truc pour moi ne sera pas le truc pour toi.
On a 36 jeunes inscrits dans le volet compétitif.
U8, U10, U12, U14, U16 et U18.
Et on a 4 qui sont dans notre mini-club.
On ne se le cachera pas, le nerf de la guerre,
pour qu'une organisation de cette envergure-là fonctionne,
ça prend des jeunes, ça prend des gens, ça prend des familles motivées.
Le nombre de jeunes n'est pas important,
à comparer de la vibe qu'il y a dans le club présentement,
de parents impliqués, de jeunes impliqués,
de jeunes qui ont du plaisir, tout simplement.
Le mot est simple, c'est du plaisir à faire du ski ensemble.
Ici, c'est la cabane du club.
C'est ici qu'on se rassemble, qu'on va faire des visionnements
avec les jeunes sur leurs descentes.
Là, c'est l'univers séparateur qui sécurise le parcours des jeunes
quand ils s'en prennent.
Ça fait qu'ils l'ont enlevé cette semaine à cause de la pluie,
et là, il faut que j'aille leur placer.
On a un événement ce matin, c'est l'Halloween des skieurs.
Tout le monde est invité à se déguiser.
Quand on est petit, on cherche une façon de se motiver.
Rien de mieux que l'activité sociale pour se souder ensemble.
C'est bien plus facile d'avoir un objectif commun
et de l'atteindre dans ce temps-là.
Mon beau déguisement ce matin.
Je suis skieur depuis que j'ai 3 ans.
À mon pass, j'ai grandi dans une famille de skieurs.
À Pin-Rouge, c'est une station de région.
Il faut environ 450 mètres de dénivelé.
C'est un peu les parents qui soutiennent le truc de ski.
C'est grâce à eux que ça peut rouler.
Si on regarde les entraîneurs,
c'est souvent des parents qui ont fait de la course.
On a des catégories, on appelle ça de U8 à U18.
Eux, ils s'entraînent toute la fin de semaine,
le samedi et le dimanche.
S'ils réussissent à se lancer,
ils font aussi des courses provinciales à Québec.
Je rejoins à 8 h à Cabane-du-Club
entraîneurs et parents bénévoles.
Ça, ça implique de monter au sommet
tous les piquets, les « gates » comme on l'appelle,
pour pouvoir tracer les parcours avec les drills.
Faire un parcours pour qu'ils puissent s'entraîner
soit en slalom ou en slalom géant.
Pour nous, c'est essentiel en début de saison
de fabriquer de la nature artificielle
pour pouvoir allonger la saison de ski.
Puis aussi, pouvoir planter les « gates »
dans nos parcours de slalom ou de GS.
Ça prend un minimum de neige pour être capable
de planter, de faire nos parcours.
Aujourd'hui, on est chanceux, c'est de belles conditions.
Les opérateurs ont super bien travaillé la piste hier.
Avec le soleil qui vient taper dans la piste,
ça nous permet d'avoir des belles conditions,
pas trop glacées.
Donc, si on est bien préparé,
qu'on a préparé notre leçon de ski,
ça devient plus facile à passer le message
et à adapter les éducatifs
et les trucs à travailler en ski.
Ce sont des excellents skieurs
qui ont 16, peut-être 18 ans.
Donc, c'est quand même challengeant
pour un entraîneur de corriger leur ski.
Mais c'est vraiment le fun
parce que c'est une belle gang
qui comprennent le ski, qui connaissent le ski.
Il y en a qui sont un peu plus anxieux.
Surtout avant les compétitions,
il faut un peu les rassurer
et leur dire qu'ils sont capables
et qu'ils vont faire une belle course.
On se fait confiance.
On essaie de skier super rapidement dans les figures,
surtout dans les flush.
On passe prêt.
On veut juste que ce soit les chevilles qui travaillent
et non tout le haut du corps.
Généralement, pour la course,
ce qu'on veut, c'est des conditions de damé.
Une belle quantité de neige, une belle neige durcie.
Bien damé.
C'est ce qu'on a à Peintrouge.
C'est un peu ce qui fait la force de notre montagne.
L'objectif, c'est d'aller vite dans un parcours.
