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François Bayrou, le Président du MoDem et allié historique d’Emmanuel Macron a été nommé Premier Ministre par le Chef de l’Etat. Le Président de la République voulait d’abord un gouvernement mené par Roland Lescure avec Bayrou en numéro 2, mais devant ses menaces de quitter la coalition, Emmanuel Macron a finalement désigné le patron démocrate. Après que les français et l’Assemblée Nationale aient rejeté la politique d’Emmanuel Macron, c’est un allié macroniste de la première heure qui tient le nouveau gouvernement. “Changement de méthode” nous disait le Président. Le MoDem est le parti qui fait le plus d’appels de phare aux socialistes depuis la dissolution de juin. Sur les 577 députés, le groupe démocrate à l’Assemblée nationale représente 51 députés, auxquels on peut ajouter leurs compères Ensemble pour la République au nombre de 93 et les 34 Horizons. Le RN ne censurera pas “a priori” en attendant de voir, comme pour Barnier. LFI a déjà annoncé la censure. Les autres partis du NFP demandent la non utilisation du 49.3, ce qui ferait fonctionner le parlementarisme texte par texte. Le PS a annoncé s’inscrire dans l’opposition. Marine Tondelier dénonce un cinéma mené par Emmanuel Macron.
Un mois après les élections législatives, qui ont morcelé l’Assemblée nationale en onze groupes, François Bayrou avait estimé, à la mi-août, dans Le Figaro : « La seule voie possible – et qui s’imposera –, ce n’est pas un gouvernement d’un côté, s’opposant à l’autre côté, mais une équipe de rassemblement pour affronter les problèmes si graves de notre pays, du monde et de la planète. » lit-on dans Le Monde.
On le rappelle, le MoDem a été condamné à 400 000 euros d’amende dans l’affaire des assistants des députés européens et détournements de fonds. François Bayrou a été relaxé, (le parquet a fait appel), mais les cinq eurodéputés poursuivis ont tous été condamnés pour l'emploi d'assistants à Bruxelles payés sur fonds européens, et en réalité employés pour travailler pour le parti.
Il faut que tout change pour que rien ne change, résument Thomas Porcher et Lisa Lap. Après avoir tenté le trait d’union à l’extrême droite, Emmanuel Macron feint l’ouverture à gauche… mais il n’en n’est rien quand on regarde le programme politique et économique de Mr. Bayrou, rappelle Thomas Porcher. L’économiste regrette les consultations du Président qui n’ont finalement abouti qu’à mettre un macroniste au gouvernement. Le PS, les écolos et les communistes demandent un engagement de non utilisation de 49.3. C’est à dire que si les macronistes veulent faire passer un texte, n’était pas majoritaires, ils auront besoin des votes à droite, à l’extrême droite ou… à gauche. Pareil, si la gauche propose un texte, cela peut aussi clarifier les positions du RN.
Lisa Lap et Thomas Porcher décryptent tout cela, c’est l’Instant Porcher !
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Il sait que ça va occuper les chaînes d'infos, alors il nous dit ça sera demain, au début c'était lundi,
on l'a eu vendredi, il y a du suspense comme ça, il y a des consultations, il y a de la mise en scène.
Il a plus de 40 ans de politique, il a quasiment mangé à tous les rateliers.
Non mais regardez, il a même fini commissariat au plan.
Qu'est-ce qu'il a fait comme rapport intéressant ? Il n'a fait que des rapports de prospectifs.
On le connaît, M. Bayrou, on le connaît.
Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de l'Instant Porsche.
Avec tous les discours qu'on entend autour de nous, notre meilleure arme, c'est de les connaître et de les comprendre.
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Bonjour Thomas.
Salut Lisa.
Avec toi aujourd'hui au programme, Emmanuel Macron a désigné son Premier ministre et c'est tombé sur François Bayrou.
C'est parti.
François Bayrou, le président du modem et allié historique d'Emmanuel Macron, a été nommé Premier ministre par le chef de l'État vendredi dernier.
Le président de la République voulait d'abord un gouvernement mené par Roland Lescure avec Bayrou en numéro 2.
Mais devant ses menaces de quitter la coalition, Emmanuel Macron a finalement désigné le patron démocrate.
Après que les Français et l'Assemblée nationale aient rejeté la politique d'Emmanuel Macron,
c'est un allié macroniste de la première heure qui tient le nouveau gouvernement.
