Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
Alors, Octobre Rose s'achève. Anna, vous vouliez y contribuer ce matin avec un tuto de dépistage.
Oui, il faut donner quand même quelques chiffres.
Pardon, c'est une amende. Je fais une fausse route, toi.
Je peux la sortir si vous voulez.
Ça va aller, ça va aller.
Une femme sur huit est touchée par le cancer du sang.
C'est entre 50 et 74 ans que le risque est le plus grand.
Mais je veux rappeler ce chiffre absolument.
99% de survie si on détecte le cancer à un stade précoce.
Ce qui veut donc dire qu'il faut faire les dépistages prévus.
Et il y en a un qu'on ignore.
C'est qu'à partir de 25 ans, il faut aller se faire une palpation par une sage-femme, un gynéco ou un médecin tous les ans.
Et ça, tout le monde l'ignore.
Pas de mammo, mais une palpation.
Une palpation.
Et donc, je vais vous montrer comment ça se passe une palpation.
Il n'y a rien de plus simple. Il ne faut pas avoir peur de nous.
Donc, l'examen clinique des seins.
Déjà, évidemment, on va regarder la poitrine.
Vous savez, je pense que vous l'avez peut-être fait, Agathe, déjà.
On lève les bras. On met les bras.
Là, on regarde. On regarde les seins.
Non, mais là, c'est nous qui le faisons.
Là, je parle du dépistage que nous faisons, nous.
On va regarder vos seins.
On va regarder si vous avez de la peau d'orange.
On va regarder si le mamelon a un aspect bizarre.
Enfin, on regarde.
Ne vous inquiétez pas.
Ce n'est pas parce que souvent, les gens disent qu'ils sont tordus.
Pourquoi ils nous regardent comme ça ?
Non, c'est parce qu'en fait, ça fait vraiment partie de notre dépistage.
Et ensuite, on passe à l'examen clinique.
Alors, l'examen clinique se passe toujours de la même façon.
On le fait comme ça avec nos trois doigts.
Ces trois doigts-là.
Et on découpe le sein, mentalement bien sûr, en quatre cadrans.
Et après, chaque cadran.
Alors, souvent, on commence là, mais ça dépend des gens.
Et on va vraiment aller palper chaque cadran.
Et on fait des petits mouvements comme ça, circulaires.
Et on regarde si on sent quelque chose de suspect.
Et on fait, bien sûr, tous les cadrans.
Une fois qu'on a fini ça, on va aller palper les aires ganglionnaires.
Vous savez, on peut avoir des ganglions sous les bras.
Axillaire.
Et aussi, susclaviculaire.
C'est-à-dire là.
Et là, on regarde.
Ce que je voudrais vraiment dire, c'est que souvent, on trouve des trucs.
On se dit, zut, effectivement, il y a un truc.
Et alors là, les femmes partent dans une angoisse en disant, ça y est.
C'est le cancer, etc.
Je tiens vraiment à vous dire que la plupart des choses qu'on trouve ne sont pas des cancers.
Donc, n'ayez pas peur.
Vous, quand vous touchez.
Bah oui, on ne peut pas savoir.
Vous ne pouvez pas savoir.
Et oui.
Et souvent, c'est complètement bénin.
Mais on se dit, zut, on va.
On fait brûler les parachutes.
On vérifie.
D'accord.
Donc, ça, c'est tous les ans.
Tous les ans.
Jusqu'à 25 ans.
Et c'est d'autant plus important qu'au cours de cette consultation, on va regarder vos
facteurs de risque et voir s'il ne faut pas commencer les mammographies et les examens,
les échographies, avant l'âge de 50 ans.
En fonction de l'histoire familiale.
Absolument.
De ses antécédents personnels, etc.
D'accord.
Mais sinon, effectivement, si vous n'avez pas de facteur de risque particulier, c'est
à partir de 50 ans que les mammographies commencent.
Les mammographies, alors, souvent, là aussi, on en a peur.
N'ayez pas peur.
C'est un examen de radiologie.
Après, vous voyez, on nous donne des clichés.
Alors, c'est vrai.
On va aller prendre le sein comme ça.
Ce n'est pas agréable, mais ça ne fait pas très mal.
On ne peut pas dire que ce soit agréable.
Il y en a même chez qui c'est franchement douloureux.
Mais vraiment, un examen qui sauve des vies.
Ça nous fait des clichés qui vont être lus extrêmement sérieusement par, souvent,
deux radiologues.
Alors, pas toujours double lecture, mais souvent, ils regardent.
Ils regardent attentivement.
Plus ça va, meilleur ils sont.
Donc, voilà.
Et après, parfois, on se dit, ah zut, à la mammographie, il y a quelque chose qui est
un peu suspect.
Et donc, on complète par une échographie.
L'échographie, là, pour le coup, ça ne fait vraiment pas mal.
On a une sonde d'échographie et on balaie le sein.
Voilà.
Les deux sont complémentaires.
Tout à fait.
Et ce qui est important de savoir, c'est que si jamais on trouve quelque chose de suspect,
bien sûr, il faudra passer à la biopsie.
