Voir un tableau, écouter un morceau de musique, lire un poème, ça peut changer la vie. Et pourtant, la plupart des gens pensent que ce n'est pas pour eux, qu'ils ne peuvent pas y arriver. Alors comment faire ? Pour vous guider et nous l'espérons, vous encourager à aller voir des œuvres, je reçois mon ami Hadrien France-Lanord.
Mots clé : Expérimentez le modernisme pour comprendre le façonnage du monde contemporain. Comment penser la révolution moderne en peinture, en poésie, en musique et dans tous les arts ? Comment saisir le sens unitaire d’œuvres pourtant si différentes dans leur expression ? Dans ce livre, Hadrien France-Lanord, philosophe passionné et engagé, montre, à l’aide d’exercices de lecture et d’écoute, pourquoi cette révolution n’est pas simplement esthétique, mais également éthique et politique. Elle nous engage dans chaque aspect de notre existence. Elle nous révèle des possibles insoupçonnés… Un ouvrage fondateur pour mieux aimer les grandes œuvres d’art qui font notre histoire.
bah moi je vais plutôt là qu'à la
piscine enfin mais mais mais
littéralement quoi enfin c'est-à-dire je
ressors
plus vivifié de mettre baigner dans les
ninféa que que qu'à la piscine ou ça ça
en fait je suis moins à l'aise mais mais
ça c'est moi que ça concerne mais mais
ce que je veux dire c'est que c'est une
expérience de cet ordre qui est à la
fois c'est pour ça je disais
athlétique et en même temps voilà la
possibilité d'un
espace qui n'est pas n'importe quoi mais
qui qui est fluctuant qui est vivant qui
est animé et dans lequel on peut se se
mouvoir c'est extraordinaire comme comme
comme expérience de de liberté je
trouve bonjour bienvenue dans dialogue
je suis Fabrice Midal philosophe
fondateur de réseau l'école de
méditation onont fait bien plus de
choses que la méditation méditation
c'est vraiment une ouverture à la
présence alors on parle d'art de poésie
de la vie des difficultés de la vie de
thérapie vous n'hésitez pas à les
regarder vous allez voir c'est
passionnant je vais vous faire une
confidence il y a quelque chose qui me
frustre profondément c'est que quand je
parle à la plupart des gens ils nonont
pas du tout l'expérience qui est au cœur
de ma vie que voir un tableau écouter un
morceau de musique ça peut changer la
vie ça peut faire un bien fou et ça me
frustre parce que je me rends compte que
c'est pas parce que ça leur plaît pas
c'est pas parce que c'est pas pour eux
comme la plupart des gens le croient
c'est juste qu'on leur a pas montré
comment on fait pour apprécier un
tableau comment on fait pour pouvoir
écouter un morceau de musique et que ça
nous transforme ça nous élève on leur a
pas montré et non seulement on vous a
pas montré mais les conseils qu'on donne
habituellement rendre la
chose fastidieuse difficile on a
l'impression qu' avoir tellement de
connaissance pour pouvoir apprécier un
tableau qu'on dit on y arrivera jamais
et c'est dommage parce qu'il ne s'agit
pas du tout de savoir d'emaganiser des
connaissances mais juste juste de se
placer comme il faut pour pouvoir être
bouleversé éclairer éveiller libérer que
les œuvres d'art les œuvres les œuvres
les plus belles de notre humanité elles
sont là pour nous aider pour nous aider
à vivre et c'est ça que je vous propose
dans cet épisode de dialogue vous
donnerz toutes les clés pour que vous
aussi aller au musée soit non seulement
possible facile mais que ça vous fasse
vraiment du bien et pour ça je reçois
Adrien France lanord parce que c'est
vraiment le guide ultime pour pouvoir
apprécier une œuvre d'art ça le concerne
tellement il est tellement amoureux de
peinture et de musique que vous allez
voir c'est contagieux vous allez être
pris aussi par ce par cette maladie
merveilleuse la maladie d'aimer les
œuvres d'art pour se sentir mieux c'est
tout de suite c'est dans dialogue et
vous allez voir c'est
passionnant bonjour Adrien bonjour je
suis vraiment très content de te
recevoir pour parler d'un sujet qui me
tient à cœur comment regarder une œuvre
d'art comment regarder une œuvre d'art
voilà c'est une chose qu'on fait souvent
ensemble là on peut un peu faire un une
confidence à tous ceux qui nous écoutent
on a passé beaucoup d'heures à regarder
des œuvres d'art ensemble et je suis
content de partager ça avec tous ceux
qui nous écoutent quand on parle de
regarder une œuvre d'art mais on va
parler aussi d'écouter un morceau de
musique d'être en rapport n'importe
quelle œuvre d'art il y a un sentiment
très fort pour beaucoup de gens que
c'est pas
accessible pourquoi
bah peut-être le le les conditions enfin
le fait que ce soit posé comme œuvre
dans un dispositif culturel
muséographique c'est intimidant l'espace
la salle de concert est intimidante les
les gens savent pas que que c'est
accessible à tout le monde que
d'ailleurs c'est souvent très peu cher
pour les étudiants donc les jeunes en
fait peuvent y aller il y a une espèce
de hers
d'intimidation social et culturel et
donc il y a d'abord ça l'installation
alors que il y a une époque où les
œuvres d'art étaient présentes dans la
vie
euh l'art religieux les œuvres sont
présentes pour tout le monde l'art des
cathédrales c'est un c'est un art
populaire visible dans la vie les gens
vivent avec comme on voit encore
d'ailleurs une cathédrale dans une ville
euh ça ça transforme la la la ville
l'espace le plus ordinaire des gens
euh et puis et puis dans le monde grec
c'était aussi présent partout alors nous
il y a une sorte de séparation
entre la vie ordinaire la vie
quotidienne la vie de tout le monde et
les œuvres d'art et dans ton livre parce
qu'au fond ton livre c'est vraiment une
initiation extraordinaire à rentrer dans
l'œuvre d'art à partir de de de notre
vie tu montres vraiment bien tout ce
processus comme tu as dit de culturel de
mise à
distance d'intimidation de