Changement de méthode, nous disait le président.
Le modem est le parti qui fait le plus d'appels de phare aux socialistes depuis la dissolution de juin.
Sur les 577 députés, le groupe démocrate à l'Assemblée nationale représente 51 députés,
auxquels on peut ajouter leurs compères Ensemble pour la République au nombre de 93 et les 34 horizons.
Le RN a déjà annoncé qu'il ne censurera pas a priori en attendant de voir, un peu comme pour Barnier.
LFI a déjà annoncé la censure et les autres parties du NFP demandent la non-utilisation du 49-3,
ce qui ferait fonctionner le parlementarisme texte par texte.
L'EPS a annoncé s'inscrire dans l'opposition.
Marine Tendelier dénonce un cinéma mené par Emmanuel Macron.
Un mois après les élections législatives qui ont morcelé l'Assemblée nationale en 11 groupes,
François Bayrou avait estimé à la mi-août, dans le Figaro, la seule voie possible et qui s'imposera.
Ce n'est pas un gouvernement d'un côté, s'opposant à l'autre côté,
mais une équipe de rassemblement pour affronter les problèmes si graves de notre pays,
du monde et de la planète, lit-on, dans le monde.
On le rappelle, le Modem a été condamné à 400 000 euros d'amende
dans l'affaire des assistants des députés européens et détournement de fonds.
François Bayrou a lui été relaxé, le parquet a fait appel,
mais les 5 eurodéputés poursuivis ont tous été condamnés pour l'emploi d'assistants à Bruxelles,
payés sur fonds européens et en réalité employés pour travailler pour le parti.
C'est la même affaire, d'ailleurs, qui touche le RN en ce moment.
Thomas, il faut que tout change pour que rien ne change.
Oui, là, rien n'a changé du tout.
En fait, rappelons quand même quelques éléments pour comprendre qui est François Bayrou.
La première chose, c'est quelqu'un qui a fait campagne avec Emmanuel Macron en 2017.
C'est quelqu'un qui sait lire. Il a lu le programme de Macron.
Donc on sait très bien qu'il est très aligné sur un programme de type libéral,
avec forte réforme des retraites, démunition de la dépense publique,
120 000 postes de fonctionnaires de supprimés.
C'était ce qui était écrit dans le programme de Macron,
15 milliards sur l'assurance maladie, 10 milliards sur l'assurance chômage.
C'était le programme de 2017 d'Emmanuel Macron.
Et M. Bayrou l'a soutenu.
Donc ça, ça veut dire que là, Macron se ressemble vraiment sur la Macronie.
Alors, c'est pas quelqu'un, c'est un satellite, on va dire, de Macron, d'en marche.
Mais c'est quand même quelqu'un de la première heure de la Macronie.
Et puis, c'est quelqu'un qui est en politique depuis 1982.
Vous vous rendez compte, depuis 1982, c'est-à-dire que moi, j'avais 5 ans.
La plupart des gens, des jeunes ont grandi avec Bayrou.
Probablement, quand il était à la maternelle, il était déjà ministre.
Il était mis dans les années 90. C'est quelqu'un qui est toujours revenu.
Il a fait une présidentielle en 2007. Et puis, il est revenu avec Macron.
Donc, c'est un professionnel de la politique.
Et je ne vois pas comment les choses pourraient changer avec lui.
En fait, moi, quand Macron a commencé à faire sa campagne en 2016,
on a été à certains nombres à dire, en fait, Macron, c'est des habits neufs,
parce que c'est un nouveau personnage.
Mais autour de lui, il n'y a que des vieux de la politique.
Et ce qu'il défend, ce sont des vieilles idées.
Eh bien, je crois que nous avons eu raison.
Nous le savons depuis le début. Mais là, on en a encore la preuve,
puisqu'il nous a sorti Barnier, qui était quand même très vieux.
Et puis là, il nous sort Bayrou.
Donc, qu'à le même âge. Donc, il n'y aura pas d'infléchissement sur la politique.
Ce sera la même chose.
Parce qu'après avoir tenté un trait d'union à l'extrême droite
pour éviter de se mettre des centaines de députés contre soi,
Emmanuel Macron feint l'ouverture à gauche.
Mais économiquement, ce n'est pas du tout une ouverture à gauche.
