Depuis les premières explorations jusqu'aux découvertes les plus récentes des archéologues, nous allons tenter de lever le voile sur le mystère des lignes de Nazca. 👋 + de documentaires histoire 👉 http://bit.ly/3lqyFpY 🙏 Abonnez vous !C'est l'une des plus grandes énigmes de l'archéologie moderne. Une découverte qui a donné lieu à toutes sortes de théories depuis un siècle et qui n'a pas encore révélé tous ses secrets. Au Pérou, à 350 km au sud de la capitale, Lima, dans la vallée de Nazca, on peut voir depuis le ciel de gigantesques figures représentant des animaux stylisés, un colibri, un singe, une araignée, une baleine, ainsi que des spirales et des lignes de plusieurs kilomètres de long. On a surnommé ces figures les « lignes de Nazca ». Et toutes n'ont pas encore été découvertes."Nazca le mystère des lignes du désert" Réalisé par Hélène MaucourantDroits Réservés #documentaire#nazca#mystères
Elles apparaissent comme un mirage au cœur du désert de Nazca, au Pérou.
Des milliers de figures animales et de formes géométriques qui s'imposent dans le paysage.
On les surnomme les lignes de Nazca.
Mais les scientifiques les appellent des géoglyphes, des motifs gravés dans le sol.
Depuis leur découverte au début du XXe siècle, ces dessins géants alimentent toutes sortes de théories, même les plus invraisemblables.
Certains y ont vu un calendrier cosmique.
D'autres, des pistes d'atterrissage pour les extraterrestres.
Les géoglyphes ouvrent les portes du rêve.
Résoudre ce mystère est un très grand défi pour les archéologues.
Qui a tracé ces figures gigantesques ?
À quelle époque ?
Comment ?
Et surtout, pourquoi ?
La question qui va revenir et qui est encore au cœur du débat parmi les spécialistes, c'est quelle est leur fonction ?
Pour répondre à ces questions, des scientifiques et des archéologues du monde entier fouillent sans relâche le désert péruvien à la recherche d'indices.
Ils enquêtent sur une mystérieuse civilisation qui se serait installée sur ce territoire il y a 2000 ans.
Il est difficile de comprendre comment des hommes du passé ont pu créer un ensemble artistique d'une si grande ampleur.
Avec des méthodes classiques, mais aussi des outils de pointe, les chercheurs tentent de comprendre comment des figures aussi gigantesques ont pu être gravées dans le sable du désert.
Les hommes qui ont tracé ces lignes avaient des connaissances technologiques très avancées.
Depuis les premières explorations, jusqu'aux découvertes les plus récentes, nous allons tenter de lever le voile sur le mystère des lignes du désert.
Le désert de Nazca au Pérou.
Un paysage aride, d'une beauté à couper le souffle.
Cette gigantesque étendue de sable et de pierre de 500 km2, soit cinq fois la surface de Paris, est située au sud de Lima, la capitale du Pérou.
Dans cette immense vallée désertique se cache un trésor archéologique unique au monde, oublié pendant près d'un millénaire.
Mais il est quasiment invisible depuis le sol.
Les hommes ont dû attendre d'apprendre à voler pour en faire l'incroyable découverte.
Tout commence au début du siècle dernier, avec une avancée technologique majeure.
La découverte des géoglyphes a coïncidé avec le début de l'aviation.
Au début du XXe siècle, l'aviation militaire péruvienne va survoler la région de Nazca.
Et là, on découvre des grands dessins sur la Pampa de San José.
Depuis leur cockpit, les pilotes repèrent une multitude de figures dessinées dans le sable.
Ils n'en croient pas leurs yeux.
Des motifs géométriques, mais plus fascinants encore, des dessins géants d'animaux apparaissent dans le sable du désert.
Un singe.
Un colibri.
Une araignée.
Ces figures intriguent.
Les vols au-dessus de cet immense territoire se succèdent.
Les explorateurs découvrent sans cesse de nouvelles figures, toutes plus étonnantes les unes que les autres.
On découvre aussi des lignes, des lignes qui s'étendent sur plusieurs kilomètres.
Donc c'est impressionnant.
Tout le paysage est couvert de lignes qui traversent les rivières et tout le désert.
Vous pouvez les voir qui parcourent l'horizon.
Elles peuvent même connecter différentes vallées les unes avec les autres.
Ce qu'ils ont sous les yeux est en fait un incroyable trésor archéologique.
Des dessins gravés à même le sol, que les scientifiques nomment des géoglyphes.
Mais s'ils savent les nommer, ces lignes restent cependant un mystère qui semble alors insondable.
Tout à coup, on pouvait découvrir cet ensemble vu d'en haut grâce aux avions.
Les gens étaient très impressionnés et c'est resté une énigme pendant très longtemps.
Cette découverte marque le début d'une très longue enquête archéologique.
Des scientifiques du monde entier rejoignent le Pérou pour percer le mystère des lignes de Nazca.
Toutes les hypothèses sont ouvertes et les premières théories commencent à émerger.
Pour un archéologue, c'est un sacré défi.
Et c'est peu dire, surtout au tout début de la recherche.
Il y avait beaucoup de théories qui tentaient d'expliquer le sens de ces géoglyphes et leurs fonctions.
Les premiers chercheurs interprètent d'abord les géoglyphes comme des routes,
des canaux d'irrigation,
ou encore des cimetières.
Mais aucune de ces hypothèses n'est validée.
L'énigme reste entière,
jusqu'à ce que l'allemande Maria Reiche débarque dans la Pampa au milieu des années 30.