Mais bien sûr, ce n'est pas systématique.
D'accord.
Et je le répète, 99% de survie à stade précoce.
Alors, moi, ma vie écologue m'avait dit que c'était bien de faire les mammographies
juste après les règles.
Parce que comme ça, les seins sont vides.
Oui, absolument.
Et ça fait moins mal, d'ailleurs.
Absolument.
Parce que si on fait ça en syndrome pré-mensuel, ça peut faire hyper mal.
Et voilà.
D'accord.
Et bien sûr, je ne l'ai pas dit, c'est hyper important, c'est prise en charge à 100%
avec des bons sécurités sociales entre 50 et 74 ans.
D'accord.
Donc, je résume.
À partir de 25 ans, tous les ans chez sa gynéco ou sa sage-femme pour pouvoir se faire palper.
Exactement.
À partir de 50 ans, des MABO tous les deux ans.
Voilà.
Et le cadre.
Et plus ou moins écographie.
Et attention, si jamais vous avez des facteurs de risque particulier, ces mammographies,
ces examens écographiques commenceront avant l'âge de 50 ans.
D'accord.
D'où l'importance de venir nous voir parce qu'on ne veut plus venir nous voir.
Voilà.
Et une femme de 50 ans, ce n'est pas mal si l'année où elle n'a pas sa mammographie,
elle va se faire palper aussi.
Bien sûr.
C'est obligatoire.
C'est-à-dire qu'avec la mammographie, vous avez une palpation aussi.
D'accord.
Ça va ensemble.
Tout est noté.
Merci beaucoup.
J'espère que c'est bien clair.
Mais oui, c'est très bien, Anna.
Elle doute toujours d'elle-même alors qu'en fait, tout est parfait.
Alors, on a plein de questions qui sont arrivées en direct.
Énormément.
10h21.
Énormément de questions.
Il y a Eva qui vous demande, Anna, pourquoi il n'y a plus de dépistage après 74 ans ?
Alors, c'est très simple.
C'est parce que le risque est maximum entre 50 et 74 ans.
Toutefois, c'est comme avant 50 ans.
Après 74 ans, il peut y avoir encore des dépistages sur facteur de risque
ou parce qu'on détecte quelque chose à la palpation.
Il y a quand même des cancers du sein chez les personnes très âgées.
Bien sûr.
Donc, très important de voir avec son gynéco, sa sage-femme,
s'il faut continuer les examens de dépistage
et bien sûr, continuer les examens cliniques.
Évidemment.
De toute façon, il ne faut pas arrêter de voir un gynéco parce qu'on est âgé.
Valérie vous demande, est-ce que le fait d'allaiter permet de se protéger du cancer du sein ?
Oui, absolument.
Ma mère a eu un cancer du sein à l'âge de 50 ans.
J'en ai presque 60.
Est-ce que je suis tirée d'affaire ?
Est-ce que c'est génétiquement dans ce sens-là ?
Non, malheureusement, non.
Je ne peux pas lui dire ça.
Non, non, il faut continuer à faire ses dépistages.
On ne peut pas se dire, ça y est.
Personne n'est plus l'autre ?
Non.
Message aussi sur les réseaux sociaux de la maison des maternelles.
Je suis absolument incapable de palper mes seins.
J'ai essayé, mais ça me rend nerveuse et je trouve des anomalies partout.
Alors ça, c'est très important.
On fait beaucoup la pub pour l'autopalpation.
Moi-même, je le fais.
Mais c'est vrai qu'il y a certaines patients qui sont plongées dans des états d'angoisse absolus
parce qu'elles se trouvent des choses.
Je ne sais pas quoi dire.
C'est vrai qu'on conseille de le faire une fois par mois, que ça sauve des vies.
Mais si c'est trop angoissant, alors venez nous voir.
Venez nous voir.
De toute façon, il y a cet examen clinique.
Et on peut rapprocher la surveillance si vous êtes particulièrement stressé.
Il y a une question qui est arrivée de quelqu'un qui dit,
c'est quoi finalement quelque chose de suspect quand vous dites qu'il y a quelque chose de suspect ?
Ça peut faire comme des adhérents.
C'est-à-dire qu'on a l'impression qu'il y a quelque chose qui est accroché sous la peau.
On peut sentir une masse.
On peut sentir...
Parce que c'est vrai, mais c'est compliqué à faire.
Parce qu'en fait, il y a la glande mammaire.
Moi, j'ai cru.
La plus grande flippe de ma vie, c'est ma glande mammaire.
Je me souviens très bien d'être devant une série de fers.
Sur le côté, là.
Et donc, d'appeler ma gynéco en pleurs, etc.
Et elle m'avait fait voir.
Mais c'est la glande mammaire.
Team glande mammaire.
Et il faut faire, c'est vrai, des palpations de milliers de seins pour être bon.
Donc, c'est normal que...
Voilà.
C'est quand même bien.
C'est bien de le faire soi, de s'observer.
Mais il faut quand même, chaque année, aller chez le gynécologue pour se faire palper.
C'est un minimum.
Merci, Anna, pour ces minutes de prévention qui sont tellement importantes.