On est sur un point très libéral, très dur comme Emmanuel Macron.
Je n'arrive pas à comprendre en quoi M. Bayrou est une ouverture à gauche.
Alors, peut-être que Emmanuel Macron se souvient qu'en 2007,
effectivement, Ségolène Royal avait discuté avec Bayrou
pour récupérer ses voix contre Nicolas Sarkozy.
Peut-être qu'il considère que ça, c'est une possibilité.
Sauf que nous ne sommes plus en 2007, nous sommes en 2024.
Et beaucoup de choses se sont passées.
Et plus personne ne veut de cette gauche qui tend la main au centre.
Même si les socialistes ont l'air finalement, en partie, de l'oublier.
Et d'ailleurs, il faudrait se demander à quoi ça a servi les consultations.
Puisqu'au final, à part avoir un caractère un petit peu humiliant,
au final, c'est Macron qui décide et on le voit bien.
Et il a mis au pouvoir, il a mis en tant que Premier ministre M. Bayrou.
Maintenant, j'attends de voir le gouvernement qu'il va faire.
Et on va voir qui des gens de l'aile gauche, de son aile gauche à lui,
donc de l'aile droite du Parti socialiste, rejoindra ce gouvernement, s'il y en a.
Pour l'instant, à l'heure où on parle,
les socialistes ont dit qu'ils n'entreraient pas au gouvernement,
qu'ils se s'inscrivaient dans l'opposition.
C'est la position officielle du parti.
Après avoir, on a bien vu que certains socialistes
déjà voulaient Bernard Cazeneuve, etc.
qui n'étaient pas du tout inscrits dans le NFP, dans le programme du NFP.
Donc, c'est sûr qu'il peut y avoir quelques, entre guillemets,
brevigaleuses qui ne sont pas si minoritaires que ça au PS.
Oui, je voudrais rajouter une chose.
C'est intéressant que tu dises ça, parce que le PS bruit constamment des pistes.
C'est ça qui est un petit peu embêtant.
C'est à dire que nous, ici, on parle d'économie.
Si on regarde le programme purement économique,
vraiment comme on l'a dit souvent ici, le programme économique depuis 2013 sous Hollande
est un programme qui a plu à la droite et qui a plu à tous les libéraux.
Donc, une partie des gens qui ont fait partie des gouvernements
qui ont appliqué ces réformes là, Valls, Cazeneuve et d'autres,
ont un logiciel finalement très Macron compatible.
Donc, c'est pour ça que le PS, certains disent mais attends,
vous voulez pas d'un ministre de gauche, vous voulez pas M. Cazeneuve.
Mais d'accord, Cazeneuve, il n'a de gauche que le nom et peut-être que le Parti socialiste.
Mais la plupart des réformes qu'il a mises en place
quand il était aux manettes étaient des réformes de droite.
Vous voyez? Donc, c'est important de rappeler ça.
Donc, la partie du PS qui reste encore, qui n'a pas rallié la Macronie
et qui veut encore discuter pour faire élire des gens comme Cazeneuve ou d'autres,
c'est vraiment pour moi les derniers du Parti socialiste
qui auraient dû normalement quitter le Parti socialiste pour aller avec Macron.
Qu'il y en ait encore, c'est assez étonnant.
La position de François Bayrou, c'est encore la même position macroniste.
C'est vouloir rassembler tout le monde.
Il faut arrêter les divisions dans un temps compliqué, etc.
Le fameux socle commun, on l'a déjà un peu dit, mais je pense que c'est important de le rappeler.
Est-ce que ça veut dire quelque chose en termes programmatiques,
en termes de vision économique du pays, de parler d'un socle commun?
Non, non, ça ne veut rien dire. En fait, vous savez, dans le débat sur le budget,
on nous a fait très peur. La volonté était de nous faire peur pour que les Français
acceptent le budget avec 60 milliards d'économies.
Nous l'avons dit plusieurs fois, mais rappelons le plan d'austérité à la hauteur de celui
que la Grèce a subi son premier plan d'austérité, c'est à dire 2% du PIB.
Même aujourd'hui, le conseil d'analyse économique ou des économistes plutôt du centre
vous disent qu'il faudrait faire ça plus progressivement
et que 60 milliards, c'est quand même un choc important.
