9 juin 2024 : à la surprise générale, le Président de la République prend une décision qui va transformer le visage de l'Assemblée nationale, et le paysage politique français. En annonçant la dissolution de l'Assemblée Nationale, dans la foulée du score historique du RN aux élections européennes, Emmanuel Macron a plongé la France dans 4 semaines d'une campagne folle et inédite... Du ralliement de certains Républicains au Rassemblement National, en passant par l'Union de la Gauche ou le visage final de l'Assemblée, cette campagne n'a été qu'une série de rebondissements... Une suite de surprises, que nous allons vous raconter étape par étape, et à travers les analyses de spécialistes qui vont nous aider à comprendre cet épisode inédit de notre histoire parlementaire... « Législatives 2024 : sursaut ou sursis », un film de Céline Crespy et Maxime Riou, avec toute la rédaction de LCP.
Un ancien président de la République redevenu député
et des socialistes deux fois plus nombreux qu'en 2022 au Palais-Bourbon.
Une gauche arrivée en tête à l'Assemblée nationale pour au final...
un Premier ministre de droite
et un gouvernement composé de figures LR et macronistes.
Pas même les esprits les plus fertiles auraient imaginé un tel scénario.
Surtout avec un RN vainqueur à l'issue du premier tour des législatives.
C'est la première fois sous la Ve République que le deuxième tour inverse l'ordre des gagnants.
La perspective d'une prise de pouvoir par le RN est apparue extrêmement crédible au soir du premier tour.
Une situation inédite, conséquence d'une décision jugée insensée.
Personne, il ne faut pas se cacher les choses, n'avait anticipé cette dissolution.
Comme une mauvaise farce ou alors un espèce de coup de poker, un pari qui tourne mal.
Nous allons vous raconter cette incroyable épopée.
Un épisode unique avec ses coups de théâtre, ses tergiversations et ses déceptions.
L'aboutissement d'une folle campagne.
Il est 19h en ce dimanche 9 juin.
La soirée s'annonce belle pour les cadres et les militants RN.
Réunis au cœur du bois de Vincennes.
Les sondages sont bons et les premières indiscrétions confirment que Jordan Bardella, de plus en plus populaire,
va finir largement premier des élections européennes.
Il est 20h, les premiers résultats confirment la suprématie du parti d'extrême droite
et la claque électorale donnée au camp présidentiel.
Le Rassemblement national arrive largement en tête avec 31,5% des voix.
Et Jordan Bardella a dû réitérer une demande faite il y a plusieurs semaines déjà.
Le président de la République doit choisir de s'en remettre à l'esprit des institutions.
Nous lui demandons solennellement de prendre acte de cette nouvelle donne politique,
de revenir au peuple français et d'organiser de nouvelles élections législatives.
À 21h, ce qui n'était qu'un mantra va soudain devenir réalité.
J'ai décidé de vous redonner le choix de notre avenir parlementaire par le vote.
Je dissous donc ce soir l'Assemblée nationale.
Un mot qui sonne comme une première victoire pour le parti nationaliste.
Je dissous donc ce soir l'Assemblée nationale.
Au QG de la majorité présidentielle, les visages traduisent stupeur et tremblement,
comme le pressentiment que cette décision est la genèse d'un séisme politique.
On revote cette fois pour des législatives totalement inattendues.
Emmanuel Macron a choisi de dissoudre l'Assemblée après la victoire du RN aux européennes en France.
Énorme surprise, d'où une matinale remaniée pour mieux couvrir cette info.
En ce lundi 10 juin, la France se réveille avec la gueule de bois
et les stigmates d'un pays qui sait qu'il pourrait être pour la première fois depuis Vichy
dirigé par l'extrême droite dans moins de trois semaines.
La décision du président de la République est qualifiée de coup de poker dangereux.
Avec son annonce de dissolution, là il a ouvert la porte grande ouverte au Front national,
donc il ne faudra pas se plaindre.
C'est donner le pays aux fachos.
Peut-être que les gens vont se rendre compte qu'en fait c'est un parti qui ne peut pas gouverner,
donc peut-être qu'en 2027 ils vont se casser la gueule.
Cette décision a saisi les Français et très clairement, avec toute mon expérience,
je n'ai jamais appréhendé de la part des Français une telle incompréhension
s'agissant d'une décision politique quelle qu'elle soit.
Qu'est-ce qu'il se passe ? Les élections européennes.
Un score très mauvais d'Emmanuel Macron.
Il va voter au Touquet avec Louise Macron.
Il revient dans la voiture. On comprend qu'il est sous la barre des 15.
Et c'est là que la décision se prend.
Donc finalement, très tardivement, en fin d'après-midi, le dimanche 9 juin,
c'est à ce moment-là qu'il décide d'appuyer sur le bouton.
Et dans la confidence, il n'y a pas grand monde.
Je pense que le chef de l'État a souhaité prendre de court ses adversaires politiques
en décidant une dissolution imprévue, en l'annonçant le soir même des élections européennes.
Décision inconsidérée, stratagème cynique ou piège tendu au RN,
cette dissolution va donner lieu à une recomposition à gauche,
une nupèce saison 2 appelée de ses voeux le soir même de la déclaration présidentielle par François Ruffin.
J'en appelle à Marine Tondelier, j'en appelle à Fabien Roussel,
j'en appelle à Olivier Faure, j'en appelle à Manuel Bompard
pour qu'on se mette derrière une bannière commune, une bannière Front populaire.
Il nous faut évidemment nous unir dans ce moment.
Mais cette dissolution va aussi causer du côté de la droite des scènes de campagne rocambolesques.
A droite, les Républicains au bord de l'implosion,
l'après le ralliement de leur numéro 1 au RN.
Il y a aujourd'hui une force qui va se lever,
qui doit se lever pour s'opposer à l'impuissance du macronisme.
Donc il faut une alliance, c'est le sens de la Ve République, nous le faisons.