oui en et d'ailleurs c'est vrai aussi
pour la poésie tu vois puisque la poésie
était chantée il y avait toute l'oralité
elle était
elle était présente bien sûr à des
moments un peu spécifiques ce soit les
Jeux Olympiques par exemple le fait que
les Jeux Olympiques s'accomplissent par
un grand moment de poésie chanté par
tandar dans le monde grec euh c'est tout
à fait inattendu c'est il faudrait
imaginer que la cérémonie des Jeux
Olympiques se termine par euh les hymnes
de ce qu'il y a de plus grandes poésies
contemporaines voilà alors euh oui tout
pour nous la poésie c'est un peu
élitiste c'est dans des livres a pas du
tout voilà c'est dans des espaces euh
fermés en fait et avec des problèmes de
compréhension d'intelligibilité est-ce
que je vais être capable de comprendre
alors que là il s'agissait d'être
surtout euh pris dans un rythme donc si
on veut rentrer dans l'œuvre
d'art il faut commencer par essayer de
de de sortir de cette intimidation oui
et c'est ce que j'essaie de faire de de
de retrouver le le le rythme et la
pulsation de comment une œuvre qu'elle
soit poétique musical pictural
sculptural
euh comment on peut être pris par ça et
en fait le point de départ je crois de
tout ça c'est que moi je regarde des
uvres d'art depuis que je suis assez
jeune pratiquement depuis l'âge de 14
ans puis de plus en plus à mes 17 18 ans
et cetera donc à un moment où on n'a pas
euh j'avais pas les moyens ni
intellectuels ni euh vraiment culturels
de les de les connaître au sens savant
du terme et tout ça et en même temps je
commençais à travailler donc à étudier
ces œuvres et en même temps que
j'étudiais je voyais bien queil y avait
une espèce d'écart entre ce que
j'étudiais la connaissance technique que
j'étais en train d'acquérir euh et qui
m'apportait certaines choses mais que ça
ne répondait pas à ce qui se passait
quand j'étais moi devant la personne de
17 ans avec un corps devant un tableau
et et pourquoi je restais là je savais
pas mais je restais et la connaissance
technique et et disons d'historien d'art
que j'étais en train d'acquérir petit à
petit ne m'aidait pas forcément à
élucider cette expérience alors ça m'a
ça m'apprend plein de choses et et je
prends appuie
sur beaucoup de de de de choses que j'ai
étudié et lu et qui apprennent aussi à
regarder et cetera mais mais ça
ne du point de vue de l'expérience je
suis toujours aussi euh jeune si je puux
dire et c'est toujours aussi nouveau et
le fait que j'ai besoin de ces œuvres
pour vivre
euh ça ça n'a pas changé et donc j'ai
essayé
d'écrire un peu ça c'est-à-dire qu'on
trouve assez rarement quand j'étais
jeune et j'ai trouvé très peu de livres
qui qui qui partent une expérience pour
apprendre à à voir en prenant appui sur
l'expérience incarnée existentielle et
pas d'abord sur le savoir qui entoure
les œuvres disons partir au fond du
bonheur que peut-être pour un être
humain d'être en rapport à une œuvre
d'art c'est ça le point de départ i oui
alors donc et et le le point de départ
est le point d'arrivée en fait parce que
il s'agit pas de dissiper ça il s'agit
de le nourrir de l'intensifier et faire
que que l'expérience présente soit
encore plus vivante c'est pas faire le
tour de l'œuvre c'est pas ça quand on
parle du rapport à l'œuvre d'art donc on
est c'est deuxième point dont tu parles
on est un peu intimidé là par la culture
on a l'impression que si je ne peux pas
savoir le sens de l'œuvre ce qu'elle a à
dire son histoire je peux pas
l'apprécier donc il y a tout un rapport
disons à la culture donc on est un peu
désarcené parce qu'on sait jamais assez
puis une fois qu'on en sait on en sait
encore pas
assez mais je voudrais on va aborder
aussi on oppose au savoir l'émotion donc
là il y a pas longtemps j'ai allé
visiter une galerie qui montrait des
œuvres d'art africain et la personne me
disait alors i je disais je connais pas
vraiment donc je j'arrive pas bien à me
repérer et me disait mais non il y a pas
besoin de de connaître fait juste
confiance à votre émotion je peux pas
faire confiance à émotion c'est un monde
complètement nouveau j'ai je je suis pas
donc du coup j'ai du mal à voir j'ai
besoin d'apprivoiser ce Mondel mais dans
notre monde on a toujours ça soit c'est
la connaissance soit c'est l'émotion ce
que tu montres dans dans tout ton livre
c'est que c'est une fausse dichotomie
oui parce qu'en fait c'est c'est le
problème du statut de l' re d'art
d'ailleurs dans le monde philosophique
qui est le nôre c'estàdire les
philosophes situent l'œuvre d'art
souvent comme une pensée mais sensible
donc une espèce de paradoxe en fait
parce qu'on est pris dans l'opposition
le sensibleintelligible et donc on on
voit bien que il y a du sensible qui
nous touche de manière immédiate et en
même temps on voit bien que c'est
organisé et cetera et cetera peut-être
on peut juste sortir de de ça et
considérer que une
forme c'est c'est perceptible par
l'essens c'est vivant ça nous touche de
manière immédiate et en même temps c'est
construit c'est donc aussi penser et que
si on regarde les formes ou si on
regarde la circulation de la couleur
dans une
œuvre c'est pas du tout une espèce
d'immédiateté impulsive comme ça c'est
très ordonné et donc on peut peut-être
pas nécessairement
apprendre ce qui tour l'objet culturel
je veux dire
euh les questions stylistiques les
questions d'influence les questions
comme ça mais apprendre en revanche à
regarder euh ce qu'on voit et ça
effectivement c'est un apprentissage qui
à nouveau va
va donner de l'épaisseur à l'émotion
c'était ça va creuser l'émotion plutôt
que l'émotion immédiate elle est en plus
c'est des œuvres souvent il ils ont mis
des années voire des décennies pour y
arriver donc il y a cette ambiguïé là
qu'une œuvre d'art il y a quelque chose
d'immédiat on la voit tout de suite et
c'est parfois le travail de 30 ans d'un