Quand on parle des géoglyphes, on pense automatiquement à la célèbre mathématicienne Maria Reiche
qui a consacré sa vie à l'étude des géoglyphes.
Elle était fascinée par ce phénomène.
Elle allait dans le désert pour mesurer les figures sur le terrain.
Elle marchait.
Elle avait une vision complètement différente de celle des archéologues.
Pour elle, il fallait avoir une vision mathématique des géoglyphes très complexe.
Maria Reiche est surnommée la Dame de Nazca.
Pendant 50 ans, elle va parcourir le désert à la recherche d'indices.
Au fil de ses investigations, elle observe d'étranges coïncidences.
La mathématicienne constate par exemple que le Soleil se couche dans l'axe de certaines lignes.
Elle est alors persuadée d'avoir trouvé la clé de l'énigme des géoglyphes.
Certaines lignes indiquent les solstices, les équinoxes, les mouvements de la Lune et du Soleil.
Ce qui signifie que les géoglyphes aidaient les gens à déterminer les dates d'un calendrier.
Pour Maria Reiche, c'est un grand calendrier.
Maria Reiche va même plus loin dans ses théories.
Elle envisage les figures du désert comme un grand atlas des constellations reconstituées sur la Terre.
De nombreux scientifiques suivent cette piste.
Un travail titanesque.
Il faut étudier et comparer l'orientation de dizaines de milliers de géoglyphes dans le désert de Nazca.
Plus de 800 lignes et 300 figures géométriques gravées dans le sol.
Il s'avère impossible de systématiser les observations de Maria Reiche.
La plupart des géoglyphes n'ont aucun lien avec les étoiles.
Généralement, on voit une ligne ou une figure et on trouve une explication.
Mais quand vous voyez des milliers et des milliers de géoglyphes,
alors la plupart du temps, cette explication ne tient pas et ça complique tout.
Après plus de 50 ans de recherche, la théorie de la mathématicienne est finalement abandonnée.
Aucune explication scientifique ne permet de comprendre l'origine et le sens de ces géoglyphes.
À mesure que le mystère des lignes de Nazca s'épaissit, les thèses les plus folles se développent.
Dans les années 70, en plein essor des théories extraterrestres,
certains affirment que les géoglyphes seraient des pistes d'atterrissage pour soucoupes volantes
ou encore des balises pour permettre à des vaisseaux spatiaux venus d'une autre planète de s'orienter.
Un auteur suisse, Eric von Daniken, écrit même un livre,
Les chariots des dieux, qui rencontre immédiatement un succès international.
Il y défend la thèse selon laquelle les lignes auraient été tracées par les extraterrestres eux-mêmes
ou par les habitants de ce désert en guise de bon accueil.
Le public raffole de ces thèses paranormales.
Son ouvrage se vend à des millions d'exemplaires.
Les géoglyphes ouvrent les portes du rêve. Et qu'est-ce qui fait rêver les gens ?
C'est plus fascinant de penser qu'il y a eu des extraterrestres.
Beaucoup de gens pensent que tout pourrait s'expliquer avec les extraterrestres qui auraient construit les géoglyphes.
Parce que c'est un sujet très complexe. Le résoudre avec ces histoires d'extraterrestres, ça simplifie les choses.
Cette piste ne sera bien sûr jamais avérée.
Les archéologues du monde entier poursuivent donc leurs recherches.
Certains commencent à se demander si les lignes de Nazca ne seraient pas l'œuvre d'un des nombreux peuples
qui ont vécu autrefois dans cet immense désert.
Ils partent alors sur les traces d'anciennes civilisations disparues.
On a une grande méconnaissance de ces civilisations.
On parlait de sociétés américaines, sauvages, primitives.
Au cours des premières recherches archéologiques, on parlait uniquement des Incas quand on évoquait le passé du Pérou.
Avec le temps, on a réalisé que l'histoire du Pérou était beaucoup plus riche.
Les Incas ont en effet dominé le Pérou au 15e siècle de notre ère.
Ils y construisent de magnifiques cités comme le célèbre Machu Picchu.
Mais aucune trace de géoglyphes dans leurs civilisations.
Il faut donc chercher ailleurs.
En remontant dans le temps, les archéologues s'intéressent à un peuple beaucoup plus ancien.
Les Nazcas.
Une civilisation tombée dans l'oubli.
Ce peuple s'est installé dans le désert il y a plus de 2000 ans et y a vécu jusqu'au 7e siècle.
Donc bien avant les Incas.
Mais la piste de ce lointain peuple soulève de nouvelles interrogations.
A première vue, c'est un désert qui est aride.
Et donc, on se demande comment ils ont pu s'installer dans ce désert et pourquoi ils se sont installés là.
Les gens pensent que c'est très difficile de vivre dans le désert.
Mais la situation du désert de Nazca, au pied des Andes, est très particulière.
Car de nombreuses rivières qui descendent des Andes traversent ce territoire.
Il y a donc de l'eau disponible et on peut l'utiliser pour l'irrigation.
Les Nazcas ne se sont pas installés en plein désert, là où on a les géoglyphes.
Ils se sont plutôt installés près des sources d'eau, près des rivières et des fleuves.
Quand vous amenez de l'eau dans le désert, le sol devient extrêmement fertile.
Ce sol n'a pas été érodé par la pluie durant le dernier millénaire.
Du coup, il est riche en minéraux et en nutriments pour les plantes.
On peut faire plusieurs récoltes. Donc, ces oasis ont attiré énormément de monde.
