Chambre d'écho: Parentalité.
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16 nov. 2024
Parentalité moderne: défis d'autorité, équité des rôles, coût de vie et impact des réseaux sociaux. Surprotection, rôle maternel et finances familiales en débat.
Les rôles dans une famille, ça n'a pas besoin d'être genré.
Mon bonheur dépend aussi du bonheur de mes enfants.
Tu veux faire ça, fais-le. Conséquences, tu verras.
Des hommes, ils n'étaient pas là.
Ça a été longtemps comme une tergiversation, je le fais-tu, je le fais-tu pas.
Il m'enseignait que le contrôle, ça fonctionnait.
En fait, je suis d'accord que les enfants sont surprotégés
et que les parents sont surprotecteurs,
dans le sens qu'ils prennent moins de risques volontairement.
Ils ont des activités qui sont très encadrées à l'école.
Juste être sur la butte et glisser face première, c'est interdit.
Donc, il y a vraiment beaucoup d'endroits
où il y a des barèmes qui viennent entourer leurs jeux
qui devraient être libres et où ils devraient apprendre
à se faire confiance par eux-mêmes
et que l'adulte soit derrière, plus en accompagnement,
mais même pas en guidant, en laissant l'enfant prendre l'initiative
de ses propres capacités.
Puis la confiance de l'enfant se construit d'elle-même
par la prise de risque qu'il prend.
Donc oui, il y a l'idée des peurs réelles, des peurs perçues.
Quand vient le temps d'accompagner l'enfant
dans la gestion de la peur, c'est sûr que ça passe
par ma propre interprétation de ce qui fait peur.
Est-ce que je veux transmettre ce traumatisme à mon enfant?
Clairement pas, mais je pense que je peux l'utiliser
pour le mettre en garde.
Moi, dans ma famille, j'ai un garçon qui a deux filles,
puis c'est vraiment pas des gens qui se protègent.
Ils les protègent quand même, mais ils sont pas surprotégés.
Je leur laisse faire des aventures,
je les laisse tout seuls des fois, puis ils les regardent de loin.
On parle beaucoup de protection physique,
d'avoir peur que l'enfant se blesse.
Moi, je pense que justement, dans notre société,
on se protège les enfants mentalement, intellectuellement.
On pense que les enfants ne sont pas capables
de comprendre des concepts comme la transidentité,
l'homosexualité, la situation qui se passe en Palestine.
On va les garder dans des bulles parce qu'on pense
qu'ils sont pas capables de comprendre ces choses-là.
Je pense qu'on est tous d'accord qu'il faut protéger les enfants.
De réalité qui peut leur faire du mal.
Moi, la surprotection, on dirait que c'est la chose
qui m'est venue à l'idée pour dire non.
Je trouve qu'on devrait plus se protéger les enfants
dans certains cadres.
Moi, j'ai beaucoup les réseaux sociaux en tête.
Je le vois beaucoup.
Ma mère est enseignante, elle l'a vu énormément.
Je le vois aussi dans mon entourage.
Je trouve qu'on met pas assez d'encadrement
puis de barème pour les réseaux sociaux chez les jeunes.
Ce qu'on voit sur les médias sociaux aussi
ou sur les moyens de communication,
c'est qu'on a accès à tous les défis,
toutes les problématiques de tout le monde.
Si on revient quand moi, j'étais, mettons, petite,
mes parents voyaient pas nécessairement
tous ceux qui avaient pu avoir un accident
s'en cassent de vélo ou s'en cassent en ski.
Tandis que là, aujourd'hui, on est bombardés d'informations
qui nous font croire qu'il peut y avoir du potentiel d'enjeu
et ça d'une façon constante.
Donc, notre interprétation de la réalité est différente
pour ce qu'on veut baliser autour de nos enfants,
j'ai l'impression.
J'ai vraiment l'impression que dans la société actuelle,
encore aujourd'hui, moi je le vois vraiment
beaucoup autour de moi, la femme, la mère,
va avoir tendance à être comme la gardienne
de certaines affaires, la gardienne des rendez-vous,
la gardienne des hôtes,
son ingé s'en vient trop petit,
il va falloir qu'on en achète d'autres.
C'est comme elle qui va initier beaucoup, beaucoup
de petits gestes qui pourraient être oubliés.
Quand on a eu l'enfant, mais Francine a pris tout de suite
la place de mère, puis elle a pris la place
que les mères prenaient dans le temps.
C'était comme ça, les hommes, c'était rare,
ceux qui étaient, qui s'occupaient de l'enfant,
puis qui le nourrissaient, puis qui donnaient la bouteille,
puis ça. Je l'ai fait un peu, là, mais pas assez.
