Pourquoi votre cerveau ne peut plus s'arrêter de scroller

Force Vitale (NTD France)
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74 Vues de vidéo·18 juil. 2026
Pourquoi est-il si difficile de poser son téléphone après avoir commencé à scroller sur une application ou à consulter les réseaux sociaux ?
Dans cette vidéo, nous parlons de ce que la science comprend de ce sujet, nous présentons quelques conseils pour avoir un esprit clair et quelques réflexions sur ce phénomène d'addiction appelé doomscrolling, un symptôme témoignant du déséquilibre de l'époque actuelle.
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Pourquoi votre cerveau n'arrive plus à s'arrêter de faire défiler les informations ?
Chaque jour, nous passons en moyenne 108 minutes à faire défiler les contenus de notre téléphone.
Cela représente près de 2 heures par jour et plus de 650 heures par an.
Vous avez peut-être déjà pris votre téléphone pour regarder une seule information,
puis levé les yeux plus tard et vous demandant, mais qu'est-ce que je fais de tout ce temps ?
Les psychologues appellent ces phénomènes le doomscribing,
l'effet de faire défiler sans fin des informations souvent négatives sans parvenir à s'arrêter.
Mais si cela vous arrive, ce n'est pas simplement un manque de volonté.
En fait, notre cerveau possède ce que les neuroscientifiques appellent un biais de négativité.
Pendant des milliers d'années, il nous a permis de survivre
en détectant plus rapidement les dangers que les bonnes nouvelles.
Aujourd'hui, ce même mécanisme attire naturellement notre attention vers les informations inquiétantes.
Une étude publiée dans Nature Human Behavior a montré que les titres contenant davantage des mots négatifs
obtenaient plus de clics.
Les mauvaises nouvelles attirent davantage notre attention, sont davantage partagées,
et les algorithmes nous en proposent toujours plus.
Les vidéos qui se lancent automatiquement, les notifications permanentes,
rendent alors très difficile le moment où nous décidons de nous arrêter.
Pendant des milliers d'années, l'être humain connaissait essentiellement ce qui s'y passait dans son village.
Et aujourd'hui, en quelques secondes, nous pouvons assister à une guerre,
à un tremblement de terre, à une catastrophe naturelle,
ou à une crise économique à l'autre bout du monde.
Être informé est une chance, mais posez-vous cette question.
Avez-vous réellement choisi de recevoir toutes ces informations ?
Ou les subissez-vous parfois sans même vous en rendre compte ?
Notre cerveau, lui, ne fait pas toujours la différence entre un danger que nous vivons réellement
et un danger observé sur un écran.
Le plus étonnant, c'est que les domes-scrolling ne donnent pas l'impression d'être manipulés.
Au contraire, ils nous donnent souvent l'impression d'être mieux préparés.
Nous croyons que suivre chaque nouvelle nous permet de garder les contrôles sur le monde.
Pourtant, les recherches montrent que cette vigilance finit souvent par augmenter notre stress et notre anxiété.
Après l'attentat du marathon de Boston,
des chercheurs ont observé que les personnes ayant regardé pendant des heures la couverture médiatique
présentaient parfois davantage de stress que d'autres vivant plus près de l'événement.
D'autres recherches montrent qu'une exposition répétée aux informations négatives
augmente l'anxiété et nous pousse ensuite à voir nos propres problèmes de manière plus pessimiste.
Les scientifiques restent toutefois prudents.
La plupart de ces études montrent une association entre les domes-scrolling, l'anxiété et les troubles de sommeil.
Elles ne prouvent pas toujours un lien des causes à effet,
mais montrent que ces phénomènes se renforcent souvent mutuellement.
Une autre conséquence est plus discrète.
Plus notre attention est absorbée par notre écran,
et moins nous sommes présents pour les personnes qui nous entourent.
Notre téléphone nous relie au monde entier,
mais il peut aussi nous éloigner de la personne assise juste en face de nous.
Les soirs, ce cercle vicieux continue.
La lumière bleue des écrans ralentit la production de mélatonine, l'hormone du sommeil,
tandis que les informations maintiennent notre cerveau en état d'alerte.
Nous nous endormons plus difficilement et nous nous réveillons souvent plus fatigués, n'est-ce pas ?
Prenons quelques secondes pour réfléchir.
Notre chambre était autrefois un lieu de repos.
Aujourd'hui, elle est parfois devenue une salle de rédaction, ouverte 24h sur 24.
Avant même de fermer les yeux, nous avons laissé entre des dizaines de drames dans notre esprit.
Le sommeil est pourtant l'un des meilleurs alliés de notre cerveau,
et le protéger, c'est protéger notre santé.
Alors, comment reprendre le contrôle ?
Les chercheurs recommandent plusieurs gestes simples.
Fixez un temps précis pour consulter les informations.
Désactivez les notifications qui ne sont pas indispensables.
Évitez les écrans pendant les heures qui précèdent le coucher.
Prenez quelques sources fiables, plutôt qu'un flux continu de contenus sensationnalistes.
Passez davantage de temps avec vos proches.
Retrouvez une activité qui vous passionne.
Marchez dans la nature.
Faites de l'exercice ou méditez quelques minutes chaque jour.
Et surtout, pensez aussi à nourrir votre esprit avec des contenus inspirants.
Votre cerveau s'est nourri de ce que vous lui donnez chaque jour.
Et avant de me quitter, j'aimerais vous raconter une vieille histoire.
Un grand-père explique à son petit-fils que deux loups vivent à l'intérieur de chacun de nous.
L'un représente la peur, la colère et le désespoir.
L'autre représente l'espoir, la paix et l'amour.
Les deux se livrent en combat permanent.
Le petit garçon demande lequel va gagner.
Celui qui tout nourrit.
Nous ne pouvons pas choisir toutes les informations qui existent dans le monde.
Mais nous pouvons choisir ce qui nous laisse entrer dans notre esprit.
Car prendre soin de sa santé, ce n'est pas seulement faire attention à ce que l'on mange.
Merci d'avoir regardé cet épisode de Force Vitale.
Prenez soin de votre corps.
Mais prenez aussi soin de votre esprit.