À partir du IIe siècle avant Jésus-Christ, les Nazcas occupent des oasis qui émergent au cœur du désert.
Ils développent la culture du maïs, des haricots, du coton et créent des communautés prospères.
C'est comme le paradis, car les plantes poussent.
On peut imaginer que la période des Nazcas était une période très paisible.
C'était une société qui savait vivre en harmonie avec son environnement en tirant parti au mieux de ses ressources.
On a essayé de comprendre comment ils vivaient et quels liens ils pouvaient avoir avec les géoglyphes.
Ces agriculteurs du désert pourraient-ils être à l'origine des géoglyphes ?
Comme tous les peuples précolombiens, les Nazcas n'ont produit aucune trace écrite.
Pour reconstituer leur histoire, les archéologues doivent s'intéresser aux objets qu'ils ont laissés derrière eux et qu'ils retrouvent en fouillant le désert péruvien.
Des céramiques aux formes très variées et finement décorées attirent leur attention.
Les Nazcas n'étaient donc pas qu'un simple peuple d'agriculteurs.
Ils étaient également des artisans hors pair.
La civilisation Nazca est aussi connue grâce à la finesse de sa céramique.
Il s'agit donc de technologies très particulières et très spécifiques que l'on ne retrouve nulle part ailleurs.
Leurs céramiques sont très belles et très raffinées.
Je dirais même que ce sont les plus belles que l'on ait trouvées en Amérique et même dans le monde.
Ces céramiques sont restées près de 2000 ans sous terre et leur parfait état de conservation permettent aux archéologues d'étudier leur iconographie.
Une première chose les frappe.
Les figures représentées sur les céramiques sont identiques à celles de certains géoglyphes.
On retrouve le colibri, le singe, l'araignée.
Les figures des géoglyphes sont représentées dans le même style que celles retrouvées sur les céramiques.
On peut donc être sûr qu'ils proviennent de la même culture, la culture Nazca.
Même motif, même culture.
La piste du peuple Nazca serait-elle enfin la première clé de l'énigme ?
C'est en tout cas une piste prometteuse, mais de nombreuses questions subsistent.
Comment cet ancien peuple a-t-il réussi à tracer ces immenses figures dans le désert ?
Comment ont-elles pu rester gravées dans le sol pendant 2000 ans ?
L'environnement du désert de Nazca est très particulier.
Vous avez cette surface plane dans le désert qui est couverte de pierres noires.
C'est un mélange de sable et de pierres qui ont dévalé les montagnes des Andes jusqu'ici.
L'archéologue péruvien Johnny Isla étudie les géoglyphes et leurs techniques de construction.
En arpentant la Pampa, il a très vite constaté qu'il était très facile de marquer le sol de ce désert.
La surface de ce désert est recouverte de ces pierres sombres qui se sont oxydées avec le temps.
Dessous, on trouve une couche sablonneuse de couleur beaucoup plus claire.
Le principe, c'était donc de pousser les pierres sur les côtés de manière à former une sorte de bordure.
Cela permet de rendre visible cette surface plus claire.
Et vous pouvez de cette manière faire apparaître une ligne bien droite.
Et ces formes claires restent visibles très longtemps.
Et ici, vous pouvez voir une petite portion de ligne qui pourrait s'étendre sur des dizaines voire des centaines de mètres afin d'être plus visible.
Les célèbres figures comme le singe, l'araignée, le colibri étaient réalisées avec des lignes comme celle-ci, assez fines, qui mesurent entre 20 et 30 cm de large. Rien de plus.
Les propriétés géologiques du désert permettaient aux nascas de tracer des lignes de manière simple et rapide.
La température du désert, qui chute la nuit, consolidait ensuite leurs contours pour les maintenir dans le temps.
En utilisant cette technique, les nascas ont donc réussi à graver des figures de taille monumentale sur des dizaines voire des centaines de mètres de longueur.
50 mètres de longueur pour ce chien.
Plus de 140 mètres pour ce condor, aussi long qu'un terrain de foot.
Et taille record pour cet étrange oiseau, 300 mètres de long, presque l'équivalent de la hauteur de la tour Eiffel.
Comment ils ont été construits ? Parce qu'ils ont des dimensions impressionnantes. Donc ça, c'est la question principale.
C'est difficile de comprendre comment ces gens ont pu créer dans le passé un tel environnement artistique.
D'autant qu'à l'époque des nascas, ces figures n'étaient pas lisibles à hauteur d'homme.
Certains chercheurs ont envisagé qu'ils fabriquaient des engins à air chaud, capables de s'élever dans les airs pour observer leurs figures.
Mais il y a 2000 ans, aucune civilisation n'avait encore les moyens de voler.
Des archéologues ont par la suite cherché des traces de construction de promontoires, sans succès.
Comment les nascas pouvaient-ils parvenir à un tel résultat sans prendre de la hauteur ?
Il faut quand même avoir des connaissances pour agrandir une figure, agrandir une figure qu'on ne voit pas.
Ça veut dire qu'il faut avoir vraiment des connaissances de mathématiques pour dire, tiens, je vais tracer ça et donc ça va se voir d'une certaine hauteur.
Les nascas avaient certainement des connaissances pointues dans le domaine des mathématiques, comme de la géométrie.
Car ils étaient capables de représenter un animal, par exemple un oiseau, à l'échelle, puis de le représenter ensuite dans toutes les dimensions.
Pour l'araignée, le colibri, des figures qui sont un peu plus complexes,
on pense qu'ils utilisaient une sorte de modèle réduit qu'ils reproduisaient ensuite à une échelle plus ou moins grande.