Donc même des gens plutôt proches de Macron au départ, dans la pensée,
vous disent que c'est un choc qui était beaucoup trop important.
Donc le fait de refuser ce budget et de revenir au budget 2024
est quelque chose qui nous a sauvés. Il y a des défauts dans le budget 2024,
clairement parce que ce n'était pas un budget parfait,
mais il est moins pire que celui de 2025.
Nous l'avons critiqué ici le budget 2024 plusieurs fois,
mais il est moins pire que celui de 2025.
Il va être moins douloureux pour l'éducation, pour l'assurance maladie.
Reste d'adapter les barèmes des impôts à l'inflation qui va se faire facilement.
Mais à part ça, on est majoritairement sauvés en revenant au budget 2024.
Maintenant, qu'est-ce qu'il peut faire ?
Qu'est-ce qu'il peut faire de plus qu'a fait Barnier ?
Il pense qu'avec son expérience, avec le fait qu'il soit de positionnement plus centriste,
parce que Macron, il pense encore comme ça, les gens vont se rallier à lui.
Il a soutenu la réforme des retraites.
Encore une fois, il soutient des coupes dans la dépense publique.
Je pense qu'il n'aura pas trop de mal à adhérer finalement à un programme à la Barnier.
Je crois même qu'il va retirer de la partie hausse d'impôts.
Vous voyez, il y a des chances qu'il fasse ça,
ce qui va faire porter une plus grosse partie encore sur la dépense.
Mais ça va normalement être refusé.
Toutes ces consultations, ces réunions,
ces « j'annoncerai le Premier ministre dans 48 heures, je veux discuter avec tout le monde »,
comment il a essayé aussi, comment Emmanuel Macron a essayé de diviser la gauche en invitant certains.
Enfin, les filles qui ont refusé d'aller voir Emmanuel Macron,
mais les écolos, les communistes et le PS y est allé.
Tout ça, en fait, c'était du vent.
On l'avait un peu dit, mais c'était pour jouer.
Oui, Macron, c'est quand même quelqu'un, maintenant, quand on le connaît,
quand on l'a suivi et on le connaît depuis longtemps,
puisque maintenant, on l'a au pouvoir depuis 2017.
C'est quelqu'un qui adore jouer avec ce jeu du suspense.
Il sait que ça va occuper les chaînes d'infos.
Alors, il nous dit ça sera demain. Au début, c'était lundi.
Finalement, vous voyez, on l'a eu vendredi.
Donc, il y a du suspense comme ça. Il y a des consultations.
Il y a de la mise en scène. Mais derrière, il est un peu bloqué.
Il ne veut pas aller à la gauche parce que ses soutiens de départ,
je pense, c'est mon interprétation, ses soutiens de départ qui lui ont demandé
de faire la politique de l'offre dès le début, notamment la baisse de l'ISF.
Donc, c'est quand même assez significatif.
Si quelqu'un vous demande de baisser l'ISF, c'est que vos soutiens,
ce n'est pas des gens qui viennent des classes populaires.
Je pense qu'ils sont très inquiets qu'il y ait un ministre de gauche.
Et pour eux, la gauche, je pense que ça commence à 15-9.
Donc, il n'a qu'une marge de manœuvre faible.
Il ne veut pas non plus aller à l'extrême droite parce que là,
ce serait vraiment un aveu qu'il a perdu alors qu'il y va déjà beaucoup.
Donc, il est coincé entre le macronisme et la droite.
Il a testé la droite. Ça ne marche pas. Il a Macron.
Si ça ne remarche pas, qu'est ce qu'il va faire après?
À un moment, il va être quand même quelque part poussé un petit peu
à la démission ou le pays va être bloqué.
Comme ça a été le cas de la Belgique qui a été bloquée pendant plus d'un an.
C'est comme si on se demande s'il y a eu des élections législatives
et que les Français ont choisi quelle politique,
ils voulaient voir à l'œuvre dans le pays.
Mais avant de parler de ça, le PS, les écolos et les communistes
demandent un engagement de non utilisation du 49-3,
c'est à dire que si les macronistes veulent faire passer un texte
qui soit très libéral, dur, etc.
Vu qu'ils ne sont pas majoritaires dans l'hémicycle,
ils auront besoin des votes, soit à droite, à l'extrême droite
ou à gauche qui représente un énorme groupe à l'Assemblée nationale.
