Comment se fait-il que, malgré l'accumulation de conseils, les parents semblent toujours plus isolés, stressés, voire épuisés ?
Pour en parler, Louise Tourret reçoit : 🎙️ Michel Vandenbroeck, professeur en pédagogie de la famille au département du travail social et de la pédagogie sociale à l'Université de Gand (Belgique) 🎙️ Béatrice Bayo, directrice générale de la FNEPE (Fédération Nationale des Ecoles des Parents et des Educateurs)
parentalité quel est le coût des bons
conseils dans cet épisode d'être et
savoir nous allons nous demander s'il
soutient la parentalité vraiment à
surmonter les problèmes éducatifs et
surtout ce qu'il faut comprendre au fond
de l'avalanche de recommandation adressé
au père et bien sûr
auire notre invité l'universitaire
Michel Van derbrook s'est posé une
excellente question comment se fait-il
que malgré l'accumulation de conseil à
leur attention les parents semblent
toujours plus stressés épuisés isolés
avec lui et avec Béatrice bot de l'école
des parents nous allons chercher à
comprendre ce que disent au fond ces
méthodes et préceptes censé nous aider à
ce que nos bébés bambin ados compliqués
fassent tout mieux manger équilibré
dormir paisiblement apprendre se
cultiver jouer être calme développer
leur créativité à avoir des amis et même
être épanoui et
heureux nous allons nous poser de
nombreuses questions ce soir dont
celles-ci ces conseils ne finissent-ils
pas par faire penser que les parents
sont individuellement comptables et seul
responsable de ceux qu' advient de leurs
enfants qui vont devenir aussi des
adultes c'est-à-dire ce qu'il advient de
meilleur et de pire ce qui est certain
c'est que l'analyse critique des normes
qui définissent ce que serait un bon
parent et un bon enfant peut-être permet
de prendre un recul nécessaire sur un
sujet complexe et intime l'éducation ce
qui permet aussi de prendre du recul
c'est de savoir que le Conseil parental
représente aujourd'hui un marché à
hauteur de 20 millions d'euros en France
source institut spécialisé dans l'étude
des marchés GfK et qu'il est un enjeu
des politiques publiques puisque a été
installé une commission ad hoc en
décembre 2023 mais il y avait déjà des
politiques parentales avant et puisque
la ministre des Solidarités des familles
Aurore berger fait un tour de France en
ce moment même des parentalités mais le
conseil aux parents et aux éducateurs ça
fait long qu'on en entend un peu
beaucoup partout et par exemple à la
radio le bon sens c'est de savoir que
l'enfant qui a une réaction insolite il
a toujours une raison de l'avir on parle
des caprices de l'enfant les caprices ça
s'installe parce qu'on les appelle des
caprices un enfant ne veut plus avancer
dans la rue mais peut-être ne veut-il
pas les chaussure qu'il a peut-être ne
veut-il pas aller de ce côté-là
peut-être marche-t-on trop vite les
caprices à mon avis c'est quelque chose
qui vient d'une
incompréhension de l'enfant il ne se
comprend plus parce que l'adulte le
comprend plus une archive de Françoise
Dolto vous aurez reconnu la voix de la
célèbre
pédopsychiatre qui a si longtemps
prodigué des conseils et des réflexions
sur l'éducation à la radio sur France
Inter c'était en 1976 là en l'occurrence
je n'avais pas encore l'âge de me rouler
par terre ni d'avoir des enfants qui
refusent d'avancer alors Michel Van
derbrook c'était pas nouveau le Conseil
éducatif depuis quand est-il si
important d'être de bons parents ça
remonte à bien avant le 20e siècle oui
bien sûr ça remonte à des
siècles ça remonte à tous les temps en
fait que cette idée que l'éducation va
former l'État que nous aurons demain que
les enfants sont l'avenir de l'État et
cetera et on voit bien dans quand on dit
tu dis l'histoire des conseils aux
parents que les conseils changent de
période en période et si on veut
comprendre les changements il faut
regarder au-delà de de l'éducation il
faut regarder le contexte historique
économique politique he par exemple
l'entre de guerre c'était la période de
l'ugénisme où on pensait qu'il fallait
une race belle et forte pour un état
beau et fort c'est comme ça que qu'on
s'exprimait dans ce temps-là et on voit
que c'était surtout la discipline qu'il
fallait hein euh après la deuxème guerre
mondiale bien sûr on est plus dans l'
génisme et on voit que c'est de nouveau
l'amour qui vient sur la première place
et c'est peut-être pas un hasard que les
théories de bolby sur l'attachement mère
enfant deviennent aussi populairire là
où on avait plus besoin des femmes dans
les usines puisque les hommes étaient
faisaient la guerre mais qu'on les on
les voulait de nouveau au foyer donc ce
sont que quelques exemples où où on voit
que les conseils sur ce qu'est le bon
parent sur ce qu'est la Bonne Mère sur
ce que le bon enfant change de période
en période et et ce qui ce qui nous
oblige à relativiser quand même beaucoup
les ce qu'on pense être la vérité
d'aujourd'hui et qui nous conduit à
faire le lien avec le contexte actuel
c'est-à-dire euh un système économique
libéral capitaliste et puis euh un monde
dans dans lequel l'individu est très
responsabilisé en fait si je dis ça
c'est parce que le titre de votre livre
Michel Van derbook c'est être parent
dans notre monde néolibéral il est
publié chez RS dans la collection 1001
bébé même si celui ce livre là de cette
collection là ne parle pas spécialement
de bébé mais beaucoup plus des des
parents et bien sûr du conseil à la
parentalité qui entoure la naissance de
l'enfant mais encore après je précise
que vous êtes professeur en pédagogie de
la famille au Département du Travail
Social et de la pédagogie sociale à
l'université de Gan en Belgique et que
ce livre nous allons aussi en parler
avec Béatrice Baillot bonsoir bonsoir et
vous qui êtes directrice générale de la
fnep Fédération nationale des écoles des
parents et éducateurs qui coédite avec
eres justement le même éditeur l'école
des parents une revue dans laquelle on
trouve beaucoup d'articles et pour le
coup avec le numéro de cet hiver il y a
des thèmes qui se recoupent avec le
livre de Michel Van derbook tout ça pour
vous poser une question toute simple
est-ce qu'on peut diffuser des conseils
et des conseils en tant que parents on
peut en attendre sans diffuser des
normes non je pense pas on est toujours
dans l'ère du temps l'èair du temps
d'aujourd'hui je disais tout à l'heure
que pour pour comprendre l'idée qu'on a
du bon parent du bon enfant il faut il
fautarder le contexte économique social
politique et cetera l'air du temps
aujourd'hui il est il est une air du
temps individualisant hein ça veut dire
dire qu'on est beaucoup dans montrer le
montrer le parent du doigt la
responsabilité parentale on par par
exemple rien que la mot le mot
parentalité il est nouveau il n'existait
pas il y a 50 ans donc cette idée que le
bon parent est un parent compétent on
parle plus très peu d'amour on parle de