artiste donc donc on va parler tout
regarder tu vois euh même très
simplement et et et comme je fais moi
dans mes
carnets une espèce de description qui
dit à la fois ce que je vois ce que je
sens mais en en en en en voyant comment
c'est construit tout ça de manière très
simple mais en même temps très
rigoureuse donc on va voir après en
détail on va prendre un ou deux exemples
on va prendre un tableau de de monie un
tableau de San puis on va faire un petit
exercice pour voir comment on peut on
peut faire cette C cet exercice du
regard qui n'est pas justement de la
connaissance savante mais pas juste en
rester à l'émotion oui mais avant de
faire ce petit exercice on pourrait
creuser un peu sur le problème de la
connaissance en quoi ça peut en quoi
connaître un tableau ne permet pas de
l'aimer pas nécessairement de l'aimer ça
peut aider bah alors là peut-être y a y
a ça dépend un peu des des types
d'œuvres et il faut dire aussi que mon
livre parle beaucoup d'art moderne
c'est-à-dire un art dans lequel
justement euh l'histoire que ce soit en
poésie le récit ou en peinture ou
l'histoire de ce qui est figuré de ce
qui est l'objet de l'œuvre
d'art a pratiquement disparu
c'est-à-dire on a c'est pas je veux dire
c'est pas Saint-Luc et on a besoin de
savoir qui est Saint-Luc et dans
l'Évangile et et les personnages et
cetera et cetera comme dans la peinture
religieuse ou l'art moderne c'est un art
qui prend appui sur l'expérience
incarnée de l'espace donc d'une certaine
manière le fait qu'il y ait pas de sujet
ça facilite cette question là
c'est-à-dire il y a pas toute cette
connaissance disons culturelle à à
acquérir du sujet de la tradition et de
ce que signifie symboliquement et cetera
et cetera c'est aussi ça que que j'aime
bien et du coup on est livré à juste ce
qu'on voit ou ce qu'on entend et euh et
de ce point de vue-là la musique c'est
un peu toujours comme ça puisque on voit
bien que il y a du sens mais ça ne
renvoie à rien d'intelligible ça ne
renvoie à rien qu'on puisse situer dans
dans dans dans une histoire euh quand
j'écoute un morceau de musique j'ai pas
besoin de comprendre il y a pas il y a
pas un truc que j'ai à comprendre mais
par contre quand je vois un tableau je
reste un peu enquilosé par l'idée mais
qu'est-ce qu' V dire le tableau voilà
c'est ça et et et il y a un texte très
beau de de mathtis où il parle de gioto
donc on pourrait dire les fresques de
gioto c'est l'histoire de Saint-François
à Assise les fresques d'assise c'est
l'histoire de Saint-François donc il y a
il y a le moment où il renonce à
l'héritage du père il y a le moment du
sermon aux oiseaux donc il y a des
moments qu'on peut identifier qu'on peut
nourrir avec des sources littéraires et
là biblique et tout ça et c'est pas
inintéressant mais en fait il y a aussi
juste la couleur l'espace l'organisation
de l'espace et et et cette manière qu'à
Saint-François d'être tout ouverture à
des petits oiseaux et on peut aussi le
regarder comme ça presque comme si
imaginons
que un Japonais dans dans dans 5 siècles
qui ne sait rien de la culture Bibl
occidental tombe sur ça comme un peu
nous on tombe sur Lasco on n sait rien
Lasco est-ce queil y avait un culte
religieux du BF du bison et cetera on n
sait rien et donc on est on est astreint
à se mettre face à juste qu'on voit et
et la couleur comment c'est vivant
comment ça organise l'espace quelle
quelle effectivement tonalité émane de
de de la fresque et Matis en tant que
artiste moderne dit il faut regarder
gioto comme ça avant le sujet en fait tu
tu cites aussi cette phrase de de césane
qui est pareil à propos de de
veréronaise oui qui est un peintre de la
Renaissance voilà donc veronaise on
pourrait dire juste pour situer les gens
peuvent aller voir les noces de Cana au
l'ouvre donc bien sûr c'est un épisode
biblique du du Christ qui va transformer
l'eau en vin à la fin de des nos et
cetera il y a tout un sens qui est
intéressant mais aussi il y a ce que dit
césane on les aime si on aime la
peinture on ne les aime pas si on
cherche dans la littérature à côté si on
s'excite sur l'anecdote le sujet voilà
donc ça voilà si on veut s'occuper ce
qu'on nous apprend un peu il faut que je
connaisse l'histoire pour voir comment
l'histoire est représentée can dit alors
là vous aimez pas ça reste extérieur et
toi au fond ce que tu nous invites dans
ton livre c'est rentrer dans cette
expérience on va aimer le tableau parce
qu'il va nous concerner nous aider à
vivre et après il dit un tableau ne
présente rien ne doit rien représenter
d'abord que des couleurs moi je déteste
ça toutes ces histoires cette
psychologie cette péderie cette
pédentterie autour par bleu ça y est
dans la toile les peintes ne sont pas
des imbéciles mais il faut le voir avec
les yeux avec les yeux vous m'entendez
bien oui et donc voir avec les yeux ça
veut dire voir les noces de Cana d'abord
comme cette espèce de de de déferlante
fabuleuse de de de couleur cette cette
ivresse en fait il s'agit de noce alors
bien sûr on peut dire les noces de Cana
il se passe ça il se passe ça il se
passe ça on peut identifier tel
personnage mais on peut aussi se mettre
devant les noces de Cana bà c'est un peu
difficile puce que vu la situation dans
la salle du Louvre vu qu'il y a la queue
pour la Joconde et tout malheureusement
c'est c'est un peu triste mais mais
aller se mettre devant les no de Cana en
se laissant prendre juste par ce qu'on
voit par les yeux et en
fait cette immense ivresse de peinture
qui nous prend et et et la fête est à la
fois la noce figurée et la noce de nous
avec la peinture en fait c'est ça qui se
passe et et les mouvements des corps et
les torsions et et la et la beauté des
verres et des et l'étagement des
couleurs et tout ça c'est c'est ça tout
le monde peut regarder comme ça et mais
simplement il faut le dire en fait et