Une alliance avec qui Eric Ciotti, une alliance avec Marine Le Pen,
clairement c'est ce que vous nous annoncez ?
Une alliance avec le RN, avec ses candidats,
une alliance à droite ?
J'ai eu envie de vomir.
J'ai eu envie de vomir quand j'ai entendu le chef de ma famille politique,
de la famille politique des gaullistes, aller se vendre au RN.
En franchissant le Rubicon, Eric Ciotti est frappé d'anathème
par ses amis politiques comme par ses ennemis.
On t'avoue, vous ne méritez pas le nom qui est inscrit sur votre personne.
Votre diatribe en honneur, madame.
Je n'avais pas vu que c'était tel.
Dans la foulée, les cadres des Républicains
convoquent un bureau politique pour exclure Eric Ciotti.
Il n'y a pas de place pour les traites et les putschs à la petite semaine.
En représailles, Eric Ciotti licencie tous les collaborateurs du parti
qui refusent de lui obéir.
Le président DLR s'enferme au siège,
tel un forcené bien décidé à empêcher le bureau politique de se tenir.
Au terme du bureau politique, le verdict tombe.
Le chef devient persona non grata.
Eric Ciotti est en rupture totale
avec les statuts et la ligne portée par les Républicains.
Il est exclu ce jour des Républicains.
Exclu, mais toujours président,
tel le décide la justice,
Eric Ciotti s'accroche à son siège.
La décision a été jugée solitaire
et ça a été l'un des principaux épisodes de cette série Netflix
de la première semaine de campagne post-9 juin 2024.
Ça fait beaucoup rire de voir
Ciotti qui pose des scellés
ou qui pose des verrous au siège de LR.
C'était au début un peu dangereux
parce que la vérité c'est que
tout ce qui s'est passé depuis un mois n'est pas drôle du tout.
Le ralliement d'Eric Ciotti au Rassemblement national
qui a mis fin à la stratégie de cordon sanitaire
qui avait été déployée par la droite de Jacques Chirac,
les électeurs des Républicains eux-mêmes n'ont pas suivi
et dans les urnes ils ont voté contre le Rassemblement national.
Et pour ajouter de la dramaturgie,
Reconquête se déchire.
Marion Maréchal, c'est l'heure de la réconciliation.
Marion Maréchal met tout son poids pour faire une union avec le RN.
J'ai le souhait ardent que nous puissions trouver le moyen
de nous rassembler et de faire participer
ces idées de Reconquête à ce rassemblement
et j'en discuterai avec Eric Zemmour
pour qu'une décision soit ensuite prise
et que nous puissions revenir vers Jordan Bardella et Marine Le Pen.
Oui mais voilà, le RN ne veut pas d'Eric Zemmour.
Alors c'est la rupture entre les deux visages de Reconquête.
Eric Zemmour a décidé, malgré notre opposition,
de présenter le maximum de candidats
contre cette coalition des droites dans toute la France,
prenant ainsi le risque de faire perdre
cette inédite espérance de battre Emmanuel Macron
et l'extrême-gauche.
L'ex-journaliste du Figaro semble être le grand perdant
de l'union des droites,
lui qui en avait fait un graal politique.
A gauche, en revanche,
on va ressortir la vieille idée de l'union.
A la une de l'actualité ce matin,
des candidatures uniques à gauche,
dès le premier tour.
Les partis de gauche ont trouvé un accord de principe.
En vue du premier tour des législatives le 30 juin,
le président de la République, lui,
se lance cet après-midi dans la campagne.
Depuis des semaines, la nupèce battait de l'aile.
L'union de la gauche était fragilisée
par la question palestinienne
et les conséquences des attaques du Hamas.
Pourtant, en moins de 5 jours,
les 4 partis de gauche vont mettre leur désaccord de côté.
Et c'est l'élunité pour les législatives.
La surprise dans la surprise,
c'est que Emmanuel Macron, sans doute,
et ses proches,
imaginaient une gauche en incapacité
de se réunir en bloc,
compte tenu d'une campagne européenne
extrêmement âpre, violente.
S'il y a une chose sur laquelle
la gauche française peut se fédérer
et faire bloc, c'est quand il s'agit
de se battre contre l'extrême droite.
Et ça, il le méconnaît et il se prouve.
La nupèce apparaissait comme une alliance électorale.
Le Front populaire va se présenter
comme un devoir moral.
L'extrême droite est aux portes du pouvoir.
Je connais comme vous leurs idées,
je connais comme vous leurs valeurs,
je connais comme vous leurs méthodes
et tout ce qui nous en sépare.
Et donc, aujourd'hui, c'est soit eux,
l'extrême droite, soit nous.
Et ça doit être vous.
Et ça va être vous.
Nous avons signé hier soir
un accord qui comprend
des candidatures uniques sur l'ensemble
des circonscriptions de l'Hexagone
et des Français de l'étranger,
ainsi qu'un contrat
de législature
Selon cet accord,
sur 577 circonscriptions,
229 sont représentées
par un candidat LFI,
175 par un candidat socialiste.
Communistes et socialistes
obtiennent plus de circonscriptions
qu'il y a deux ans,
jouant des gouttes pour peser davantage
face à LFI,
qui perd plus de 130 candidats
par rapport à 2022.
Pourtant, une question cruciale
n'est pas tranchée.
Pourquoi voulez-vous
personnaliser, y compris,
une élection parlementaire ?
Moi, je souhaite un front populaire,
un front qui, d'ailleurs,
aille au-delà de ce que nous sommes
les partis politiques.
Je souhaite que ce soit
une décision prise
par l'ensemble des parlementaires
du nouveau groupe,
du nouveau front populaire,
qui prenne la décision
au lendemain de l'élection.
Qui rentrerait à Matignon
si le front populaire était en tête ?
En 2022, la figure de Jean-Luc Mélenchon
s'imposait.
Mais le contexte a changé
et le leader insoumis le sait.