Les nascas étaient capables d'agrandir une figure en respectant une échelle.
Ils maîtrisaient donc à la fois l'arithmétique et la géométrie.
Mais un certain type de géoglyphe a longtemps intrigué les chercheurs.
Les spirales.
Comment réaliser des courbes aussi régulières sans moyens techniques ?
Johnny Isla mène des recherches expérimentales depuis de nombreuses années pour essayer de comprendre.
Avec des outils très rudimentaires, une corde et un poteau, il tente de retrouver les gestes du peuple nasca.
Avance et lâche.
Je pense que l'une des techniques était d'avoir deux personnes en parallèle.
Une personne qui guide et une deuxième personne qui suit toujours à la même distance.
La personne qui guide maintient toujours la même distance avec la ligne précédente de manière à rester parallèle tout en s'éloignant.
Les scientifiques tournent autour du poteau et s'en éloignent en lâchant progressivement un peu de corde.
Avec leurs pieds, ils marquent le cercle qui se forme.
Comme vous pouvez le voir, cela semble être une technique simple.
Mais elle demande beaucoup de précision car il y a un calcul à maintenir et en même temps la personne à côté de moi doit porter une ligne parallèle.
Mais toujours en crescendo.
De sorte qu'on s'éloigne progressivement du centre.
Il y a 2000 ans, les nascas étaient donc déjà capables de concevoir des figures complexes.
Avec des moyens aussi rudimentaires qu'une corde et un bâton.
Preuve de leur grande maîtrise technique.
Au fil de leurs découvertes, les archéologues dressent le portrait d'un peuple aux multiples compétences.
Grand cultivateur, artisan hors pair, géomètre et même artiste.
Cela raconte que ce peuple est un peuple de constructeurs, d'ingénieurs, d'architectes, de mathématiciens.
Les gens étaient probablement constamment en train de créer des géoglyphes.
Les personnes qui réalisaient ces géoglyphes appartenaient à une certaine caste.
Ce n'était pas par exemple un céramiste qui pouvait se mettre à dessiner dans la pampas.
C'était une spécialité à part entière.
Cela indique qu'il existait plusieurs catégories professionnelles au sein de la société nasca.
Pour produire des géoglyphes en grande quantité, les nascas mobilisaient donc des groupes dédiés, qualifiés, capables de réaliser ces constructions.
Mais étaient-ils les premiers à maîtriser ce savoir-faire ?
La découverte de nouveaux géoglyphes va mettre les archéologues sur une nouvelle piste.
Ils sont plus petits et gravés sur le flanc des montagnes.
En les étudiant, les chercheurs acquirent la conviction qu'ils ont été tracés par un peuple qui a vécu ici bien avant les nascas.
Les paracas.
La culture paracas a précédé la culture nasca.
Ce peuple a vécu dans ce désert de 500 ans avant Jésus-Christ jusqu'au IIIe siècle après Jésus-Christ.
Il n'y a pas que les nascas qui réalisaient des géoglyphes.
Les paracas ont commencé 600 ans avant eux.
Les paracas, les ancêtres des nascas, détiendraient-ils le secret des géoglyphes ?
Une équipe d'archéologues dirigée par Aïcha Bachir Bacha fouille le site d'Animasaltas, une ancienne ville paracas,
pour tenter de comprendre la place occupée par les géoglyphes dans la culture de cette ancienne civilisation.
Des frises retrouvées sur les temples de cette cité les intéressent particulièrement.
L'archéologue tente d'en déchiffrer les symboles.
Selon elle, derrière ces frises, il y aurait bien plus qu'un simple décor.
Les motifs représentent des lozanges, une chaîne de lozanges.
A l'intérieur de ces lozanges, on a des pyramides.
On a une pyramide ici, une autre ici.
Ces pyramides s'insèrent dans ces lozanges et aussi son boîte.
Elles sont unies ici par leur base.
On peut donner une interprétation à cette frise.
Derrière chaque symbole, il y a une idée.
Cette pyramide, qui est orientée vers le haut, représente le monde des vivants.
Celle-là, qui est orientée vers le bas, représente le monde des morts.
Elles sont unies par leur base, c'est-à-dire que le monde des vivants est associé au monde des morts.
Pour moi, c'est un langage de communication très sophistiqué qu'on retrouve sur les céramiques, sur les textiles, mais aussi sur les géoglyphes.
La représentation de l'orque, la représentation du singe, le colibri et tous ces symboles ne sont pas simplement un dessin ou une grande figure.
C'est aussi un langage de communication très sophistiqué, exactement comme une écriture.
Les Paracas construisaient donc des géoglyphes pour transmettre des messages.
Les Nazcas ont poursuivi cette pratique, mais gravaient des figures beaucoup plus grandes.
A qui s'adressaient-elles ? Peut-être à quelques divinités ? Et que pouvaient-elles signifier ?
La question qui va revenir et qui est encore au cœur du débat parmi les spécialistes, c'est pourquoi ces civilisations-là ont créé ces grandes figures,
pourquoi ils ont tracé ces lignes en plein désert, dans des endroits qui sont inhabitables.
La question fondamentale, c'est de comprendre pourquoi ils ont construit ces géoglyphes.
Quelles étaient leurs fonctions et quels liens avaient-ils avec les activités quotidiennes des Nazcas ?
Et je crois que cette question est la plus difficile à résoudre.
Pour répondre à ces questions, les scientifiques doivent maintenant tenter de savoir quelles étaient les croyances des Nazcas.