C'est alors le plus gros.
Si la gauche propose un texte, cela peut aussi clarifier les propositions du RN.
Ça pourrait vraiment faire marcher le Parlement texte par texte.
Est-ce que ça peut changer quelque chose sur la politique économique,
le fait qu'il n'y ait pas de 49-3 ?
Vous savez, je pense que demander un engagement à M. Bayrou,
c'est comme demander un engagement à M. Valls à la primaire de gauche.
D'ailleurs, il a plus de 40 ans de politique.
Il a quasiment mangé à tous les rateliers.
Regardez, il a même fini au commissariat au plan.
Qu'est-ce qu'il a fait comme rapport intéressant ?
Il n'a fait que des rapports de prospective.
Demandez-lui de s'engager, mais il va s'engager.
Vous savez, Manuel Valls, il a pratiqué beaucoup de 49-3.
Quand il a fait sa primaire, il a dit « je suis contre le 49-3 ».
Ces gens n'ont honte de rien. Ils ont un passif.
On ne peut pas faire comme si on ne savait pas d'où ils venaient,
c'est nouveau, qu'est-ce qui va rénover.
On le connaît, M. Bayrou, on le connaît.
Je pense que lui, il se dit « là, je vais être de retour,
peut-être je ferai la présidentielle ».
C'est quelque part une machine de guerre politique
puisqu'il a eu tout, il a tout eu,
et il tient le coup.
Mais attendre un changement de quelqu'un
qui est dans les arcanes du pouvoir depuis des années,
je n'y crois pas.
Et attendre qu'il honore une promesse,
je n'y crois pas non plus.
On se demande, je le disais, quelle est la place
des élections tout court, des élections législatives,
dans tout ça.
D'ailleurs, un dernier sondage Elabe pour BFM TV
montre que les Français voulaient à 41%
un ou une première ministre issue de la société civile,
et puis à 23% de gauche et à 17% d'extrême droite.
Donc on voit que le parti présidentiel
ou les partis libéraux, même si l'extrême droite
est libérale, se retrouvent assez loin dans le sondage.
Et BFM a titré, a parlé de premier ministre apolitique.
Alors on va quand même rappeler qu'apolitique,
ça ne veut rien dire, en particulier en politique.
Est-ce qu'on ne tombe pas un peu là dans un cirque, Thomas ?
Si, bien sûr, c'est un cirque.
Mais si on écoute déjà ce que vous voulez,
si ce sondage, on le prend à la lettre,
Lucie Castex, elle vient de la société civile.
Donc elle n'a pas de mandat.
Donc c'est intéressant.
Elle a été choisie par un ensemble de partis,
mais elle vient de la société civile.
Il est vrai que ce serait intéressant peut-être
de mettre quelqu'un dans la société civile.
Pourquoi pas ?
Parce que ce serait quelqu'un
qui n'a pas passé toute sa vie à faire des stratégies
pour garder et obtenir un poste.
Ce qui est le cas d'un certain nombre de politiques,
de gauche comme de droite comme d'extrême droite,
qui à un moment regardent leurs intérêts
et Bayrou en est l'exemple.
Bayrou était à droite, puis à un moment
il était prêt à se mettre avec Ségolène Royal
pour pouvoir gagner contre Sarkozy
pour avoir un poste.
Puis il s'est rallié à Macron pour avoir un poste.
Donc c'est des gens qui naviguent
parce qu'ils sont à la recherche aussi d'un poste.
On ne peut pas faire comme s'ils étaient à la recherche
que de l'intérêt général.
Non, mais c'est vrai.
On a beaucoup vu d'hommes politiques
qui ont fait exactement l'inverse de ce qu'ils ont dit.
Donc la politique, on l'a souvent dit,
ce n'est pas qu'un engagement avec des idées.
Les militants ont souvent beaucoup d'idées.
C'est aussi un engagement
avec une carrière professionnelle.
Et cette carrière professionnelle,
elle veut, comme beaucoup de gens
ont une capacité à oublier rapidement,
que vous soyez sur les bons thèmes
au bon moment.
C'est ce que va essayer, je pense, de faire Bayrou.
Mais personne ne va être dupe.
Donc il y a de fortes chances, moi,
je pense que ce soit bloqué.