compétence de responsabilité
individuelle dans une période qui suit
une succession de crise économique et et
et donc où la rentabilité de l'éducation
est à l'avant-plan parce qu'on cherche
aussi des méthodes c'est plus faire que
être c'est ce que vous dites dans dans
le livre toutoui tout à fait donc c'est
une la parentalité idéale est une
question de compétence de faire on parle
plus très peu d'amour et du lien par
enfant c'est mais peut-être parce que
c'est un
présupposé oh je crois qu'il qu'il
disparaît un peu de du discours le le
comme disaient les Anglais les Anglais
parlent du Home learning environment la
maison le foyer doit devient un lieu
d'apprentissage et le parent un pseudo
professeur qui qui qui contribue à ce
que j'appelle dans le livre cette ces
Jeux olympiques du
développement il faut il faut apprendre
il faut il faut il faut les
jalons le plusutôt possible mais comment
faire la différence entre ce qui relève
du Conseil du vrai conseil par exemple
faire dormir les bébés sur le dos on
sait que ça c'est indubitable on doit
faire dormir les bébés sur le dos ça
évite des morts subites du nourrisson et
puis des
conseils plus discutés sinon discutable
mais discutés sur les vertus de
l'allaitement par rapport au fait de
donner le biberon qui peuvent relever du
choix personnel de la mer et tout de
suite bah quand on en parle et moi quand
j'en parle j'ai tendance à donner un
petit peu mon mon opinion et dans le
conseil par il y a quand même des choses
vraies et des choses moins vraies et
demander aux parents de faire le tri
c'est déjà compliqué beaucoup leur tâche
aussi oui c'est vrai c'est vrai sur par
exemple sur la mort subite il y a des
connaissances qui sont qui sont vraies
euh tout à fait euh mais par ailleurs il
y en a pas tellement on peut très bien
euh définir ce qu'il ne faut pas faire
ce qui est vraiment mauvais on peut
définir la maltraitance c'est beaucoup
plus facile que de que de définir la
bientraitance hein parce que là euh le
problème avec les les conseils aux
parents c'est qu'ils sont très très très
souvent
décontextualisés qu'on pense que ce qui
est bien pour chaque enfant pour chaque
parent mais qu'on fait pas la différence
entre le parent qui qui qui vit dans une
rue tranquille avec un jardin où on peut
jouer dehors et l'autres parents qui
habit à un HLM où les conditions de la
parentalité les conditions dans laquelle
on peut prendre sa responsabilité sont
très très très différentes euh et moi ce
qui est je trouve important ce que j'ai
voulu ass dans comme message ce n'est
pas une recette au-delà des autres
recettes pour savoir ce qu'est le bon
parent c'est justement cette de définir
de décrire cette are du temps où la
responsabilité publique se retire et et
où la responsabilité individuelle est
mise en l'avant tout ce qui va mal dans
la société la première question qu'on
pose c'est où est le parent et ça on va
y venir tout de suite avec une
déclaration du Président de la
République c'était en juillet dernier il
y avait des émeutes en France suite à la
mort du jeune Naël donc tué par un
policier émeutes qui ont touché de
nombreux quartiers et qui ont ému bah
voilà toute la population don le
président de la République écouté sa
réaction ça va beaucoup vous intéresser
la leçon que j'en tire c'est un l'ordre
l'ordre l'ordre la deuxième c'est que
notre pays a besoin d'un retour de
l'autorité à chaque niveau et d'abord
dans la famille et donc donc c'est tout
le chantier que je veux pouvoir ouvrir à
la fin de l'été celui de l'autorité
parentale c'est que beaucoup de ces
jeunes c'est pas l'éducation nationale
c'est encore moins la police qui peut
régler le problème il faut le le traiter
à la cause et donc on doit
responsabiliser certaines familles on
doit aussi accompagner d'autres familles
qui sont dans la détresse et on doit
réinvestir massivement sur notre
jeunesse pour lui redonner un
cadre alors Michel Van derb est-ce que
vous pensez vous êtes pas français donc
vous parler avec un peu de de distance
il s'agit pas de de de débattre de voilà
du président euh lui-même parce que en
fait cette responsabilité des parents
elle est partout cette responsabilité
responsabilisation en fait euh de la
figure parentale c'est pas seulement en
France là c'était voilà dans dans cet
événement- là et et ça c'est ce qu'on
apprend en lisant votre livre c'estd ce
qu'on a ce dont on a l'impression que
c'est un événement français vous vous
dites ça c'est dans beaucoup de pays en
Occident que on on prend cette
inclinaison tout à fait ce n'est pas
qu'un événement français euh d'ailleurs
ça s'est passé exactement de la même
manière en 2005 quand les banlieux on
ont brûlé euh euh en France également il
y a eu le rapport Benisti et cetera qui
a dit où sont les parents il faut
responsabiliter les parents des
missionnaires on l'a vu en Angleterre où
Cameron quand il était premier ministre
a dit euh ce n'est pas la pauvreté le
manque d'argent qui a le problème de la
délinquence c'est la la l'éducation des
parents par les parents on le voit
encore la semaine passée en Belgique où
Ben quand on a publié les résultats où
il paraît que la la les les les élèves
flamands ont dégringolé dans l'échelle
PISA euh ben le ministre de l'éducation
n'a pas posé la question qu'est-ce qui
manque à nos écoles non il a posé la
question qu'est-ce qui manque à
l'éducation parentale euh donc tous les
problèmes de la société on on on montre
le parent du doigt et et c'est le parent
qui est rendu responsable et la question
fondamentale pour moi elle est mais où
est-ce qu'on partage la responsabilité
entre le domaine public et le domaine
privé mais est-ce qu'on devrait pas
faire le lien et et là tu dans le sens
de la responsabilité parentale avec le
fait que les la plupart des parents
aujourd'hui ont choisit d'avoir des
enfants et on choisit d'avoir des
enfants à ce moment-là de leur vie et
donc on n'attend pas forcément la même
chose que euh qu'entre les deux guerres
ou euh des périodes précédentes du 20e
siècle oui c'est la manière dont vous le
dites pour moi c'est vraiment un
discours néolibéral vous avez choisi
donc assumer les je vous porte la
contradiction assumer assumer les
conséquences euh j'ai fait des des des
des groupes de paroles avec plusieurs
parents et on le voit bien que par
exemple les parents les les familles
monoparentaux euh quand ils ont des
problèmes ils se disent oui mais nous on
va pas poser des questions sur qui nous
es parce que ça a été notre choix d'être
une famille monoparentale on est on a
choisi de sortir de la norme alors c'est
à nous de se débrouiller mais c'est
c'est pas une société solidaire de
concevoir la question de telle
manière Béatrice bot comment vous avez
vu émerger cette question alors l'école
des parents ça existe depuis très très
longtemps presque un siècle donc comment
depuis je vais pas vous demander depuis