Je m'en sens capable
et nous avons, dans nos rangs,
de quoi faire.
Je ne m'élimine pas, mais je ne m'impose pas.
Désormais, l'EPS est plus fort
et les positions du leader insoumis
sur Israël ont plutôt un effet
repoussoir.
Alors, les candidatures ne manquent pas.
Quel que soit le poste que je puisse occuper,
si c'est à Matignon comme Premier ministre, pourquoi pas ?
J'ai dit que j'étais capable de faire ça.
Je fais partie de celles et ceux
qui peuvent prétendre être Premier ministre.
Je pense à Laurent Berger.
D'autant que Jean-Luc Mélenchon
va encore renforcer
son image d'autocrate.
Alexis Corbière,
figure incontournable des insoumis,
fait campagne en Seine-Saint-Denis.
Pourtant, il n'a pas été investi
pour être le candidat
du front populaire.
Elle est file l'ayant remplacée par une inconnue.
Jean-Luc Mélenchon lui a fait
payer ses critiques sur le fonctionnement
du parti, comme trois autres candidats
qui avaient mis en cause
la ligne LFI sur le Hamas.
Vous allez bien ?
Il y a une situation un peu paradoxale.
Je ne peux pas accepter ce genre de méthode.
Ce n'est pas par un mail à 23h30
qu'on règle des problèmes internes.
Merci.
C'est tout à votre honneur
que d'être un peu
la victime de ce qui vient de se passer.
Ça veut dire que vous avez eu le courage
de dire des choses importantes.
Merci beaucoup.
Alexis Corbière,
dissident en son propre pays,
mais soutenu
par les grandes figures du front populaire.
Chers amis,
union pluvieuse,
union heureuse !
Hasard ou coïncidence,
c'est à Montreuil,
dans la circonscription d'Alexis Corbière,
que se tient un des premiers meetings
du front populaire.
Y participe la garde
rapprochée de Jean-Luc Mélenchon.
Pourtant, François Ruffin,
l'homme qui monte, va avoir des propos
sans équivoque.
Chers amis,
je veux dire mon plein soutien
à mon camarade et ami Alexis Corbière.
Jean-Luc Mélenchon est considéré
comme un handicap pour son parti
par plus de 70% des Français.
Même chez les sympathisants
du front populaire.
Aurélien Saint-Aoul,
investi par LFI,
est pratiquement certain
de renouveler son mandat
dans les Hauts-de-Seine.
Pourtant, en campagne,
il ne peut y échapper.
Bonjour.
On est de tout cœur avec vous
et avec le Front Populaire.
Mais on n'est pas très fiers
des manœuvres actuelles à LFI
et du débarquement, la purge qu'il y a eu
avec Clémentine Autain.
Avec Raquel Garrido.
C'est une histoire interne qui concerne tout le monde.
Depuis, on ne parle que de ça.
Et ça a cassé la dynamique qu'on avait.
On ne comprend pas du tout ce que Mélenchon fait.
On verra ce qui casse la dynamique.
La dynamique est au niveau national.
Elle enlève le Front Populaire.
Mais quel intérêt ?
Corbière et Garrido sont des gens bien
qui s'investissent dans le mouvement.
Et sur les questions internes,
sur les sectarismes trotskistes
où on purge les gens chaque génération.
Mélenchon est un boulet.
Il faut le faire taire.
Mais il y a un autre homme
qui est prié de se taire
par les membres de son propre camp.
Et c'est plutôt inattendu.
C'est le président de la République lui-même.
Les députés veulent que ce soit
Gabriel Attal qui conduise la bataille.
Pas le président, désormais jugé repoussoir.
Emmanuel Macron ne peut pas s'empêcher
d'être en première ligne.
Très vite après la dissolution,
il prend la parole dans une conférence de presse fleuve.
Si j'avais été devant vous
à l'issue de Dimanche Soir
avec 50% des Français
qui votent aux extrêmes,
en vous disant on ne change rien,
on continue, vous m'auriez dit
il est déconnecté ce type.
Voilà une photo qui en dit long
sur les réactions des proches du président
le lendemain de la dissolution.
Un Premier ministre député,
une présidente de l'Assemblée nationale
qui semble ailleurs.
D'ailleurs,
le quatrième personnage de l'Etat
essaie de faire changer d'avis
le président de la République.
Mais visiblement, Emmanuel Macron
a choisi en petit comité.
Je ne pense pas qu'il y ait eu
beaucoup d'acteurs du champ politique
qui n'aient pas été surpris.
C'est vrai que la fameuse photo
d'une forme de conseil des ministres
au dimanche,
l'avoir fait sortir,
ça dénote une certaine irresponsabilité
et une certaine maladresse.
Comment peut-on mobiliser sa base
quand on voit les principaux,
les principales têtes d'affiches
de la majorité présidentielle aussi défaites.
Les députés ont eu le sentiment
sans doute,
d'avoir été d'une certaine manière
sacrifiés sur l'autel
de la décision présidentielle.
Donc évidemment,
ça devrait laisser
un peu d'amertume.
C'est pas facile partout,
on a vraiment des territoires
extrêmement différents les uns des autres.
D'ailleurs, quand Yael Brounpivet
fait campagne dans son fief des Yvelines,
son tract ne mentionne aucune référence
au président de la République.
Quand les électeurs lui parlent
de cette drôle de décision présidentielle,
elle a une réaction qui en dit long.
Alors qu'elle a bien conscience d'être filmée,
c'est elle qui aborde le sujet
avec un militant sur place.
Une petite musique commence à être entendue.
Emmanuel Macron
ferait perdre des points
à la majorité présidentielle.
Vous, vous êtes bien.
Mais faudra dire au président
qu'il ferme sa gueule, c'est tout.
C'est lui qui nous fout dans la merde, c'est tout.
Bon courage.
Certains, et pas des moindres,
commencent à penser à l'après-Macron.
Edouard Philippe,
avec son parti Horizon,
a décidé de s'émanciper.