Là, vraiment, s'il y avait eu un ministre
de gauche comme Cazeneuve,
la situation aurait été peut-être plus intéressante
d'un point de vue politique.
Parce qu'on aurait vu le positionnement des socialistes,
le positionnement de la droite, etc.
Et là, ça aurait été assez marrant.
Il y aurait eu une forme de clarification.
Mais là, je ne vois pas
comment les choses vont pouvoir avancer.
Alors, on va attendre de voir le gouvernement.
Parce que peut-être qu'il va réussir à récupérer
certaines personnes de gauche qui espèrent
obtenir un poste de ministre
et qui ne l'auront peut-être que sur cette occasion-là,
pour cocher la case.
François de Rugy l'avait fait, Emmanuel Kos,
et j'en passais des milliers.
Ça peut durer trois semaines.
Oui, ça peut durer trois semaines.
Mais bon, moi, je ne serais pas étonné.
On a vu tellement de gens qui sont passés
de gauche à droite, comme Kouchner,
ou qui sont passés d'Europe Ecologie-Les Verts
à Valls, comme Emmanuel Kos,
ou de Canfins,
des Verts à Macron.
J'en passais des meilleurs, de Rugy, Barbara Pompili.
On peut vraiment en citer, en citer, en citer,
en citer, trahisant leurs militants
et leurs partis en faisant ça.
Moi, je pense que tout est possible aujourd'hui.
Justement, sur le terme apolitique,
c'est important, je pense,
de refaire des rappels dessus, parce que tu le dis souvent,
l'économie, c'est le nerf de la guerre,
et puis il n'y a rien de plus politique que l'économie.
Quand on dit apolitique, c'est juste
vouloir garder le système actuel
politique, économique, social en place.
Pas les gens qui ont répondu
à un sondage au téléphone en disant
oui, je veux un ministre apolitique, mais BFM TV,
qui est une grande chaîne, avec normalement des économistes
qui savent de quoi ils parlent, ou alors des journalistes économiques,
de dire apolitique en termes de vision
du programme économique de la France,
ça ne veut rien dire.
C'est juste libéral.
Ceux qui veulent vous vendre quelque chose d'apolitique
ou de technique, un gouvernement technique,
qu'on a beaucoup entendu, font de la politique.
C'est pour préserver le système en place.
Oui, tout à fait. En fait, quand on dit
un gouvernement technique, c'est un gouvernement
qui appliquerait des objectifs techniques,
qui sont souvent des objectifs issus
de règles européennes, qui elles-mêmes
ont été fixées pour faire de la politique.
Réduire les déficits, réduire les dépenses publiques,
réduire la sphère du public pour
laisser la sphère du privé, donner un cadre
favorable à la sphère privée,
en baissant les impôts. Tout ça, c'est de la politique
en réalité. Mais on les transforme en règles
de manière technique. Donc oui,
le fait d'être apolitique n'existe pas.
Par contre, je pense qu'il y avait une vraie volonté des citoyens
d'avoir quelqu'un qui n'est pas dans les partis politiques.
C'est-à-dire qui n'est pas dans la tambouille.
Les gens ont compris qu'en partie, les politiques étaient
dans la tambouille. Alors que quand on prend quelqu'un
de la société civile, un directeur
d'ONG, un directeur d'entreprise,
un médecin, on se dit
que celui-là, il va... Mais effectivement,
il va venir quand même avec ses idées.
Et ses idées font qu'il ne sera pas
apolitique. Ça n'existe pas d'être apolitique.
Vu que tout change pour que rien ne change, comment ça va
se passer pour les discussions sur le
budget ? Parce que les macronistes n'ont toujours
pas de majorité. Ou alors, il va falloir
trouver avec le RN des choses un peu libérales,
parce qu'ils sont dans leur communication
d'être un peu pour le peuple, mais de protéger quand même
les chefs d'entreprise et les grands chefs d'entreprise.
Parce qu'on n'a aucun
espoir que ça se tourne vers le NFP,
des mesures de protection de justice
fiscale ou des choses comme ça. D'ailleurs, Barnier s'est tapé
le doigt sur les macronistes en essayant
de proposer un tout petit peu d'impôts sur les plus riches.
Ça va ressembler à quoi, le budget 2025 ?
Et surtout, est-ce qu'il faut
croire aux gens qui agitent la peur en disant
tout va être bloqué, il y aura un shutdown à l'américaine ?