comme il faut er d'être simple il pour
regarder laêtre simple tout en y passant
le temps parce que pour s'imerger
là-dedans il faut
accepter de rester un peu en fait parce
que là par exemple c'est un tableau
immense il se passe énormément de choses
et avant d'entrer dans l'espace euh il
faut il faut s'abandonner à lui donc ça
ça prend un peu de temps et euh et
contrairement à l'audioogide que les
gens regardent écoutent souvent dos
tourné au tableau parce qu'en fait
l'udiogide raconte une histoire qui qui
a sa vie autonome indépendamment de
l'œuvre et moi je
propose le contraire de l'audioogide en
fait que que surtout on nécoute rien en
même temps et que simplement comme dit
sésane on regarde avec les yeux et
peut-être que ça va être la collusion
d'un orange et d'un vert qui tout à coup
nous nous nous ouvre le cœur et et voilà
on repart avec ça et et ça suffit ça
peut suffire on n pas besoin d'avoir
embrasser tout le tableau et et ça
m'arrive d'aller voir des tableaux et
d'aller en revoir et et peut-être c'est
c'est juste ça c'est tel arbre dans un
tableau de Poussin qui cette fois-ci m'a
m'a m'a aidé euh
m'a aidé à voir le monde respirer et
chanter et et et ça suffit en fait c'est
c'est c'est très bien ça et on a pas
besoin toujours de mais en revanche il
faut quand même passer un petit peu de
temps ce temps que je dirais d'abandon
parce qu'on arrive avec nos repès à nous
les repès visuels de la vie courante où
tout est ordonné selon l'utilité
pratique et tout ça et tout à coup une
image c'est un autre monde c'est un
monde qui a ses lois à elle comme au
concert on arrive au concert on sort on
était dans le métro il y a les bruits ou
sur le périphérique les voitures les
conversations ordinaires et puis tout à
coup je crois qu'il faut faire ce
silence intérieur pour se préparer à
entendre la naissance du son et et tout
à coup quelque chose qui si on se
dispose fait une espèce de de de chair
de poule enfin je veux dire un son
d'orchestre c'est c'est c'est ça tout le
monde peut le peut le sentir mais mais
il faut s'y ouvrir voilà et peut-être le
travail je dirais que c'est ça c'est de
s'ouvrir à l'œuvre de la laisser
s'ouvrir avec sa musicalité propre en
couleur en espace en donc là il y a des
choses très simples que qu'on peut
donner comme conseil par exemple dans
une exposition c'est pas la peine de
tout voir l'idé l'idée c'est les gens
ils veulent voir tous les tableaux donc
on va assez vite oui et puis au fond ça
permet pas de faire l'expérience toi au
fond tu conseilles c'est pas grave de
pas tout voir d'avoir vu que quelques
tableaux mais non seulement c'est pas
grave mais c'est impossible les les les
non mais les grandes rétrospec sont
faites ce qui est formidable c'est que
ça donne l'occasion c'est pour ça que
moi j'y vais de nombreuses fois et
plusieurs fois parce que je peux pas du
tout assimiler même pour des peintes que
je connais très bien quand il y a 150
œuvres rassemblées ce qui est formidable
c'est que il y a des œuvres qui viennent
de de pays très lointains de musées dans
lesquels on pense qu'on ira jamais donc
on a l'occasion de les voir mais l'idée
que on va tout voir non il faut se
promener d'abord dans toute l'exposition
et aller vers
ce qui nous parle et et et et comme ça
et ensuite petit à petit c'est important
de dire ça juste alleer voir un ou deux
tableaux qui vous parle ça c'est
vraiment très important si on regarde la
circulation des expositions aujourd'hui
et on voit très bien au début les gens
sont sont plein de bonnes intentions
très disciplinés très concentrés se
disent bon je vais apprendre plein de
choses donc il disent tous les cartons
il lent tous les trucs au début il passe
beaucoup de temps puis petit à petit
forcément la concentration il faudrait
7h si on voulait faire toute
l'exposition une grande exposition je
veux dire comme ça rétrospective il
faudrait 7h et personne n'a la capacité
d'abord d'être concentré 7 he comme ça
et donc petit à petit ça se ça se
disperse ça se déconcentre et vous
regarderez souvent les les salles de la
fin où il y a parfois les plus grandes
œuvres j'ai vu ça moi en 2006 à la
grande exposition sésane à ex en
Provence il y avait très peu de gens
dans une salle
absolument fantastique de de de saines
victoires tardives qui sont toutes aux
États-Unis et là il y avait presque plus
personne parce qu'il s'était fatigué au
début et alors que il faut se balader et
voir ce qui nous appelle voir ce qui
nous appelle d'abord après on peut faire
aussi ce travail et apprendre et voir
l'évolution de césane et par exemple et
cetera et cetera mais commençons pas par
ça mais commençons pas par ça et
n'identifions pas le le rapport à
l'œuvre d'art à ça c'est ça c'est çaent
euh surtout euh effectivement et c'est
voilà c'est ça qu'on appelle la culture
c'est l'ambiguité à la fois ces
expositions parfois très Bell parfois
trop culturell
euh sont un peu ternes finalement parce
que c'est
juste comme ça cette espèce de savoir
qui entoure les œuvres alors que
euh allons-y euh circulons et et et même
moi une exposition où je connais déjà
les tableaux pour les avoir déjà vu
j'essaie de d'être vierge et de et de me
dire ah bah tiens euh aujourd'hui c'est
celui-là qui qui m'appelle plus que
d'habitude euh d'habitude j'ai un peu
mes préférés tout ça on les connaît un
peu puis et puis ah bah tiens
aujourd'hui là c'est celui-là euh cette
composition là j'avais pas fait
attention et elle elle me parle et ben
voilà je je je suis ça et je verrai pas
tout
et et voilà et c'est pas et c'est pas
grave alors l'autre point don que je
voulais qu'on aborde c'est c'est
l'émotion je voulais qu'on essaie de
montrer que le rapport à l'œuvre d'art
ne consiste pas simplement à ressentir
une émotion oui et ça c'est aussi très
difficile dans dans notre monde oui oui