En présentant 82 candidats aux législatives,
il va seul aux élections
sous ses propres couleurs
et sépare son financement
de celui de Renaissance.
Une façon, peut-être,
d'enterrer le macronisme
et de lancer des lignes pour 2027.
C'est le président de la République
qui a mis un terme tout seul.
Moi, ce que je veux, c'est construire
une nouvelle majorité parlementaire.
Et je ne suis pas là pour refaire ce qui a déjà été.
Je suis là pour essayer de construire
une base politique plus large
avec des formations politiques qui n'étaient pas,
jusqu'à présent, et qui n'avaient pas voulu rejoindre,
et après tout, c'est parfaitement leur droit,
la majorité présidentielle.
Venons-en aux intentions de vote.
L'ERN et ses alliés
à 36, légère hausse,
32 pour l'ERN...
Et pendant ce temps-là,
l'ERN bat la campagne.
Dans le Loiret,
il y a deux ans,
le parti d'extrême-droite a remporté
deux circonscriptions sur six.
Mais au vu des scores aux européennes,
l'ERN est persuadé
de pouvoir faire mieux,
notamment ici,
dans la cinquième circonscription,
où ça s'est joué à quelques voix près.
C'est triste, ce temps,
pour les exposants, les commerçants.
Alors exit l'ancien candidat,
on a envoyé un poids lourd.
Jean-Lala Capelle
est un très proche de Marine Le Pen,
un ancien député européen
qui sait faire campagne.
Alors, est-ce que cette petite dame,
vous l'avez vue ?
Non ? Alors je vais aller la voir.
Faut voter. Allez, bon courage, madame.
Merci.
Elle n'a pas voté aux européennes,
cette dame. Mais elle va voter
à l'UCEFTIV. Elle aime bien
Jordan Bardella, alors...
Dans tous les bureaux de vote,
Jordan Bardella est arrivé en tête.
Il se passe quelque chose, les digues sont en train de s'aider,
et je suis convaincu que
nous allons créer plus une surprise.
Nous allons remporter la majorité absolue,
enfin, il la faut, pour adresser le pays,
le 30 juin prochain.
Mais vous savez, on était préparés.
On a ce qu'on appelle le plan Maty.
On l'a dit depuis très longtemps, la dissolution est possible.
C'est une hypothèse. Gouvernez, c'est prévoir.
Donc on s'était dit, on se prépare.
Je suis membre de la commission d'investiture.
Cela fait six mois que je suis en commission d'investiture
pour investir les candidats à l'UCEFTIV.
J'ai une équipe de choc.
Ça ne plaisante pas.
Ce qui n'était qu'un vote de protestation
est devenu un vote d'adhésion.
La France rurale et périphérique pensent
que le RN est le seul parti
qui peut améliorer leur vie.
Ça va, ça va.
Il ne faut pas croire que c'est gagné là non plus.
C'est ça.
Faut se déplacer.
Faut faire les procurations.
Si vous avez du mal à trouver quelqu'un
pour les procurations,
on connaît pas mal de gens.
On a monté une structure
pour faciliter les procurations.
Les Français votent souvent
sur le pouvoir d'achat.
On apporte des solutions.
L'immigration, l'insécurité.
Mais on redresse le pays.
On met des gens qui ne l'ont jamais été.
C'est ça. Pourquoi les gens ?
Ils se plaignent de plein de choses
comme quoi ça ne va pas.
Mais ils n'ont jamais tenté ça.
Comment pouvez-vous savoir que ça ne marche pas ?
Laissez-les au pouvoir.
Laissez-les passer.
Et après, vous pourrez juger.
Essayez-nous.
Voilà le principal argument de campagne.
Car pour le programme,
on reste évasif.
Officiellement,
c'est le même qu'en 2022,
lors de la présidentielle.
Mais au fur et à mesure,
Jordane Bardella renonce au programme
renvoyant la mise en place des mesures phares
aux calendes grecques.
Ça bouge un peu.
Ça va bouger un peu.
Les baisses d'impôts pour les moins de 30 ans.
Nous le ferons dans le second temps.
La nationalisation des autoroutes.
Je vais devoir faire des choix
sur la réforme des retraites.
Je veux avoir entre mes mains
l'audit financier de tous les grands services publics
de l'Etat et de l'Etat réel des finances publiques
avant d'engager cette réforme.
L'interdiction du voile dans l'espace public.
Et la surprise est totale
quand Jordane Bardella est très ferme
et dit que s'il n'obtient pas 289 sièges,
il pourrait refuser Matignon.
Il y a de moins en moins de programmes
et de plus en plus de conditions.
Ça commence à ressembler à un refus d'obstacle.
On a vu le RN
reculer sur toute une série
de mesures qui étaient présentées
comme des mesures phares.
Je crois que c'est aussi
un des effets
de la décision présidentielle.
Imprévu.
Il y avait une impréparation programmatique.
Je ne pense pas
que le fait que le RN
ait un peu
modifié son offre programmatique
en a un petit peu rebattu
à enlever quelques propositions
polémiques
lui ait fait du tort.
Au contraire, j'ai beaucoup de Français
et je l'ai vu dans des qualitatifs.
C'est du genre, finalement,
ils ne sont pas si radicaux que ça.
Ils ne vont pas faire ce qu'ils ont dit.
De toute façon, c'est eux l'alternative.
On ne les a jamais essayés, etc.
Sur le terrain, le discours n'a pas changé.
Dans la première circonscription du Var,
la seule du département
qui ne soit pas tombée
dans l'escarcelle du RN en 2022,
le parti a dépêché Sébastien Soulé,
un policier venu dérouler
le traditionnel discours
sur l'insécurité.
Là, ça fait partie des fauteuils
ou les chouffres.
C'est comme ça que ça s'appelle.
Se mettre en place pour annoncer
l'arrivée des policiers.