Le premier rendu en bas, c'est lui qui gagne.
Les jeunes, ce qu'ils veulent,
c'est s'améliorer pour devenir performants
et pour devenir rapides.
Je pense que l'élément de vitesse,
c'est vraiment quelque chose qui est apprécié
dans le parcours ou en ski libre.
On a tracé plutôt le plateau.
C'est une piste plus modérée, si on peut dire.
Ça nous donne beaucoup de confiance.
L'effet de ne pas avoir le dénivelé
puis du gros terrain pour les figures.
C'est l'objectif de la journée,
d'essayer de skier rapidement
dans les figures sur le plateau.
L'impulsion de départ, la poussée,
est super importante parce que le skieur
est complètement arrêté.
Qu'est-ce qui fait un bon virage?
Je dirais que c'est une très belle position
avec un bel alignement
de toutes les articulations
qui fait qu'on a un skieur stable
et fort tout le long du virage.
Bien regarder ce qui s'en vient,
les difficultés qui vont arriver à l'avance.
À l'arrivée, ce qu'on recherche,
c'est d'avoir une position recherche de vitesse.
Le skieur va être très rapide
jusqu'à la ligne arrivée.
Le skieur est en angulation,
qui arrive près de la gate.
Forcément, il n'y a pas le choix de taper la gate.
C'est pour ça que sur les tibias et les mains,
les affaires sont protégées.
Ce qui est important,
c'est vraiment de bien compléter nos virages
pour avoir une ligne haute.
En début de virage, pour pouvoir passer
le plus près du piquet possible
pour avoir une belle ligne.
Dans la 3, c'est ça, le fence qui est tracé.
L'objectif de ça,
c'était tracé en rétrécissant.
C'est vraiment d'être capable
de contrôler nos skis,
d'être capable de réduire la vitesse dans le tracé.
C'est un bon défi.
On est allé
pratiquer
un parcours qui était destiné
aux plus jeunes,
qui était tracé plus serré.
Ça pratique d'autres habiletés
avec nos coureurs plus vieux.
Travailler aussi
la mobilité des pieds,
être capable de bouger bien nos pieds
sans bouger le haut du corps.
C'est un peu ce qu'on avait fait dans les exercices
des petits tracés
qu'on appelle les fence,
des petits piquets à tout aligner.
Souvent, c'est des skis
avec une bonne rigidité.
On skie sur la glace,
donc on ne veut pas un ski mou
comme en poudreuse.
Plus court en slalom,
avec plus de petits rayons.
Des skis assez rigides
en compétition, selon l'âge du compétiteur.
Mission accomplie!
Vous n'avez pas tous mangé vos bonbons déjà?
C'est ça le défi
avec des jeunes comme ça.
Il faut changer rapidement l'activité.
On ne peut pas faire dix fois la même chose.
Il faut que ça roule,
il faut varier les activités,
et il faut que ça skie.
Ton sac de bonbons!
Je les aime, mais j'aime mieux les pêches oranges.
Ça, c'est comme rose.
En 8, l'attention, c'est 7 secondes.
Après, si t'as pas dit ce que t'avais à dire
dans 10 secondes, on va dire
qu'il y a quelque chose de plus beau,
de plus intéressant à gauche, à droite.
Les garder attentifs et à mouvement.
Turbo!
Vous aussi, on va aller dans la 2
pour les amoureuses.
Je vais vous voir dans le devant de vos bottes.
Quand je tourne par là,
c'est le ski qui est en haut de la piste.
On lève notre ski!
Vraiment haut!
Ce que j'aime le plus dans le ski de compétition,
c'est surtout la passion du ski.
Bien avant la compétition comme telle,
le plaisir de skier,
le plaisir d'améliorer son ski
capoté, mais il y a rarement des sports
où, si on a une fin de semaine
d'entraînement, les jeunes arrivent
à la montagne, on les rencontre à 9h le matin,
même des fois plus tôt, 8h15,
8h30, et on va passer
la journée à l'extérieur avec eux autres.
Une petite souris dans des gates.
Regardez bien ma main.
Ça fait...
Les amis qui passent la ligne la plus droite
et la plus proche des gates
sont ceux qui vont faire la plus belle run.