oui oui parce
que c'est alors la peinture évidemment
ça ça procure comme ça une émotion de
joie de tristesse immédiate de cet ordre
et en fait la musique non plus si on
regarde ça ser c'est intéressant avec la
musique parce que si on regarde certains
mouvements l de de Beethoven par exemple
de
Beethoven tardif ou les les sonates pour
piano de Beethoven on peut écouter ça
c'est disponible partout maintenant en
plus avec Youtube avec tout ça tout le
monde là peut peut peut trouver ça
si on écoute c'est pas juste triste
c'est des moments où où où betov va dans
une espèce de lenteur de profondeur dans
quelque chose qui est oui des moments où
la vie se concentre et je dirais moi il
m'aide à nouveau à cheminer il y a des
moments j'ai besoin de tel morceau à des
moments difficiles de la vie ou des
moments plus joyeux mais l'œuvre
elle-même je vais pas me morfondre dans
une tristesse betthovenienne en fait il
il porte quelque chose et il explore
quelque chose du corps
humain qui à la fois aide je dirais
notre tristesse à trouver son volume son
épaisseur son son registre mais en même
temps ça ne nous plombe jamais donc
c'est pas une émotion immédiate c'est
pas comme ça
c'est c'est une exploration
euh de la vie euh
intime où je crois émotion et et et
pensées ne sont pas si dissociés que que
ça c'est-à-dire une une une grande
émotion c'est aussi une manière de se
mettre en rapport à soi de se mettre en
rapport aux choses c'est aussi une
manière de de penser en fait c'est pas
une espèce de confusion qui nous
submerge alors en fait les gens sans
s'en rendre compte en parlant d'émotion
réduisent l'émotion à quelque chose qui
serait du corps opposé à l'esprit oui et
au fond ça sans s'en rendre compte ils
sont complètement prisonnier d'une
certaine histoire philosophique
métaphysique et au fond tout ton travail
c'est d'essayer de montrer que non mais
on n'est pas coupé comme ça on n'est pas
coupé comme ça et puis il y a pas d'un
côté le corps et l'esprit c'est beaucoup
plusita il y il y a pas le corps et
l'esprit et de ce point de
vue-là on a des émotions immédiates euh
euh moi je peux je peux je peux pleurer
devant des choses très élémentaires très
immédiates très instantanées euh
pratiquement
euh chaque fois que j'ai vu un athlète
se faire remettre une médaille ça me
fait pleurer bon voilà c'est parce que
il y a l'émotion de d'un accomplissement
d'une vie de travail de tout ça et
cetera et qui est immédiate mais c'est
pas une garantie de de de profondeur
sentimentale pour autant euh c'est une
émotion immédiate on en a
elles ont leur importance
maisut dimension qu'on essaie de
d'explorer dans l'œvre d' c'est pas
comme ça c'est pas cette
instantanée sentimentale qui qui qui
joue un rôle dans notre vie et qui c'est
pas moi je suis suis très content de
pleurer en voyant les Jeux Olympiques
c'est pas que j'essaie de le bannir de
moi ça mais j'attends pas ça de l'œuvre
d'art ça va pas me procurer un frisson
comme ça ouou et cetera en revanche
c'est une c'est une
entrée où on découvre que est-ce que il
faut dire vibration euh tonalité le fait
que qu'une émotion dans le sens où on
essaie de le dire c'est une manière
de de découvrir à la fois le monde soit
c'est c'est un c'est une découverte
c'est une exploration c'est pas c'est
pas comme ça forcément trépidant c'est
que toutes les choses apparaissent sous
une certaine couleur et et d'ailleurs
c'est rare qu'il y ait qu'une seule
couleur et donc en plus c'est c'est un
mélange c'est c'est rare qu'on est
qu'une seule émotion en fait sauf des
émotions effectivement très simples et
très très immédiates mais mais la vie
humaine elle est une stratification
constante et si on regarde bah les
grands peintres on voit ça où le O le
Bethoven justement tardif que que j'aime
tant il y a l'extrême aigu il y a
l'extrême grave alors on peut
l'expliquer en disant oui parce que à ce
momentl il était sourd et il entendait
pas la partie médiane il entendait que
les les les contrastes et tout
ça oui ça ça c'est vrai aussi mais mais
nous en fait on peut aussi très bien ne
pas savoir qu'il était sourd et voir ce
que ça veut dire que il y ait cette
contiguité de de parfois de d'une espèce
de clarté très aigu et en même temps
d'accord très grave et que nos vies
voilà sont sont sont comme ça on se
réjoué profondément parce que votre
enfant fait ça et cetera et en même
temps il y a ma grand-mère qui est en
soin palliatif et et c'est ces
simultanéité là euh et ça veut pas dire
forcément que elle est en soin palliatif
donc c'est triste euh ça aussi c'est
plus complexe c'est pour ça que je dis
l'émotion c'est pas c'est pas ce
frémissement immédiat c'est je pense que
pour comprendre ce que tu le sens il
faut il faut parler au fond du sens de
l'œuvre d'art au fond c'est ça
l'illusion il y a une illusion le sens
de l'art c'est de nous donner des
informations et une connaissance oui et
donc ça mais non c'est idiot c'est
beaucoup plus riche que ça oui et pour
avoir a regarder sur internet c'est
voilà si c'est pour comme Mo des uvres
d'art qui vous expliquent qu'ils sont
contre la guerre ben vous lisez un truc
sur Internet voilà et là on a pas besoin
de la présence de l'œuvre en fait là le
livre les copies les images suffisent
donc l'œuvre d'art n'est pas là juste
pour donner une information elle n'est
pas là non plus pour donner un frisson
émotionnel on peut on peut en avoir en
regardant la télé comme tu décris ça ça
part aussi à prendre des informations ça
peut avoir un pas mais là l'œuvre d'art
c'est ni l'un ni l'autre et c'est ça qui
manque ok l'œuvre d'art
alors quel est son sens un peu un peu un
peu grossière à quoi ça sert et en te
lisant et même en écoutant ce que tu dis
ce que tu dis c'est que ça nous aide à
vivre et qu'au fond la con une pensée va
pas m'aider à vivre ressentir une
