Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
Anna, on parle d'endométriose ce matin.
Je vous propose de regarder le récap que vous avez fait en image
et puis après on a plein de questions à vous poser.
Très bien.
Il y a d'abord...
Non.
Attends, comment je peux le dire ?
Les chiffres de l'endométriose sont épouvantables.
10% de femmes atteintes,
4% chez les femmes de moins de 25 ans
et presque 30% chez celles de plus de 50 ans.
Et en moyenne, il faut 7 ans pour faire le diagnostic.
C'est une maladie inflammatoire chronique
et dont on connaît assez mal l'origine.
Elle se caractérise par la présence anormale
de fragments semblables à de la muqueuse utérine.
C'est-à-dire qu'il y a de l'endomètre à des endroits
où il ne devrait pas y en avoir.
À la surface du péritone, dans les ovaires,
dans les intestins, les ligaments utérins.
Le vagin est plus exceptionnellement dans le thorax,
voire dans le cerveau.
Le symptôme le plus fréquent,
c'est évidemment les règles douloureuses.
C'est une douleur qui est donc cyclique,
qui revient avec les règles,
qui résiste à un simple antalgique
comme par exemple du paracétamol
et qui souvent empêche de mener à bien
ses activités quotidiennes.
Ça empêche de se lever, de travailler,
d'aller à l'école, d'aller en cours, etc.
Et puis, il y a aussi l'infertilité
parce que 40% des femmes
présentent des problèmes de fertilité.
D'autres symptômes peuvent aussi vous mettre sur la piste
comme par exemple des troubles digestifs,
en particulier au moment des règles,
une fatigue chronique
ou des douleurs pallidiennes par exemple.
Il est très important de consulter
une sage-femme, un gynécologue
ou un médecin généraliste
capable d'entendre
ce que vous avez à lui dire
sur vos douleurs.
Il vous interrogera,
il vous examinera
et puis éventuellement,
il prescrira des examens complémentaires
comme par exemple
une échographie
ou une IRM.
On peut supprimer les règles
à l'aide d'un traitement hormonal.
Ce traitement réduit les douleurs
liées à la réponse hormonale
des lésions d'endométriose.
Un traitement chirurgical
peut aussi être proposé
parce qu'en fait,
c'est le seul traitement
qui permet
l'élimination complète
des lésions associées
à l'endométriose.
Mais ce n'est pas sans risque
de récidive
et de douleurs post-opératoires.
Donc c'est important
de trouver les bons spécialistes
et de pouvoir en discuter longuement.
Je voudrais d'abord dire
qu'il faut sortir
de cet adage débile
qui dit
il est normal d'avoir mal
pendant ces règles.
Non, c'est pas normal
d'avoir mal pendant ces règles
et surtout pas d'être obligé
de prendre un traitement
ou d'arrêter de vivre.
Pour finir,
tournez-vous vers
les superbes associations
de patientes
qui ont un rôle
absolument primordial.
Allez-y, les yeux fermés.
EndoFrance
et EndoMind.
Comment on trouve
les bons professionnels, Anna ?
Parce que c'est bien gentil,
c'est des aires diagnostiques.
Il y a un progrès,
c'est qu'il y a des filières
de soins maintenant dédiées
à l'endométriose
et il y en a qui sont placées
sous la responsabilité
des agences régionales de santé.
Vous en avez par exemple
un ouvert qui s'appelle Andorra,
en Bretagne,
Ando-Brest, etc.
Vous trouvez leurs coordonnées
sur Internet
et en fait,
c'est le suivi en ville
plus le suivi hospitalier.
Donc c'est vachement bien.
Regardez
réseau endométriose
et vous tapez le nom
de votre région.
Donc ça c'est bien,
par région vous le trouverez.
Et bien sûr,
les associations merveilleuses
EndoFrance,
EndoMind, etc.
qui sont des mines d'informations.
l'association endométriose
sur Google
et surtout,
moi si je peux donner un conseil
avec tous les témoignages
qu'on a eus sur ce plateau,
vous ne lâchez pas l'affaire.
Non, jamais.
C'est-à-dire qu'en fait,
est-ce que c'est normal
d'avoir mal
quand on a ses règles ?
L'utérus, c'est un muscle.
Quand il se contracte,
ça ne fait pas mal.
Quand je contracte mon bicep,
ça ne me fait pas mal.
Si j'avais hyper mal
quand je contractais mon bicep,
ce serait bizarre.
Ce n'est pas normal
même d'avoir un peu...
Vous avez mal quand vous avez vos règles ?
Pas tant.
Après, ça peut être normal.