Les premières gates ici, on ne les touche pas.
On se donne juste la vitesse.
Oui, c'est mieux que tantôt!
N'oublie pas de garder tes mains un peu en avant comme ça.
Oui, let's go!
On tourne, on pèse sur notre ski.
On pèse sur notre botte-là.
On se rappelle qu'on ne peut pas faire ça
si on n'est pas sur le devant de nos bottes.
Donc 360, 360.
D'un bord,
de l'autre.
On peut s'aider avec un pic,
tourner.
Pic, tourner.
Et à la base,
c'est vraiment leur faire développer
des habiletés de base en ski.
Est-ce qu'on est capable de garder nos skis parallèles?
Est-ce qu'on est capable de déraper?
Est-ce qu'on est capable...
Ça va vous paraître fou, mais est-ce qu'on est capable
de faire un 360 sur nos skis?
Bien se positionner sur nos skis
pour après ça, lorsqu'on est un bon skieur,
on va aller essayer de mettre ça en pratique
dans un tracé.
Un matin qu'il y a de la poudreuse,
on va aller skier de la poudreuse
parce qu'il y a d'autres choses à développer là-dedans.
Donc on se laisse aller doucement de même.
On joue juste sur l'angle de nos skis.
Ouais, garde tes skis un peu plus collés.
Comme vous avez pu voir,
c'est tout du jeu, c'est tout des essais
de placer les enfants en jeune âge
pour qu'ensuite de ça, lorsqu'arrivons
dans des catégories plus vieilles,
là, on va se concentrer sur la course,
sur les éléments de course, sur l'équipement,
sur les tournages.
Moi, ce que je vise avec mes petits à moi,
le virage de base, c'est on initie le virage
avec un planté de bâton.
On va s'assurer d'être
sur la jambe extérieure.
Ski parallèle, pression maximale
dans le virage, on relâche
et on recommence le virage.
On vit 12-14 heures dehors
sans vouloir même rentrer
puis quand ils sont dehors à s'amuser,
à jouer au roi de la montagne ou peu importe,
eux autres-là ont le caractère nordique
et ces jeunes-là, on ne pourrait pas leur enlever ça.
Les jeunes qui sont passionnés
de leur sport, je pense
qu'ils en profitent pour vivre à fond
leur sport puis profiter de l'hiver
plutôt que de subir le froid.
Ils nous apprennent à tous les jours.
Ils nous mettent un peu dans un...
Ils nous redonnent notre jeunesse,
si on peut dire.
C'est quand même le fun de les suivre
puis en montant dans les chaises,
juste les écouter.
Ma vraie récompense à moi,
c'est des fois, je skie avec des amis
ou peu importe, puis je vois
mes petits jeunes descendre
puis faire un éducatif, faire un arrêt
comme j'ai montré, faire un moment d'œil.
C'est la plus belle paix
qu'un entraîneur peut avoir
quand les jeunes mettent en application
tous les petits éducatifs qu'on peut leur faire faire.
C'est pas mal la fin de la journée.
Normalement, ce qu'on fait à la dernière descente,
on s'attend en bas,
les entraîneurs, les parents bénévoles
qui avaient aidé à faire le tracé.
On remonte en haut
puis on détrace les tracés qu'on a faits.
C'est comme ça
qu'on continue la journée.
Nous glissions sous des nuages pastels
dans l'espoir de voir s'incendier le ciel.
Nous glissions
et cela était bon,
entre des montagnes picotées de pierres noires,
sur une neige si fraîche
qu'elle remontait sur nos jambes en flocons.
Pas un vent,
un simple froid sur nos fronts.
Nous faisions à tout moment
des pauses pour nous rassurer
à propos de l'existence de nos mains.
Nous montions et descendions,
glissions vers un détroit
où la mer clapotait.
Ah, ce gel qui alourdit les doigts!
Nous glissions sans autre désir
que de contempler le monde,
droit devant et derrière
et de tous les côtés.
Soudain, entre deux nuages,
le soleil a percé.
Chaque brin de neige a scintillé.
Nous avons cessé de parler,
de respirer, de glisser.
