Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
Bonjour Docteur, bienvenue dans la maison des maternelles.
Je vous promets qu'il n'y aura plus aucun coup de fil.
Installez-vous, vous êtes pénétrés à Paris.
Avant tout, il est important de préciser, pour rassurer les parents,
c'est qu'on vient de traiter d'un cas qui est quand même assez grave,
mais que la plupart des méningites qui sont d'origine virale
sont souvent bénines.
Ce ne sont pas les plus graves lorsqu'elles sont virales.
Il faut attendre qu'on explique la différence entre les virales et les bactériennes.
C'est là où ça pose un peu plus de problèmes.
Absolument. La méningite, c'est une inflammation des méninges.
On l'a dit très bien, la dame Constance.
Mais la plupart des méningites sont d'origine virale,
c'est-à-dire qu'elles sont causées par un virus.
Ces méningites-là, comme pour tous les virus, ne sont pas traités.
Elles guérissent spontanément et ne laissent pas de séquelles.
Ce n'est pas les méningites telles qu'on les entend dans le grand public.
La méningite, c'est la méningite bactérienne qui est beaucoup plus sévère.
On les diagnostique de la même façon ?
On arrive à faire la différence ?
Absolument. Pour diagnostiquer une méningite,
il faut faire une fonction lombaire, c'est-à-dire aller chercher le liquide
séphalorachidien qui est compris dans l'espace méningé,
les méninges qui entourent le cerveau jusqu'à la moitié.
On rentre une aiguille et on va chercher du liquide.
L'analyse de ce liquide va nous dire si c'est une bactérie ou un virus.
Qu'est-ce que la méningite crée dans le corps ?
Qu'est-ce qu'on a quand on a une méningite ? Quelles sont les premières réactions ?
Pourquoi c'est si grave ?
C'est un milieu qui doit être totalement stérile et qui protège le cerveau.
Quand ce milieu n'est plus stérile,
il y a une réaction inflammatoire,
une réaction infectieuse extrêmement sévère dans ces méninges
qui vont créer du pu.
Quand c'est bactérien, ça va créer du pu comme dans une plaie.
Vous pouvez imaginer qu'un espace clos avec du pu
va donner une hyperpression.
Il y a une infection qui peut se généraliser au corps entier
mais en plus il y a une hyperpression sur le cerveau
qui peut être délétère, donner un coma, des convulsions,
atteindre les nerfs, donner des surdités
et en dernier lieu causer la mort.
On parle des méningites bactériennes.
C'est sur celle-ci qu'on va s'attarder.
On en parlait avec le Dr Fougère.
En dessous de 6 semaines, on s'inquiète un peu plus,
plus rapidement.
Pourquoi c'est très important de cibler cet âge-là
et de le traiter le plus rapidement possible ?
Il y a une raison majeure.
En dessous de 6 semaines, l'enfant a un système immunitaire
totalement immature, donc il est beaucoup plus sujet
aux méningites bactériennes, aux infections bactériennes.
Beaucoup plus que n'importe quel enfant, même nourrissant plus vieux.
Un enfant qui ne va pas bien,
qui a de la fièvre, qui commence à moins manger,
dont la mère dit qu'il ne va pas bien,
qui devient un peu mou, un peu léthargique,
la panciaurie, s'il convulse ou s'il tombe dans le coma,
mais dès qu'un enfant ne va vraiment pas bien,
là, c'est une suspicion d'infection sévère
et parmi les infections les plus sévères,
c'est les méningites qu'on va soupçonner.
Mais l'enfant ne peut juste ne pas aller bien,
avoir un teint qui devient gris, être mou,
ne pas s'alimenter, ne pas ouvrir les yeux,
gindre en permanence, c'est tout.
Comment elle s'attrape cette méningite bactérienne ?
Ça dépend complètement de l'âge de l'enfant.
Chez le tout petit, de moins d'un mois, c'est ce qu'on appelle
une infection materno-fétale, comme dans le cas de Constance,
une infection qui a été transmise par la maman
au moment ou juste un peu avant l'accouchement.
La maman a quoi ? Elle a une bronchite ?
Bien sûr que non. Elle a une bactérie
qui peut être sévère pour le nouveau-né
parce qu'elle est transmise par les voies génitales.
Il y a essentiellement un streptococque B,
à peu près 80% des infections bactériennes
de l'enfant de moins d'un mois materno-fétale.
Ce streptococque est porté par la maman dans les voies génitales.
On a des moyens de le diagnostiquer,
mais il est asymptomatique chez les mamans.
Il n'y a pas un test juste avant l'accouchement ?
Tout à fait. C'est un test qu'on fait de plus en plus
parce qu'on va le chercher dans le vagin.
Si on sait que la maman est porteuse,
on va pouvoir la faire accoucher sous antibiotiques.
Finalement, la protéger et protéger l'enfant d'une infection.
Et pour les enfants de plus d'un mois ?
Pour les enfants de plus d'un mois,
ce n'est plus du tout une infection materno-fétale.
C'est une infection qui va être transmise par l'environnement
ou d'autres personnes. Ce ne sont pas les mêmes germes.
Le streptococque B, c'est plus lui.
On a le méningococque, le pneumococque en premier
et l'hémophilus influenzae,
qui sont les trois principales bactéries
et qui sont prévenus parce qu'ils sont contenus dans des vaccins.
Comment on prévient ces ménagites-là ?
Est-ce qu'il n'y a que le vaccin ?
Est-ce qu'il y a d'autres moyens de prévenir ?
Est-ce qu'il y a un traitement de prévention ?
Il n'y a pas de traitement de prévention.
La prévention de toute infection bactérienne,
c'est de ne pas mettre en contact un enfant
avec des gens qui sont très malades.
Mais la seule prévention qui existe, c'est le vaccin.
C'est déjà une formidable chose.
Pourquoi on a une défiance vis-à-vis de ce vaccin ?
C'est peut-être parce qu'on enchaîne beaucoup de vaccins
sur plein d'autres pathologies,
mais on a l'impression que ce vaccin-là a des difficultés
à être mis en place, il est moins naturellement mis en place.
La défiance des vaccins est généralisée,
notamment en France.
Mais comme on les appelle les ménagites,
c'est qu'il y a plusieurs vaccins.
Il y a un vaccin contre les ménagococs,
il y a même deux vaccins contre les ménagococs,
il y a un vaccin contre le pneumococs
et il y a un vaccin contre l'hémophilus influenzae de type B,
qui sont les principales bactéries qui peuvent transmettre la maladie.
Ce sont des nouveaux vaccins ?
Non, l'hémophilus influenzae, c'est un vaccin qui existe
depuis 30 ans, je ne me souviens plus exactement.
En tous les cas, il est compris dans le vaccin hexavalent
qu'on fait à tous les nouveaux-nés, les nourrissons,
depuis 30 à 40 ans.
Il a permis à ce vaccin de faire disparaître la ménagite à l'hémophilus,
qui était la principale cause de mortalité par ménagite du tout-petit.
Docteur Sarah Burso, merci.
On a la chance en France de pouvoir être vaccinés.
Le message est passé, merci pour ces explications
et d'avoir été ici dans la maison des maternelles.
Merci Docteur pour cet éclairage.