1929 mais depuis que vous préoccuper de
parentalité je sais pas d'ailleurs si
c'est le terme qu'on utilise à l'école
des parents comment vous avez vu émerger
cette question la responsabilité
individuelle moi je la trouve
intéressante dans le sens où pour moi la
responsabilité individuelle parentale
c'est pas vraiment une question très
nouvelle j'avais l'impression que
c'était ancien que c'était déjà le cas
quand moi-ême j'étais enfant peut-être
avant et finalement c'est en lisant
Michel vanB je me dis oui on augmente
cette responsabilisation est-ce que
c'est un constat que vous partagez avec
lui ah je je peux que le
partager c'est c'est c'est tout à fait
vrai que aujourd'hui il y a un
désengagement de l'État mais qui en fait
est très progressif et donc un peu
insidieux c'est-à-dire que depuis déjà
enfin pour rejoindre le terme
parentalité il il est né de de l'époque
où on a considéré que le le bébé avait
une conscience donc on pouvait agir sur
le bébé et donc à partir de ce moment-là
le parent qui est auprès du bébé a une
action sur son développement et de ce
fait on a commencer à renforcer la
responsabilisation la responsabilisation
parentale et aujourd'hui en fait petit à
petit plus l'état se libéralise et plus
effectivement on glisse du on on glisse
vers une responsabilisation individuelle
et tout à l'heure je je me al quelle
était la responsabilité collective avant
comment elle était portée qu'est-ce que
ça signifiait alors la responsabilité
collective pour moi elle était vraiment
autour de travailler avec les parents
échanger sur ce dont ils avaient besoin
les écouter prendre en compte le cadre
dans lequel ils vivaient pour adapter
l'accompagnement et répondre à leurs
premiers besoins dans le livre dans quel
casad dans les PMI dans l'éducation
populaire à l'école alors l'éducation
populaire s'inscrit vraiment dans
justement en lien avec ce qu'on appelle
les bénéficiaires he c'est c'est
vraiment le principe même de l'éducation
populaire mais
euh on est là là on est vraiment dans la
volonté de travailler
avec et par exemple quelque chose qui
qui est fondateur c'est la pédance c'est
travailler échanger entre parents la
paire la paire
voilà la p La pè dan euh aujourd'hui
c'est quelque chose qui tend à
disparaître euh parce que euh en fait on
a un développement du conseil individuel
donc vous parliez de conseil tout à
l'heure moi je me permets juste de dire
en en tout cas en lien avec l'éducation
populaire qu'on ne parle pas de conseil
on parle d'accompagnement vous pouvez
vous dire que je joue sur les mots mais
pas du tout on n'est pas là pour
promulguer une vérité on n'est pas là
pour dire tu dois faire si ou tu dois
faire ça mais on est là pour pour partir
d'où est le parent pour l'aider à
trouver en lui-même ses solutions avec
soit avec un professionnel soit avec
d'autres parents et de des parents de
d'horizons divers et c'est bien ces
horizons divers qui enrichissent chacun
et aujourd'hui on est en train de
segmentariser la population entre la
population aisée qui va pouvoir se payer
des conseils et une population moins
aisée qui va venir en désespoir de cause
vers des des des des association alors
qu'on devrait travailler tous ensemble
après rechercher de l'aide c'est ce que
font de de nombreux parents pourquoi
recherche-t-il de l'aide payante ou
gratuite c'est une question qu'on doit
aussi se poser et là le contexte c'est
aussi un contexte scientifique dans la
mesure où la connaissance sur le
développement de l'enfant on a commencé
à en parler alors on a parlé de la
théorie de l'attachement mais
aujourd'hui on a aussi des neurosciences
qui nous parlent du développement du
cerveau du du bébé avec pareil certains
certains aspects sont pas spécialement
discutés on développe son langage bien
avant de parler ça tout le monde est
d'accord après faut-il laisser un bébé
pleurer ou non est-ce que ça va abîmer
ses
circuits neuronaux B ça c'est c'est
encore un sujet qui peut faire débat
mais tout jourer avant 6 ans ou pas
grande question qui peut paniquer un
certain nombre de parents ou en tout cas
les amener à rechercher des conseils
conseils qui peuvent s'acheter sous
forme de livres s'écouter sous forme de
podcast et souvent c'est gratuit il y a
même des choses très bien par exemple
sur France Culture ou ce
délivré sur les réseaux sociaux qui sont
si importants dans nos vies aujourd'hui
Michel Van derbrook ça c'est un contexte
aussi c ce développement de la
connaissance du développement de
l'enfant actuel c'est vrai que les la
scientification de de du développement
de de l'enfant avec l'avenue des
neurosciences euh a créé quand même ou a
beaucoup aggravé cette cette
problématique de de de de la parentalité
je m'explique quand quand je critique
les neurosciences dans dans le livre ce
n'est pas les neuroscientifiques mais
c'est l'utilisation des neurosciences
par des des non neurosciences une forme
de vulgarisation une forme de
vulgarisation mal à drroite et et et est
souvent fausse euh pour pour plusieurs
raisons d'abord il y a eu un amalgame
entre ce que on peut appeler dans le
développement de l'enfant des périodes
sensibles et des périodes critiques euh
jeexplique les périodes critiques ça
veut dire que quand un développement ne
ne ne se ne se fait pas dans cette
période là c'est foutu he ça veut dire
que si on si on prend des petits chatons
qui viennent de naître et on fait on met
un bandage autour des yeux pendant
quelques mois on l'enlève il faut pas
faire ça mais hein ils ne verront plus
donc ça c'est les périodes critiques les
périodes sensibles c'est par exemple
l'apprentissage des langues on prend on
apprend plus facilement les langues
quand on est jeune moi depuis un an
j'apprends l'italien j'ai beaucoup plus
difficile que les jeunes avec qui je
fais ça mais ça va donc ça c'est des
périodes sens vous avvez l'avantage du
bilinguisme en tant que que belge c'est
quand même déjà une petite avance on le
sait ça aussi grâce à au neuroscience
voilà mais donc euh ce que nous disent
ce ce que nous fait passer ce message
des neurosciences avec le discours sur
les 1000 premiers jours c'est comme si
tout se jouait dans ces 1000 premiers
jours dans ce cerveau et que si on fait
pas tout ce qui nous disent les conseils
en tant que parents c'est foutu on
a on fait du mal à notre enfant et et et
et on pourra plus le réparer donc ça
c'est un poids insupportable sur les HP
qui parle de plasticité cérébrale qui
permet d'apprendre tout au long de sa
vie et comme vous l'italien et et
d'apprendre plein de choses longtemps
mais ce qui est intéressant c'est qu'en
terme de politique publique ça doit
valoir le coup de sensibiliser tous les
parents autour de la naissance de leur
enfant sur cette question des 1000
premiers jours qui sont
important sans paniquer tout le monde
sur le fait que si on rate une marche si
l'enfant ne fait pas ce qui est