émotion bon ça va me toucher d'accord
mais en quoi ça va m'aider à vivre et
l'œuvre d'art elle est une amie ou qui
est là pour m'aider à vivre et c'est ça
je crois qui un peu le le noyau aussi de
de ton livre que tu essayes de mon oui
c'est tu esses de voilà tu essayes de
montrer que chacun chacun d'entre nous
peut trouver des œufs qui vont l'aider
oui et
oui oui tout à fait et si on attend
comme ça ce grand frisson instantané on
sera toujours déçu mais parce que ça
c'est la culture de voilà de ce que
Pascal appelé le divertissement de ce
que l'industrie américaine appelle
enttainment et si on attend de tout que
ce soit
Entertainment c'est la course vers une
excitation toujours plus grande et bon
c'est c'est un vieux problème
philosophique archiclassique et ça se
termine par la mort en fait donc là il y
a a il y a pas d'issu en revanche elle
elle nous aide à vivre parce que si on
si on l' accueilli on accueille un
espace on accueille une vibration qui
renouvelle par exemple j'ai vu j'ai vu
cet été le tableau Jackson Polock qui
est à dusldorf qui un des c'est le plus
beau Polock qui est en Europe c'est un
très très grand polo de 1950 tout ça des
des plus grandes œuvres j'ai passé du
temps devant et en fait depuis il arrête
pas de de revenir de Me de Me travailler
son espèce de de chorégraphie magnifique
est en moi elle elle elle continue de
vivre en moi et je suis frappé de de
voir comment le le tableau continue de
me nourrir alors
pas émotionnellement au sens où on
essayait de le dire mais mais renouvelle
c'est-à-dire il y a une telle capacité
de voir que l'espace est à la fois une
immense liberté et des points de
rencontre dans Polock il y a toujours
que que que les les choses se
rencontrent c'est c'est ces gerbes comme
ça elle créent des des nœuds où des
choses se produisent et tout à coup ça
me nourrit tellement dans dans dans dans
ce que c'est que le possible et la
liberté donc à la fois ça me nourrit
c'est quand j'y pense je me sens presque
d'un point de vue pulmoné
[Musique]
renouvelé et en même temps ça renouvelle
ma pensée de la liberté et de ce que
c'est que la liberté le rapport à
l'espace et que une vie ça peut être
comme ça comme une surface de polooc où
où on ouvre l'espace où où on fait que
chaque point au lieu d'être un nœud
fermé crispé est un est un lieu
d'articulation ou quelque chose
d'imprévu ce ce produit et surgit et et
et et voilà cette espèce de de
surgissement renouvelé
euh continue de m'alimenter euh je dois
dire et et et c'est pour ça que d'aller
revoir comme ça une œuvre c'est tout à
coup reprendre appui sur ça et et on
redécouvre le miracle que un homme est
allé si loin il a il a mis tout son
corps comme ça là et nous on peut voilà
s'appuyer
et renouveler notre regard ça renouvelle
notre regard euh c'est une chance inouie
ça de pouvoir renouveler euh l'attention
qu'on va porter à la lumière comment la
lumière se porte sur une surface sur un
arbre sur tu dis tu dis deux choses un
l'œuvre d'art nous aide à sortir des
habitudes mécaniques qui font que le
monde est moins vivant donc voir une
œuvre d'art fait que d'un seul coup ça
nous ouvre les yeux et le monde est
vivant donc et puis là c'est vrai on a
moi j'ai souvent dépence on voit des
tableaux on sort et on voit les arbres
autrement l'eau autrement les gens
autrement le peintre nous prête un peu
ses yeux et on voit autrement donc ça
c'est prendre le temps de voir une œuvre
d'art c'est une libération de la fatigue
qui nous prend tous mais tu tu tu dis
aussiououi que Polock t'apprend à être
libre est-ce que tu peux essayer est-ce
que c'est ça au fond qui est peut-être
le plus surprenant pour les gens et qui
vaut la peine d'apprendre en quoi voir
un tableau de polo m'apend à être libre
mais alors là à nouveau je pense que et
c'est aussi pour ça que mon livre par
beaucoup d'art moderne c'est que il y a
l'exploration dans dans l'œuvre d'art
moderne d'une liberté inédite
c'est-à-dire les gens disent oui on a
perdu tous les repèrs et cetera donc
effectivement on est sorti de système de
valeurs qui ont duré pendant des siècles
et qui ont fourni des points d'appui à
toutes les conceptions sociales de la
société du du du mariage de l'école et
cetera et cetera donc beaucoup le
christianisme nous et et et voilà ça ne
structure plus notre monde et donc ah on
a plus de point de repère et cetera mais
en fait on n pas plus de point de repère
Pollock en fait ces artistes modernes
Polock Mony césane ont fait ce travail
d'exploration de la liberté nouvelle du
fait
que dans leurs œuvres il n'y a pas de
cadre préalable comme il y a dans les
œuvres par exemple de la Renaissance le
cadre préalable de la perspective avec
une hiérarchie de plan un centre et des
figures qui sont signifiant par rapport
à où elles sont si elles sont au premier
plan elles sont plus importantes au
deuxième plan c'est moins important et
là tout à
coup le tableau entier c'est d'abord ça
la liberté c'est que le tableau est
immense et il y a pas de plan tout est
sur le même plan il y a pas de fond il y
a pas de forme sur un fond c'est pas
vraiment une forme et pourtant il se
passe quelque chose de très structuré
c'est pas n'importe quoi
et chez sésane la chose la plus
étonnante c'est que c'est très très très
très structuré pour le coup là on
reconnaît d'un point de vue figuratif
une montagne une table et cetera mais si
on regarde de près c'est une structure
qui s'invente à mesure qui met de la
couleur c'est pour ça qu'en fait tout
est en même temps de travers tout est de
guingois la table est de travers d'un
point de vue géométrique il a pas eu une
géométrie préalable il a mis des
couleurs donc là tel qu'il sentait et
les couleurs ont fait que la forme
s'invente et ça je trouve que c'est un
des miracles de l'art moderne c'est que
il y a cette expérience d'une structure
