Lorsqu'on a un bébé né prématuré, il faut souvent passer de longues semaines, voire des mois en service de néonatologie. Pour permettre aux familles de rentrer plus rapidement à la maison, l'Hôpital Sainte Musse de Toulon a mis en place une Unité Mobile : quand les enfants sont suffisamment stables, qu'ils s'alimentent et qu'ils grossissent bien, ils peuvent rentrer chez eux et ce sont les soignants qui viennent à eux. Un reportage de Léa Bénet.
Présentée par Agathe Lecaron, La Maison des Maternelles est le rendez-vous quotidien consacré à la parentalité et petite enfance. Dans ce magazine, l’animatrice et les spécialistes qui l’entourent ont pour ambition de répondre aux interrogations des jeunes parents, proposant ainsi une émission de service. En toute liberté, de façon positive et décomplexée !
Nous allons chez Anastasia.
C'est une petite fille qui est née à 29 semaines dans notre hôpital.
Et maintenant, nous l'accompagnons jusqu'à la maison.
C'est sa deuxième nuit qu'elle a passée à la maison.
Donc on va faire le point avec les parents pour savoir si tout s'est bien passé.
Bonjour ! Comment allez-vous ?
Alors, comment vous avez passé la nuit ?
C'est compliqué ?
Elle a très mal au ventre.
Elle a mal au ventre ?
Oui.
On va aller récupérer le scope.
Les bébés que nous suivons à l'unité mobile sont pour la plupart scopés.
On va mettre un petit capteur au pied du bébé, ou à la main,
et on va enregistrer ses données de saturation et de fréquence cardiaque.
Vous l'avez scopée pendant l'été, quand elle était dans son lit ?
C'est ça.
Voilà, qu'elle dormait.
Oui, qu'elle dormait.
Bien contre vous cette nuit, si vous l'avez gardée dans vos bras ?
D'accord, ok, ça marche.
Globalement, elle est à 96,9% de saturation.
Après, on voit effectivement qu'il y a des moments où ça plonge un petit peu.
D'accord.
21 heures, c'était le temps du biberon.
Voilà.
Donc ça, c'est corrélé.
C'est certainement un début de TT qu'elle a eu du mal à organiser.
Elle a le fer, là ?
Oui.
Ah, bah, ça tombe très bien.
Comme ça, on va voir comment ça se passe.
Bon, le fer, c'est toujours quelque chose, hein ?
Mais elle le gère.
Puis en plus, vous, eh bien, vous gérez bien,
parce que vous faites une pause sur l'alimentation,
vous lui laissez le temps de se reprendre,
et après, le reste de la TT se passe en cours.
D'être à la maison, ça fait un bien fou.
Même mentalement, ça fait...
On retrouve des petits trucs en cuisine.
Ça faisait un mois et demi que j'avais pas cuisiné, quoi.
C'est vrai que refaire mon petit ménage,
ça nous fait une transition.
On est vraiment sereins.
Encore hier, on était apaisés.
On nous dit qu'il y a quoi que ce soit, on appelle, quoi.
On n'est pas seuls au monde, quoi.
Heureusement qu'il y a ça.
Bon, allez, je vous dis à demain ?
À demain !
Dans l'unité mobile, il y a une dernière visite avec le pédiatre.
Il revient dans Néonates, et là, on les voit,
et on fait un peu le bilan.
Il communique bien ?
Ouais, ça fait 4-5 jours.
Coucou, Abel.
De manière assez longue.
C'est des périodes de 20 minutes, une demi-heure.
Il est déjà hyper tonique, hein.
Il commence à se redresser un petit peu du même,
il bouge comme ça.
Ouh, bah ouais.
Le but de l'examen de la sortie,
c'est de voir que le bébé va bien,
que son cœur va bien, qu'il a grossi,
sa taille, son poids, sa périmètre, rien.
Et puis, de voir si sur le plan neurologique, tout va bien,
si sur le plan parentalité,
c'est-à-dire si sur le plan des interactions avec les parents,
tout se passe bien.
Bon, il va bien.
C'est pas bon, Raphaël.
Il y a un peu d'anxiété de savoir qu'on va être tout seul,
mais c'est aussi la liberté,
la liberté d'être complètement parents à 100%,
parce que maintenant, c'est notre responsabilité complète,
le petit Raphaël.
Et on aura plus tous ces monitorings qui sont évidemment importants,
mais qui parfois peuvent être un peu anxiogènes.
Donc là, on va dire que les nuits de Raphaël seront un peu plus sereines.
Et les nôtres aussi.