Vous avez la loi des trafiquants de drogue
qui agit sur tous les habitants
en ayant des peines plus conséquentes
avec une justice beaucoup plus ferme.
Je pense qu'on peut y arriver.
Il faut que la peur change de camp.
Même sur cette terre promise pour le RN,
des centaines de manifestants
se sont mobilisés ici
depuis quelques semaines contre l'extrême droite.
Alors, quand nos interviews
vont Sébastien Soulé,
il se fait interpeller par une habitante
mécontente.
Quand je vois ça, j'appelle toujours
aux gens qui habitent ici,
qui payent des fortunes, qui essayent de s'en sortir,
qui payent des assurances.
Je suis désolée.
Oui, ça brûle et ça, ça fait le jeu du Front national.
Il faut arrêter de croire que c'est de la délinquance,
etc. Ça arrive de partout. Je suis désolée.
C'est quoi, madame, alors, pour vous ?
Mais je n'en sais rien. Mais tout ça, ça fait monter le FN.
Il faut faire con au Front national.
Moi, sur la sécurité, je peux vous amener plein de solutions.
Mais bien entendu, il faut arrêter
les mustiers récidivistes, par exemple,
dont les familles touchent les allocations familiales
et qui ne viennent même pas chercher leurs enfants.
Vous trouvez ça normal ?
L'éducation, c'est pas les parents qui la donnent,
c'est la police. C'est trop tard, madame.
Moi, je suis pas d'accord.
Bonne journée.
Le RN souffre encore
d'un effet repoussoir
étant considéré comme un parti extrémiste
par une partie de la population.
Mais un nouveau fait politique
va apparaître durant cette campagne.
L'union de la gauche
va être diabolisée.
Emmanuel Macron semble aussi renvoyer dos à dos
les deux partis, RN et Nouveau Front populaire,
les extrêmes, dit-il, dont les programmes,
selon lui, pourraient conduire à la guerre civile.
Est-ce que vous reprenez cette expression ?
Durant la campagne,
le camp présidentiel n'a eu de cesse
d'apparaître comme le seul vote raisonnable
et de renvoyer le Front populaire
au rang de parti infréquentable.
Qu'il y ait eu
des termes très
passionnels, encore une fois, je trouve que c'est vraiment
le mot qui ressort, comme celui de guerre civile,
me paraît assez tendancieux et grave, notamment
pour un président de la République qui, je rappelle,
l'article 5 de notre constitution, est le gardien des institutions.
Celui qui donne le cap, l'arbitre.
Donc, agiter ce terme-là,
qui a beaucoup, d'ailleurs, angoissé
nos partenaires étrangers,
a sûrement un but électoral
qui, finalement, se retourne toujours
contre celui qui l'emploie, parce que,
je crois que c'est la plus profonde angoisse des Français,
c'est de terminer plus divisé que jamais
à la suite d'un scrutin électoral.
Emmanuel Macron, il décide
de renvoyer dos à dos les extrêmes,
l'extrême droite,
même si, d'ailleurs, certains dans son camp
ont du mal à prononcer ce nom,
et se plient au diktat
du Rassemblement national
qui refuse qu'on l'appelle en ces termes.
Et puisqu'il appelle l'extrême gauche,
il a un peu tendance à mettre dans ce vocable
toute la gauche française,
y compris François Hollande.
Donc, ça en fait sourire pour certains.
Des éléments de langage repris
par les ténors de la majorité présidentielle.
La seule chose que je sais, c'est que
l'extrême gauche comme l'extrême droite
sont aussi nocives pour le pays
du point de vue économique comme du point de vue des valeurs.
On n'a pas envie des extrêmes.
On n'a pas envie de l'extrême droite, de l'extrême gauche,
de leur projet de division du pays.
Je ne voterai jamais pour la France insoumise
ni pour le Rassemblement national.
Mais cette stratégie va se montrer
peu payante.
Est-ce que le RN peut avoir cette majorité absolue ?
Est-ce qu'il y a aussi un risque
d'une assemblée ingouvernable ?
Réponse dans quelques secondes.
Dimanche 30 juin,
les résultats du premier tour tombent.
Et c'est donc le Rassemblement national
et ses alliés qui arrivent en tête
de nos estimations avec 34%
des suffrages suivis du nouveau Front populaire
28,1%.
Conformément aux prévisions,
le RN est en tête,
la projection en nombre de sièges
est bleu marine.
Pour autant, rien n'est gagné.
Et le second tour sera déterminant.
Il nous faut une majorité absolue
pour que Jordan Bardella soit dans 8 jours
nommé Premier ministre
La participation a été importante.
Résultat,
dans plus de 300 circonscriptions
sur profil des triangulaires.
C'est donc là que va être
la clé du second tour.
Très vite,
la gauche appelle ses candidats
arrivés en 3e position à s'effacer
pour faire barrage au RN.
Nulle part,
nous ne permettrons au RN de l'emporter
et c'est pourquoi,
dans l'hypothèse où il serait
arrivé en tête tandis que
nous ne serions qu'en 3e position,
nous retirerons
notre candidature.
Nous allons faire élire
Mme Borne ou M.Marlex.
Dans les 105 circonscriptions
concernées. Est-ce que c'est si facile que ça pour moi de le dire ?
Franchement, je vous le dis,
ça n'est absolument pas simple.
Parce que je me suis battu
contre les uns et contre les autres.
Je l'ai fait, mais en ayant
le sentiment aussi que nous étions adversaires,
pas ennemis.
Au nom du Front républicain,
la gauche se retire dans plus
d'une centaine de circonscriptions.
Mais au sein de la majorité
présidentielle, la réciproque
n'est pas évidente.
C'est plutôt 50 nuances
de Front républicain.
Si le Premier ministre est sans ambiguïté...
Pas une voix
ne doit aller au RN.
Cela passera
par le désistement de nos candidats,
dont le maintien en 3e position
aurait fait élire un député RN
face à un autre candidat
qui défend comme nous les valeurs de la République.