exactement attendu statistiquement on
doit paniquer c'est-à-dire que il y a
quand même une politique publique en
quoi ce serait pas bien en fait fait de
sensibiliser les parentsux deux grands
mais un le premier c'est que ça rend la
ça ça nous rend aveugle puisque nous
aurons besoin des des spécialistes pour
pour nous expliquer ce qu'on voit sur
les images ou les petites couleurs on
perd en compét parentale voilà on perd
en compétence parentale deuxièmement
soyons sérieux les neurosciences ne nous
ont pas dit vraiment de nouvelles choses
qu'on ne savait pas encore
hein que que qu'il faut qu'il faut
stimuler le développement de l'enfant
quand il est jeune on le savait hein
c'est pas les neurosciences qu'ils nous
ont appris mais il ils ont ils ont mis
une couche ils nous ont remis une couche
d'incompétence euh et et et donc ça
c'est c'est quand
même c'est c'est c'est c'est moins
rigolo euh
euh deuxièmement et ça peut aller très
loin je donne l'exemple de l'Angleterre
et et des États-Unis mais surtout de
l'Angleterre où au nom des neurosciences
on a voté une loi qui permet de passer
de de la Garde temporaire des enfants
quand quand le parent est en difficulté
à l'adoption pleine sans l'autorisation
des parents biologique au nom des
neurosciences il faut intervenir avant
les 1000 dans les 1000 premiers jours et
donc ça ça euh ça fait passer des
nouvelles lois où ça n'est pas un Odin
il s'agit de des milliers de cas en
justice où l'enfant est est enlevé de
l'autorité parentale au nom des
neurosciences c'est c'est très bien
documenté sur la Grande-Bretagne donc
une politique de bah de de préservation
des des enfants où on met à l'adoption
des enfants donc on on brise le lien par
enfant c'est pas du tout le même dogme
qu'en France ou par ailleurs c'est c'est
très compliqué aussi hein évidemment ces
questions euh
de placement des des enfants et qui
souffrent aussi de plein de problèmes
économiques et de manque de budget on en
a déjà parlé dans être et savoir
Béatrice Bigot le l'éducation passionne
enfin surtout la la
parentalité on peut rappeler ce débat
quiant fait causer l'année dernière
entre l'éducation positive et puis les
idées de par exemple Caroline Goldman
qui elle a une chronique tout l'été sur
une radio ami France interre qui
préconise alors je vraiment je
caricature le timeout c'est-à-dire le
fait de pouvoir mettre son enfant à part
ce pas forcément le punir mais qui peut
apparaître comme tel pour ceux qui la la
contredisent quand l'éducation positive
plébicite un un dialogue constant voire
permanent moi ce qui m'intéresse c'est
pas de trancher entre les deux c'est de
voir à quel point ça mobilise une
certaine attention qui se porte sur bah
ce que doit faire un parent dans des
circonstances ultra précise euh comment
vous jugez en fait tout ce commentaire
autour de ces deux pôles opposés sur
alors moi enfin c'est c'est comme tous
les pôles opposés en fait il y a pas de
il y a pas il y a pas de vérité la
question c'est pas de savoir s'il faut
faire le timeout ou ou ou pratiquer la
parentalité positive euh en fait et je
rejoins mais complètement Michel vbrook
on on essaye de donner une solution aux
parents et on leur on leur dit en fait
euh en fait il y a un enfant standard et
il faut que votre enfant il ressemble à
cet enfant standard et donc on va vous
donner une
recette et que ce soit l'une ou l'autre
et j'ai elles ont toutes les deux
apporter des choses euh sur les
questions d'éducation donc c'est pas la
la la question de leur légitimité qui
est qui qui est au centre du débat c'est
simplement euh effectivement on retire
les capacités parentales des parents en
leur disant en fait vous avez peut-être
une intuition vous connaissez votre
gamin mais en fait ne faites pas ce que
vous pensez mais faites ce qu'on vous
dit et vraiment c'est c'est c'est
central on on on est quand même des
êtres dotés de bon sens on connaît nos
enfants donc et peut-être qu'on va se
tromper c'est pas la fin du monde nos
parents se sont trompés on a
survécu comment vous abordez cette
question qui semble tant passionnée je
sais pas si c'est le cas dans d'autres
pays Michel Van derburg puisque vous
connaissez bien vous dites dans votre
ouvrage La la recherche
angolophone qui couvre des pays aussi
comme le Canada la Nouvelle-Zélande et
c'est très intéressant de voir tout ce
qu'on peut penser en Occident alors du
côté français du côté latin c'est
toujours un peu légèrement différent
mais vous êtes à la croisée des des de
ces deux deux parties du du monde
occidental cette passion donc pour les
colères
enfantines et je me remémorai euh les
mots de de Simone de Beauvoir dans
mémoire d'une jeune fille rangée ça
commence pas finire sa petite enfance et
Simone de beauovvoir se roule par terre
d'une manière totalement spectaculaire
insupportable et rouge de colère et
personne ne ne peut la comprendre à tel
point que des parents pensent on mettra
le passage sur le le la page d'être et
savoir à tel point que des des gens
pensent qu'elle est maltraitée donc
c'est pas nouveau si au début du du 20e
siècle Simone de Beauvoir se roule par
terre au jardin du Luxembourg c'est pas
très différent de quand euh mon enfant
par exemple le fait et pourtant ça ça
fait beaucoup parler aujourd'hui ça fait
beaucoup discuter peut-être plus que
jamais et je reviens à l'éducation
positive vs une éducation plus
autoritaire pourquoi ça nous passionne
autant aujourd'hui quel rapport avec le
monde néolibéral
euh les crises de colère de l'enfant
n'ont pas vraiment un rapport avec le le
monde néolibéral ils ont ils sont de
tous les temps comme comme vous le dites
bien avec cet exemple de Simon de
bouvoir et et elles le sauront de tous
les temps c'est c'est un stade je dirais
normal du du développement de l'enfant
de l'autonomie de l'enfant ce qui est
euh fascinant dans la période où on vit
c'est que on développe des programmes
qui se disent basés sur des des des
preuves probantes basé sur la recherche
qui disent résoudre le problème si vous
parents faites ce que nous on vous dit
euh vous serez le bon parent et vous
surmontrez ces problèmes et euh et ça se
fait dans avec un système protocolé ça
s'appelle triple P par exemple
parentalité positive ça ça vient de
l'Australie c'est un programme
commercialisé qui se dit qu'il marchera
tous les coups et qui est importé en
France en ce moment aussi qu'il a été en
Belgique il est dans dans une trentaine
de pays dans le monde donc c'est un
programme assez lucratif et qui se dit
être basé sur des recherches probantes
donc ça veut dire nous on va vous dire
comment faire si votre enfant se jette
au milieu du supermarché parce qu'il ne
reçoit pas la sucette qu'il aurait voulu
euh comment le traiter s'il sort de son
lit parce qu'il veut pas se coucher on
va vous dire comment faire euh avec cinq
consultations de 20 minutes euh
protocoller et si ça marche pas ben