C'est pas comme j'aurais dû le faire.
J'ai un petit peu de regrets là-dessus.
Moi j'ai été élevé dans un matriarcat,
parce que, bon, j'avais ma grand-mère, ma mère
et ma tante, on vivait dans la même maison.
Les hommes, ils étaient pas là.
Fait que t'sais, moi, m'occuper d'un enfant,
je trouvais ça comme normal.
Je trouvais ça normal, j'ai jamais eu de difficulté
à percevoir ça, puis même encore aujourd'hui,
je pense que j'ai plus de chums de filles que de gars.
T'sais, c'est tout à fait naturel pour moi.
Moi je suis contente, mon fils, avec sa blonde,
ils ont trois enfants.
Puis lui, dès le départ,
quand les enfants sont venus au monde,
c'est lui, il s'occupait des enfants
autant que ma Bruce s'occupait des enfants.
Pour lui, c'était pas toi tu fais ça, moi je fais ça.
Ils vont, en tout cas, de qu'est-ce que je vois,
quand je les vois, quand je suis avec eux,
ça va dans tous les sens.
Ce que je trouve intéressant,
c'est comme si dans un couple
où il y a encore une union entre le père et la mère,
il y a une façon naturelle pour la mère
de prendre cette charge-là.
Et ce qu'on voit de plus en plus aujourd'hui,
c'est des familles séparées et des familles recomposées.
Donc ça amène toutes sortes de diversités.
Et la place que le père prend
une fois que la famille est séparée
est souvent plus grande
que lorsqu'il était au sein de sa propre famille unie,
parce que là, il a 50 % du temps
la responsabilité entière de son enfant.
Les rôles dans une famille,
ça n'a pas besoin d'être genré.
Pour s'occuper d'un enfant,
c'est pas une question de genre.
C'est pas une question d'être homme, femme ou une personne.
Ça n'a pas rapport avec ça.
On a tous des traits de caractère différents.
On s'est tous fait éduquer d'une façon différente.
On a tous des intérêts, des capacités différentes.
Moi, j'aime bien le terme pratique parentale
plutôt que rôle parentaux,
parce que les pratiques, ça s'adapte.
Les rôles, c'est quand même assez figé.
Pratique parentale, il y a des familles,
on parle beaucoup de père-mère,
mais il y a des familles qui ne sont pas
des familles hétéro-parentales.
Il y a des familles qui ont deux papas
et deux mamans qui ont un maman et une personne non-binaire.
Quand on revient à c'est qui qui porte le poids
de s'assurer de la cohésion, de l'harmonie dans la famille,
moi, c'est pour ça que j'ai dit que j'étais pas d'accord,
parce que je pense que c'est une responsabilité du groupe.
Ça devrait être la responsabilité de tout le monde.
La famille qui sort du cadre
est tellement pas visible dans notre société
que quand on se lance en famille,
on a l'impression qu'il faut répéter ce modèle-là.
Être grand-parent, si tu veux faire ça, fais-le.
Conséquence? Tu verras.
Moi, je le sais, qu'est-ce qui va arriver.
Toi, tu le sais pas, mais fais-le.
On verra. Inquiète-toi pas, je suis là.
S'il arrive quelque chose, t'as-tu des questions?
Moi, c'est drôle parce que j'ai tendance à faire ça en rigolant.
Je sais pas pourquoi.
C'est drôle parce qu'avec 2 petits gars de 8 ans,
ils vont se donner des taps à la gueule.
Il y a pas de problème avec ça.
Il faut les arrêter.
Puis moi, je dirais plus, c'est pas tellement une punition
qu'une conséquence de tes gestes.
Tu as ton geste. Tu l'as fait.
Pis regarde, ça, t'aimerais ça, mais non.
Pas de tablette, pas de ci, pas de ça.
C'est pas une punition.
C'est une conséquence de ce que t'as fait.
La conséquence, habituellement, est naturelle à l'action.
Pas tout le temps.
En retraite des soeurs, par exemple,
ça n'a rien à voir avec la chicane
entre les 2 petits bonhommes.
Donc, c'est une punition.
Une conséquence, ça serait de leur apprendre
à voir l'effet que ça a eu sur l'autre
et de devoir faire un geste réparateur.
C'est une conséquence.
Moi, j'ai vu mon fils qui avait scrappé un scooter
à un moment donné.
La conséquence, ça serait de...
La conséquence, ça a été de réparer ça,
d'écrire une lettre aux personnes,
leur dire que c'est pas sûr.