Ils poursuivent leurs investigations, et dans les années 80, sortent de terre les fondations d'une immense cité,
construite en plein cœur du désert, à proximité des géoglyphes.
La cité de Kawachi.
Un complexe de 150 hectares, surmonté d'une pyramide, entouré de temples, d'un labyrinthe de couloirs et d'escaliers.
En fouillant cette cité, les archéologues espèrent découvrir quelles étaient les principales divinités des Nazcas.
Très vite, ils remarquent que Kawachi ne comporte que très peu de traces d'habitation.
Pendant les fouilles, nous avons pu constater qu'il n'y avait pas de maison, pas de four, pas de cuisine, pas de traces de vie quotidienne.
Le mystère de la cité du désert semble s'épaissir.
Mais en fouillant le sol de Kawachi, les archéologues tombent sur un fabuleux trésor.
Des bijoux et toutes sortes d'objets du quotidien.
Bracelets, pinceaux, peignes.
Ils déterrent également de grandes quantités de nourriture, des légumes et des céréales.
Tout est resté intact pendant près de 2000 ans.
Ces objets sont intacts parce que la chaleur du sable conserve tout ce qui est organique.
Plus intriguant encore, les archéologues trouvent également dans le sol des accumulations de céramiques brisées.
L'étude de ces fragments permet aux chercheurs de déterminer qu'elles ont été toutes volontairement détruites.
Des milliers et des milliers de céramiques ont été cassées méthodiquement.
Cela indique que de grands sacrifices ont eu lieu à Kawachi.
Au fil de leurs découvertes, les archéologues comprennent que le sol de Kawachi est rempli d'offrandes.
Mais à qui sont-elles adressées ?
Les explorations se poursuivent et une découverte macabre fait prendre un nouveau tournant aux recherches.
Des têtes trophées sont retrouvées dans la terre, certaines accrochées à des cordes.
Les Nazcas pratiquaient des sacrifices humains à grande échelle.
Ils coupaient les têtes de leurs ennemis, mais aussi celles des membres de leur communauté, pour les offrir aux dieux.
Kawachi aurait donc été non pas une ville, mais un vaste site cérémoniel.
C'est la thèse défendue par Giuseppe Orefici.
Cet archéologue a consacré plus de 40 ans de sa vie à étudier cette mystérieuse cité perdue.
Nous pensons que les temples s'étendaient sur 3 kilomètres de ce côté et sur 4 kilomètres de ce côté-ci.
Nous avons 24 kilomètres carrés de temples.
Nous avons une quantité incroyable de bâtiments qui n'avaient qu'une fonction cérémonielle.
C'est en quelque sorte le Vatican préhispanique.
Les gens pouvaient parcourir jusqu'à 1000 kilomètres pour participer aux cérémonies qui avaient lieu ici, à Kawachi.
À un certain moment de l'année, des cérémonies pouvaient rassembler des milliers et des milliers de pèlerins.
Ici, cela pouvait se dérouler de jour comme de nuit, avec des grandes torches qui éclairaient des temples entiers.
Les gens venaient faire leurs offrandes et leurs sacrifices et participaient à ces rituels.
Pour nous aider à comprendre leur culte, les Nazcas nous ont légué un objet unique au monde.
Cette maquette en argile retrouvée dans une sépulture.
Il s'agit de la représentation d'un rituel.
Nous voyons un personnage au centre qui est le personnage principal.
Probablement un chaman qui prépare une sépulture ou qui réalise un acte de guérison.
Pendant qu'un gardien, placé devant l'entrée, barre la porte.
Il y a un premier gardien à l'entrée, un autre gardien qui empêche toute communication entre les deux pièces.
Là, il prépare une potion pour le rituel en cours.
C'est comme la visite d'un centre cérémonial.
C'est un moment de vie du centre cérémonial qui nous indique les grandes manifestations qui avaient lieu dans les temples.
Mais quel était le rôle de ces grandes cérémonies ?
Y aurait-il un lien entre les géoglyphes et les rituels des Nazcas ?
C'est un autre trésor archéologique qui va bientôt permettre aux chercheurs de résoudre cet énigme.
Une collection de tissus conservée au musée national d'archéologie de Lima.
Ces parures et ces ponchos, extrêmement travaillés, étaient destinés aux représentants de l'élite religieuse et politique, les chamanes.
Regardez cet élément et sa couleur.
La broderie est très fine et très soignée, avec énormément de détails.
Un tel travail devait demander une excellente vue.
Et là, c'est noir.
On observe que chaque figure est composée d'une multitude de couleurs, parfois douze couleurs différentes pour un seul élément.
Nous pouvons dire que les Nazcas maîtrisaient à un très haut niveau la technique et l'art de réaliser ces vêtements.
Les Nazcas maîtrisaient l'art du textile à la perfection.
En observant de plus près ces pans de tissus, on découvre la mythologie Nazca, représentée en une multitude de figures minuscules.
Des têtes trophées entre les mains de chamanes masquées.
Ou dans les griffes, de figures anthropomorphes.
Mais aussi de nombreux animaux.
Regarde les colibris. Ils butinent le nectar d'une fleur.
Un, deux, trois, quatre, cinq colibris et une fleur au centre.
Par exemple, ici, nous avons une crevette.
Comme elle est belle.
Regarde ces filaments.
Ils sont allés loin dans le détail.
Des colibris.
Des grenouilles.
Des condors.
Des animaux que l'on retrouve sous la forme de géoglyphes dans le désert.
Les parures des chamanes livrent aux archéologues une information essentielle.