On peut avoir des déséquilibres hormonaux,
on peut avoir tout ça.
C'est normal d'avoir des douleurs fugaces.
Mais des femmes
qui ne peuvent pas
mener à bien leurs activités
de la vie quotidienne,
ce n'est pas normal.
Et qui résistent
au contrairement.
Non, ce n'est pas normal.
Jamais.
C'était important de le redire.
Par ailleurs,
on a reçu plein de messages
en direct.
Il est 10h18.
Oussem ?
Une question d'Armand
qui dit
est-ce que l'hystérectomie
règle le problème
de l'endométriose ?
L'hystérectomie,
c'est le fait d'enlever l'utérus.
J'aimerais pouvoir vous dire
oui.
Malheureusement, c'est non
parce que les lésions d'endométriose
ne sont pas forcément
dans l'utérus.
Quand c'est dans l'utérus,
d'ailleurs, ça s'appelle
la dénomiose.
Ce n'est pas ce qu'il y a
le plus fréquent.
Souvent, c'est à côté
des ovaires,
c'est dans le péritoine.
Malheureusement, non.
Après, si on lui a conseillé,
c'est peut-être qu'elle a
une forme d'endométriose
qui est très localisée
et qu'on va enlever les annexes.
Je n'en sais rien.
Bien sûr qu'elle suive
son médecin.
Karine vous demande
qu'est-ce que
l'ad back therapy ?
Qu'est-ce que c'est que ça ?
L'ad back therapy,
c'est conseillé par les instances,
le CNGOF, etc.
C'est un truc sérieux
depuis 2018.
Vous savez,
quand on est en endométriose,
souvent, on vous met
sous pilule,
presque en ménopause artificielle.
Et là, l'idée,
c'est d'aller juste
rajouter un peu d'oestrogène.
L'ad back therapy,
c'est ajouter un peu d'oestrogène
pour diminuer les symptômes
de la pseudo-ménopause artificielle.
Donc, en fait,
on enlève, grâce à la pilule,
l'oestrogène.
Oui, grâce parfois
à un traitement même plus fort.
Et par contre,
on vient en rajouter un tout petit peu.
Voilà, exactement.
Et ça fonctionne ?
Et ça fonctionne.
Et c'est dans les recommandations
officielles.
Donc, n'hésitez pas,
si on ne vous l'a pas prescrite.
On va en parler.
Voilà.
Question de Claire,
qui demande,
est-ce que l'endométriose
s'arrête à la ménopause ?
Oui, il faut quand même dire,
en grande majorité,
dans l'immense majorité des cas,
oui.
La ménopause,
c'est la fin de l'endométriose.
Je peux poser une question
qui n'a rien à voir
avec l'endométriose ?
Oui, bien sûr.
Comment soigner la constipation
lorsqu'on est enceinte ?
Demande Sonia.
Non mais,
c'est fréquent.
Oui, c'est fréquent.
Et je me dis,
la pauvre,
elle est derrière son écran.
Vous regardez les tutos,
évidemment,
parce qu'il faut enrichir son vin,
il faut bouger.
En fait,
les gens ne bougent pas assez.
Il faut enrichir son vin.
Tout le monde est censé couper
les fibres.
Bouger,
boire beaucoup,
enfin,
boire de l'eau,
bien sûr,
et tous les petits conseils
que vous connaissez.
Il ne faut pas hésiter,
parfois,
s'il y a une vraie constipation
qui est approuvée,
à prendre un traitement de fond.
Mais sinon,
c'est assez normal,
en fait,
d'être constipée.
Et puis,
qu'est-ce qu'on appelle
être constipée ?
Moi, souvent,
j'aime bien interroger les gens
parce que,
parfois,
il y a des gens
qui en décèlent une fois
tous les trois jours,
alors que c'est normal.
Oui, ça,
il ne faut pas s'inquiéter
au fur et à mesure.
Ce qu'on attend
pour une dernière question.
Oui.
Toujours sur un autre sujet,
Eliana,
qui demande
est-ce que reprendre la pilule
après l'accouchement
change quelque chose
au retour de couche ?
Oui,
c'est-à-dire que la plupart
des pilules,
si vous la reprenez,
vous n'aurez pas
de retour de couche,
pas forcément.
En fait,
ça va bloquer.
Ça va être artificiel.
Oui,
bien sûr,
le retour de couche.
Bon,
écoutez,
si vous voulez un retour de couche,
ne prenez pas la pilule,
si vous voulez absolument
ce retour de couche.
Oh,
qu'est-ce que vous voulez
que je vous dise ?