Votez pour les candidats
qui défendent la République.
D'autres ténors de la majorité
veulent un Front républicain
à géométrie variable.
Aucune voix
ne doit se porter sur les candidats
du RN,
ni sur ceux
de la FI, avec lesquels nous divergeons
non pas seulement sur des programmes
mais sur des valeurs fondamentales.
Je combats le RN
mais je ne vote pas pour la FI.
Je ne vote pas pour la FI
parce que la FI a pris des positions
qui sont contre la nation française.
Je vais réagir à ce que vient de dire
Bruno Le Maire parce que je suis
1. atterré et 2. extrêmement en colère.
On vous sent très ému.
Très ému parce que ça fait 10 ans que je vis dans une ville
tenue par le RN.
Et ce que vient de faire Bruno Le Maire,
c'est un comportement de lâche
et de privilégié.
C'est hors-sol, c'est lunaire
et ce n'est pas à la hauteur de l'histoire.
A l'Assemblée nationale,
les 76 élus
au 1er tour font leur rentrée des classes.
La gauche,
dans toute sa diversité
et le RN
Voici les 3 premiers députés
parmi les 38 déjà élus.
Des novices
qui ne veulent pas commettre
d'impair.
Et qui continuent de donner
une image lisse et apaisée
comme leur demande de faire Marine Le Pen.
Selon le journal
Le Monde, on compte au moins
185 désistements
de candidats du nouveau Front populaire
ou macronistes pour faire barrage au RN.
Mais durant cet entre-deux-tours,
le vent semble tourner.
Le RN apparaît de plus en plus
comme un parti décidément différent des autres
avec une polémique autour des binationaux.
Une résurgence du thème
de la préférence nationale.
C'est toujours inquiétant.
Donc on verra bien ce que ça va donner.
Est-ce que les barrages vont fonctionner ou pas ?
Je croise les doigts.
Je trouve ça assez angoissant.
Comme je le disais,
la montée du RN me fait très peur.
Je ne sais pas trop ce que ça va donner
dans nos vies de tous les jours.
Et certains sympathisants de gauche
se mettent à rêver d'un tiers C
pas forcément dans l'ordre envisagé
il y a quelques jours.
C'est très serré.
Par rapport au résultat final,
il y a beaucoup de chance
que les filles,
que le NFP puisse passer
et avoir une certaine majorité
et avoir une certaine influence.
Encore faudrait-il
que le Front républicain fonctionne.
Et il y a des circonscriptions
où il doit être particulièrement puissant
pour éviter la victoire du RN.
En Heure-et-Loire,
Olivier Marlex,
le député sortant et patron des LR
à l'Assemblée,
a 12 points de retard sur le candidat
d'extrême droite.
Alors il mise sur la proximité.
Bonjour madame.
Vous voyez ma permanence
pour Saint-Martin ?
Je reçois toutes les semaines
15-20 personnes.
Quand il y a des problèmes,
j'arrange de les régler.
La candidate PS,
arrivée en 3e position,
s'est désistée en sa faveur.
Un désistement qui ne lui a pas valu
le moindre remerciement d'Olivier Marlex.
D'ailleurs, il a un discours
ambigu sur le Front républicain.
J'ai honte de ces expressions
de Front, de barrage, de tout ça.
Moi je pense que chaque Français
qui a des valeurs
est capable de se positionner
très clairement là-dessus.
Et vous par exemple,
parce que personnellement
vous l'avez fait en 2022 par exemple.
En 2022, oui, j'avais expliqué
très clairement que
c'était non Marine Le Pen.
Vous avez voté Macron ?
Non. Je crois que j'ai voté Blanc.
Mais je vais dire en tout cas
on ne vote pas Marine Le Pen.
Ce que vous aimeriez là,
c'est qu'on vote pour vous et pas Blanc.
Pourquoi les gens sont responsables
de vacciner ?
Je ne peux pas croire qu'un électeur de gauche
entre l'ORN et moi
dise c'est bonnet blanc et blanc bonnet.
Oui mais vous l'avez fait pour Macron et Le Pen.
Selon lui,
être élu avec les voix de gauche
ne veut pas dire prendre en compte
les idées de gauche.
La presse est huillée.
C'est un vrai sujet.
J'ai rencontré des gens depuis
dans des collectifs, dans des quartiers
qui me disent, mais est-ce que vous allez
venir et faire une politique,
essayer de faire un compromis sur...
Vous connaissez mes convictions,
vous savez qui je suis.
Je suis de droite et je ne vais pas m'en excuser,
mais d'une droite gaulliste.
Je suis comme je suis.
En clair,
les républicains s'opposent d'ores et déjà
à toute participation à une coalition
après les législatives.
Finalement,
le front républicain fonctionne
et contribue à faire baisser l'extrême droite.
D'autant que quelques profils
de candidats RN arrivés au second tour
vont encore faire douter
les électeurs.
Une casquette de Waffen SS
dérangeante.
Une candidate qui se défend de racisme
avec cet argument au choc.
J'ai comme
hôtel mot un juif
et j'ai comme dentiste
un musulman.
Un candidat inéligible car placé
sous curatel, jugé par la justice
déficient mental, mais qui pourtant
est autorisé à se présenter.
Je crois être en possession de tous
mes moyens mentaux, j'en suis même certain.
Et par contre,
l'erreur vient
de ce que je n'ai pas, c'est potasser
le code électoral.
Il y a eu
4 ou 5 candidats
qui sont passés sous les mailles du filet, je l'ai dit.
Mais il n'y a pas 80
candidats problématiques. Non, il n'y a pas
80 candidats problématiques, ça c'est l'argument
celui de Gabriel Attal et de la majorité présidentielle.
Il n'y a pas 80 candidats problématiques.
Dernier jour avant le début d'une nouvelle
ère politique en France. On ne sait pas
quels seront ses contours, mais l'Assemblée nationale
ne sera pas la même à l'issue du second
tour des législatives.