d'une architecture mais qui se découvre
qui s'invente à mesure et je crois que
c'est ça une vie humaine que c'est une
architecture qui s'invente et de ce
point de vuel
euh bon il y a sûrement des gens qui
prennent appui sur des architectures
préalables et qui décident d'ordonner
leur vie à l'avance et cetera et cetera
ça je trouve que moi ça m'enferme et et
et et j'aime que effectivement la vie
s'invente mais la vie s'invente c'est
pas une banalité pour dire on fait
n'importe quoi en tout sens c'est que
c'est très c'est très senti CESA ne
progresse pas à pas et et en même temps
les choses prennent forme et chaque fois
qu'il refait une table ça se réinvente
et et c'est et donc structuré et et
inventer et c'est ça la liberté je
trouve si je peux reformuler donc en
voyant le tableau de sésane oui tu
apprends à être un peu plus libre c'està
dire à sortir des points de repère fixes
donc ça rejoint ce qu'on a dit tout à
l'heure premier point ça lave mon regard
et au lieu d'être pris par des habitudes
qui font que je regarde plus les aussi
bien les armes la lumière les couleurs
tout devient un peu fatigué ça réouvre
donc ça me redonne à fond du souffle et
en même temps par rapport à ma vie
comment je la vis en voyant une œuvre
aussi vivante que vivante que polooc ça
te montre toi-même comment te libérer
voilà de de certains point un peu fixes
de de manière dont on se bloque soi-même
on se fige ça ça défige ta propre vie
c'est absolument oui donc voir le
tableau vois de de poloque c'est une
expérience ce en train de dire c'est une
expérience vraiment existentielle qui
qui t'aide à vivre c'est une expérience
athlétique parce que il s'agit là devant
un tableau de Pol qui est très grand et
et et et de mettre son corps devant et
de de recevoir ça c'est une expérience
existentielle c'est une expérience
méditative c'est une expérience
sentimentale tout ça de manière non
séparée mais on on peut
prendre parce que là peut-être tout le
monde va pas aller à Dusseldorf tout
suite mais le le le un des grands
panneaux de NFA qui est à l'Orangerie où
là tout le monde peut y aller euh disons
pas celui où où il y a le sa hein euh où
il y a les deux extrémités plus plus
sombres et euh et au centre le le le
bleu et alors voilà par exemple si on
dit OUI Mony c'est impressionniste et
cetera et cetera là vraiment ça va pas
du tout nous aider si on dit parce que
bon qu'est-ce que ça veut dire
impression qu'est-ce qui se passe et
cetera euh en plus à ce moment-là de son
travail est-ce que on pourrait encore
parler d'impressionnisme tout ça c'est
c'est pas vrai et et et donc là le le le
isme euh fait écr à quelque chose qui
qui va pas nous aider si on lit que il
souffrait de la cataracte et que
peut-être il était un peu aveugle et
cetera et cetera là ça va pas nous aider
puis c'est presque insultant donc là
c'est même un peu
désagréable même si sans doute
effectivement il y avait quelque chose
de mais les rapports de couleur il les
voyent parfaitement donc de toute façon
c'est pas le sujet en revanche si on
regarde ce qui se passe et bien on voit
tout de suite par exemple que euh un
tableau traditionnellement il y a une
ligne d'horizon et donc ça permet que le
spectateur se situe par rapport à une
ligne d'horizon en table un tableau en
perspective il a un point vers lequel un
point de fite vers lequel converge et
donc on est on entre dans un espace on
on est pris par la main par la
construction spatiale on n'est pas du
tout perdu il y a ces cadres que
j'évoquais qui sont en plus des cadres
de symbolique de les figures divines
sont plus grandes et cetera et cetera et
la la ville la vie séculaire des hommes
est à l'arrière-pl et et ainsi de suite
et la
monnaie parfois il y a pas vraiment de
ligne d'horizon parfois elle est très
très très
remontée ce qui est complètement
inattendu parce que tout à coup la ligne
d'horizon est est en hauteur et donc on
sait plus c'est l'horizon de l'eau de la
surface de l'étan de l'endroit où l'étan
et le ciel se Touch et cetera donc en
fait on on est on est perdu on est tout
simplement perdu par rapport au repères
traditionnel si on regarde vraiment si
on prend le temps de se mettre devant on
voit que on a plus nos repères courants
ou dans la vie courante il y a le bas il
y a le haut il y a la droite il y a la
gauche en plus sur un tableau
traditionnel de chevalet B on peut
l'embrasser du regard alors que
là on s'imerge dans quelque chose qui
n'est plus régi par des directions
préalables
mais nous en fait comme quand on nage
dans l'océan on on suit une direction on
invente une direction et ben là c'est
pareil c'est-à-dire que c'est la
possibilité de faire cette expérience de
la nage dans la couleur dans l'espace et
comment la couleur en fait est
extrêmement vivante et comment la
lumière circule dans le tableau et passe
et repasse et et et et du du voir voir
c'est une surface complètement animée
dynamique et que money en fait là voilà
a travaillé toute sa vie pour créer
cette dynamique de la couleur
fluide en défaisant les formes en les
faisant disparaître après on peut
expliquer en fait ça bien sûr qu'ensuite
je peux l'expliquer qu' on voit depuis
le début les tableaux de la gare
saint-lazar où il peint une gare un
train et en fait il peint un nuage de de
de vapeur de fumée et cetera donc c'est
c'est un peintre qui depuis le début
travaille à faire
disparaître ce qu'il peint par des nuées
par des brouillards qui sont des des des
une espèce d'immatérialité mais qui
capteent la couleur et et la lumière et
donc finalement lesinafa c'est plus que
ça vivant mais nous ce qui est beau
c'est
que si on vient pas juste pour faire une
photo avec le le l'iPhone panoramique si
on vient et cetera pas pour dire j'ai vu
les impressionn si ceci mais si juste on
on a la chance d'avoir la salle avec pas
trop de monde mais c'est quand même