Les symboles des géoglyphes étaient liés au rituel religieux des Nazcas.
Ces figures étaient-elles des divinités ?
Pourquoi les Nazcas reproduisaient-ils ces dessins dans le désert ?
Quelle était leur signification ?
C'est compliqué d'interpréter ces images.
Car nous ne disposons d'aucune source écrite qui pourrait nous donner des informations.
Nous ne pouvons faire que de simples hypothèses.
Il est donc extrêmement difficile de comprendre quel sens se cache derrière ces images.
Pour tenter d'interpréter ces mystérieux symboles,
les chercheurs se tournent vers la culture andine.
Les peuples d'Amérique du Sud vénèrent toutes sortes d'animaux.
Parmi eux, le colibri, figure fétiche des Nazcas,
apparaît très vite comme une entité très forte, aux multiples significations.
Il existe différentes théories sur l'interprétation de la figure du colibri.
D'après moi, le colibri est un élément très particulier
qui entretient un contact permanent entre la vie et la mort.
Un colibri peut en quelques instants apparaître comme mort.
Si un animal l'attaque, il stoppe net les battements de son cœur, comme s'il était mort.
Puis, quelques instants plus tard, il peut se remettre à voler.
C'est peut-être une des explications.
Puissant symbole de résurrection,
le colibri tient une place privilégiée dans le panthéon des divinités nazcas.
Les archéologues comprennent que derrière chaque animal se cache un pouvoir symbolique.
En approfondissant leurs recherches, à leur grand étonnement,
ils constatent que la plupart des animaux représentés dans le désert convergent vers un seul et même élément.
La plupart des animaux représentés ont, d'une manière ou d'une autre, un lien avec l'eau.
On trouve la baleine, qui est directement liée à l'eau.
Le singe est un animal de la forêt.
Il est considéré dans les croyances indignes comme le protecteur de l'eau.
Les condors, quand ils descendent vers la côte,
c'est qu'il y a de l'eau dans les montagnes.
Et donc, ils annoncent l'arrivée de l'eau.
L'araignée est un animal qui indique la présence des sources d'eau,
même dans les zones désertiques.
Quand il y a de l'eau, il y a des araignées.
Donc, on peut sans aucun doute faire un lien entre les animaux représentés dans le désert et l'eau.
Le symbole de l'eau apparaît donc de manière répétée à travers les géoglyphes.
Était-ce pour implorer la pluie si vital pour ce peuple du désert ?
Pour alimenter leurs oasis, les Nazca étaient en effet dépendants des rivières extrêmement capricieuses qui descendaient des Andes.
Le désert de Nazca est l'une des zones les plus arides du monde.
Ce territoire dépend directement de la disponibilité de l'eau.
Pour s'assurer la jouissance de cet élément si précieux, les Nazca se sont transformés en maîtres de l'eau.
Voici ce que les archéologues retrouvent à proximité de leur plantation.
Une succession de puits en forme de spirale.
Il s'agit d'un réseau hydraulique souterrain aux dimensions pharaoniques, des puquios.
La gestion de l'eau était un enjeu primordial, évidemment, et on le voit dans la construction des canaux d'irrigation, des puquios.
Il s'agit d'un système de galerie réalisé en creusant le sol pour capter l'eau des nappes phréatiques dans le sous-sol.
Comme ils maîtrisaient vraiment leur environnement, ils savaient où se situaient les nappes phréatiques.
Donc ils sont allés les chercher.
Donc ils ont creusé des puits pour intercepter la nappe phréatique.
Et en interceptant cette nappe phréatique, ils ont construit des galeries.
Mais des galeries souterraines.
Pourquoi souterraines ? Pour que l'eau ne s'évapore pas.
Ces structures, construites en spirale, permettaient de canaliser la force du vent.
Et d'ainsi diriger et distribuer l'eau vers les cultures.
Un système très ingénieux et unique au monde.
Cela leur permettait d'alimenter de très grandes zones de culture, sans dépendre des caprices des rivières.
Ça leur permettait d'avoir de l'eau tout au long de l'année.
C'est un système très sophistiqué, donc c'était un peuple de bâtisseurs.
Et c'est qu'un eau d'irrigation fonctionne jusqu'à aujourd'hui.
Sur une quarantaine, il y a au moins une trentaine qui sont aujourd'hui utilisées par les gens qui habitent à Nazca.
L'eau était donc au cœur des préoccupations des Nazcas.
Les géoglyphes qu'ils traçaient dans le désert en représentaient les symboles.
Mais à qui s'adressait-il ?
À partir de ces éléments, les archéologues émettent une nouvelle hypothèse.
On peut penser que les Nazcas voulaient communiquer avec leurs dieux.
Et donc, ils ont réalisé quelque chose que les dieux pouvaient voir d'en haut.
Les géoglyphes de Nazca étaient fabriqués par les hommes pour les dieux.
Ces géoglyphes étaient offerts aux dieux.
Les géoglyphes auraient permis aux Nazcas de dialoguer avec leurs dieux pour implorer la pluie.
Les archéologues décident de retourner dans le désert pour valider cette hypothèse.
Ils cherchent de nouveaux indices.
Mais cette fois, c'est le sol sur lequel les géoglyphes ont été tracés qui les intéresse.
Le sol de la Pampa Nazca est très particulier. Il est très mou.
Il y a donc une grande différence de densité entre les parties sur lesquelles des gens ont marché et celles où personne n'a jamais marché.
En 2011, une étude de terrain approfondi est lancée.