c'est vous le problème parce que le
programme lui il est il est au-dessus de
tout
soupçon pourquoi pensez-vous qu'on
s'attache autant à ce que font des tout
petits enfants parce qu'après tout euh
ils vont grandir et c'est assez rare les
enfants de 8 ans qui se roulent par
terre au supermarché on sait que ça va
s'arrêter pourquoi pourquoi le fait de
payer rassure autant je le dis très
simplement c'est comme ça que la
question m'est venue rassure autant de
parents Michel Van derbook oui c'est une
très très bonne question je commence le
livre par une citation de de l'auteur
français Nicolas Mathieu qui se dit et
je vais le citer l'éducation est un gros
mot on peut le mettre dans des livres et
des circulaires
en réalité tout le monde fait ce qu'il
peut qu'on se saigne ou qu'on s'en foute
le résultat recè toujours sa part de
mystère donc c'est c'est une citation
bien rélativisante oui pourquoi on
s'intéresse beaucoup à ça comme malgré
le fait que bon pourquoi on veut acheter
quelque chose pourquoi on veut acheter
parce qu'on est insécurisé parce que on
a ce discours sur nous sur la 1000
premers jours on a dit que que le parent
fait la différence parce que si on ne
fait pas bien c'est après quand il sera
adolescent il va Brû il va cramer des
voitures il va se droguer donc il y a
toute cette menace donc la la le soutien
à la parentalité c'est c'est c'est une
gestion de risque on on on nous fait
peur de ce qui peut advenir de nos
enfants et l'enfant l'avenir de l'enfant
c'est l'avenir de l'État c'était comme
ça dans l'entre de guerre mais c'est
comme ça encore aujourd'hui donc depuis
j'ai dit quand quand j'ai parlé de
l'histoire du conseil aux parents il
faut regarder l'environnement
l'environnement social économique
politique et cetera euh quel est cet
environnement aujourd'hui c'est quand
même un environnement post-crise on est
dans beaucoup de crises on a eu
plusieurs crises économiques ce qui veut
dire que l'économie devient de plus en
plus important on a eu la crise des
banques on a eu la on a maintenant la
guerre de l'ouraine qui fait une crise
de l'énergie et cetera la crise covid et
cetera donc il y a beaucoup beaucoup de
retombées économiqu l'économie devient
très important donc qu'est-ce qu'on
veut que cet enfant devienne c'est un
adulte autonome qui ne dépend pas de
l'état donc ça veut dire c'est un
changement profond de ce qu'est l'état
social de ce qu'est l'État providence et
parce qu'on c'est pas le Conseil qui
nous isole c'est parce qu'on se sent
isolé qu'on a besoin de conseil c'est
parce qu'on se sent isolé qu'on a besoin
de conseil mais le conseil en
rajoute
dans une forme de de cercle que vous
définissez donc comme vicieux Michel Van
derbook alors Béatrice B je me tourne
vers vous vous avez parlé des services
publics bon voilà il y a on parle de de
petit enfant et de parentalité avec aur
berger on va voir quelles vont être les
conclusions Tour de France il y a ce
conseil cette commission à la
parentalité qui va réfléchir avec Serge
eès à sa tête est-ce qu'on va créer un
service public pour que les enfants se
roulent pas par terre je je ne sais pas
mais en tout cas il faut peut-être
répondre d'une autre manière aux parents
qui s'interrogent donc ça c'est on n'est
pas dans l'éducation scolaire mais dans
l'éducation familiale comment ça peut se
penser collectivement autrement alors
peut-être pour pour redonner des des
éléments de juste un tout petit peu de
de contexte politique du du du lancement
de cette commission elle a été lancée
dans le bref passage d'Aurore berger au
ministère de la Famille et a été lancé
simultanément à ses annonces et ses
déclarations relatives à à la
responsabilité des parents aux travaux
d'intérêts généraux qu'il devrai faire
par en réparation de tout ce que les
enfants leurs enfants n'ont pas fait
donc en fait ça s'est déjà un peu mal
enemmanché la cette commission
parentalité parce que alors du coup
d'accord mais qu'est-ce que vous vous
auriez envie de voir venir comme
réflexion collective et pas forcément en
terme de service public mais aussi en
terme de circulation d'information dans
dans la société de comment on s'empare
des sujets dans l'espace public y
compris dans les médias du reste qu'on
interroge les parents sur leurs besoins
qu'on travaille avec eux que on
justement on sorte alors après c'est
c'est c'est la politique que on va
décider hein qui va être décidé est-ce
qu'on veut effectivement du chacun pour
soi et dans ces cas-là les gens vont
payer euh et il y en a qui pourront il y
en a qui pourront pas ou est-ce que on
croit vraiment en un état social et
solidaire dans lequel on fait des
investissements sociaux qui sont portés
par tous euh et on donne on rend
accessible l'accompagnement de manière
générale voilà c'est c'est c'est
simplement pour pour rejoindre vous
disiez tout à l'heure
euh pourquoi les parents payent parce
que et reprend les termes si je peux me
permettre du livre de Michel Van derbook
les parents sont devenus des
consommateurs parce que on les a mis
dans cette position là donc maintenant
on achète notre parentalité au lieu de
la vivre en
société France Culture
être et
savoir Louis Touray on voudrait du
soleil
des boissons
aniser nos voyages sont
pareils et désorganisé oh tu sais on
voudrait des
amis des journées de
repos on a tant
d'ennemis dans les jeux vidéo oh tu sais
on est t tous
pareil on est tous
pareils on est tous
pareil on est tous
pareil à descendre la
pente dans les surfaces de
vent on voudrait que
l'inconnu est un goû de déjà vu oh tu
sais
on voudrait rester
beau mais l'ennui nous
abîme on cherche des
infos sur les salles de gym oh tu sais
on est tous
pareils on est tous
pareils on est tous
pareils on est tous
pareil on s'est bien fait
avoir nos
maisons se
confondent on a du mal à
croire qu'on est champion du monde
Laurent marché tous pareil dans être et
savoir qui s'interroge dans cet épisode
donc toute l'émission sur le coût des
bons conseils en parentalité qu'est-ce
que ça veut dire de donner des bons
conseils qu'est-ce que ça implique
quelle logique ça soutend logique
économique et sociale et politique aussi
on l'a dit dans la première partie de
l'émission évidemment je ne peut pas ne
pas penser à l'école l'éducation
nationale et tout ce qu'on attend des
parents j'ai trouvé une illustration
pour vous amener sur cette question avec
le film de Jérémie fontagneux c'est un
enseignant qu'on connaît très très bien
ici dans les TR savoir parce que ça fait
plus de 10 ans qu'on suit son travail il
est professeur de Scien économique et
social au lycée dans l'Académie de
crétaille il est à l'initiative d'un
projet qui s'appelle rcon ciliation
c'est contre l'échec scolaire il
implique les parents et il sort un
documentaire le mercredi 20 mars qui
s'intitule Le monde est à eux bref
ensemble nous avons parlé des parents
d'élèves en en quartier populaire
beaucoup de parents ont un sentiment