possible en venant euh un peu plus tard
avant que ça ferme et tout ça il y a des
moments on peut s'exposer et vraiment
euh bah moi je vais plutôt là qu'à la
piscine enfin mais mais mais
littéralement quoi enfin c'est-à-dire je
ressors plus euh vivifié de mettre
baigner dans les ninféa que que qu'à la
piscine ou ça ça en fait je suis moins à
l'aise mais mais ça c'est moi que ça
concerne mais mais ce que je veux dire
c'est que c'est une expérience de cet
ordre qui est à la fois c'est pour ça je
disais athlétique
et en même temps voilà la possibilité
d'un
espace qui n'est pas n'importe quoi mais
qui qui est fluctuant qui est vivant qui
est animé et dans lequel on peut se se
mouvoir c'est extraordinaire comme comme
comme expérience de de liberté je trouve
alors ce que tu nous donnes comme
conseil pour voir monnaie oui c'est pas
du tout qu'on nous dit habituellement
savoir que c'est impressionniste et tout
ça mais c'est d'apprendre à nager oui
franchement donc le c'est je le redis
parce que c'est c'est très important que
ceux qui nous écoute euh fasse
l'expérience à quel point c'est
déconcertant puisque c'est jamais ça
qu'on nous dit ce ce que tu nous invites
c'est d'abord au fond presque quelque
chose de physique au fond de voir une
œuvre d'artou ça passe par le corps par
une expérience
avant de parler de de on a parlé de
pensées et d'émotion et on oublie
d'abord mais mais c'est physique
physiquement comment
comence la couleur nous nous nous nous
nous nous meut oui c'est ça la couleur
c'est toute couleur en fait mais on
l'oublie mais mais quand même
heureusement de temps en temps on se
tourne vers le ciel et quand il est bleu
il y a ce bleu incroyable en plus voilà
le ciel une surface comme ça bleu qui à
la fois une surface une profondeur on
sait pas s'il est prêt s'il est loin bon
B ça c'est c'est monnaie ça le bleu chez
monnaie
le tableau vous savez pas sil est à la
fois il y a une espèce de profondeur
mais mais bizarrement chez money et ça
voilà il faut se mettre devant ou ou des
très beaux ninféas qui sont au musée de
marmotan et là il y a presque personne
on peut y aller au sous-sol c'est
accessible à tout le monde il y a une
espèce de profondeur verticale
c'est-à-dire on sait plus très bien et
parfois il y a juste un petit élément de
npéa comme ça qui flotte à la surface à
la surface de quoi à la Surace face de
l'eau mais on sait plus très bien si
c'est il y a une profondeur verticale et
quand on arrive à s'immerger là-dedans
je je trouve
que on vit quelque chose d'extrêmement
incarné qui n'est pas juste physique
parce que à ce moment-là on on est à
nouveau dans ce dualisme que on disait
tout à l'heure mais
qui voilà mais bon on on sait très bien
que un grand souffle c'est c'est à la
fois une disons les mots nous manqu un
peu maisons une grande respiration c'est
à la fois un gonflement des poumons et
une expérience spirituelle voilà et ben
c'est c'est c'est ça Mony si on veut le
dire comme ça et et et à la
fois ce renouvellement comme je disais
de de la manière dont le monde après se
découvre parce que du fait que chez
mononey on voit pas vraiment d'objet il
il y a plus vraiment de sujet bon il y a
un peu des fleurs il y a un peu des
nmféas parfois il y a les branches de
saut parfois il y a un des agons tout ça
des iris mais mais mais à la limite
c'est presque mieux quand on ne
reconnaît plus rien parce que juste
l'œil
est familiarisé avec la couleur en tant
que couleur avec la lumière en tant que
lumière et après je vous assure mais
tout le monde le dit ça n'a rien
d'original mais on sort et tout à coup
on voit la lumière qu'on qu'on ne
regardait pas et donc bah le monde est
d'autant plus
enrichi par par ça et renouvelé et et en
plus on est on était spectateur et et en
même temps acteur et on devient acteur
de ce renouvellement ça veut dire qu'on
est plus seulement euh un spectateur
passif en plus ce que je trouve très
beau de ce que tu dis c'est qu'au fond
si on veut apprendre à regarder une
œuvre d'art de monnaie commençons par
voir on a tous fait cette expérience de
de voir qu'est-ce qui se passe quand on
regarde le ciel bleu qu'on est content B
si vous avez si vous savez regarder le
ciel bleu et être heureux de ça alors
vous avez tout ce qu'il faut pour
regarder un tableau de Monna absolument
on peut dire c'est un peu ça le le ce
que tu nous invites à découvrir dans
dans ton bah pratiquement d'ailleurs et
tu vois c'est ce que dit césan
dit le ciel est bleu et ça c'est monie
qui nous l'a montré
et ça ça a l'air d'un peu d'une boutade
et toute simple mais en fait ça veut
dire monie a révél la qualité de bleu du
ciel et ça veut dire cette voilà cet
espace cette vibration
du ciel donc encore une fois on sait pas
s'il est une voûte s'il est une surface
s'il est une profondeur et et notre
rapport au ciel dans la journée change
il est il est il est près il est
loin on respire à l'unisson du ciel et
ça cette respiration à l'unisson du ciel
c'est ça qui se passe dans un une grande
surface de monnaie un grand panneau
décoratif comme il disait à une certaine
époque et ça effectivement pour peu on
est une familiarité avec le ciel on a le
droit d'aller regarder monnaie si vous
avez envie d'aller plus loin B bien sûr
vous pouvez lire le livre d'Adrien mais
n'hésitez pas à aller voir ce qu'on
propose dans réseau Adrien France à Nord
vient souvent enseigner dans réseau et
montrer comment lire un texte de
philosophie regarder une œuvre d'art
mais nous sommes très nombreux à vous à
proposer au sein de réseau des occasions
de faire cette expérience cette
expérience poétique cette expérience
méditative cette expérience spirituelle
devant une œuvre d'art donc n'hésitez
pas à aller faire un petit tour sur le
site internet de réseau et moi je vous
dis à dimanche prochain pour un nouvel
épisode
[Musique]