La France retient son souffle
alors que le RN est annoncé en tête
dans tous les sondages.
Le résultat à 20h est une
énorme surprise.
Plus que quelques
secondes avant cette première estimation
de notre partenaire Ipsos Talent,
il est 20h et on découvre
la nouvelle Assemblée
et ce n'est pas le tiercé
qui était attendu à l'issue du premier
tour, c'est d'abord la gauche, le nouveau
Front populaire qui arrive en tête avec
172 à
192 sièges.
La gauche,
arrivée en tête. Ses sympathisants
réunis dans le nord de Paris
l'avaient à peine imaginé.
La gauche qu'on disait
fracturée par les dissensions
renaît de ses cendres.
La rectification du second tour
par rapport au premier tour, c'est un
fonds républicain qui a très très bien marché,
c'est des reports de votes
des électeurs de droite vers la gauche,
de gauche vers la majorité
présidentielle,
de la majorité présidentielle vers la gauche
même s'il y a des intensités différentes,
qui a très bien fonctionné.
Il y a beaucoup de responsables politiques de droite notamment
mais aussi de gauche qui ont refusé
le Front républicain et c'était parfois
un peu nouveau.
On n'avait pas l'habitude de ça.
En revanche, les Français,
ils l'ont fait jouer et ça je trouve que c'est quand même
une belle leçon de cette élection
c'est que les Français, ils ont dit non
au Rassemblement national.
Il y a beaucoup
de candidats qui ont accepté
de se désister alors que
au plus haut sommet de l'Etat,
ça ne semblait pas évident pour certains
et c'était assez désolant.
A la soirée électorale organisée
par l'ERN, forcément
c'est la douche froide.
De nombreux Français fondaient beaucoup d'espoir
dans l'arrivée de Jordan Bardella au pouvoir.
Le seul considéré comme capable
d'améliorer leur vie.
Écoutez les sondages
qu'ils nous mettaient en tête,
les sondages placés Jordan Bardella en tant que Premier ministre,
c'est vraiment dur je pense
d'affronter cette réalité là ce soir.
J'ai envie de pleurer.
Un petit sentiment d'injustice, c'est vrai
parce que je suis persuadée qu'on aurait pu gagner
mais il y a, comme il y a
depuis des années et des années, ce barrage
contre l'extrême droite
qui nous affaiblit un petit peu.
On va batailler sur le terrain,
il y aura les municipales,
il y aura les présidentielles.
Peut-être une autre dissolution,
on ne sait pas, mais en tout cas
on sera là.
Malgré la déception,
l'ERN passe de 88 à 126 députés
en deux ans.
143 avec ses alliés
LR d'Eric Ciotti
et progresse encore dans tout le pays.
Le Rassemblement National s'approche
encore un peu plus du pouvoir.
Ce que certains ont vécu
comme un sursaut
pourrait naître
qu'un sursis.
Le lendemain des résultats,
dans la ville d'Énimbaumont,
qui a élu Marine Le Pen dès le premier tour,
on a le sentiment
de s'être fait voler la victoire.
C'est vraiment
catastrophique d'en arriver là.
Les macronistes sont arrivés en deuxième position,
l'ERN en troisième position
alors que ce n'est pas du tout logique.
Parce qu'eux se sont regroupés,
se sont mis à 3-4,
ce n'est pas de bonne guerre.
Est-ce que c'est partie remise ?
Non, mais c'est surtout l'avenir.
C'est ça qu'on a peur.
Le maire ERN d'Énimbaumont,
Steve Brégois,
revendique lui un droit d'inventaire
sur cette fin de campagne
qui a coûté des points au parti.
Ce qui a manqué,
c'est peut-être ce qui nous a valu
cette campagne de l'entre-deux-tours
avec des candidats qui n'étaient pas
vraiment prêts, avec des erreurs de casting
que la direction nationale
aurait peut-être dû anticiper.
D'ailleurs,
quelques jours après le second tour,
le responsable des investitures
au sein du plan Matignon
a démissionné de ses fonctions.
Les conciliabules s'enchaînent à gauche
pour s'accorder sur celui ou celle
qui pourrait accéder à Matignon
d'ici la fin de la semaine.
Rentrée des classes
dans la bonne humeur pour les socialistes.
Diana Badiop
est une nouvelle élue des Yvelines.
Elle a réussi à abattre
un candidat à ERN.
Les socialistes sont
deux fois plus nombreux qu'à la dernière législature.
Mais au moment
d'aller prendre la photo de tout le groupe...
Les premiers ennuis commencent.
Certains manifestants leur reprochent
leur alliance avec les insoumis.
Mais pour les socialistes,
la donne est claire.
Le gouvernement se fera dans l'union.
Pour gouverner,
il va falloir former des coalitions indispensables
pour obtenir la majorité à l'Assemblée.
Une pratique étrangère
à notre culture politique ?
Alors est-ce vraiment envisageable ?
Je peux imaginer un gouvernement
sans les insoumis,
macronien et LR.
La majorité absolue est absolument assurée.
Mais comment imaginer que ça puisse s'opérer,
s'enclencher
et fonctionner ?
Et surtout, je le répète,
répondre à la promesse du politique,
améliorer la vie de nos concitoyens.
On a besoin de faire de la politique autrement.
Pour sortir l'Assemblée nationale
de l'instabilité chronique
qu'elle peut connaître,
il faut vraiment repenser les choses.
Mais je ne suis pas naïve,
et j'ai tendance à penser
qu'on aura un peu de quatrième
avant d'avoir la sixième dans la cinquième.
C'est-à-dire qu'il y aura
une longue période d'instabilité
où chacun jouera de son égo politique
pour aller chercher une gouvernance,
une loi-clé qui marquera peut-être les esprits.
Et peut-être que seulement après
cette valse des gouvernements,
on arrivera à réfléchir autrement,
à proposer peut-être un peu plus de temps,
peut-être un gouvernement plus élargi, etc.