d'illégitimité au sujet par exemple de
de la question de l'orientation beaucoup
d'entre eux ont pas fait d'études
supérieur donc par exemple parcours sup
les angoisses encore plus que le reste
de la population mais après c'est vrai
que le le la d'information est tellement
importante et a une telle opacité que
c'est pas propre à Drancy et et donc ce
qui est sûr c'est que il y a beaucoup de
de souffrances ou ou de difficultés de
la part des parents qui ont l'impression
d'être un peu seul face à leur enfant
avec une une foule d'informations à
traiter et on a un peu pendant longtemps
on a eu ce même sentiment là nous
professeurs d'être seul face aux élèves
avec une foule d'informations à traiter
euh alors que là c'est vrai que comme
assez rapidement dans la on crée cette
alliance là et que on se met d'accord
parents et professeurs pour être sur la
même longueur d'onde ça nous ça casse un
peu cette solitude là et ça rend notre
discours plus fort parce que il est
commun et donc du coup ça permet de
casser aussi un peu l'angoisse chez les
enfant on s'est rendu compte que ça
renforçait aussi beaucoup les parents
c'est les familles qui sont venus nous
remercier en fin d'année en nous disant
qu'elles avaient eu l'impression d'avoir
retrouvé une autorité ou d'avoir gagné
en légitimité dans leur autorité en fait
de on parle parfois de parents
démissionnaires moi j'en ai j'en ai
jamais rencontré à Drancy en une dizaine
d'années alors que je travaille beaucoup
avec eux par contre des parents démunis
des parents qui ont l'impression de de
ne pas avoir les outils ou des parents
qui sont parfois un peu fatalistes ou
qui sont parfois tentés par la
résignation il y en a beaucoup mais
comme nous-même
enseignants en fait encore une fois je
pense que c'est la la solitude dans
laquelle les parents font leur travail
de parents de la même manière que la
solitude dans laquelle nous enseignant
faisons notre travail d'enseignant je
pense que c'est ça qui qui nous met en
difficulté et je crois que cette cette
solitude qui met en difficulté à la fois
chez nous enseignant et chez les parents
elle est aussi vécue par les élèves
parce que bien qu'il y ait la classe la
scolarité est souvent vécu comme un
fardeau un peu personnel ou comme une
aventure
difficile personnelle et un peu isolante
pour beaucoup d'élèves mais cette
manière de travailler ensemble vous
professeurs avec les parents est-ce que
ça crée un collectif de parents c'est
une bonne question c'est l'une des
limites en tout cas telle qu'on l'a
élaboré à Drancy c'est vrai que
aller chercher les parents ça se faisait
toujours sur nos termes à nous ou en
fonction de nos besoins à nous les
parents venaient nous renforcer et donc
on poussait pas forcément les les
parents à à se serrer les coudes entre
eux si je puis dire mais il y a des
collègues en en collège ou en lycée ou
en école primaire dans la méthode dans
le le collectif là qui aiment bien
organiser des événements ponctuels par
exemple un café des parents ou ouvrir
leurs classe aux familles ce qui a
tendance à renforcer les liens entre les
familles entre les parents même si si
c'est vrai qu'à nous à Drancy et tel
qu'on le voit dans le film finalement
les parents se rencontrent à la réunion
de début d'année à laquelle nous les
avons invité individuellement et il se
retrouve à la fête de fin d'année pour
fêter les 100 % de réussite au bac mais
entre-temps il n'y a pas ou peu de
cohésion entre les familles je sais pas
si vous connaissez ce qu'on appelle
l'enseignement explicite on en parle
beaucoup en ce moment est-ce que vous
faites de la pédagogie explicite auprès
des parents sur ce que l'école attend
d'eux oui en fait c'est vrai que l'une
des difficultés qu'on a rencontré nous
au tout début et que beaucoup de
collègues qui nous rejoignent
rencontrent c'est l'idée que il faille
présenter les choses suffisamment
clairement et précisément aux parents
alors que spontanément dans la
perception qu'on a de notre métier et
dans la pratique c'est face aux élèves
qu'il faut être le plus clair le plus
explicite euh c'est vrai que euh l'une
des difficultés ou la sortie de la zone
de confort que comporte cette méthodelà
c'est de faire preuve de patience de
faire preuve de gentillesse d'écoup
vis-à-vis de parents qui parfois ne sont
pas forcément de bonne volonté ou ne
comprennent pas l'impact que ce ça peut
avoir donc ça nous oblige à développer
des compétences qui sont de l'ordre de
la communication de la relation si je
puis dire une forme de
diplomatie et donc ça nous oblige à être
explicite d'abord avec les familles de
manière à ce que les parents comprennent
où on veut en venir et que du coup
puisqu'ils ont compris et qu'ils
trouvent ça légitime ils le fassent et
derrière les élèves suivent alors ce
soir dans êre savoir on parle de
parentalité évidemment on parle aussi
d'école je précise que Jérémy
fontagneux dans dans le cours de de
l'entretien don j'ai fait un montage à
parler du contexte en dans la en région
parisienne enfin dans l'Académie de
crétail où les enseignants sont très
mobilisés et des parents aussi
concernant les moyens de l'école il a
une grève cette semaine en l'éducation
nationale je pense qu'on peut pas non
plus faire fi de de ce qui s'y passe
dans cette émission même si c'est pas
totalement le sujet alors je reviens
vers vous Michel Van derbrook et la
question que j'ai posé à Jérémy
fontagneu c'est celle de finalement
l'explicitation des attentes non pas de
la société mais de l'école et c'est très
important c'est important aussi dans un
contexte que je vous donne pour la
France mais peut-être qu'il y a des
équivalents rien ou des enseignants se
plaignent par exemple sur les réseaux
sociaux d'enfants qui se tiennent très
mal qui sont mal éduqués chez eux et pas
très prêt à être disciplinés en tout cas
suffis calme pour apprendre à l'école
par exemple h oui céit ce n'est pas un
problème uniquement français on le
retrouve bien sûr en Belgique aussi euh
ce qui me frappe dans dans cette dans
cette analyse c'est
que on parle beaucoup des attente de de
l'école vis-à-vis des parents et très
peu de de de l'autre côté on parle très
peu de l'écoute des parents de ce qu'ils
attendent de l'école donc il y a il y a
un manque profond de réciprocité dans
dans en certains rapports euh ce qui
veut dire
que la participation parentale elle est
importante il y a rien à redire c'est
vrai que c'est important que les les
parents
participent à la vie écolière de leur
enfant mais ce comment elle se conjugue
comment quelle forme la participation
parentale prend ce qu'elle veut dire
elle est définie sans aucune
participation parentale elle n elle n
définie que par l'école donc et elle dès
lors il n'est pas difficile à comprendre
qu'elle va bien pour certains parents et
moins bien pour d'autres que des parents
comme comme comme l'a dit le
l'enseignant qu'on vient d'écouter il y