Vivre seul avec un adolescent,
ma crainte à l'époque,
pis on a toujours des peurs comme parents,
c'était que mon fils soit pas assez autonome.
Ça fait que, t'sais, à un moment donné,
on a pris des décisions, moi et lui,
qui l'ont rendu véritablement plus autonome.
Mais je pense que ça m'a joint aussi
que c'est moi qui suis devenu plus autonome
à travers tout ça,
parce que je lui laissais l'espace.
J'étais pas un père poule.
Je lui laissais l'espace.
Fait que moi, j'ai eu beaucoup d'autonomie
parce que je sentais que lui pouvait prendre sa place
pis que ça avançait.
C'est pour ça que moi, je suis devenu plus autonome.
Je me souviens, quand j'étais jeune,
j'étais quelqu'un qui était assez...
Je lougeais beaucoup pis j'étais...
J'aurais peut-être été classé TDAH, là.
Mais j'avais lancé une roche à mon frère
pis je l'avais frappée en plein front.
Pis on était 4 ou 5 qui jouaient ensemble.
Fait que ça aurait pu être un autre.
Moi, ce que j'ai pas compris,
pis j'ai encore ça en mémoire aujourd'hui,
pis j'avais 10 ans, pourquoi moi, j'étais puni?
Pis que les autres...
Pis j'ai pas compris pourquoi, là.
J'ai essayé de savoir, mais il y avait pas de communication.
Fait que la communication, comme tu disais,
discuter avec l'enfant, essayer de...
C'est sûr, je veux prioriser la communication.
J'ai dit, je veux prioriser.
Est-ce que je vais pouvoir? Je le sais pas.
Parce qu'on dirait que, des fois,
la parentalité, ça fait remonter certains...
trucs inconscients d'entre toi.
Pis là, bien, j'espère juste
ne pas faire subir à ton enfant, des fois,
ce que toi, t'as subi.
Donc, je veux pas être dans la punition.
Je veux être dans la communication,
mais il faut que j'aie la patience
pis l'ouverture envers moi-même
d'aller dans la communication
pis de le choisir,
plutôt que de choisir la punition.
Parce que c'est facile, la punition.
J'ai l'impression que la punition pour discipliner,
ça relève plus
d'anciennes mentalités
que la...
Je pense que la communication,
la communication ouverte et tout,
c'est quelque chose qu'on entend plus parler, peut-être,
récemment. Moi, la fameuse phrase,
si tu finis pas ton assiette
ou si tu fais ta l'affaire,
je t'enlève le dessert,
moi, ça m'a tellement marqué que j'en ai développé
un trouble alimentaire.
Donc, j'ai reçu
ces punitions-là,
beaucoup, et même que des fois,
j'ai pas l'impression que ça me disciplinait.
J'allais même challenger
encore plus l'autorité
de mon parent à cause de ça
parce qu'il m'enseignait pas
à réaliser, ah,
j'ai fait telle chose, ça n'a pas été plaisant,
ah, faudrait pas que je le refasse
à l'avenir. Il m'enseignait
que le contrôle, ça fonctionnait.
Moi, il y a un truc avec lequel j'ai eu
de la difficulté dans mon parentalité, c'est justement
ça fuir les
situations où il va y avoir de la chicane
ou des grosses émotions fortes. J'ai eu
des parents très, très autochtones, extrêmement
contrôlants, fait que moi, je suis complètement
l'opposé. J'ai tendance à vouloir être
le plus slack possible parce que j'ai pas envie de répéter
la même chose. Je pense que c'est tout à fait normal, mais
ça m'arrive des fois de le faire, de faire comme,
t'auras pas de dessert. Je sais pas si je le fais,
mais des fois, je suis comme,
ah, je suis comme, voyons, pourquoi je viens de faire ça?
Comment ça, il n'y aura pas de dessert? Je suis comme,
tu n'auras pas rien. Puis là, je suis comme, je lui donne pas rien.
Puis là, mon autre parent, des fois, va être comme,
mais non, il faut que tu restes ferme, tu dis quelque chose,
il faut que tu restes ferme. Puis là, je suis comme,
en tout cas, je me rassure dans le sens que
même s'il finit par avoir qu'est-ce qu'il m'a demandé,
dans le moment avant,
je vais avoir parlé, je vais avoir communiqué,
je vais essayer de comprendre. On essaie de,
t'sais, on discute. Puis si finalement, j'ai peur,
c'est un peu tendance.
Oui, je n'ai pas encore tout compris,
mais j'ai souvent tendance à acheter la paix.