Mais quel serait le candidat de la gauche
pour être Premier ministre ?
Durant des jours, on nous promet un non.
Socialistes, LFistes,
communistes et écologistes
ne parviennent pas à se mettre d'accord.
Une indécision qui laisse la place
à des scénarii où la gauche
ne serait pas au gouvernement.
Au sein du camp présidentiel,
la constitution d'une majorité sans le NFP
fait son bout de chemin.
Avec pour acte 1, Emmanuel Macron
qui explique que personne n'a remporté
les élections ou comment remettre en cause
le statut de vainqueur du Front populaire.
Puis pour acte 2,
les ténors de la Macronie.
Ce que je sais, c'est qu'un bloc
aujourd'hui de nouveau Front populaire
ne peut pas s'élargir, ne gagnera pas
un seul nouveau député.
Mathématiquement, idéologiquement,
c'est absolument impossible.
Donc les seuls qui seraient en capacité
de s'élargir, c'est au sein du Bloc central.
Si nous construisons une alliance
programmatique sur une année,
sur 18 mois,
avec les centristes, l'UDI
et les Républicains, nous sommes
capables de représenter une autre force politique
alternative.
C'est au bout de 10 jours que deux noms
émergent des négociations de la gauche.
D'abord,
Huguette Bello, présidente du Conseil
Régional de la Réunion,
soutenue par les communistes
mais dont les socialistes
ne veulent pas.
Puis l'économiste Laurence Tubiana,
ex-madame à Cors de Paris
sur le climat, la candidate des socialistes
mais qui ne fait pas l'unanimité.
Je tombe
de ma chaise.
Il s'agit de nous proposer
une personne, contre qui je n'ai rien de personnel,
que les choses soient claires,
mais qui signait il y a 4 jours
une tribune dans laquelle elle appelait
à constituer une coalition
et un programme commun avec les macronistes.
Les insoumis
suspendent les négociations
car un autre enjeu se profile
pour les députés, l'élection
du président de l'Assemblée nationale.
Cette fois, le NFP
arrive à trancher. Leur candidat
unique sera André Chassaigne,
parlementaire communiste
depuis 22 ans.
Notre bloc, si on peut parler de bloc,
est arrivé en tête
des élections législatives
et qu'à ce titre, nous avons une légitimité
collective
pour présider l'Assemblée nationale.
On vous laisse digérer
cette excellente nouvelle. Merci.
L'enjeu est immense
car cette élection, avec ses coalitions
et ses désistements,
serait comme un signal pour former la majorité.
Emmanuel Macron
aurait d'ailleurs considéré
que l'élection du locataire du perchoir
donnerait la tonalité
pour la nomination du Premier ministre.
En lice,
face à André Chassaigne,
Yael Brown-Pivet
candidate à sa propre succession,
Naïma Moutchou pour
Horaison, Charles de Courson
pour l'IOT, Philippe Juvin
pour la droite républicaine et Sébastien Chenu
pour l'ERN.
A l'issue du premier tour,
André Chassaigne arrive largement
en tête, mais n'obtient pas la majorité
absolue.
Restent 4 candidats
au second tour.
Les députés parlementent
et la droite négocie
des postes clés à l'Assemblée
contre son désistement
en faveur de la candidate macroniste.
Résultat ?
Madame Yael Brown-Pivet,
220 voix.
Yael Brown-Pivet l'emporte
et cette alliance de la droite
et des macronistes va augurer de la suite.
La gauche s'annonce
la grande perdante de ce premier
round.
Et pourtant, le NFP s'entend
sur un nom de premier ministrable
issu de la société civile.
Lucie Castet,
elle a 37 ans,
fondatrice d'un collectif
pour la défense des services publics
et spécialiste de la lutte contre la fraude
fiscale.
Les résultats
des élections sont absolument clairs.
C'est un rejet de la politique du gouvernement,
du gouvernement sortant.
C'est la demande d'une nouvelle
orientation politique, d'une rupture pour le pays.
Je suis prête, nous sommes prêts.
Je demande maintenant
au président de la république de prendre ses responsabilités
et de me nommer premier ministre.
Pas emballé,
Emmanuel Macron joue la montre.
Trêve olympique et politique.
Et les français s'offrent une parenthèse
enchantée.
Mais l'effet J au passé,
la candidature Castet
se pose à nouveau.
Le président reçoit
à l'Elysée les différentes forces de l'Assemblée.
Mais du centre
à l'extrême droite,
tous ressortent avec un même mot d'ordre.
Le nouveau Front populaire a positionné
aujourd'hui l'extrême gauche aux portes du pouvoir.
Nous avons donc indiqué que
nous étions évidemment
en faveur d'un vote d'une motion de censure.
Rien n'y fait.
Même quand Jean-Luc Mélenchon
propose un gouvernement Castet
sans ministre à l'Effi,
Emmanuel Macron considère qu'un tel exécutif
n'aura jamais la majorité à l'Assemblée
et ferme la porte
à cette option.
Au nom de quel droit divin
il y aurait une possibilité
pour des gens qui ont perdu les élections
d'expliquer qui gouverne et qui ne gouverne pas ?
S'en suit une valse de noms
parmi lesquels émergent Bernard Cazeneuve,
Thierry Baudet
ou Xavier Bertrand.
Jusqu'au 5 septembre ou après
7 semaines d'attente depuis les législatives,
c'est Michel Barnier, une vieille figure
de la droite qui entre à Matignon
et annonce des priorités avec un gouvernement
bien plus à droite que le précédent.
Je pense à la sécurité au quotidien.
Je pense aussi à la maîtrise
de l'immigration.
Je pense évidemment au travail.
Un alliage de macronistes
et de LR
que le RN promet pour le moment
de ne pas censurer dans l'hémicycle.
Mais une alliance sans majorité
en réalité.
Une question se pose,
combien de temps cet attelage
pourra-t-il résister face à une Assemblée nationale
bien fragmentée ?