a des parents qui ont un vécu difficile
par rapport à l'école pour qui c'est
difficile de s'imaginer dans dans cette
situation il y a des parents qui ne se
trouveent pas légitime de représenter il
y a des parents qui ont trop de respect
pour l'enseignant pour aller à avant
vous savez euh en en Belgique on se fait
beaucoup de soucis pour les par rapport
aux enfants qui sont pas tous les jours
à l'école maternelle des jeunes enfants
de 3 ans de 4 ans on a fait beaucoup de
groupes de paroes avec les parents et je
me rappelle très bien d'un groupe de
parole avec des des parents d'origine
très très différentes tous les clichés
rassemblés he faible niveau de de de
formation ou d'éducation de la mère
parlant d'autres langues que que la
langue de l'enseignement euh issue de
l'immigration et cetera tous les clichés
ensemble euh donc des parents des
enfants qui ne venaient pas tous les
jours à l'école maternelle et et il il
commençaient à papoter entre eux et puis
cette cette maman tur dit à une autre
maman vous savez il faut poser une
question tous les jours à l'institutrice
parce qu'autrement elle va dire que vous
n'êtes pas intéressé ah non non non non
dis non non ça il faut pas faire du tout
elle va elle non vous êtes elle va vous
trouver ennuyeuse une fois par semaine
ça c'est l'idéal ah non non non non moi
je crois une non non elle va vous elle
va penser que vous n'êtes pas intéressé
c'est pas deux ou trois fois par semaine
ça c'est l'idéal vous voyez la cette
recherche des parents c'est quoi le bon
parent il n'y a pas de dialogue on
manque de dialogue et et et donc c'est
c'est en en en mettant le label de
parents démissionnaires ou ou peu
intéressé ou ne pas bien éduquer son
enfant qui n'est pas prêt pour l'école
on va pas sortir du problème comme
ça concernant cette question
scolaire Béatrice baot la
France qui a aussi construit son école
un peu hein contre la famille
historique et peut-être plus en France
encore qu'en Belgique quo en Wallonie on
est beaucoup sur le modèle français
est-ce que cette question vous la voyez
dans le cours du temps
s'individualiser on sollicite de enfin
une nouvelle fois je vais c'est pas
c'est pas pour dire que je suis toujours
d'accord avec Michel verb mais dans les
fêes c'est vrai que on
va on écoute peu les
parents et on on on va leur dire voilà
vous devez être là là là et voilà où on
vous attend et en fait plus ça
va il y a des parents qui nous
disent en fait quand mon enfant rate un
examen j'ai l'impression que c'est moi
qui rate l'examen est-ce que c'est
normal qu'on en soit là parce qu'il
s'est tellement investi parfois au-delà
de que il il ne il n'arrive plus à
prendre de recul euh et euh à l'inverse
des des parents qu'effectivement on
pourrait classer dans les
démissionnaires selon l'état mais en
fait ils ont 1000 raisons
d'être d'être démission enfin qualifié
de démissionnaire c'est tellement
compliqué pour eux contenu de leur passé
de leur présent donc mais effectivement
pour pour revenir parce que j'ai fait un
petit un petit crochet là mais mais
effectivement on on est de plus en plus
dans l'école fait ça et euh et tout le
reste doit être fait par les parents
mais alors moi je m'attendais un peu à
une une autre réponse c'est que l'enfant
n'est pas responsable de ses parents en
tant qu'élève de toute façon c'est c'est
c'est pourquoi plus personne ne dit ça
peut c'est d'une grande naïveté mais
j'aime beaucoup poser ce genre de
question Michel Van derbook est-ce que
ça ça peut faire partie du débat de dire
voilà l'enfant finalement euh sans être
un un être de Pure Nature hein
évidemment il est issu de son milieu
social et familial mais en même temps un
enfant à l'école il est pas responsable
du fait que ses parents l'U comme C ou
comme ça mais c'est une question de de
tous les temps que l'école a très
difficile d'accueillir la diversité hein
donc la diversité du de de de niveau de
développement la diversité de langue
hein on pense encore beaucoup que la
tête d'un enfant n'est pas suffisamment
grande pour contenir plusieurs langues
euh et et et on a des difficultés à
accueillir l' en F tel qu'il est parce
qu'on a des difficultés à accueillir la
diversité mais il faut dire aussi que en
tout cas là je je parle de la Belgique
je sais pas pour en quelle mesure c'est
vrai pour la France on a délaissé les
gens qui sont dans l'enseignement on les
a pas soutenu pour accueillir la
diversité on a fait comme si la société
n'avait n'avait pas changé depuis 50 ans
je crois que vous tapez assez juste sur
le sentiment des des enseignants
effectivement
depuis au moins le temps que je fais
cette émission
qui manque de reconnaissance et on sait
que par exemple la difficulté à trouver
des étudiants qui veulent devenir
enseignants ne touche pas seulement la
France mais même des pays où ils sont
beaucoup mieux payés type l'Allemagne
alors je voudrais vous soumettre un
débat alors c'est pas dans le livre
Michel Van derbrook mais c'est c'est
très français aujourd'hui quand on parle
des problèmes de mixité sociale à
l'école on parle de séparatisme scolaire
de Sécession scolaire en France ce qui
fait reposer l'idée que il y a un
problème de mixité sociale à l'école sur
la responsabilité de parents qui
éviteraient l'école publique par exemple
comment vu de Belgique vous analysez
cette manière de poser les choses moi ce
qui me fait beaucoup de soucis c'est que
bien sûr le problème est traité en
Belgique aussi parce que la société a
beaucoup changé la la la diversité a
beaucoup augmenté surtout dans les
villes euh nous avons aujourd'hui des
classes où on met ensemble au moins 10
différentes langues maternelles hein
donc on n plus dans le biléuisme on est
dans une dans dans une
hyperdersité qui est nouvelle et
euh on n pas beaucoup aidé les
enseignants à travailler cette cette
cette diversité et euh j'ai oublié votre
question en fait c'était sur l'attitude
des parents c'est-à-dire qu'est-ce qu'on
peut est-ce qu'on peut reprocher à des
parents de se détourner par exemple de
la mixité sociale ou
linguistique qui
sument pas la seule mais c'est aussi
comme ça que c'est dit et que la
question circule dans la société la
question qui est débattue en Belgique et
je crois en France aussi c'est quelle
est la meilleure manière pour que les
enfants puissent être le le plus
vite les meilleurs résultats est-ce
qu'on met la mixité ou est-ce qu'on la
sépare mais donc la question qui n'est
plus posée c'est à quoi ça sert
l'ducation ucation publique est-ce que
ça sert seulement à grimper sur
l'échelle PISA ou est-ce que ça aide
aussi à créer le vivre ensemble à se
comprendre à la solidarité aux choses
qu'on ne peut pas mesurer dans les tests
et donc pour moi c'est c'est la question
profonde qui disparaît la question que
que posait Paolo frère je vais le dire
en anglais education what for
l'éducation ok mais l'éducation à quoi