Les archéologues réalisent des relevés magnétométriques pour mesurer la densité des sols.
Les résultats sont édifiants.
Les variations du champ magnétique prouvent que l'intérieur des lignes a été enfoncé par de multiples chocs,
comme si les lignes avaient été piétinées à de très nombreuses reprises.
On peut repérer très clairement les endroits où des personnes ont marché.
Nous avons pu prouver de cette façon qu'il était certain que l'on marchait sur les géoglyphes.
Nouvelle révélation majeure, les géoglyphes ne seraient donc pas de simples figures.
Ils auraient aussi servi de chemin pour les Nazcas qui les parcouraient.
Cette découverte bouleverse la manière d'envisager les géoglyphes.
Les archéologues remarquent alors un détail auquel ils n'avaient jamais prêté attention.
Chaque figure est composée d'une seule ligne, avec une entrée et une sortie, comme un chemin.
Même les figures les plus complexes étaient réalisées sur le même modèle.
Même les spirales ont un début, une entrée.
Ensuite elles tournent vers le centre, et puis il y a une sortie.
Donc vous pouvez imaginer un groupe de personnes marchant sur une ligne, les unes derrière les autres,
marchant sur ces lignes et formant pour ainsi dire eux-mêmes la figure.
Il faut imaginer des gens marcher sur les grandes figures, donc ce sont des figures vivantes.
Les Nazcas utilisaient donc le désert pour exercer leur culte.
Ils parcouraient probablement les géoglyphes en procession, des marches sacrées pour communiquer avec les dieux.
Les pratiques qui pouvaient avoir lieu sur ces géoglyphes, ça pouvait être des marches, des processions,
des danses aussi.
On peut penser qu'il y avait des prêtres, des guerriers, mais il y avait aussi la population,
les agriculteurs, les pêcheurs, les artisans participaient aussi à ces processions.
Ils utilisaient les géoglyphes comme un lieu de procession.
Les géoglyphes Nazca étaient bien plus que des symboles et des messages gravés dans le sol.
Cette découverte a vraiment modifié la perception que l'on pouvait avoir des géoglyphes.
Ces découvertes marquent un tournant dans l'étude des lignes du désert.
Et bientôt, de nouveaux outils technologiques vont même permettre de mesurer l'ampleur de ces cultes.
Heureusement, on vit dans une période où les nouvelles technologies se développent.
Et la technologie la plus idéale pour étudier les géoglyphes est sans aucun doute la photogrammétrie.
A partir de photos haute définition, les archéologues vont réaliser ce modèle virtuel du désert de Nazca en trois dimensions.
Marcus Reindl, à l'initiative de ce projet ambitieux, étudie le désert de Nazca dans ses moindres détails.
Vous pouvez naviguer dans ce modèle 3D, vous pouvez tourner, vous rapprocher sous différents angles.
Et là, on peut découvrir la quantité impressionnante de géoglyphes.
En faisant une estimation globale, on compterait 50 000 géoglyphes.
C'est vraiment un outil incroyable pour les archéologues, pour mener nos investigations sur tout le désert et tous les géoglyphes.
En survolant les géoglyphes modélisés, un détail l'intrigue particulièrement.
Des anomalies sur le terrain qui pourraient révéler de précieuses informations.
Ici, par exemple, on a une combinaison typique de plusieurs géoglyphes qui s'imbriquent.
Ici, on a un très grand trapèze de 600 m de long.
Il est associé à des lignes en zigzag.
Et quand on s'approche du trapèze ici, tout au bout, vous pouvez voir une forme très particulière.
Ces taches noires.
C'est un phénomène qu'on a observé pas une fois, mais une cinquantaine de fois.
Toujours associé à un trapèze.
Quand vous êtes un archéologue et que vous voyez des figures récurrentes, vous vous dites immédiatement qu'il faut enquêter.
La récurrence de ce phénomène sur les géoglyphes donne un nouvel élan aux recherches des archéologues.
Le désert de Nazca va-t-il enfin dévoiler ses derniers secrets ?
Que cachent ces taches noires ?
Sur le terrain, les archéologues découvrent qu'ils correspondent à des monticules.
Des fouilles sont lancées pour savoir ce qui se trouve sous ces amas de terre.
Nous sommes en train de fouiller une de ces structures.
A première vue, cela ressemble à un monticule.
Mais lorsqu'on commence à creuser, on se rend compte qu'il s'agit de plateformes.
Ce genre de plateformes, on en retrouve sur différents sites.
Et elles sont de forme rectangulaire.
Elles sont construites sur la base d'un mur de pierres plates.
Mais c'est toujours le même schéma qui se répète.
Il y a deux plateformes à l'extrémité du trapèze et une de l'autre côté.
Ces plateformes font partie intégrante de ces géoglyphes en forme de quadrilatères.
En poursuivant leur fouille, les archéologues réalisent d'autres découvertes
qui vont les aider à comprendre quelle était la fonction de ces structures.
Et à l'intérieur de la plateforme, nous avons retrouvé du maïs, des haricots,
toutes sortes de produits cultivés dans la vallée, aussi des morceaux de céramique.
Ces produits ont été probablement déposés comme offrandes.
Ces plateformes seraient donc des hôtels.
Afin de comprendre leurs fonctions, les archéologues en réalisent une reconstitution en trois dimensions.
Ils comprennent qu'elles étaient toutes construites sur le même modèle,
avec des murs en pierre d'environ un mètre de hauteur
et comportaient toutes des traces d'objets brisés et de nourriture.
Parmi ces offrandes, un élément attire l'attention des archéologues.