Là, on le sait tous. Tout ça a été
dit, notamment par Mme Borne,
avant le vote du budget
2025, pour faire peur. Là, on sait très bien
que rien ne va changer.
Et même quand ceux qui vous disent que, comme
vous savez, il y a de l'inflation et que ça va changer
et que le barème de l'impôt
sur le revenu ne va pas changer, il risque d'avoir un certain
nombre de gens qui vont payer un impôt qui
normalement ne doivent pas payer l'impôt. Même quand
on vous dit ça, en réalité, ça n'arrive pas avant
septembre. Là, vous allez arriver quand on a un
prélèvement à la source. Vous arrivez en janvier, février.
Le prélèvement à la source, il est basé sur l'impôt de
2023, comme c'était le cas dans le budget
2024. Donc, il n'y a pas de souci.
Donc, il n'y a pas de changement. Ça continue. Et à partir
de septembre, là, il y a un réajustement
des prélèvements,
du taux de prélèvement sur votre impôt sur
le revenu. Donc, s'il y a un budget qui est voté entre
janvier et
juillet, août, il n'y a pas de souci.
Il n'y a pas de souci. S'il est voté après,
il y aura une loi rectificative
qui permettra de tout modifier.
Donc, le vrai problème, c'est que
si à un moment, il y a une autre
motion de censure que s'est
rejetée, effectivement, instabilité
sur instabilité politique, il peut y avoir
là des inquiétudes réelles.
Alors, des inquiétudes pas catastrophiques
parce que, vous savez, ceux qui achètent notre dette,
ils ont des milliards. Ils ont des
portraits avec plein d'argent. Ils doivent les
ventiler en les plaçant dans du privé, du public
et ailleurs. L'histoire de notre
politique, alors, ils peuvent le lire sur une conjoncture,
vous savez qu'en Allemagne, il y a eu un budget bloqué
il n'y a pas longtemps aussi. Vous savez aussi que
la Belgique, qui est un pays européen, n'a pas eu de gouvernement
pendant quasiment 500 jours. Vous voyez,
ils regardent ça de loin. Ils se disent, bon, ça reste
quand même la France. Ce n'est pas la crise politique
de dingue, vous voyez. Mais, il y a des primes de
risque qui peuvent faire augmenter un petit peu, effectivement,
les taux. Et ça, il ne faut pas avoir peur de le dire.
Mais, à un moment, s'il y a deux motions de censure,
si le budget est rejeté deux fois de suite,
il y a un responsable, quand même.
Mais, c'est marrant parce que c'est les macronistes qui disent
au NFP, oui, vous êtes irresponsable de voter
la censure. Mais, en fait, la responsabilité,
non, heureusement qu'ils ont voté la censure parce que
s'ils ne l'avaient pas voté, comme je l'ai dit, les premières coupes
étaient dans l'éducation. On avait des coupes
sévères dans l'éducation. On avait des coupes sévères
dans l'assurance maladie. On avait des coupes sévères.
On avait un plan d'austérité de 2%. Heureusement
qu'on a le budget de 2024 qui n'est pas parfait,
qui est déjà austéritaire,
qui ressemble beaucoup à un budget
de la Macronie. Mais, heureusement que nous n'avons pas ça
parce que là, on allait avoir un budget beaucoup plus
violent. Donc, il faut voir, après,
si les gens assument le fait que
ce soit rejeté.
Donc, la responsabilité, c'est Emmanuel Macron, finalement.
C'est lui qui nomme le Premier ministre.
Donc, c'est lui qui fait comme si c'était les autres. Mais, non,
il nomme que des Premiers ministres qui étaient derrière,
qui sont sortis perdants.
Comme l'a dit M. de Villepin,
et comme c'est écrit dans la Bible, les derniers sont devenus
les premiers. Donc, il a nommé d'abord la droite
qui était la plus minoritaire. Maintenant, il met un de la
Macronie. Donc, non, non,
le responsable, c'est lui.
Donc, il ne veut pas assumer la responsabilité. Mais, à un moment,
ça va trop se voir.
Et merci à vous,
chez vous, d'avoir suivi cet épisode
de l'Instant Porcher. J'attrape une dernière fois
votre attention avant de se quitter. La situation
politique est inédite, historique.
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mais aussi de l'enquête, Le Média, c'est 25
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