pour moi c'est important dans C disc
c'est un pédagogue brésilien brésilien
voilà des années la fin des années 60
début des années 70 voilà merci pour ces
précisions euh et et et pour moi cette
question est disparu du débat public
c'est l'éducation publique elle sert à
quoi ou l'éducation nationale elle sert
à quoi elle doit servir aussi à créer le
vivre ensemble ou ou l'éducation tout
court parce que je je reviens à la
question de la parentalité est-ce qu'on
perd de vue avec ce débat ou pas euh le
sens de l'éducation qu'on donne à ses
enfants c'est c'est très important de
manger CIN fruits et légumes par jour et
je félicite les parents qui arrivent
mais est-ce que ça nous éloigne pas
de ce qu'on pense de l'éducation mais de
la vie finalement et qu'on veut
transmettre à nos enfants c'est la
question que que je me pose est-ce que
vous la posez aussi Béatrice
Baillot je je pense que effectivement on
on on va vers et la société nous invite
à être vers une éducation de la
performance au
détriment d'autres valeurs bien plus
importantes et bien plus fondatrices et
effectivement nos enfants aujourd'hui
sont évalués sur leur performance
scolaire leur notes euh vaguement on va
leur dire tu te tiens bien ou tu te
tiens pas bien tu tu tu mets le bazar ou
tu mets pas le bazar mais en revanche on
va pas leur les inviter à monter un
projet ou sinon ça va être dans vraiment
mais un projet qui soit un petit peu
associatif ou qui soit dans une
dynamique de créer une solidarité entre
élèves ou au-delà comment on les
accompagne à accueillir cette diversité
euh quand vous voyez certains le
développement de certains propos ne
serait-ce que raciste c'est surprenant
entre entre enfants et en fait
effectivement cette
diversité il faut en fait il faut juste
changer de regard dessus mais c'est
hyper intéressant c'est qu'en même temps
dans les dossiers parcours su par
exemple on demande des lettres où on est
censé expliquer tout ça ou pour
certaines écoles tiens Science Po qui
est tellement dans l'actualité on
demande aussi aux jeunes de parler de la
diversité de leurs activités et ça on
sait aussi que c'est socialement hyper
sélectif c'estàd qu'à ceux qui sauront
le faire et pas les autres et que
finalement tous les projets pour
diversifier un peu les les critères
d'évaluation se retourne finalement
contre les les gens qui sont les moins
bien dotés scolairement au départ
familialement c'est je trouve une
interrogation que je ne lasse pas de de
de remuer je sais pas si on peut trouver
la réponse aujourd'hui Michel verbou a
un sujet extrêmement intéressant et dont
on n pas beaucoup de temps pour parler
mais que vous soulevez c'est la
marchandisation de la petite enfance
donc on a parlé du Conseil parental qui
est payant mais il y a aussi cette
histoire de crèche il y a trois livres
qui sont sortis cette année en France
sur la PR la privatisation des craches
moi j'ai lu le prix du BCE ça fait
extrêmement peur c'est celui qui est
publ au seuil ça fait quand même
beaucoup moins de bruit que l'enquête de
sur les maisons de retraite par exemple
de Victor castané donc pour pourquoi
c'est à la fois quelque chose qui voilà
fait écrire mais qui des des articles
hyper intéressants et des livres mais
qui mobilise pas tellement h oui j'ai
j'ai j'ai lu le livre également euh
c'est en effet c'est une évolution qui
fait peur c'est une évolution mondiale
euh dans dans tous les pays enfin pas
dans tous les pays mais dans dans
beaucoup beaucoup de pays dans les pays
où il y avait des crèches publiques
maintenant il y a plus de crèches privé
exemple de de la France est bien sûr un
exemple particulier parce que il n'y a
pas plus que 10 ans la la France était
dans les dans les revues internationales
était nommé comme le pays qui résiste à
la privatisation et la et à la
marchandisation depuis son son histoire
de de l'importance publique de
l'éducation du jeune enfant et en très
peu de temps ça a énormément changé et
des grandes entreprises commerciales à
but lucratif se sont installées et ont
pris une très très grande partie du
marché ets sont devenus comme disent les
Anglais to big to fail donc ça veut dire
qu'ils sont à la table du de là où les
décisions sur la petite enfant sont
prises mais ça ça dépend pas de choix
parentaux ça ce sont des choix
politiques locaux ou nationaux mais tout
à fait nous en tant que parents c'est
priv une place en crèche on va là où on
peut aller mais oui tout à fait c'est
une privatisation qui a été menée
volontairement par les politiques c'est
ça qui est qui qui qui est important à
dire mais pour le parent ça le met dans
une position de client de consommateur
comme si la crèche était un pot de
yaourt hein on pense que ben si cette
marque ne vous plaît pas vous prenez une
autre marque si cette marque si le goût
est moins bon que moins bon que qu'avant
vous changez de marque mais la crèche
n'est pas un produit comme ça et et et
ce qu'on voit et c'est ce que les livres
comme celui de DAFN Gastaldi le prix de
Bau a bien démontré c'est que le
bénéfice pour les actionnaires il vient
de quelque part ça veut dire que c'est
de l'argent public qu'on retire de la
crèche pour donner aux actionnaire il
faut quand même bien se poser la
question si c'est si c'est ça qu'on veut
alors ce qui est intéressant dans cette
comparaison
avec le consommateur entre le parent et
le consommateur c'est que cette
comparaison elle existe aussi sur
l'amour c'est Eva Ilous qui a écrit sur
et vous l' citez dans le livre Michel
vanerb sur finalement le marché amoureux
qui nous place comme un produit plus ou
moins désirable suivant qu'on voilà je
sais pas si on est jeune beau belle si
on est riche ou bien habillé et est-ce
que N nos enfants finalement ce qu'on
apprend c'est aussi à les placer sur un
marché où ils vont valoir quelque chose
en fonction de ce qu'ils auront à pris
leur diplôme leur activités extrascola
leurs talents qui onuront été développés
ou non oui tout à fait on est dans une
société de compétition
d'inindividuation et de compétition et
donc ça veut dire que le parent il se
sent obligé de bien préparer son enfant
à cette compétition mais on peut pas y
échapper à la compétition on va pas dire
moi tout seul j'arrête la compétition et
on va
vivre sur un voilier dans une Zade ou à
part du monde non bien sûr mais on pour
pourrait quand même se créer des espaces
de solidarité et des espaces de de
d'entente sociale et il en existe bien
sûr les les crèches municipales le sont
souvent les les lieux d'accueil par
enfant le sont les crèches parentales le
sont des des espaces de solidarité où
tout n'est pas
compétition on va continuer à y
réfléchir merci beaucoup Michel verb
merci beaucoup Béatrice B de nous avoir
exposé
vos idées votre pensées merci à avril
Ventura qui collabore la préparation de
cette émission à margaot page qu' l'
réalisé Alexandre Dang était à la prise
de son ce soir