Le spondyle, un gros coquillage, symbole d'eau et de fertilité pour la plupart des peuples d'Amérique du Sud.
La découverte du spondyle à l'intérieur des hôtels nous donne un indice très intéressant.
C'est une découverte significative car le spondyle n'existe pas dans cette région.
Normalement, on trouve ce coquillage exclusivement dans les régions équatoriales.
Et ici, les Nazca l'ont transporté sur des milliers de kilomètres pour le déposer sur les hôtels en offrandes.
Il s'agit d'une preuve archéologique.
Les géoglyphes avaient une fonction religieuse liée à des rituels comme le culte de l'eau et de la fertilité.
Le spondyle confirme toutes les hypothèses des chercheurs.
L'eau est au cœur de la spiritualité des Nazca.
Progressivement, ces immenses figures géométriques prennent tout leur sens.
Un nouveau rebondissement a lieu pendant les fouilles.
Les archéologues découvrent des vestiges de poteaux au pied des hôtels.
A partir de ces nouvelles données, ils réalisent une restitution des lieux plus précise.
A l'extrémité du quadrilatère, deux hôtels d'offrandes, avec en leur centre un poteau qui pouvait atteindre 8 mètres de haut.
Peut-être un drapeau pour marquer les lieux.
A l'autre extrémité, un autre hôtel, lui aussi signalé par un poteau.
Un immense espace rituel se dégage où les Nazca pouvaient se réunir par milliers pour adresser leur prière au Dieu.
Ces grands espaces pouvaient contenir des foules entières.
Cela nous permet de comprendre que les géoglyphes correspondaient à un paysage dédié au rituel, pour les cérémonies religieuses des Nazca.
Ils venaient sur ces plateaux désertiques pour prier et y pratiquer le culte de l'eau et de la fertilité.
En poursuivant leurs investigations dans le désert, les archéologues constatent un phénomène étrange.
Les géoglyphes les plus monumentaux ont tous été réalisés entre le 5e et le 7e siècle après Jésus-Christ, soit vers la fin de la civilisation Nazca.
Ils semblent même avoir été tracés de manière frénétique et sans véritable logique.
Ces géoglyphes ont grandi au fil du temps sur des kilomètres de long.
Les trapèzes de petites dimensions, eux, se sont étendus jusqu'aux limites du désert.
Les Nazca construisaient des géoglyphes en très grand nombre à cette époque, mais surtout des lignes très larges et très longues.
Pourquoi les Nazca ont-ils réalisé des lignes toujours plus grandes et plus nombreuses ?
Est-ce le présage d'une catastrophe annoncée ?
On a retrouvé des preuves archéologiques qui démontrent que les Nazca ont été confrontés à de grandes difficultés.
La preuve de ces difficultés, Giuseppe la lit dans le sol même de la cité de Kawachi, la capitale spirituelle des Nazca.
Il y a découvert des strates de terre témoignant d'événements extrêmement violents.
Sur ces strates de terre, on peut voir plusieurs couches alluviales qui prouvent que de grandes quantités d'eau sont tombées, ramenant une grande quantité de sable.
Ici, nous le voyons très bien. Ce sont des jours et des jours de pluie.
Nous pensons qu'il y a eu des précipitations pendant un ou deux mois et une partie des murs de Kawachi se sont effondrés.
C'est quelque chose qui se passe entre 400 et 450 après Jésus-Christ.
A cette époque, nous savons qu'un grand tremblement de terre aux proportions impressionnantes a eu lieu également.
Kawachi est partiellement détruite par ce séisme, mais les Nazca sont frappés par une catastrophe encore plus dévastatrice.
Une terrible sécheresse.
Les Nazca devaient se battre contre la sécheresse.
Ils remarquaient qu'ils avaient de moins en moins d'eau dans les rivières. C'était dramatique pour eux.
Ils ont été confrontés à un processus de désertification où il est devenu de plus en plus difficile d'obtenir de l'eau pour irriguer les cultures.
La désertification s'intensifie pendant près de 40 ans et empêche toute culture dans ce qui fut autrefois un paradis vert.
Sans eau, c'est la survie même des Nazca qui est compromise.
Ils implorent leurs dieux, multiplient les cérémonies et les sacrifices, mais rien n'y fait.
Ils avaient peur et inévitablement il y a eu beaucoup de morts.
Les gens cherchaient d'autres perspectives et ils ont dû quitter la région.
Au 7e siècle, la sécheresse a raison des maîtres de l'eau. Ils sont obligés de fuir vers les montagnes.
Progressivement, la culture Nazca disparaît et tombe dans l'oubli.
Avec elle, c'est une pratique spirituelle unique en son genre qui se perd.
La fin de la culture Nazca, ça signifiait aussi la fin des géoglyphes.
Pourtant, les lignes du désert ont défié le temps pour arriver jusqu'à nous.
Elles témoignent d'une civilisation andine aux multiples savoirs qui, en voulant communiquer avec les dieux, a laissé une trace éternelle de son passage sur Terre.
Un peu plus d'un siècle après la découverte des lignes de Nazca, une partie du mystère est levée.
Mais on est loin d'avoir compris toute la complexité du message gravé par ces hommes dans le désert.
On est au milieu, on peut même dire au début des recherches.
Encore aujourd'hui, les géoglyphes conservent une part de mystère car c'est un phénomène vaste et complexe.
C'est définitivement l'une des plus grandes énigmes du XXe siècle car c'est unique et c'est gigantesque et il reste encore beaucoup de questions à résoudre.