Si les parents sont heureux, les enfants, ils vont...
Est-ce qu'on est responsable du bonheur
de nos enfants?
Non, mais une famille heureuse,
c'est plus facile, je pense.
Nous autres, on était dans une famille heureuse
quand j'étais jeune. Ça aide, ça.
Il n'y avait pas de drame, il n'y avait pas de...
Moi, il y a eu un gros drame dans le sens
où je me suis séparée du père de mes enfants.
Et si j'avais
souhaité le bonheur
de mes enfants prioritaire
à mon bonheur, bien, j'aurais resté
dans une relation qui, malheureusement,
ne m'apportait plus de bonheur.
Donc, puis ça a été
longtemps, t'sais, comme une
tergiversation. Là, je le fais-tu, je le fais-tu pas?
Parce qu'inévitablement, ça va avoir
un incident sur la qualité
de vie et le bonheur de mes enfants.
J'ai eu la même réflexion.
Au final, j'ai réalisé que mon enfant,
j'aurais été beaucoup plus heureux avec ses parents séparés
qu'il l'était quand on était ensemble.
T'sais, on l'idéalise que la famille va être heureuse
si on reste ensemble et qu'il n'y a pas
deux chambres, qu'il y a comme la séparation,
les nouvelles routines. Puis oui, c'est dur
un temps, mais il y a d'autres choses
qui vont être difficiles dans une famille, mais tout à fait.
Le bonheur des parents aussi.
Moi, je suis encore parent.
J'ai deux gars. Puis mon bonheur
dépend aussi du bonheur de mes enfants.
Si mes enfants sont heureux puis ça va bien dans leur famille
et tout ça, moi, je suis beaucoup plus...
beaucoup plus heureux.
C'est quelque chose qui ne s'en va pas.
Ce n'est pas juste pour les jeunes parents
avec les jeunes enfants. Ça compte encore.
En tout cas, ça compte encore beaucoup pour moi.
Moi, ça déteint sur moi.
Moi, si mes deux fils
ne semblent pas heureux,
si je sens qu'il y a quelque chose,
moi, ça me bouleverse.
Je le garde pour moi, bien entendu,
parce que de toute façon,
qu'est-ce qui se passe dans leurs affaires,
c'est correct.
Moi, j'ai un problème générationnel
avec mon plus jeune.
Moi, j'en sais mieux que c'est
parce que ça vient trop me chercher.
Ça vient trop me mettre à l'envers.
Je travaille beaucoup là-dessus
parce qu'il ne faut pas.
Ils font leur vie.
Ils font des choix.
Mais ce n'est pas toujours
des bons choix.
Quand j'avais mes enfants quand ils étaient jeunes,
je faisais tout pour qu'ils soient heureux.
Tout, tout, tout,
parce que ça se transférait sur moi.
La communication intergénérationnelle
désigne les interactions
entre personnes de différentes générations
jeunes, adultes et personnes âgées
qui peuvent avoir lieu dans des contextes
familiaux, sociaux ou professionnels.
Chaque génération ayant
ses propres références culturelles,
façon de communiquer et attente sociale,
une communication intergénérationnelle
demande une écoute active
et un effort de tous et toutes
afin de comprendre les perspectives
de l'autre. Le respect mutuel est
donc crucial pour surmonter les
différences d'âge et d'expérience.
En contrepartie, la communication
entre générations permet de
renforcer les liens familiaux
en favorisant une meilleure compréhension
mutuelle. Pour les personnes âgées,
maintenir une communication régulière
avec les jeunes peut aider à prévenir
l'isolement social et permet
un sentiment d'inclusion.
Les échanges intergénérationnels
permettent aux normes sociales
d'évoluer parce que les jeunes peuvent
influencer les anciens et vice-versa.
C'est donc un processus dynamique
qui favorise la compréhension,
le respect et l'enrichissement mutuel
entre les différentes générations.
C'est le fun parce que
je m'aperçois qu'on a été généreux
de nos propos.
Généreux de nos propos.
Tout ce que tu nous as raconté,
moi c'est une expérience unique.
Pour moi, le milieu queer
c'est une expérience unique.
Merci aussi pour votre
accueil et votre écoute.
On parle de comparaison,
c'est sûr que je sais que moi
ma réalité est très atypique,
mais j'existe.
J'existe et il y en a plein d'autres que moi.
Des situations comme ça, ça permet
de pas émerger des fois.
Je suis contente d'avoir pu participer.
J'ai vraiment très très apprécié
pouvoir discuter
et dialoguer avec vous.
Moi aussi, j'ai beaucoup aimé ça.
Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org
